PORTE DE L'ÉGLISE
Planche Les divcrses parties du portail occidental de l'église de Saint-Ger-
^^' main-des-Prés qui contenaient des sculptures , ou en présentent encore
aujomxl'hui, ont été indiquées, dans de petites dimensions, sur la planche XIX; la planche XX les reproduit en grand. Le linteau qui surmonte la baie d'entrée est composé d'une seule pierre sur laquelle est sculptée la cène; ce bas-relief est dessiné dans son étact actuel en haut de la planche. Le Christ y est représenté assis entre les apôtres; saint Jean, placé à sa droite, s'incline sur la table; un apôtre à genoux en avant de Jésus lui présentait un calice; cette figure a été détruite à Fépoque de la Révolution de 1789. Le dessin fait voir aussi la double série de chapiteaux qui surmontaient autrefois huit statuts dont le portail était décoré ; ces chapiteaux existent encore , mais ils surmontent aujourd'hui des colonnes qui remplacent les figures détruites à la Révolution.
Au bas de la planche est représentée toute la statuaire du portail, telle qu'on la voyait dans le siècle dernier; elle est publiée ici d'après le dessin original qui fut exécuté pour être gravé à la planche VII du grand ouvrage intitulé : Trésor des antiquités de la couronne de France, publié en 1746 par Montfaucon. Cette reproduction du des-
ÉPOQUE CHRÉTIENNE. — flXPLICATION DES PLANCHES. 91
sin est plus précise que celle qui est gravée dans Touvrage .précité et présente avec elle des différences. Le caractère des tètes et de la sculpture en général a été altéré par un graveur inhabile.
On a longuement discuté au sujet des statues qui décoraient le portail de l'église abbatiale deSaint-Germain-des-Prés; Dom Mabillon y a vu, à la partie gauche en entrant dans Téglise, les représentations de saint Germain, auprès de la porte, et ensuite celles de Clovis, de sainte Clotilde et dé Clodomir; puis, à la partie droite, celles de Chilpéric, auprès de la porte, de Childebert, et celles d'Ultrogothe et de Clotaire. Dom Ruinart pensait que la figure d'évoqué était celle de saint Rémy. Il conservait les autres désignations de ce côté; en face, sur l'autre paroi du portail, il substituait Threrry à Chilpéric proposé par Mabillon. Un autre auteur, qui a gardé l'anonyme, voulait que les statues placées à la droite de Tévêque, qu'il considérait comme saint Germain, lussent Pépin, Bertrade et Charlemagne ; vis-à-vis il plaçait Carloman d'abord et conservait les trois autres noms donnés par Mabillon. Dom Ruinart avait retrouvé les noms de Clodomir, CLODOMRIVS, et celid de Clotaire, CHLO. . . .VS, inscrits sur les deux rouleaux que tenaient les dernières statues de chaque série; on ne pouvait donc admettre, à cause de ces dénominations, que ces huit figures aient représenté des personnages de l'ancien testamftit, comme cela fiit presque généralement pratiqué par les scidpteurs du moyen âge lorsqu'ils décoraient les portails d'églises. Quoi qu'il en soit, ces scidptures dataient du xii^ siècle et non de l'époque de la première construction de l'église, comme l'ont pensé les différents auteurs cités plus haut. Le portail ainsi que le clocher auraient été construits dans le xi*^ siècle , mais le style des statues et des chapiteaux qui les surmontaient indique que la décoration n'aurait été terminée que dans le siècle suivant.
Les portes en bois qui servent encore aujourd'hui à clore l'église sont du commencement du xvi® siècle; deux anneaux en bronze, soutenus par des têtes de lion, qui étaient placées sur les panneaux infé-
rieurs de.la menuiserie, dataient du xii* siècle; l'un d'eux est dessiné de face et de profil au milieu de la planche.
ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS
fa'çade latérale restituée.
Planche La façade latérale de l'église de Saint-Germain-des-Prés, gravée
sur la planche XXI, est celle du côté du nord; elle a été dégagée de toutes les constructions secondaires qui s'y appuient afin de faire mieux connaître le style de son architecture. Toute la partie occidentale , depuis le grand clocher de la façade jusqu'à celui qui s'élève auprès du sanctuaire , est dans le style du xi^ siècle et peut être attribuée à l'abbé Morard. Cette première moitié de l'édifice comporte le clocher principal dont la façade septentrionale offre la plus grande similitude avec celle de l'occident, publiée à la planche XIX, moins le portail servant d'entrée à l'église. Au delà de ce clocher se présente , à rez-de-chaussée , le mur extérieur de la nef latérale du nord avec les contre-forts qui soutiennent la poussée des voûtes. Contre ce mur s'appuyaient les voûtes du cloître. Au-dessus du toit en appentis de ce bas côté s'élève la haute muraille de la nef principale de l'église, percée de cinq grandes fenêtres qui l'éclairent; elles sont encadrées de moulures et de billettes , sortes dfe denticules arrondies ; ces moulures forment un bandeau continu qui passe sur les contre-forts destinés à soutenir le mur et les voûtes. Une corniche ornée de modillons couronne la façade.
Au delà des constructions de la nef s'avance le transept du nord , dont les contre-forts et la corniche existent encore , mais dont toute la façade est occupée par une grande fenêtre en ogive de construction moderne remplacée , sur la gravure , par deux baies en plein cintre dans le style de celles de la nef; plus loin que le transept s'élèvent les murailles des chapelles situées latéralement au chœur ; elles ont le même caractère que les constructions de la nef; une petite porte, bouchée aujourd'hui , y était pratiquée pour aller à l'ancienne sacristie
placée de ce côté. Le clocher voisin du sanctuaire est rasé depuis 1823 à la hauteur de son premier étage; il présentait, par son architecture, une grande analogie avec celle des parties occidentales de l'église, et se divisait en cinq étages apparents, dont trois ouverts de fenêtres doubles et décorées de pilastres et d'archivoltes; une flèche en bois et quatre clochetons couvraient la tour. L'architecture des chapelles de l'abside et celle des hautes constructions du chœur différent de celle du reste de l'édifice , et elles sont d'une époque postérieure ; l'arc aigu y siu-monte toutes les baies ; dans les parties hautes les fenêtres sont doublées et des colonnettes supportent les archivoltes; d'épais arcsboutants maintiennent la poussée des voûtes du chœur. Une corniche ornée de modillons couronne l'édifice et soutient la saillie du toit.^
ABBAYE DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS