Réédificalion de l'abbaye de Saint- Amand de Boixe
1000. On termine l'abbaye de SaimVAmaod de Boixe.
Il y a donc eu dans cette période de cinq siècles trois époques principales où les constructions religieuses ont été élevées en grand nombre : 1" le VI' siècle ; 2" la (in du VIII e et le commencement du IX' ; 3" presque tout le X*.
Dans la nomenclature que je vais donner, je n'ai pas la prétention d'assigner d'une manière rigoureuse à laquelle de ces trois époques doit appartenir chaque monument. Il me suffit d'y trouver les caractères du roman primaire nettement indiqués. »
Éf.LISES ROMANES.
I» t^ht. Roman primaire. - llu fl« • l««
La Patud.
La Pesne.
La Rothe-Chandry, chapelle.
U Vallelle, chapelle. Usurpa.
Orsedeml.
Peudry.
PlIV.An'IX.
Cnnf.ilim.
Saint Cyhnrdeaux.
Sainl-Eulrope.
Saint-Quentin.
COURCOME, C un'd Comilis. Les archives de la Vienne possèdent l'original de la donation de la terre et de la basilique de Courcômc, à l'église de Saint-llilaire de Poitiers par Guillaume Fier-à-Bras, duc d'Aquitaine, de l'an 970 ou environ '. Ce vieux monument, en grande partie conservé, est pour nous d'un intérêt immense. Il nous donne une idée exacte du style barbare qui distingue les édifices des LV et X« siècles. En entrant dans cette étroite basilique, l'esprit le moins accoutumé aux études de l'archéologie ne peut s'empêcher d'être frappé de ce cachet particulier qui indique l'enfance de l'art. On voit facilement le tâtonnement de l'ouvrier abandonné à lui-même quand il hasarde, ou, conduit par de vagues réminiscences, quand il se livre à l'imitation. Les chapiteaux surtout ont un faire de sculpture qui rappelle les dessins grossiers des monnaies mérovingiennes et carlovingiennes.
L'église de Courcômc appartient à trois époques de style architectural. La nef et la coupole sont antérieures à l'an mil. Les transsepts, l'abside et la façade sont du XII* siècle, et le bas-côté de la nef est du stylo ogival du XV. Dans une monographie détaillée, il faudrait encore subdiviser ces époques. La partie du roman primitif appartient à deux temps séparés. La nef n'est pas du même travail que la coupole. On le voit clairement à l'inspection des chapiteaux. Il y a aussi deux époques dans la partie romane du XII' siècle : l'abside n'est pas tout à fait du temps des transsepts et de la façade. Je classerais donc ainsi les différentes parties de ce curieux monument.
t Guillaume donne à l'église de St. -Hilairrla terre de Courcdme en Poitou. « ....cum basilics in honore jancte dei gcnilricis Marie et cum vilJîs in ipso aiodo positis, cum vineis, pratis, molendino supià fUivium qui vocalur Ointestus... Eo vWelicet modo ut ab hodierna die J&m dicUm bisilicam ipsi canonicî leoeant in suis ixunmmus mm omnibus ad ipsum al tare pertinentibus... s Bosly, dam son Histoire «les comtes île Poitou, aux preuves, p. S65, a donné celle Charte, mais avec beaucoup de fautes, parce que sa copie avait été prise sur le cartulaire de Si.-Hilaire et non «ur l'omj.ual. (Xote de M. Pnttac, un des biUiotHcaires de Poitien.)
M» Lanef.
[ * La coupole.
L'abside.
Les transsepts , la farsiuV et l'étage du clocher.
Smi ogival rLA«t0VA*T, | Le bas coté de la nef.
Sttle mcmxn lilUII,
Srtti iobji!»
La partie du style roman tertiaire , tout intéressante qu'elle soit, ne nous occupera pas dans cet article. Elle n'a rien, au point de vue de l'art, qui exige une description spéciale ; il suffira de jeter les yeux sur le plan pour en avoir l'ordonnance. Nous allons décrire avec plus de détails la partie du style roman barbare, c'est-à-dire la nef et la coupole.
On remarquera d'abord que le plan primitif a dû être on carré long terminé par une abside. J'ai indiqué par des points ce tracé, qui donnait ainsi à l'église de très-petites dimensions. On construisit ensuite la coupole, qui ellemême eut aussi après clic une abside, mais moins grande que celle qui existe aujourd'hui. Enfin, vers le commencement du XO* siècle, l'église reçut des transsepts et une abside plus vaste. La vieille façade du roman barbare, qui devait être un mur presque nu, fut remplacée par la façade élégante quo l'on voit aujourd'hui. Malheureusement, le XV* siècle, en soudant un bas-côté de style ogival a cette si vieille nef, a ôté a l'édifice roman l'unité qui s'était conins le travail des quatre premières époques.
ri.** dk l'église de corneom.
Xef À. La partie primitive occupe 18 mètres de longueur r H mètres 9 centimètres de plus grande largeur. Les
iles ont de chaque côté dans l'intérieur de la nef une saillie de 1 mètre 66 centimètres, ce qui ne donne de largeur d'une pile à l'autre que 3 mètres 43 centimètres. Il est évident qui cet avancement exagéré des piles donne au monument une lourdeur choquante; mais la nef en reçoit une grande solidité. Dans le système primitif des constructions, on ne donnai t q ue peu de saill ie au x contre-forts ex teneurs. En avançant les pries intérieures dans la nef, le mut extérieur tout entieï faisait l'office d'une pile destinée à repousser l'ertbrt des voussoirs. Je ne sache pas qu'on ail étudié encore cet artifice de la construction des nefs romanes. Alors la voûte ne portait que sur les arcades latérales quelquefois doubles, comme à Courcôme, et les arcs doubleaux prenaient les forces sur les colonnes.
Lee cinq piles intérieures, les arcades latérales, les voûtes et leurs arcs doubleaux sont en appareil , le mur extérieur est en blocage. Les gros contre-forls saillants du côté du nord ne sont pas du temps de la construction primitive. Une inscription gravée sur un de ces piliers ferait croire qu'ils ne datent que de 1700.
: REPARAT A EST ECCLBSIA AN MO DOS. 1700 !
PA.""» OPERE JOAM. POTPIJI. IECTORE L. COVVERTIER-
J'ai vivement regretté que l'exhaussement du pavé nn m'ait pas |>crmis de voir les bases des demi-colonnes. Les bases sor.t dans l'architecture romane un excellent caractère archéologique ; elles serviraient presque seules à une bonne classification. Je ne crains pas de me tromper en disant qu'elles se composent de deux ou de trois ou môme de quatre boudins superposés, comme à Sain t- Jean -de-la- Palud, à Moustiers, à Puypéroux. Ce n'est qu'au XI* siècle que commence l'imitation de la base ionique.
Dix chapiteaux couronnent les dix demi-colonnes de la nef. Aucun d'eux n'a d'indice de volute à scî angles. Sur ces dix chapiteaux, trois ont des animaux monocéphales tirant la langue (deux corps et une seule tète) ; cinq répètent avec de légères variantes le chapiteau dont je vais donner le dessin. Sur un autre, deux anges ailés remplacent les deux oiseaux ; ces anges n'ont pas le nimbe. Le nimbe ne se trouve pas non plus à l'abbaye de Puypéroux sur un chapiteau occupé par un encadrement oval au milieu duquel est sculpté un saint. Les sculptures du XI* siècle, de date certaine comme celles de Yillognon, donnent toujours les anges nimbés.
Coupole B. J'ai déjA dit que je supposais une petite abside à l'extrémité orientale de la nef que je viensde décrire. Dans cette hypothèse, pour agrandir l'église, peut-être à la fin du X* siècle, on aurait élevé la coupole octogone B, à laquelle eût été ajoutée une autre petite abside figurée sur le plan par des points. Ce qui est certain, c'est que le travail de celte coupole, des piles et des arceaux qui la soutiennent n'est nullement du même temps ni du même ciseau que la nef. Le seul point de ressemblance est la < niche de l'octogone de la voûte, qui est en billot comme celle de la nef.
Le bas de celle partie B Se compose de quatre piles dont chacune est décorée de quatre demi -colonnes. Les plus épaisses de ces colonnes reçoivent les arcs doubleaux au-dessus de leurs tailloirs.
Pour passer du carré, formé par quatre arcades réunies, à l'octogone qui sert de base a la coupole, on a élevé, dans chaque angle, des pendentifs évidés en cuUle-four. Sur la base octogone couronnée d'une corniche sculptée en bâtons rompus, s'élève la coupole, d'abord octogone ellemême, puis sphérique dans sa plus haute partie. Le clocher, qui fait éla^e au-dessus de la coupole, est beaucoup plus moderne que le rez-de-chaussée. Pour le soutenir, on a bâti latéralement aux quatre arcades qui reposent sur les colonnes, quatre antres arcades surbaissées qui font un effet disgracieux, mais dont on devine l'utililé en voyant au dehors, au-dessus du toil , les murs qu'elles supportent, terminés en glacis et servant de contrefort à la base du clocher.
Les chapiteaux des seize demi -colonnes qui soutiennent les arcades intérieures de la coupolt sont d'une si étrange barbarie qu'il est même difficile de s'en (aire une idée. Ceux de la nef sont en comparaison des chefe-d'ecuvre
GL'RÀT. L'église de Gural me parait apparlenir en grande partie au roman primaire. Il n'y a rien de remarquable au point de vue de l'art , si ce n'est un système de contre-forls nus, peu saillants et formant l.i seule décoration de la façade. J'ai fait celle remarque sur d'autres édifices du môme temps. Ces façades n'avaient d'autre
ouverture à l'ouest que la porte d'entrée. Je fixerais au X* siècle la*MMtruc<ion de ce monument.
LA l'ALUD, aujourd'hui La Couronne. L'élise du bourg de La Palud a deux époque» bien distinctes de construction. La partie centrale de la ne! est de l'époque la plus reculée de l'architecture romane. La façade, les deux premières arcades de la nef adjacentes a la façade, la coupole, les trarissepts et l'abside sont de la fin du XI* siècle. Vers le XV«, on ouvrit une lenétre de style ogival pour éclairer le Iranssepls sud, et l'on flanqua la nef d'épais contreforts.
Nous ne nous arrêterons pas à la construction du XI» siècle. Elle est pourtant remarquable par une jolie colonnade surmontée d'arcardes formant la décoration intérieure de l'abside, et par une coupole octogone dont chaque pendentif est évidé en cul-de-four pour facililer, à la base de la coupole, le passage du carré è l'octogone. Nous signalerons toujours ces pendentifs ainsi évidés dont le type primitir est très-ancien. Nous allons décrire avec plus de détails la nef primitive.
