‹ Statistique monumentale de la CharenteChapitre 87 sur 120 · CHATEAUX A DATE INCERTAINE · texte numérisé non relu

CHATEAUX A DATE INCERTAINE

IE RMTt OUI L*MPL»rBJre!«T OC LA MOTTE rfoDALS 1 .

Chtumont.

Corron. Guiguebouig.

J*ruac.

L* Château des Fne».

Loubert.

MlnlffMse.

Met Inc.

Plusieurs châteaux ont entièrement disparu.

Ils ont été démolis à diverses époques, soit qu'ils

fussent tombés en ruine, soit qu'ils eussent inspiré quelque crainte comme pouvant servir de retraite aux ennemis en temps de guerre. Nous mentionnons ici ceux dont aucun vestige ne peut rappeler ni la date ni le genre de construction.

CIIAUNONT. Tour placée sur un mamelon a quatre kilomètres, sud-est, de la ValleUe. Elle a été entièrement détruite.

COYRON, près de Bardenac. Ce château est aussi complètement rasé; on n'en voit que l'emplacement. Il se compose de deux parties. La motte féodale, entourée d'un large fossé, est de forme oblongue, et a de diamètre à sa base 35- sur 25. Elle est séparée de la plateforme du château par un fossé de 6» do diamètre. Celle plate-forme a 41" de longueur sur 38 de largeur. Elle présente un ovale échancré par le haut. Les talus, à partir du fond du fossé, ont 10" de hauteur, et les fossés 0" de largeur.

Il ne reste pas une pierre sur ce terrain blanchâtre et nu, si profondément creusé par la main féodale. On voit seulement des débris de tuiles creuses et quelques petits morceaux d'ardoise '.

GU1GNEBOUHG. Fief entre Montjean ot Londigny. Quelques débris do murs sous des broussailles. C'était, au XVII* siècle, le patrimoine de la famille de Beauchamp, ancienne et bonne noblesse de l'Angoumois».

JAHNAC. Un magnifique château a fait autrefois l'ornement de la ville de Jarnae. L'emplacement qu'il occupait est aujourd'hui une place publique plantée d'arbres. Le seul débris qu'on ait conservé est une belle porte & arc surbaissé, ornée de colonnes; encore ce débris est-il menacé chaque année d'une délibération des édiles de Jamac, qui le condamnera à être démoli».

das, Droites, Chilllet, de. , ont complètement disparu do sol. Coasini le» a relevées sur sa carte.

i Fr. de la Rochefoucauld, seigneur de Barbexicux, vers la Ma du XV' siècle, était seigneur do Coiron (Êlic Vinet, anci.j. de Saintes et Barbeneus).

J'ai trouvé au XVIII' siècle, M" Honorai Isoré, baron d'Hervant, de Plammartin, en Poitou, et de la ChiUellenie de Coyton.

Il n'y a pas, dans le pays, souvenir de l'époque où ce château a été détruit.

* Armor. ms. CUir&mbaud (Xobl. d'Angouroois).

s Cn château même défiguré, comme ils le sont presque toujours quand notre main les habille à la moderne, va si bien a une ville, par sa masse imposante, ses tourelles aiguës, sa Itère allure qui dit tout haut à ceui qui passent qu'une ville n'est pas née d'hier, que ce n'est pas un grand village dont les habitants soient sans aïeux dans l'histoire.

Us nommes qui, comme à Jaroac, n'ont pas voulu conserver

Le château était baigné d'un coté par la Charente ei entouré de douves toujours pleines. D'immenses jardins, des Iles formées par le fleuve et couvertes de bosquets, un

au moins une large et haute tour en souvenir du viens castel qui abrita tant de fois leurs pires, ont commis un de cea crimes que les siècle* ne leur pardonneront pas. Ils se sont déclares enfants di> Barbares, dignes d'éire nés dans oc* misérables villes de bois que les Huns élevaient 4 la hâte dans leur incuision dévastatrice à travers le monde civilisé.

Aussi, ai-je recueilli avec bonheur tout ce qui est, âpres un demi-siècle, une protestation solennelle contre le grossier vandalisme de ces hommes. Une génération intelligente a surgi après eux, et clic flétrit justement la pensée ignoble et farouche qui a été â uni de nos villes leur beau caractère. Honneur à qui protège le passé! Je recevais, le I ï mars 184S, une lettre d'un des plus estimables négociants de Jarnac, qui sollicitait mon appui en laveur d'un débris encore intéressant du château de Jarnac. D me disait : « Vous avci sans doute remarqué, à l'entrée de notre petite ville, une porte; c'était celle de l'ancien chAleau, que le vandalisme révolutionnaire a détruit. Cette porte, je le reconnais, n'a rien de remarquable; c'est simplement un tas de pierres, si l'on veut ; mais ce tas de pierre* appartient aux siècles passés; c'eut un baliveau de La grande forêt qu'on a abattue, c'est un jalon sur la route de l'observateur, et j'y tiens pour cela seulement. Eh bien! voilà six ausque je lutte au conseil municipal pour sa conservation. Il n'y a point de session sans que la proproposition de la démolir ne soit faite, et, jusqu'à présent, la majorité a été conservatrice. Mais je sens que la terre tremble, et I la session de février dernier, le* démolisseurs avaient gagné des forces. Sur ouïe membru*, six seulement ont été lidèles aux bonnes traditions. Ne pourrie* vous pas nous aider? la Société archéologique ne pourrait-elle pas prendre ce ta* de pierres sous sa protection? etc. , etc. »