L'histoire de l'abbaye de La Couronne 1 nous apprend que l'église de Sainl-Jean-de-laPolud était une collégiale fondée et bâtie l'an 597, sous l'invocation de Marie et de tous les saints , et sous la règle de saint Augustin , qu'elle était de fondation royale, que les princes l'avaient richement dotée, lui avaient donné le droit de toute la dlme et de la juridiction sur toute la paroisse avec beaucoup d'autres droits, privilèges, franchises et libertés'. Dans le manuscrit, la date 897 a soulïcrl une surcharge. On a gratté le mol primitif auquel on a substitué C/utnçuagttimo.
Les auteurs du Goilia Ckrùtiana attribuent la fondation de celte église aux entants de Cbildeberi' et la men-
1 M. CaMai|»e public tu tt iiioomuu cette chrouique intérêtunie.
■ « U lia- dicta ccclcata «ancti Jotuuuiu collegiala fuit fuiulata et ediflcaia in annn Domini quingmleiimo nonagesimo sepumo, divin» opilulanle fralia ad honorent Dciel virginisitloriosie Maria' ac Banrtorum omnium cl sut» régula Iwali Augottini de. .. . ac regali fondation*; et douta quam plurimum npule nier a aereni*aiinis prinripibu* cum omni jure intègre decimte el juriadirtione in et p»r toum jarochiam dieti iancti Johanni* #j Paludibus, una cum alfa mulua juribai», privUegii», fninchuii» et libedalibu» quim plurimum decorata et oruata. » Detaiptio Suctem. lier Oett. Eccltsiw de Corona. Arch. Char-, li. m.
• Corona origioeui traxit a TetusU clericorum eccle«ii quatn ferunt a liberis aiildeberti régi» rundauim ci magnifiée doutant •ub titalo ». Johannia de Palude. Coll. Chritt. Il, pag. Itû.
MOMl'MENTALE
uoe lient comme une très-ancienne église, « vtfut* ekricorunt tcçleéia, m
Sens adopter rigoureusement la date de 587, puisque l'authenucilé en est tres-euspeete, je n'en avance pas moins que cette partie de la nef est de la fondation priaitiveet d'une construction très-reculée, assurément antérieure a l'au mil.
Au comme Doemtnt du Xil< siècle, on 1118, les frères do Sainl-Jean-de-)a-Palud fondent l'abbaye de La Couronne hors du bourg de La Palud. Leur ancienne église est d'une construction évidemment antérieure i celte époque, et en plaçant vors 1090 la j»rtiedu stylo roman le plus avancé, le portail et l'abside, on approchera beaucoup de la véritable date'. Mai* dans celle même église, une notable partie do la nef porte les caractère de la plus antique architecture; comme on ne peut pas assigner au même siècle deux styles si distincts, il faut reconnaître que Ja vieille nef n'est pa 8 du XI' siècle, mais au moins du X' et antérieurement à l'an mil, si l'on ne veut pas lui accorder une date plus reculée.
La partie antique de la nef n'occupe que quatre travées de voûte séparées par trois arcs doubleaux . Cette voûte est surbaissée i sa partie supérieure. Il en est de même des voûtes de Courcome et de Moustiers. Sont-elles de l'époque primitive? Sont-elles d'une reconstruction postérieure* Je n'oserais décider la question. C'est toujours une coïncidence bien singulière que les trois plus anciennes nefs romanes du pays aient leurs voûtes surbaissées.
Mais ce qui ne se voit qu'à La Palud . c'est que les fenêtres rie la construction primitive n'ont pas élé pratiquées, comme partout ailleurs, dans le mur entre cliaquc pile, mais dans la voûte, au-dessus de la corniche qui sépare l'intrados îles voûtes du mur perpendiculaire'. Elles sont au nombre de trois de chaque côté. L'on voit évidemment que celles qu'on a ouvertes dans le bas sont d'une époque postérieure.
La construction des murs doit être aussi remarquée. Les piles extérieures et inférieures sont en appareil moyen, pendant que le mur qui les unit est en petit appareil régulier dont les joints onl une extrême finesse. Les corniches . les chapiteaux , les bases qui composent la décoration intérieure ont un cachet particulier de simplicité
1 «Oiuilom aotem ei scripii» antiquia compularc potuimus, ante ingreauin Coronc, apud eccletriam Sancli Johennia per XX annoa vel ampliua in Dei aarviuo permanjenrat. » Cliron. ul pro. PM. 17.
• C«» fenêtre* ont t m. de haut sur 0 m. 36 d« large. Elle* «ont en plein cintre.
g rave et rude qu'on ne trouve pas dans tes monuments d'époques postérieures. U sculpture des chapiteaux et le travail des bases qui présentent trois boudins égaux superposés, indiquent absolument la naissance de l'art.
Celte petite nef, étroite, sombre, était probablement terminée à l'est par une abside. C'est le plan qoe j'ai indiqué pour Courcôme et que nous allons retrouver à
l'élude de celte nef de La Palud. Les monuments sont comme tes ouvrages de la statuaire et de la peinture. Dans leur histoire , on ne s'arrête pas avec moins de charme devant les essais des premiers Ages artistiques que devant les œuvres d'une époque plus avancée.
LA PfiSKE, fi. Jf. d« Pagina. La Pesne est sans contredit la plus ancienne basilique d'Angouléme. Son abside est tournée à l'ouest , ce qui porterait à croire qu'elle est antérieure à l'idéede l'oritntaUon des églises qui est devenue dominante au moyen-âge. Le plan est absolument celui l basiliques, développé par l'addition des trans- • la croix latine.
PLAN DE L'ÉGLISE DE NOTBE-DAME DE LA l'ESNE.
de t ,
C'est la seule église où j'aie trouvé des colonnes formées de tronçons et de demi- tronçons superposés. C'est une imitation des colonnes do briques destinées à être recouvertes d'un enduit, telles que nous les avons observées à Chassenon.
Cne crypte naturelle règne sous la nef à une grande profondeur. On y descend par un escalier dont l'entrée est au croisillon de sud. Il est probable que les premiers chrétiens de l'antique Angoulcrac célébrèrent les saints mystères dans ces catacombes, durant les persécutions. Plus tard, à la paix de l'Église, on bâtit au-dessus une basilique. Je rapporterais au W siècle plusieurs parties de Téglisc qui subsistent encore. Dans celte appréciation, je suis le système que j'ai développé plus haut dans mes ationssur les églises antérieures à l'an mil.
L'abside seule était voûtée ; la nef et les Us cotés, séparés par des arcades en plein cintre supportées sur des colonnes, n'avaient qu'un lambris. C'est la basilique latine dans sa primitive simplicité.
Ce monument , qui fait partie des caves de l'évéché d'An-
it des premières églises de style latin. On y élula pureté des lignes des pilastres et de leurs corniches et le travail des chapiteaux , des colonnes formées, comme nous l'avons dit, de detn t-lronçons.
Le bas -coté du nord a été coupé pour recevoir le grand corps de logis de l éveebé, construit au XIr» siècle par Gérard 11. Celui du midi a été oUtrue par les terres qui forment le jardin ; il ne reste que la nef et I.; sanctuaire.
LA ROCHE-CHANDRY. Ce château avait trois chapelles. L'une en voûte romane ogivée , appelée <le S. Jfomy, dont l'entrée donnait hors du château. Sur l'autel était un reliquaire en pierre, lié par des crampons, qui contenait les reliques de saint Rcmy '.
La seconde était au-dessus de celle-ci , et était dédiée a sainte Anne. On s'y rendait en procession dans les temps de calamité.
Elle fut agrandie et restaurée en style de la Renaissance, vers 1612.
La troisième était la chapelle primitive du château. Il en reste la petite ateide de style fort sévère qui fut respectée dans les diverses démolitions de ce château. Je lui assignerai au moins les premières années du XI* siècle. J'y ai remarqué des vestiges d'anciennes peintures.
LA VALLBTTH, autrefois V1LLBBOIS, Villaboe. Le château de La Vallelte, un des plus importants du pays, remontait au premier âge de la féodalité. Il ne subsiste de ces temps reculés qu'une chapelle basse fort remarquable.
Ce petit monument présente une singularité que j'ai remarquée également â la chapelle basse du château de Montmoreau et à celle du château de Martbon appelée le Temple Saint-Jean. Ces trois édifices présentaient une nef toujours ouverte en forme de large vestibule , que l'on traversait par deux larges arcades à jour sans qu'il y ait eu de clôture ou de porte. Ces églises, se trouvant dans une enceinte murée, étaient ainsi ouvertes jour et nuil comme lieux de refuge. Si le voyageur, le pèlerin ou le
" « ln crattinnui beali Remigrii cuju» corpus jaori in capeHania de Rupe Cbindcrici. » Donat. à Pabb. de la Couronne, par Guill. de La Rodie-Chandry, de '.ni. Je ut tais quel est le «Uni Rerriy dont celle chapelle avait U>« oasemeill*. U n'eu pu probable que ce fût Mini Rcmy de Reims. Cette chapelle i 1 177». A partir de ceUe époque, let i
l arrivait pendant le jour, il trouvait là asile «t repos. S'il arrivait à l'entrée de la nuit , avant que le pont-lcvis fût levé, iljlroovait un abri sous ce vestibule où il pouvait se blottir. On n'avait rien à redouter de sa présence dans le château : on donnait ainsi l'hospitalité sans introduire l'étranger dans aucune pièce de la maison. La chapelle haute était celle du seigneur et de sa famille ; elle ne communiquait pas avec celle du rez-de-chaussée.
J'ai étudié à La Vallelte, a Montmoreau et à Marthon cette curieuse disposition des chapelles basses des châteaux que j'appelle églises-portiques. Il y aurait à faire des recherches intéressantes sur ce sujet dans les autres provinces. On parviendrait peul-èlre, a l aide de ces données archéologiques, i faire l'histoire de cette hospitalité lou-
et quia permaximum opus ctpimut H ad «le... »
Vers 1040, ce monastère fut pris et saccagé par Aldeberl, comte de la Marche, qui brûla l'église et l'abbaye avec dix-sept cents hommes qui s'y étaient renfermés. Le clocher résista par sa masse, ainsi qu'une partie de la nef, où l'on voit encore au midi les traces d'un incendie. Elle fut relevée par S. Gautier, abbé de Lesterps, avant 1070, époque de la mort de ce saint personnage. Je donnerai (Armoriai et Histoire des villes, abbayes, fiefs et familles de l'Angoutnois), la charte d'Almodts, comtesse delà Marche, confirmant les restitutions faites par son père 4 l'abbaye incendiée.
On ne peut pas douter que ce qui reste aujourd'hui de
chante que l'on arrachait pour ainsi dire à l'homme de la l'église de Lesterps, le clocher et la nef, ne soit l'église
force, seul dominateur de la terre pendant l'âge féodal.
PI AN DE LA CHAPELLE BASSE Pt" CHATRAI" DE LA VALLETTE.
Ecbcllt de Il
AA. Arcades ouvertes du sud au nord formant l'égliseportique.
B. Chapelle dont l'entrée est ornée de deux demi-colonnes où se trouvait l'autel. Celle partie, aujourd'hui moins ancienne, fut changée plus tard en caveau sépulcral.
Les voûtes de cette chapelle, construites en blocage irrégulier, sont à'arêtcs.cc qui rst rare parmi les édifices romans de l'Angoutnois; les murs sont dedeux appareils : les piles, les angles et les contre-forts sont en appareil moyen, et le reste des murs en petit appareil, dont les joints n'ont que quelques millimètres d'épaisseur. J'ai remarqué ailleurs cette finesse de joinloiemeut dans les débris de l'architecture religieuse et de l'architecture féodale primitive. J'assigne pour date à cette chapelle au moins la derniète moitié du X' siècle.
LESTERPS, de Stirpe.. La charte defondationde l'abbaye de Lesterps, donnée par d'IIosier et le Gallia Chritliana, nous apprend que, vers 986, Jourdain, seigneur de Chas, et Dia, son épouse, construisaient à grands frais : • llimonasltriumconstruimiu.,.
1 M. Boreau de la Gérmdîe, prévient du tribunal de Contiens, possède les page» du Cartulaire de Lesterps où se trouve
primitive incendiée par Aldebert. C'est le style lourd et sévère du X'siècle qui te continua dans le XI*: la date doit donc se placer entre 986 et 1070.
Rien n'est majestueux comme le portique à jour qui sert de base au clocher et de vestibule à la nef. C'est le seul exemple d'un portique ainsi placé sous un clocher à l'entrée d'une église, que nous ayons à offrir à l'intérêt de la science.
Voyez plus loin, pour l'architecture du reste de l'église de Lesterps , les monuments du XIII* siècle, style de transition, et pour le plan du portique, le plan général de l'église, dans le même article.
Ce portique, qui a 10 m. 25 c. de face, se compose de douze piles. Les quatre intérieures sont formées de quatre colonnes accouplées, surmontées d'un chapiteau presque nu. Les arcades formées extérieurement par les piles sont en plein cintre, basses et d'un style sévère. Elles ont été toutes bouchées postérieurement.
Le clocher carré qui s'élève au-dessus a une très-grande hauteur. Il se compose du portique qui fait son rez-dechaussée et de trois étages en retrait les uns sur les autres. Cn toit aigu en charpente le termine; il est difficile de juger s'il a été couronné autrefois d'une flèche en pierre. C'est un des plus beaux clochers de l'Angoutnois. La ner qui sert aujourd'hui d'église paroissiale se compose de trois travées de voûtes en plein cintre , accompagnées de deux bas-côtés d'un très -petit diamètre. Les voûtes sont en moellon noyé dans le ciment. Elles sont supportées par quatre piliers carrés ornés de pilastres destinés à recevoir
celte charte Elle a pour suscription : Pro fundatione Slirpcntis On la trouve. Coll. Chrisi., lom. Il; et d'Hosier, Afdc France, tom. III, 1" partir, art. C«*rr. m Hasthkuc, brandie , selon cette généalogie, des Cat, sires de Chabanais, et fondateurs de Lesterps.
uigi
la retombée des arcs doubleaux. Stylo lourd et sévère qui a son grandiose et son effet sur l'imagination.
MONTMOREAU. U chapelle du château de Montmoreau se compose de deux parties construites ùdeux époques fort , Nous analyserons plus loin la chapello propredite, rotonde à quatre absides qui accuse le style élégant du XV siècle. C'est une de ces délicieuses pelile« miniatures qu'il est impossible de voir sans admirer ce que l'art roman avait de riche et de fécond. Ici nous nous occuperons de l'église-portique qui lui sert de vestibule.
C'est une petite nef dont le mur est pénétré, au sud et au nord, de deux larges arcades à jour. Par sa disposition, cette nef était évidemment destinée à être continuellement ouverte, comme un portique où on pût s'abriter. J'ai parlé plus haut d'une disposition semblable à la chapelle du château de La Vallette, et j'ai indiqué à quel usage je supposais que ces chapelles-portiques étaient destinées. Celle-ci est d'un travail fort original .
PLAN DE U CHAPELLE Dl" CHATEAU DE MOSTMOREAl.
Êrhrlle «Ton dcmi-fcnllro'lrc pour n>*tr*.
Elle est partagée en deux travées d'inégale K> celle A qui reçoit les deux arcades à jour est la plus longue; l'autre B est plus étroite, mais elle a plus de hauteur. Par une inexplicable bizarrerie, l'arc doubleao C qui sépare ces deux travées n'est pas à angle droit, de telle sorte
qu'il donne aux voûtes un diamètre inégal à chacune de leurs extrémités. Enfin, ce qui complète l'originalité de celte construction, c'est que lesdeux voûtes sont transversales et ont leur direction du sud au nord.
Les dimensions, on le voit, en sont ires-petites : ce n'en est pas moins un des plus intéressants débris de l'archichitecture romane primaire. J'en fixerai la date au moins aux dernières années du X' siècle.
MOUST1BRS, </«• Mmttt*rii$. L'église de Bt-Hilaire de Moustiers, prieuré conventuel, fut donnée à l'abbaye de St-Marlial de Limoges l'an 10M, par Guillaume de la Roche Chandry 1 .
La nef de cette église est une des plus anciennes de l'Angoumois. Elle est à peu près de la même époque que celle de St-Jean de Palud que nous avons décrite plus haut. Celte nef, comme celle de l'abbaye de Puypéroux, offre cette particularité que les arcades latérales, et par là même la largeur entre chaque travée, vont en augmentant depuis lu jonction de la nef à la coupole centrale jusqu'à la nef. La première arcade ade longueur» m.; la 3 m. 55c; la 3* et la V, 3 m. 55 c; la 5', 3 m. 58. Chaque pile qui partage les arcades latérales se compose de trois demi-colonnes; celle du centre correspond à l'arc doubleau de la voûte, et les deux autn s supportent les arcades.
Les chapiteaux des colonnes méritent d'être étudiés; ils sont d'une grande barbarie, ainsi que les hases, qui présentent plusieurs boudins superposés. Les moulures des tailloirs sont ornés de zig-zags, de damiers, de quatrefeuilles.
Il faut remarquer que cette nef a reçu extérieurement un revêtement complet de style ogival qui a doublé l'edes murs, trop faibles pour soutenir le poids des On y a ajouté en même temps d'énormes contreforts ; de telle sorte que, vu de l'extérieur, on dirait un gothique, pendant qu'à l'intérieur il est imi de ne pas reconnaître le style le plus reculé de Part roman.
La façade est un mauvais mélange de plusieurs styles : la porte est de la Renaissance. Une Tenêtre gothique grossièrement travaillée et restaurée en iOOi, deux nrcaiures ogivales servant de niche à droite et à gauche et faites des débris da la vieille façade romane, achèventde lui ôtertnut style Mais l'inléricor de l'église est digne d'être remarqué ; parlerons plus loin du reste de l'édifice. La nef seule nt au roman primaire du IX* ou du X* siècle. Les i St-Jean de la Palud.
« 11 e«t tait mention dam la charte du prieur et des moine»
J6i STATISTIQUE I
0RGEDEU1L. Ancien archiprétré. L'église n'a de remarquable qu'un sanetuaire d'une batte antiquité. C'est un carré voûté en plein cintre, sans autre décoration que quatre pilastres, et terminé par une petite abside. C'est évidemment une construction d'architecture cartovingienne. Le reste de l'église est sans importance et n'est pas ancien.
PEUDRY. Cette église, construite en pierre d'agrégation Siliceuse, est très-ancienne. Elle est du même style que celle de St-Eulrooe, dont nous allons parler.
PYUPEAOUX, rf« PoAo petroto. La peute abbatiale de Puypéroux mérite les regards de l'archéologue. Son pten original, ses nombreuses sculptures symboliques, le tombeau dusaintque la tradition donne pour fondateur à l'abbaye et que toute la contrée vénère sous le nom de saint Gilks, la riche couleur monumentale aux teintes grises, rouges, orangées. Jetée sur la façade en ruine, tout donne a ce débris un intérêt religieux el artistique. C'est d'ailleurs un des rares monuments du roman primaire les plus complets quo l'on puisse étudier. 11 mérite donc une monographie spéciale. Bâti par des solitarres sur une petite colline qui s'avance en amphithéâtre entre deux vallées, presque au centre de vastes landes qu'il domine de sa masse noircie, l'édifice a échappé, par sou isolement même et la pauvreté de ses moines, aux dévastations qui l'auraient renversé ou aux embellissements qui en auraient dénaturé le style. Seulemeut les deux croisillon* ont disparu en partie, et la nef encore découverte n'a pour voûte que le dôme azuré du ciel el la cime d'un chêne séculaire qui a pris racine, dans la nef même, aux pieds du tombeau de saint Gilles. La nature, plus religieuse que les hommes, a voulu cacher sous cet ombrage la pierre vénérable qui enferma pendant des siècles la cendre d'un humble cénobite.
Une bulle 1 du pape Alexandre III, de l'an 1170, conflrmauve des droits cl privilèges du chapitre de Blanzac, nous apprend que cette abbaye • est unedes plus anciennes qui aient été fondées dans les vastes déserts de la Gaule, par les vénérables solitaires Bénédictins, dont ce chapitre tirait sou origine. »
En effet, le chapitre de Blansac était seigneur spirituel el temporel de Puypéroux. L'abbayo. le bourg, les terres, la paroisse entière lui appartenaient. Il avait successivement
* Le trésor du chapitre de Blantac possédait une oopie eollalionnce de cette bulle laùe par Berbo, oOicial d» Robert de Luxembourg, évêque d'Angoulème, de l'an 147». (Délib. capital, du î mai 176». Arcb. ebar.lt. ÏOt. - Déclarât, du I* *pu 177t. Arcli. dur. li. SOS.)
IDUMKNTALE
donné à cens les terres à des tenanciers qui lui an payaient
les rentes.
* La fondation de es chapitra, dit une notice manuscrite de M. de Bresme, qui avait travaillé dans le siècle dernier sur les antiquités de Ja contrée, remonUi à des temps très-
I t-*s à Lj£& AJlAï ÏOi fit S 1*4j14- tltA£t 1 1 l) ($\ 01 V 1^0 1 ("Ottè^â LlpOfî
saint llaur, disciple de Saini-Benoist, qui viol en France par ordre de ce saint, pour y établir ton ordre, dans le Vl* siècle. Leur première demeura fm a Puypéroux, lieu retiré el désert dans les landes, a une petite lieue à l'orient de Blanzac, où ils vivotent sous la règle de SainlrBeooist. Mais depuis, ils se réunirent A Blansac, où ils firent bâtir l'église collégiale, sous le titra de fiainl~Atifa4my, dans le XIP ou XIII' siècle *.