On devine ma réponse . elle- fut triste. On a toujours assex de pouvoir pour faire le mal; il est plus difficile de protéger. Les administrations munici|ia)es, si enchaînées, si dépendantes, dépouillées par la force qui centralise, de toutes ces liberté* de cité dont nos pères avaient droit de s'enorgueillir comme de libertés réelles, ont conservé le droit de démolir. Nul monument n'est à l'abri de leurs délibérations. Un corps-de-garde nécessaire à l'angle d'une place ne scia pas construit sans que le plan, le devis, ait été soumis à un examen sévère, à d'interminables formalités. Mais pour aligner une rue, adoucir une pente, construire un pont, qu'il y ait à détruire le monument le plus respectable pour les souvenirs de religion ou de patrie qu'il rappelle, la démolition aura lieu. On sait leB tuUes que le Gouvernement lui-même a eu à soutenir contre le conseil municipal de la ville d'Orléans.

On a beaucoup démoli, on démolira beaucoup encore. L'archéologie est une science pleine d'intérêt ; conservatrice du passé, elle relie les temps écoulés aux âges modernes, elle rattache au sol illustré par les événements, aux pierres qui ont vu de grands hommes et de grands faits, la noble pensée du patriotisme, qui est un second amour filial; mais elle n'a que d'inutiles prière* contre la tendance de* esprits inintelligents qui trouvent laid tout ce qui est vieux, et inutile tout oe qui gêne.

parc magnifique, remplacé de nos jours par de vastes prairies, étaient l'embellissement de ce château, que vous trouverez mentionné fréquemment dans les guerres religieuses dont ce pays a été le théâtre.

LE CHATEAU DES FÉES. On a donné ce nom à des ruines qui se voient au levant de Saint-Cybardcaux, près du village des Bouchauds. Je n'ai trouvé aucune trace historique de cet édifice, dont le nom seul indique l'ancienneté. Quelques fragments de murs, à la naissance du sol, ont 1" 33« d'épaisseur; mais on ne peut rien préciser sur l'âge de cette ruine féodale.

LOUBERT. Une très-ancienne tour que la tradition fait remonter aux Romains, mais qui vraisemblablement n'était pas antérieure au moyen-âge, s'élevait au bord de la Charente, à peu de distance de l'église de Louberl, et défendait un pont sur lequel on traversait cette rivière. Le pont a été détruit, à l'exception des piles, et la tour a complètement disparu. Il reste seulement une très-belle motte féodale, qui a environ I» mètres à la surface. Les fossés creusés autour d'elle ont 2- de largeur

MANTERESSE. La baronnic de Manteresse appartenait dans les derniers temps aux seigneurs de Monlberon. Elle est située à peu de distance de Moutberon. On ignore à quelle époque le château fut détruit*. M. Marvaud rapporte une vieille tradition d'après laquelle deux frères, seigneurs de Manteresse, opprimaient le peuple des environs et rançonnaient les passants ; le peuple indigné courut aux armes, s'empara des tours féodales el les rasa*.

La motte sur laquelle s'élevait le château indiquerait, par les ruines qu'elle conserve encore el par son diamètre, un édifice important. Je publierai dans l'histoire des villes et fiefs de l'Angoumois une sentence curieuse du juge de Manteresse, de 1418.

METRIC. Petite justice dans la paroisse de Chasscneuil, relevant du Poitou et (disant partie d'une enclave en Angoumois, formée de Montemboeuf, Vitrac, Suaux en partie et Métric. La tour ou le petit mannir de Métric s'élevait sur une motte artificielle, aujourd'hui cultivée el renfermée dans un jardin. Quelques-uns disent qu'une prison voûtée

est reronverte petit chât<*au.

lit une cliâteltenie qui portait au XVII* «jècle le En Fr. de Salignac, cher, seigneur de la Mothe-Fci.elon, était haron de Louberl. En 1898, Loubcrt appartenait ait marquis de Kéncloa, neveu «le l'archevêque de Cambrai (Mém. de l'intend. de la génér. de Limoges).

* « Ancien etuuleau ou forteresse de Manteresse, situé dans la paroisse de Saint-Maurice (de Monlberon), entièrement ruiné et détruit. » Acte du A avril 1773. (Arch. du Roy, carton q, 111.) » Étude historique sur l'Angoumois, page Ht.

ÎOS

par cette moite. C'est le s< ul vestige de ce

Page 1