«L'églisede Puypérottxest extrêmement ancienne et ruinée. Bile a servi de paroisse apréa la retraite des chanoines de Blansac *. Il n'y a que le ebour de l'église qui soit en état, le reste est en partie tombé. On voit par las ruines de celte église qu'elle était autrefois considérable. Les chanoines de Blansac sont seigneurs de Puypéroux ; ils disent avoir défriché ce local dans le temps de leur résidence >. •
< Ces translations de moineau vont rencontrées quelquefois au moyen-Age Ceiu de l'abbaye de BournM, voisine de Puypéroux, avaient eu leur première habitation aux Gourdeaux. Ca document précieux de don Estiennot nous apprend que Tusson fut la fondation primitive de Pontewauld , par Robert d*Arbrisselles.
Abandonné» au XIII* siècle, le» bAtimenu de l'abbaye de Puypéroux tombèrent bientôt en ruine. En 1(63, il en reiuut encore quelques débris que les chanoines se réservèrent dans les arreniement» qu'Os huaient de leur domaine : «EicepUs tamen parieUbus ecclesÙD dlcti loci de Podlo pelroso et allia eliam parietlbus siu» ante (ores dicte eedesiat. » Baillette du 9 nov. 11(1. Arcb. char., li. 198.
* U» abbayes de QTjinçay, en Poitou, de ToTirtoyrac, en Périgord. et beaucoup d'autres en France, n'avaient plus de religieux dès le XVI' siècle, et étaient devenue» de simples églises paroissiales.
* Dan» une discussion avec les seigneurs de Blantac, qui disputaient au chapitre les droits seigneuriaux dans l'étendue de la rhatellenie, le chapitre cipotc que < ce ne peut pas être les seigneurs barons de Blansac de qui ils tiennent leur* possessions. Les diserts, qui ne sont productifs que de ronce» et d'épines, ne seraient pas pour les seigneur» terrier» de» lieux de plaisance. Ces seigneur» n'étant venus qu'après que ce» même» déserts ont
établies et ion ttee» auparavant eux dans cas mêmes disert».»
(Déclarai, du M sept. 1771, Arc h. char. li. lis.) Us déserts mis en valeur par le» moines bénédictins auxquels cet acte fait allusion, n« peuvent pas être le territoire de Blantac, un de» plus
Cette notice nous apprend qu'elle était dam les derniers temps une annexe de la paroisse de Samt-Kulrope. et elle
d'aoust, où il se lient une assemblée fort nombreuse appelée Frérie, et le premier jour de septembre, qui est le jour de la fête de Saint-Gilles, patron de l'église; et quel-
ansst des processions. ■
Il n'y a pas d'autres documents historiques sur Puypéroux, le* papiers et litres originaux du chapitre ayant été brûlés parles protestants, lors des troubles et de la d'Angoulême, en 1 562 et I S68
dans les mémoires du l'Institut historique , porto que « l'église collégiale de Blanzac fut consacrée l'an 1Î2G.
et qu'ils ont fait leur demeure à l'uypéioux, lieu dé|*ndant du chapitre *• » Ce passage p-hi d'une grande iinix>itance
avec la data indiquée par le style do la collégiale, et déplus avec la restauration faite à Puypéroux pour rendre le chœur
Mais si l'histoire nous dit peu do chose sur le passé de ce vieux monument, la légende vient combler crtte lacune.
la couleur qu'elle veut; mais sous le manteau dont elle les enveloppe, sous la fiction ingénieuse qu'elle emprunte, le fait «'échappe comme le mot tiré d'une énigme.
Voici l.i légende de Suint-Gilles de Puypéroux, telle qu'elle est encore racontée dans le pays par les vieillards :
« Saint Gilles bâtissait l'église de La Couronne- (Saint- Jean de la PeJud). Après qu'elle Tut achevée, il prit son marteau et le jeta en l'air en disant :
Où mon marteau tombera.
Une abbaye «'élèvera.
Et le marteau alla tomber à Pnypéroux. Le saint se mit
fertiles de l'Angoumoi», où «railleur» le chapitre possédait peu de terres, mais la lande mime de Puypéroux, dont ils étaient seigneur».
' Délib. du 11 sept. 1171.
* Cette notice contient une erreur grossière. Elle dit que la consécration de l'église de Blan«ac eut lieu lieu sous Philippe Rabin ; d'autres copies disent Philippe Hubén, et d'autre» Rabo». Or, ancun éïfque d'AnfOUléme n'a porté ce nom; seulement il est probable que le tiuc qui feiuit mention de cette consécration, et que possédait le trésor du cnapitr^cot* leltn G, n* •>, avait élé vidimé par Philibert Babou, éièque iTAugoulinae en 11» . Ce «rail alors uu erreur du copiste.
en route pour chercher son marteau dans la direction où il l'avait jeté. Bn passant i Moustiere, il trouva saint Corne et saint Damien (ce sont, avec saint Hiïatre, les patrons de l'église; dans le l^gpndaire, ils en deviennent les constructeurs) qui commençaient leur église. Sainl Côme, lui dit : Aide-nous i travailler, et saint Gilles y consentit. Mats bientôt il tomba malade, et saint Côme, étant médecin, le guérit. Quand saint Gilles fut entièrement rétabli, H voulut partir et leur dit : Je vais maintenant à la recherche de mon marteau. Saint Côme lui dit : Tu as élé malade, je l'ai guéri; que me donneras-lu? Saint Gilles lui répondit : Dans les temps de sécheresse, tu viendras à Puypéroux me demander de l'eau, et je t'en donnerai '. >
Celte légende a ce singulier caractère de rappeler que Saint-Jean de la Palud, Mousliers et Puypéroux ont été construits en même temps. En effet, l'élude de ces trois monuments constate qu'ils sont contemporains et qu'ils ont dû être fondés par des moines à l'époque du premier établissement des monastères dans les Gaules, après le grand mouvement imprimé dans l'Occident par saint Benoit. Il est curieux de trouver dans une légende populaire l'affirmation d'une parenté intime entre trois monuments, telle qu'elle pourrait sortir du jugement del'archéologue le plus exercé. Qu'on nie ensuite la valeur des lé-
1 L'usage des processions à Puypéroux pour demander de l'eau est de temps immémorial. Après qoe toutes le» paroisses fiaient réirmee, et qu'on avait célébré la messe, on «m readai prctessionellement ,\ la (bataille de Saint-Gilles; là le prêtre plongeaMaaa l'eau le pied de la croix.
Use grande sécheresse ayant désolé ta contrée en tsti, le» habitants de Mousliers demandèrent à leur pasteur qu'on fit la procession, dont ils avalent entendu parler par leurs anciens; car elle n'avait pas eu lieu depuis le siècle dernier. Elle se fit en effet dans les premiers jours d'août, avec un grand concours de peuple.
Le lendemain, une pluie douce et adonnante abreuva les cam-
jours, «près lesquels la ciel reprit, comme auparavant, sa sérénité, sans aucun indice de variation naturelle dans la température. Ce Tau récent, qui a eu pour témoins des populatiom peu croyantes, que j'ai vu moi-même, et dont j'ai été frappé, m'a
STATISTIQUE Voici Je plan de l'église :
ILAX D£ LtCLlSE DE l'UVI EHOl A.
Êchïllr de | millim. pour »*lr«.
On en remarquera d'abord les singularités : les sept obsidioles rayonnantes autour de l'abside principale, expression mystique des sacrements de l'église qui se rencontrent dans le sanctuaire ; les quatre passages derrière les j.iles qui Mjportmt la coupole, disposition très-rare; la distance inégale des pilastres intérieurs et extérieurs de la ner, qui décroissent proportionnellement depuis la façade jusqu'à l'arceau de la coupole.
L'élude du monument Tait reconnaître qu'il a été construit à trois reprises différentes : le sanctuaire d'aliord, évidemment le plus ancien, ensuite la coupole et les ttanssepls ; en dernier lieu la nef. Comme tout le travail indique l'art roman primitif, il n'y a pas sans doute de grandes distances entre les différentes époques de construction. Aussi on peut assigner le X* siècle au sanctuaire lteplabsidal ; à la coupole, aux transsepls et à la nef, les premières années du XI' siècle. Il est à présumer que le fondateur de l'abbaye, saintGilles.construisillui-nièmerabside et le chœur, et qu'il plaça l'église sous le vocable de son patron, saint Gilles, abbé en Languedoc. Un cerf au milieu de feuillages, placé sur un chapiteau de pilastre, fait évi-
Après la mort de saint Gilles de Puypéroux , ses disciples continuèrent la nef et placèrent le tombeau de leur père
sous une arcade du côté du nord, donnant sur le cimetière; car dans ces tmnps reculés il n'était pas encore d'usage
d'enterrer dans les églises.
NoiN allons jeter un coup d'oeil rapide sur lest lies de l'édifice.
f soin »i«e HKmasiDAL, A. A l'extérieur, toui ornement ; ni contre-forts aux murs, ni colonnes, ni a relu volt, s aux fenêtres, ni modillons au couronnement. Une simple corniche termine la partie pentagone quisélève au-dessus des ahsidioles .
A l'intérieur, la base du sanctuaire est pentagooale. Les quatre absides qui louchent aux piles de la coupole occupent les deux côtés les plus allongés du pentagone. | Voyei le plan. ) Comme à tous les ouvrages de ce vieux style, il n'y a jamais deux parties dont les mesures soient égales. Ain» les absides correspondantes ont de diamètre :1m. 50 c. et 2 m. CO c. ; 2 m. 14 c. et t m 23 c ; 2 m. 14 c. et 2 m. Iti c; celle du fond a 2 m. 23 c. Je mentionne ici celle irrégularité; elle existe dans toutes les autre mesures de l'édifice, même pour les niveaux des l>ases des colonnes et du stylobatoqui les porte. Voûte de l'abside, pentagone à sa hase, mais ensuite se terminant en cul-de-lbur. Les voûtes sonten moellon plat noyé dans le ciment. Chapiteaux leuillagés. Absence de toute figure symbolique. Lourds tailloirs. Assises des fûts inégalement arrondies. Travail grossier , tel qu'il pouvait sortir du ciseau de quelques solitaires, mais d'une simplicité mystérieuse qui impressionne. Véritable art chrétien qui dédaigne la perfection des formes pour atteindre l'idéal.
t" coupole et traksski-ts, B, C, E. Cette partie de l'édifice n'est plus de la même main. On voit très-bien le passage des deux styles et la solution de continuité des appareils.
Quatre piles, iBolées des murs par un passage étroit , et décorées de demi-colonnes, groupées trois par trois, supportent quatre arcades en plein cintre ; une corniche termine cet élage. Au-dessus et sur cette base carrée la construction s'élève encore ; mais quatre pendentifs présentent bientôt une base octogone, décorée d'une corniche De ce point la coupole octogone s'élève en s'arrondissant. C'est une des coupoles de ce genre les plus curieuses -. Je mentionnerai avec soin les coupoles analogues qui se trouvent en Angoumois. Elles n'ont aucun rapport avec les coupoles byzantines dont Saint-Front de Périgueux est le type dans nos contrées. C'est la coupole indigène trouvée en tâtonnant, et combinée par des architectes qui n'avaient probablement jamais vu d'édifice byzantin, ou qui n'en avaient qu'une faible réminiscence.
Les vingt- quatre demi -colonnes qui ornent les quatre
DE LA C
piliers ont des chapiteaux extrêmement curieux. En void quelques-uns.
V |. — Pil« duMd-rtl.
Deux monstres monocéphales >ine seule tète pour deux corps), placés au chapiteau de gauche s'apijétentàdévorcr un homme nu qui a les pieds et les mains réunis et liés derrière le dos.
corps. Les bras de l'homme saisissent le cou <$•• l'anima comme pour l'embrasser. C'est la plus énergique représentation sur la pierre que j'aie trouvée, de l 'homme s'a-
baissant aux instinrts de la béte . Animali$ A«mo
F orientes toluntotem earnis (I Cor. î. Eph. S); une téte d'aigle ou de vautour est sculptée sous U tailloir. Le costume de cet homme, revêtu de la sala que retient une ceinture doit être remarqué.
s» s. — rue du wa-«i.
Sur ce chapiteau une sirène se défend contre un lion qui lui a .si si la main droite. De la gauche elle est armée d'un poisson. Au-dessous d'elle est un petit lion. La sirène, c'est l'âme vivant au-dessus des flots de la mer orageuse du monde; elle se défend contre l'ennemi du salut à l'aide de la foi. Le poisson était l'emblème familier aux premiers chrétiens pour indiquer Jésus-christ'. La sirène est nue jusqu'à la ceinture , mais la jonction de son corps à la queue du poisson est voilée par une draperie.
Le premier chapiteau présente un suji-l analogue au précédent, mais ici les deux animaux sont distincts- L'être nu et vivant qu'ils vont dévorer, est une femme. Eile aies mains et les jambes liées comme l'homme du chapiteau opposé. Mais par un sentiment d'exquise délicatesse, le sculpteur a représenté la femme la tète en bas , cachant ainsi sa nudité', pendant que dans le chapiteau où l'homme est représenté, il n'a pas craint de le montrer sans voile. On comprend que notre dessin n'a pas dû èlre fidèle. Ces deux chapiteaux commcnreiil donc, à droite cl à gauche, lasériedessculpluressymMiques : l'humanité, représentée par les deux sexes, enchaînée, nue, misérable, prête à être dévorée; tel est le premier tableau offert aux regards.
Le deuxième chapiteau adroite N° 1 présente un homme el un quadrupède ayant une seule téte pour leurs deux
• A Salnt-Cvbardeaux, la tetnme représente sur un modillon a aussi la tète en bu. On avait peut-être attaché à cette posture une idée qui avait cours a cette époque ri qui est maintenant
X°4. -m» da»
Les quatre personnages occupent un chapiteau. Deux sont unis par une seule tête, quoique leurs corps soient séparés. N'est-ce pas le symbolisme opposé à celui de I hom-
1 Je rappelle ki, en fa\eur <lc ceux <jui n'om i»i> de notion* pateologirpies , <|tie le* premiers chrétien* avaient trouvé dan* le* tinfj lettres du mot giec du poisson, IXMVï, |h initiales de» cinq mots suivants : Un,, \ ? ,m t *u6 V«j ïmti.s. JVsti» Chrittuê Dei Films Salctilor, Jésus-Christ de Dieu fils Sauveur. Aussi portaient-ils fréquemment le poisson sur leurs anneaux, et le
me s'unissant 1 la bêle? Des hommesqui ne forment qu'un, n'est-ce pas la plus parfaite réalisation de la fraternité évangéliquo î Ecce quàm ftonum et quùm / fratrn in unum.'— Sint unu
S» 1. — Pile da Mld-our»|J
Ce chapiteau, le premier & droite du côté de la nef,
deux personnages. C'est évidemment le patron de réçttoe. On remarquera qu'il n'a pas In nimbe, qui devint plus tard, en sculpture, le signe indicateur de la sainteté.
W» .. Mb *i
Le chapiteau central de ce groupe est d'une conception fort extravagante. Deux monstres sont aux deux cotés, et leurs télés forment les volutes du chapiteau ; deux hommes il le reste ; l'un est debout : sa main gauche est , de la droite, il lient par la caisse un homme renverse A son tour, celui-ci se lient une jambe de la main droite, et, de la gauche, il se défend contre un monstre qui va le dévorer. Il serait dlmcile d'expliquer le symbolisme de cette figure; la pensée qui l'a conçue en a emporté avec elle le secret.
Chacun des transsepls. aujourd'hui démoli, avait son abside. On voit encore une partie de celle du trausseplsud. Deux bas-reliefs se voient dans chacun dett iranssepts, près de la naissance des absides.
lUt-rrlier du
Un hibou ayant une couronne sur la téle, est monté sur un cheval : d'une main i! tient la bride, de l'autre une lance. En face, un homme, ayant un bouclier au bras gauche, se défend du hibou avec le bras droit, armé d'une êpè>. Dans le champ, trois têtes coupées sont à terre; le bouclier de l'homme qui combat est arrondi d'un côté et en pointe de l'autre; il est vêtu d'une saie qui n'atteint pas le genou. C'est ici la lultcde l'homme contre Satan, thème perpétuel du symbolisme du moyan-àge. Le hibou couronné, c'est le prince des ténèbre»; les têtes ou les corps nus figurent des
p< nm d.
Le bas-relief du chapiteau du pilastre, au transsept non), représente trois personnages : celui du milieu tient l'Évangile de la main gauche, et il a la main droite levée pour bénir ; il a la couronne sur la tête, sans le nimbe. A sa gauche, un homme joue du cor ou olifant; à sa droite, un autre personnage joue d'un inslrumcnt à cordes avec un archet; il le tient comme aujourd'hui l'on lient le violon.
Ce bas-relief est plein d'iniérêt; c'est évidemment l'une des plus anciennes représentations murales du Christ au moyen-âge. J'ai fait remarquer l'absence du nimbe. Les vêtements des trois personnages sont exactement les mêmes; ce sont des manteaux grossièrement drapés, se croisant sur la poitrine et ne dépassant pas le genou.
eoCTSspoadani est un cerf au milieu de feuillages.
Tel est l'ensemble de ces curieuses sculptures symboli- Je les ai dessinées avec soin, et j'ai dû les décrire
«D détail, parce qu elles intéressent l'histoire de l'art roman à l'époque primitive.
3° Ni?. Chaque mur latéral de la nef est décoré au dedans et au dehors de cinq arcades s'élevant jusqu'à la naissance de la voûte; elles sont d'une grande irrégularité de diamètre ; elles présentent, surtout au coté extérieur do sud, cette singularité, la seule de ce genre aussi complète, que le diamètre de chacune d'elles, à partir du pied de la coupole centrale, va en augmentant Jusqu'à la façade.
I" arcade.
diamètre S m. 90 c.
n'y en a pas, non plus, à la porte latérale de la nef ni 1 aucune fenêtre. C'est le seul exemple que je connaisse d'édifice roman à nombreuses arcades où l'archivolte ne paraisse jamais.
Le premier étage est décoré par quatre pilastres très-peu saillant*, dont on a abattu les angles ; il es* séparé du ro âMw— j| par une simple corniche qui n'a jamais supporté de modulons. C'est encore un dos caractères de ce monument, que l'absence des moddlons. L« second étage forme triangle; il n'a d'autre ornementation que deux pilastres.
Le tombeau de saiul Gilles occupe la 4* arcade extérieure du côté du nord de la nef; il a son ouverture au dehors de l'église. Plus tard on opéra un changement : ou éleva grosun peut mur au dehors, et l'arcade fut ouverte pour ^ue le tombeau fût oltert, dans la nef. a la fidèles.
est très-simple, mais ooble et
TOMBEAU DE SAINT-GILLES A PCTPEItOtS.
L'épaisseur du mur de la façade a rendu cette arcade plus étroite au dedans qu'au dehors.
Au mur latéral nord, les proportions décroissantes sont interverties par la porte F.
Je signale spécialement celle disposition aux archéologues pour qu'on recherche dans les nefs romanes à arcades, des constructions dont le plan soit analogue.
On comprend que les arcades étant inégales de diamètre, seraient inégales de hauteur si elles étaient en plein cintre ; or, ici, elles ont toutes la même hauteur, par conséquent les plus larges sont en cintre surbaissé et les plus étroites en cintre surhaussé.
Toutes ces bizarreries de construction , et plusieurs autres que je m'abstiens de mentionner, prouvent que ce travail s'est fait sans aucune prévision des difficultés que devait amener l'irrégularité du plan, difficultés dont la hardiesse ou le caprice devaient décider au moment de l'exécution.
La façade du monument n'a |d'aulrc ouverture qu'une jrrande porte en plein cintre ; clic se compose d'un rez-dechaussée et de deux étages ; le rez de-chaussée est orné de trois arcades; celle du milieu, plus large et plus élevée que les deux autres, forme la porto; les deux autres sont aveugles, supportées par des colonnes non engagées placées deux à deux. Ces arcades n'ont {pas d'archivoltes; il
Il se compose d'une arcade entre deux pilastres, soutenue par un pied droit et une corniche ; sous celte arcade est le sarcophage en pierre d'agrégation siliceuse (espèce de poudingue) appelée Mimaudt. Voici la disposition intérieure de ce !
Longuoiir à l'intérieur, 1 m. 83 c.
Largeur aux épaules, 0 m. 51c.
Largeur aui pieds, 0 m. 30 c.
Entre la tête et l'épaule gauche, est une excavation circulaire destinée a remplacer les fioles funèbres qu'un usage de la plus haute antiquité plaçait à côté des morts, usage qui s'est conservé jusqu'au XII* siècle. Ce trou a 8 cent, de profondeur sur 7 de diamètre.
Ce sarcophage dont 1rs parois latérales furent brisées en plusieurs endroits, fut restauré à une époque inconnue et recouvert d'un couvercle épais de pierre calcaire blanche très-friable
A la même époque, les reliques du saint furent renfermées dans un coffre de fer, selon l'usage du temps, scellé dans un enfoncement carré que l'on creusa, à cet effet, dans le mur aux pieds du tombeau. On voit très-bien cet enfoncement fait après coup, et In rainure dans laquelle le rebord du coffre était engagé.
La vénération rendue au tombeau de saint Gilles depuis un temps immémorial, les restaurations diverses qui y ont été faites, l'ouverture extérieure changée et pratiquée à l'intérieur de la nef, l'cmplacementdu coffre pour tenir les reliques, les fresques dont l'arcado a été peinte à l'intérieur, no permettent pas de douter que le culte rendu à ce saint n'ait été reconnu de tout temps. On sait qu'autrefois, dans chaque diocèse de la chrétienté, des saintsjont été canonisés par la voix du clergé et du peuple. Plus tard la canonisation ut exclusivement réservée aux souverains Pontifes.
Voici l'une des sculptures qui décorent l'intérieur du tombeau ; elles sont placées à la tète et aux pieds du sarcophage, au-dessous de la corniche qui supporte l'arcade.
Uu-r«.|.e( du tombe*, de Mini Cille*.
Le dessin représente au-dessus de la corniche l'enfoncement pratiqué plus lard pour recevoir les reliques du saint. Ce lion saisissant une tète, c'est Satan cherchant sa
« C'est et couvercle que le* gens du pays viennent racler pour mi emporter lu pouwièrr. Ile attribuent a cette poussière, mêlée avec do l'eau, la vertu de guérir la uevre.
proie. Quelle magnifique traduction sur la pierre de celte belle parole de saint Paul : l>o mgien* circuit quart m ijuem devoret. placée à la lélc et aux pieds du tombeau d'un saint? Leçon que donne la sainteté dans son triomphe à ceux qui luttent au milieu des tentations de la vie, poui qu'ils s'imposent la salutaire vigilance et le courage de la foi : VigilaU.... cui retutite forte* in fiât.
Le travail des deux las-reliefs est moins barbare que celui des chapiteaux du chœur. Ou voit qu'il est moins ancien. Il a toutefois une grande énergie. Il donne au tombeau son caractère symbolique et sacré. On sent, quand on s'agenouille devant cette tombe, vide des ossements qu'elle a contenus, que la pierre toute seule parle encore.
l'n chêne a graudi dans l'intérieur de la nef, aux pieds même du tombeau du saint. Il élève sa longue colonne tortueuse à côté des colonnes engagées des arcades, et sa cime domine une partie de la nef. La nature, plus religieuse que les hommes, a voulu abriter ce tombeau que l'insouciance a délaissé depuis plusieurs siècles, cl qui attend encore qu'une main réparatrice lui rende sa splendeur première ou du moins eu cimente les voussures prêtes à s'écrouler.
On a souvent remarqué l'admirable instinct des solitaires dans le choix des lieux où ils s'établissaient. Quand on se trouve placé sur la colline où s'élève l'abbaye de Puypéroux, devant un paysage au premier coup d'œil agreste et triste, l'on éprouve presque instantanément une impression religieuse, et pendant que l'œil se promène sur les bouquets de bois jetés capricieusement sur les collines environnantes, la pensée se recueille dans cet isolement qui lui plaît. On oublierait qu'il y a des hommes, s'il n'y avait pas çà et là quelques hameaux aux maisons blanchies qui vous avertissent que vous n'êtes pus dans une Thébaide. Puis l'oeil s'égare dans une longue et tortueuse vallée qui sillonne le passage, jusqu'à un hor.zon immense, où les coteaux qui la forment vont se confondre.
Je n'oublierai jamuis la profonde impression que me ûrentees ruines, la première fois que je les visitai. J'étais accompagné d'un ami. Nous avancions assez silencieusement, au pas de nos chevaux. Tout à coup le vieux monument se montra à nos regards, dominant la colline. Il se détachait sur des nuages sombres, pendant qu'il était doré par un de ces rayons de soleil qui donnent aux murs noircis |*r les siècles une teinte chaude que les peintres affectionnent particulièrement. C'était un jour d'été. L'horizon se chargea de vapeurs tour-à-tour cendrées et rougeâtres, dont je vis les reflets divers sur la façade du monument. L'orage s'était formé avec tant de rapidité, pendant que nous avions gravi la colline, que, pour trouver un
abri, nous eûmes & peine le temps de nous réfugier dans d'une époqu une des maisons voisines de l'abbaye. Il se présenta alors à nos regards un de ces beaux spectacles qui empruntent leur grandeur des accidents des lieux où l'on se trouve placé. Au loin, la vallée immense se remplissait de nuages amoncelés, dont les détonations se répétaient sur nos tôles; les couleurs les plus variées, les formes les plus gigantesques nous frappaient d'admiration , dans ce riche tableau que la nature improvisait avec lant de magnificence. Puis, à côté, la vieille et sombre abbaye, toute tapissée de ses noirs lierres, crénelée d'églantiers, de capillaires et de pâquerettes, servant d'écho aux éclats du tonnerre, s'éclairanl de chaque étincelle électrique, pour retomber un moment dans la nuit de la tempête, se montrait la, masse muette et immobile, pendant que tout était terreur et effroi dans la nature. Elle avait vu déjà ta ni d'ouragans et tant de siècles !
Ce tableau, après quinze années, est demeuré si vivant dans ma pensée, que je souhaiterais le pinceau d'un habile paysagiste pour le rendre dans toute sa majesté.
Saintes et poétiques ruines, vous eûtes alors sur moi ce charme des grandes choses dont la coeur ne se défend pas ! je m'attachai à vous, je vous aimai. D»»puis, je vous ai toujours placées dans mes souvenirs de foi cl d'art ; et le dernier rêve de ma vie est de songer que ma cendre pourra reposer à côté de la cendre des cénobites des vieux âges, près de la dépouille tiède encore des êtres qui me furent cbers.
SAINT-BARTHELEMY DE CONFOLENS Cette église appartient par sa construction au style roman primaire.
Le plan est une croix latine avec transsepts et absides; on a ajouté plus lard un bas-côté a la nef, on style ogival du XV siècle. Le style de celte église est sévère, les aresdoubleaux qui soutiennent les voûtes et la coupole retombent sur des pilastres. Absence de chapiteaux à l'intérieur.
Coupole octogone très-remarquable. Elle est éclairée au levant par deux oculus.
Dans le tympan de la porte d'entrée est une croix grecque dans un médaillon. Au-dessus de la porte, un encadrement quadrangulairc; un autre médaillon orné de guillochis, porté par deux anges nimbés, contient l'agneau aussi nimbé. Au même niveau, dans deux encadrements aussi quadrangulaires, sont deux des symboles évangéliqucs ; 4 droite, le lion ailé, et à l'autre, le bœuf aussi ailé. Une notice publiée sur cette église en décrivant ces bas-reliefs avait désigné VAgnus comme un cheval i tete d'oiseau, et ces symboles évangéliques comme des sphinx. Le nimbe autour de la tète de l'agneau est cependant facile k remarquer.
SAINT-CYBARDEAUX. Le bas du clocher eu coupole est
très-reculée. Il remonte au roman primaire.
L'abside gothique est fortement inclinée an nord. \* nef a été élargie par un bas-côté gothique du XV* siècle. Sur les modillons au mur sud de la nef, l'homme est représenté barbu, avec la face et le bras appuyé sur la hanche; la femme est représentée nue. la létc en bas et se tenant les pieds avec les mains. On y voit aussi l'oiseau, symbolisme de l'orgueil, et l'homme rongeant un os Style barbare.
SAINT-EliTROPE DE LA LANDE. Cette église doit être classée parmi les monuments primitifs. Les arcs qui soutiennent la coujoIb retombent sur de simples pieds-droits sans corniche ni pilastres. Grande porte en plein cintre sans archivolte.
SAINT- QUENTIN ;de Chabanais). Le dessous du clocher en voûte plein cintre esldu roman primaire. La porte carrée, en granit, est fort curieuse. Je n'oserais pas dire qu'elle fût aussi ancienne que le bas du clocher.
SAINT-GENIS. Église à croix latine avec coupole octogone & pendentifs évidés. Les arceaux qui supportent la coupole retombent sur des pilastres sans chapiteaux. Cette partie est fort ancienne ; la nef est dune époque moins reculée.
Parmi lesédiliecs religieux du pays qui peuvent conserver des parties plus ou moins importantes du roman primaire, soit du X' siècle, soit du commencement du XI', je mentionnerai :
BERNAC. Base de la façade et partie des de la nef.
CHASSORS. Base du clocher.
GOURVILLE. Fragment de mur au nord de la nef. LES ADJOTS. Base de la façade.
OLÊRAC. Fragment de mur.
SAINT-ESTÈPHE. Partie de la façade et d de la nef.
«FOQim. — ROMAN SECONDAIRE. — XI' siècle.
on »«rtte» d>gli«e§ de feue époque digne» cTiotetei. Iliuioor» coupelei oelogooet.
du nord
N.D. deBeaulieu.
U Pérutc.
MArillac-le-Franc.
Il ar thon.
Keignac.
Scint-Siilpice de Cegnar.
Vieux-B
ClnisMiDOn.
Garde.
Juillae-le-Coq.
U Madeleine de
ANGOCLÊME. Noire-Dame de Beaulieu , aujourd'hui entièrement démolie. Dans la construction de la chapelle du collège royal d Angoulême, on a conservé quelques-un»
270 STATISTJOLE des chapiteaux de l'ancienne église. Les autres sont déposés an musée archéologique. Le style de cette église était fort remarquable. L'abside, les transsepls et leurs absidioles servaient d'église paroissiale. La nef avait été cédée aux Bénédictines de Saint-Ausone établies a Beaulien, et était devenue Jeur chapelle. One très-jolie porte d'ordre dorique avait été construite latéralement à la nef sur les dessins, dit-on, de Philibert de Lormc. Elle a été comprise dans la
démolition du vieux monument Une coupole centrale 1 .
BOUTEVILLE. L'église du prieuré de Bouteville fut construite dans les premières années du XI' siècle, par la mère de l'éronelle, femme de Geoffroi Taille-Fer. Péronelle fit terminer l'œuvre de sa mère vers 1030. Une épitapbe gravée sur le mur du nord de l'abside porte ce qui suit :
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ÛVAl.RSIMO OC TAVO t. IOAS NÏS *
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Cette inscription, nécessairement postérieure à la construction de l'édifice, en donno la dite certaine. Bouteville peut donc offnrdVxiellenttw études s ir le style du Xr siècle en AiiRonmois.
La nef avait deux bas-nMés, le tout sur une longueur de 32 m. et sur une largeur de M m. Il reste quelques fragments des murs du midi. La coupole primitive a été conservée. Plus tard l'abside fut démolie et remplacée par un sanctuaire carré de roman ogïvé du XIII» siècle. "* Sur la façade de la nef, la pierre qui porte l'inscription funèbre île Péronelle n'a pas encore disparu.
KK JACKT AdLLA XPI DNI PHTROTULLA
Cette épitaphe vraiment chrétienne, comme l'appelle Corlieu, est a gauche de la porte en entrant dans la nef».
1 On a déposé au musée d'Angouléme une crosse en cuivra doré formée d'une simple volut>;, trouvée dans la tombe d'uae des dernières ubbeeses de Beaulien.
« Dom Fonleneau nou» apprend, dans ses manuscrits, qu'au siècle deniiet le curé de Boutu-viue Ot ouvrir «sa» respect le tombeau de I» vénérable fondatrice, dans lequel an trouva quslauei lames de fer, et inhuma dans le même endroit une fille de sa pi-
ONUMEMALE
CHASSENON. L'église, toute de mémo style, excepté lahside qui est du style ogival à nervures du XIV» siècle. U voûte de ce sanctuaire, ayant été abattue, a été remplacée par une voûte en bois avec nervures à boudins, imitant le style de la voûte primitive.
La coupole centrale est octogone ou plutôt en carré long 4 angles arrondis. Les murs de la nef sont à arcades romanes légèrement ogivées, comme celles de la Péru&e, contemporaine de celle-ci. L'arc plein cintre se brise eu Angoumois dés le XI* siècle; mais j'ai constamment trouvé le plein cintre, pur ou surbaissé dans les monuments de l'époque antérieure. On remarquera d.uis la nef quelques bases de colonnes d'uu dessin original.
Sur la façade se trouve un bas-relief grossier, représentant une annoncialion. L'Ange descend devant la Vierge, agenouillée sur un prie-dieu. Beaumesnil avait vu dans ce sujet chrétien un sacrifice de la religion païenne, et l'avait dessiné en conséquence. Lesarchéologuesdece tempsla ne voyaient dans les sculptures de nos églises du moyenàge que des sujets mythologiques.
GAKDE. Cette église est fort remarquable par un clocher carré à trois étages, surmonté d'une pyramide. Chaque étage est décoré d'arcades en plein cintre. Le premier étage a sur chaque face trois arcades ; le second n'en a que deux; le troisième n'en a qu'une, uiaisoccupéc elle-même par deux («nies arcades que sépare une colonne. Le bas du clocher est très-étroit; il est accompagné d'une trèspetite ubside. Ce clocher, cette abside et le mur latéral nord de la nef appartiennent seuls au XI» siècle. On y a ajouté plus tard un bas-colé de style ogival. Le clocher mérite une mention particulière, c'est le seul à flèche pyramidale en pierre que présente le pays.
Jl'ILLAC-LE-COy. C'est un des rares exemples d'églises romain* a trois nefs que présente l'Angoumois. Ces trois nefs sont farces par deux rangs de piles carrées, décorées sur deux faces de demi-colonnes. Il est probable que jamais ces nefs n'ont été voûtées. Les quatre premiers piliers près de l'entrée ont aux chapiteaux des sculptures fort gros, sières, quoique la pierre soit d'une grande finesse. Ce sont en général des enroulements et des personnages enlacés. La coupole centrale est octogone, à pendentifs a voussure. Ce sont les seules parties de l'échec qui appartiennent au XI' siècle.
Le sanctuaire est de roman de transition. Un beau clo-
roisae nommée Jeanne. Il dii qu'il ut substituer te nom de Joakxa a celui de Pet SOXU.LA ; mais c'est une erreur. Le mot PsxaoKiUA se tu encore, et n'est que peu endommagé. Us. Foule nauu. t. »S. BiW. de Poitiers.
VF. LA CHAREINTE.
cher à deux étages surmonte la coupole. An premier étage on distingue 1m étoiles, les dents de scie, caractère du roman, et au deuxième, les nervures du style gothique; ce mélange est axeet curieux .
A l'une des chapelles de style ogival, andebon» le millésime 1795. Sur lee fonts baptismaux, est la date iWO» La tradition du pays attribue aux Anglais la construction de l 'église. Porte latérale de Style de la Renaissance. Façade romane. On a gravé sur te tympan de la. porte la fameuse inscription : TBMPLB DE LA RAISON, qu'il (audrait laisser partout ou elle se trouve, comme un des plus curieux souvenirs historiques. Quelques fragments et fresques.
LE MADELEINE DB BEAUVOIR on de BEAU VAIS. La façade est fort remarquable. C'est un des morceaux de ce genre les plus intéressants du XI* siècle par la simplicité et la grâce qui y domioenl. Je regrette de ne pouvoir en publier le Ue&siu. La porte carnée, dont le dessus est soutenu par deux consoles, s'ouvre daos une arcade en pleiu cintre, placée elle-même du us un fronton triangulaire. Cette disposition est rare et curieuse. L'église n'est qu'uu carré long, un peu plus étroit dans la partie qui forme le
XI* siècle. Il est probable qu'il n'y eut jamais de voûtes. Pas de coupoles.
LA PÉRUSE. On lit dans d'Hoaicr', dans Besly* etdans le Gallia Chris tiana* la Charte de donation de l'église de la Péruse faite par Jourdain, seigneur do Chabanais, A l'abbaye de Bourgueil en Anjou. Cette charte est antérieure A 1073. L'église fut consacrée peu de temps après par Guy, éïéque de Limoges et Adhémar, évoque d'Angouléme, assistés de Baudry , abbé de Bourgueil, en présence de Jourdain et de ses 61s.
Elle est intéressante an point de vue de l'art. Son plan est bien simple, mais II est original . L'abside est pentagone, ce qui est rare dans nos monuments. La coupole est un octogone allongé, ce qui est plus rare encore.
PUA M U& LÉ'CUSB B£ LA PÉBXSË.
4*sb mllllmf ir» p>« métré.
' Prouve» de la géoéel. des Chapt do Bastigna*. La oiia/te porte pour date lOtt; mais «TMosicf prétend que c'en une erreur du copime, qui transcrirait la charte en HS1, «or le cellulaire de Bourgueil.
♦ Bcsl». B»t. de» comte» de Poitou, pag. 4»7, Mt. > Gall. Cltriat, t. U.
La construction de IV- Irflneestcn deux ap presque toits ceux des X* et XI' siècles. La façade, les pile* et les angles sont en granit, d'appareil moyen ; le nu des murs est en blocage. l-es fenêtres n'ont de colonnes ni au dedans ni au dehors. La voûte de la nef n'existe plus. La porte et les fenêtres sont en plein cintre. Tous les grands arcs destinés A soutenir la charge des murs sont légèrement ogivés. La nef est décorée au dedans de quatre arcades d'ogive romane partagées par des colonne» qui supportaient les arcs doubteaux. Ce qui est remarquable i la façade, c'est que les chapiteaux n'ont pas de tailloir en saillie et qu'ils reçoivent directement la voussure et l'archivolte des arcades.
La voussure intérieure de la porte est on énorme tore sur lequel serpente un rang d'arcatures d'un effet trèsgracieux. L'église de Roumazières a une décoration analogue.
Un chapiteau A l'intérieur esl formé avec deux coquillages en hélice qui partent de l'astragale et vont joindre le tailloir.
MARfLLAC-LE-FRANC. Milieu du X!» siècle. Coupole centrale éclairée aux quatre points cardinaux par quatre petites renêlres en plein cintre. Seul exemple que nous ayonsde ce genre. Les arcades de la façade sont légèrement ogivées ainsi que les arcs doubleaux de la coupole. Sculptures barbares sous la coupole.
MARTHON. Le chevet de celle église est forteraentioeHné vers le nord On ne peut pas douter que cette i n'ait été dans l'intention de l'architecte.
PUS OE VtCLX:
XMHTHOJf.
ÊcMIr 4* I * IXM.
La porte est latérale au midi, et la façade de l'ouest est un pignon fbrt gracieux A deux étages et décoré d'arcades. Les sculptures qe» se trouvent au clu-vot de l'église, sur
n'est qu'un simple trait mettant les objets en relief.
REIGNAC. Église à une seule nef. Coupole centrale, abside. Transsept droit avec absidlolc Le transsept gauche a reçu un prolongement carré et l'on a ajouté A la neîun bas-coté de style ogival du XV* siècle. Ce bas-côté est d'un bon style, mais ilote ao vieux!
Î7i STATISTIQUE Le trans&epi uord se termine par une façade qui mérite d'être étudiée. Le rez-de-chaussée est occupé par unelarge porte cintrée à plusieurs voussures. Bile a été bouchée lors des travaux d'agrandissement du XV siècle. Au premier étage on voit cinq arcades. Celledu milieu coiilientla fenêtre. Dans le tympan des autres arcades se trouvent des sculptures barbares.
Première arcade en partant de l'ouest. Un monstre ayant devant lui un personnage nu.
Deuxième arcade Elle forme deux petites arcades. Dans l'une est un saint debout , les mains levées vers le ciel. Dans l'autre un saint ayant une main levée, l'autre appuyée sur la poitrine.
Troisième arcade. Elle se parlageendeux arcades, comme la précédente. Dansl'uneest un saint, les mains levées vers le cie! ; dans l'autre un saint tenant unecroix de la main droite cl une clef de la main gauche.
Quatrième arcade. Un lion placé devant un personnage nu, assis devant lui. Nous retrouvons encore ici le Uo rugitns.
Le deuxième étage se compose de cinq arcades aveugles ornées d'archivoltes étoilées.
Celle église a été fortifiée. L'abside a reçu un parapet percé de meurtrières. Plusieurs piliers de la partie du nord portent des marques de bisvaïons. On s'y est retranché comme à Barret et dans la plupart des églises de cette contrée.
De nombreux modillons sont sculptés au dehors. Ils indiquent comme partout les vices dont l'église voulait inspirer l'horreur. On y remarque la tète de cerf, le paon, l'bommequi se mord la langue, celui qui se montre nu.
SAINT-SULPICB de Cognac. Eglise a trois nefs, sans voûle. Le clocher occupe l'abside primilive. Deux absidioles aux iranssepls. Chapiteaux nus, décorés de deux anneaux. Ou admire sur la place de l'église un peuplier colossal. C'est l'arbre de la liberté, planté en 1789. L'archéologie doit mentionner avec soin ces arbres, comme ceux que fit planter Sully. Ce sont aussi des monuments historiques.
VIEUX RUFFEC. Coupole centrale octogone. Transsepls peu profonds. L'abside rectangulaire n'est pas du temps de la construction primitive. Porte carrée engagée dans une arcadeen pleinciutre. Statue polychrôroedela Vierge, d'une assez belle exécution, mais mutilée en 1793.
misas de ix hAmk rpoovr. mois* importâmes ai roua
DE VUE DB l'a»T.
AXGEAC-CM AMP AGN E. Nef romane dont les voûtas
sont détruites. Joli rélable d'ordre corinthien. Inscription au-dessous d'une niche de la Vierge.
J£n ta mit. cinq cc« trente et qatre %e margutffïrr be ceat egfiee Keçnaut fe feuve earte bf0atrre IDonna ceete Sierge miee JCL At eo(t cncfyue et reprise iCar («t be fo mère be Bien ffiui a fort on tbu0e et priée Parce prie? fa en « Oeu.
AMBLEVILLE Coupole octogone. Façade romane à trots arcades au premier étage. Porte a une seule voussure i archivolte étoilée. La cloche a pour inscription . pameri
ARMAIT! TBXIIR, DE LA PA»01SSE DE C»ITRtlL, SEISNITB
d'avsleviub, 1639. Sur la façade on lit les inscriptions suivantes :
1° -4- v : ni», ivlii osiiT
RIOAVDVS AM&LAV1LLAB*
i° xit k ivlii oaiiT a a
NAVDVS WCAVDU8.
Un plaisant du moyeu-àge a changé le G (qui se voit trèsbien) en fi, a ajouté i avant vs, ce qui donne riuvoiys, injure grossière qui va mal sur une tombe.
3° XII SA. FB1ROARII OB1IT BONILLAVX OR VS.
AN VILLE. Façade romane avec campauille.
ACGE. Église dédiée a N. D. Jolie façade surmontée d'un campauille à trois ouvertures. Vers le milieu de l'église est une crypte autrefois célèbre par des pèlerinages, appelée le creux de Saiule-Rodégoude. On y allait faire des vœux à cette sainte. J'y ai vu des statues mutilées gisant à terre Une d'elles représente sainte Radégonda vêtue d'une pèlerine arrondie, avec une ceinture; a ses pieds est un animal dont la tète est brisée. Celle crypte est un carré voûté, au fond duquel est un petit enfoncement. On y descend avec assez de peine.
AMBÉRAC. Carré long, sans voûtes, terminé par une abside. Au sommet de la façade une pierre sculptée représente Jésus au berceau ; ce petit bas-relief roman n'est pas sans intérêt.
DE LA
ANAIS. Fragment (Tune abside antique. Le reste moderne.
ASNIERES Coupole détruite. Abside d'un bon travail; signes lapidaires à cette abside. Façade refaite au XVII* siècle. Deux écussons, l'un du seigneur et mutilé, l'autre de France, conservé sous une couebe de mortier.
L'écussou de la famille de Nouèrc est dans une chapelle latérale. 11 est délicatement sculpté et d'une parfaite conservation.
BAZAC. Nef à voûte d'ogive romane. Coupole centrale. Portion de muraille du chœur dont l'appareil est losange. Façade ayant au premier étage une suite d'arcades. Deux chapiteaux romans symboliques, d'un très-beau travail, se remarquent au sanctuaire.
BARDENAC. Église romane sur laquelle on a construit des voûtes gothiques, elles-mêmes aussi détruites. ; BOISBRETEAUD. L'église de cet ancien prieuré conventuel était très-vaste. Il n'en a été conservé qu'une partie : la nef et la façade. Porte dont l'arcade est surmontée d'une archivolte étoilée. Lo sanctuaire ancien élail carré et percé de trois fenêtres. La tradition a conservé le souvenir des moines do Boisbreteaud. Un étang s'appelle encore l'Étang du Moine.
BASSAC. Dans l'église de l'abbaye, quelques fragments do l'égliso primitive, fondée par Wardradc; deux pilastres intérieurs, a l'entrée de la nef, et plusieurs parties du mur du nord.
CIUTEU1L. Église romane dont on n'a conservé que la coupole, les piles, le mur latéral du midi et la façade. Le reste est du style ogival du XV siècle. Portail à plusieurs voussures, et archivolte étoilée : l'étage de la façade est décoré do sept arcades.
CHADUR1E. Eglise toute du XI' siècle. Absido et coupole : chapiteaux nus. Portail a trois voussures. Deux chapiteaux sculptés. Sur celui de gauche on voitdeux colombes qui boivent dans un calice. Le sommet de la façade est fortifié d'un mâchicoulis. La cloche portait :
Pour <$. £afiuitin be jCfiaburie 9 Kamûtït tt 0 Jfïa^eac &ainb1ti6 ntif Sct>$>($> g. Uxott au.
CUAVENAT. Église très-ancienne. Petite abside. Clocher à base étroite. Une voûte en berceau au lieu de coupole. 11 y a quelques exemples de semblables clochers. A l'entablement de la façade, modillons symboliques grossièrement sculptés.
CHAMPAGNE de Blanzac. Coupole centrale, abside, nef
sans voûte. Portail à trois arcades dans le bas et à trois arcades à l'étage au-dessus.
CHARRAS. Nef très-ancienne. On voit qu'elle a été brûlée en dedans. Le sanctuaire est moins ancien. Église toute fortifiée. Un immense mâchicoulis crénelé domine la façade, cl en fait une tour de défense Ce mâchicoulis, percé de meurtrières, règne autour de l'église, y compris l'abside.
Sous ce point de vue C tu iras est curieux à visiter.
CHERVESdc Monlembenf. Ne*, chapiteaux à deux tétes formant volutes.
CUASSENEUIL. U nef et partie du clochi-r.
CHATIGNAC. Abside sous le clocher, voûte d'ogive romane. Entre lecbœur et l'abside un très joli chapiteau symbolique. Une femme, nue jusqu'à la ceinture et dont la robe tombe sur ses pieds, cherche un refuge auprès d'un ange; elle est poursuivie par un homme barbu, qu'un satan, à figure monstrueuse et a longues oreilles, saisit do sa griffe par le flanc et dont il dévore une main, pendant que l'autre main prend la robe de la femme convoitée. Ce travail a une grande naïveté etesl rendu avec beaucoup d'expression.
ÉDON. Petite abside et coupole, travail des premières années de XI' siècle. Nef sans voûte. Portail a trois voussures d'ogive romane. Chapiteaux décorés de griffons et de monstres dans des enroulements. Ce portail est du XII* siècle.
POUQUEURK. Nef avec un bas-col'*. Sanctuaire pentagone.
GIMEUN. Carré long; une coupole au milieu. Le portail est du style ogival primitif avec une archivolte étoilée.
G RENORD - L'EAU. Abside quadrangulaire, éclairée de trois fenêtres. Jolie pierre tombalo qui sera décrite plus loin
GRAVE. Nef romane, le reste style ogival. Porte à archivollo étoilée. Modillons symboliques : le paon, le tonneau, etc.
HIERSAC. Vieille église romane étroite terminée en abside. Ses voûtes avaient été restaurées par Charles d'Orléans et Louiscdc Savoie. Leur écusson se voit encore à la seule travée do voùtequi ait été conservée. Chapiteaux romans à la nef.
LA GARDE. Coupole ccnlrate. Clocher carré à un étage. Sanctuaire ogivé de la deraièro période. Façade romane archivolte à étoiles sur la voussure de la porte. Chapiteaux nus. Galerie de sept arcades à l'étage supérieur.
La croix du cimetière porte le millésime 1291 : c'est la plus ancienne inscription que je commisse en chiffres arabes. Je me suis bien assuré que le deuxième chifu réellement un i.
LA MACARINE. Église dans la forêt de Saint-Ammid-de- Boixe , construite par un chmtlrr de France , nommé Gauthier, quiobitatde l'abbaye de Saint-Amand celte solitude pour y construire un bermltage. L'église fut consacrée ▼ers 1074 par Adémar, érêqoe (TArrgoulêrae. Elle est appelée Capella Maeharii. Les débris en sont fort curieux.
LA PRADB. Carré long, terminé par une abside; pas de voûle. Portail à ornementation géométrique.
LIGNÉ. Carré long. Voûte détruite. Façade golhiquc sur le pilier butant extérieur, à gauche de la façade un écusson dont les pièces blasonnantcs sont trois poires posées 4, 1 .
LA CHAPELLE de Barbezicux. Coupole centrale, avec abside. Nef lambrissée.
LE CHATELA RD . Prieuré conventuel dépendant de Cl un y . La nef est très-ancienne et au moins des premières années du XI* siècle. Le reste est du Xlt\ Ponts décorés d'une sctilplure assez gracieuse.
LOUZAC. Façade romane; archivolte étoilée. Clocher de style ogival ayant une coupole du même temps.
MËD1LLAC. Carré long terminé par une abside , avec coupole centrale ; fenêtres étroites. Tons les arceaux légèrement ogivés. Abside décorée de pilastres qui atteignent le couronnement.
MOUZON. Portail à plusieurs voussures. Carré long terminé par un sanctuaire ogival du XV siècle.
M AN LE. Ni T. Le reste est une addition de style ogival.
NOULfcDK. Ancien prieur» conventuel dépendant de la couronne. La chapelle est un carré long avec deux fenêtres & l'orient. Port*? dont l'archivolte est ornée d'étoiles et de dents de nie.
MONTIGNi: Carré long terminé par une abside. Portail avec campanille au-dessus.
MONTIGNAC -LE-COQ. Abside voûtée. Coupole à demi abattue, arceaux légèrement ogivés. Nef moderne avec lambris.
MAZEROLLES. Église construite en granit. Carré long terminé par une abside. Bas-côté de style ogival dont les voûtes n'existent plus.
MARSAT. Coupole centrale. Nef sans voûtes Portail à quatre voussures avec archivolle étoilée. Chapiteaux nus. Quatre chapiteaux d'un bon travail sous la coupole. Sanctuaire du XV* siècle.
NABINAUD. Carré long terminé par une abside, sans voûtes. La cloche porte : haotucd 1671 .
NTEU1L. Carré long terminé par une abside. Portail en plein cintre. Simple moulure à la corniche ; archivolte unie. Cn des modifions de l'abside est orné, i ses angles , de
PILMAC. Abside voûtée. Portail a ornements péométriques. Nef dont le lambris est peint en décoration dan*, ta genre italien. Ce travail est de *«•« ; il est fait avec assez de soin. Le sujet du milieu représente une Assomption.
OKIVAL. Carré long terminé par une abside. Ponts décoras d une série d'arcalures a nrrs entrecroisés.
PASSIRAC. Eglise en croix latine, toute voûtée en ogive romane. Coupole centrale en octogone allongé.
PÊRIGNAC Très-jolie abside du X1P siècle, richement décorée. Clocher fort remarquable et l'un des plus anciens du pays qui remonte aux premières années du XI' siècle. 11 a trois étages et il est couronné par une flèche de pierre dont on ne peut, au dehors, apercevoir la forme, parce qu'elle est recouverte d'une charpente. Je conjecture cepen dant qu'elle est ronde, décorée en imbrication de nommes de pin comme celle de Phrase. Ce clocher mérite d'être classé parmi les morceaux de ce genre les pliisintéressants du pays. Il a besoin de réparations qui leconsolident.
Voici l'inscription de la cloche :