‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 11 sur 82 · GAMON DE L151EUX, 1". SËCXIOU · texte numérisé non relu

GAMON DE L151EUX, 1". SËCXIOU

LJMnikit 0iiv9 L*Éetti9lr n dtoa.

i68 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALTADOS.

emblème do mal. Ce- lutrin , qui est en bois de cbèae doré à Feaa, est dans le style Loais XV. n provient aussi de Tabbaye de Gormeilles.

Le rétable du maitre-autel, type Louis XV, est formé de pilastres qui supportent un entablement circulaire. Le tableau est également cintré dans la partie supérieure. Une gloire, de grande dimension , forme le couronnement du rétable. Les urnes correspondant aux pilastres sont ornées d'anses, en forme de consoles , qui remplacent les draperies si communes 90us le règne précédent. Le tombeau et le tabernacle sont en forme de doucine.

A l'extrémité de la nef, s'élèvent deux petits autels avec rétable. Le tombeau de l'un de ces autels , dans le style Louis XIV, provient de l'abbaye de Cormeilles. Il est carré et décoré, à ses extrémités, de jolies pentes de fleurs et de fruits. Le devant du tombeau était autrefois revêtu d'un parement en étoffe.

Le rétable, dans le style Louis XV, provient de l'ancienne église de Villers, près Glos. Deux pilastres ioniques, cannelés, supportent l'entablement La statue qui décore le rétable est ancienne et miniaturée.

Nous avons remarqué au bas de la nef un ancien et curieux bénitier, en cuivre ou en métal de cloche, sur lequel on lit l'inscription suivante, extraite de la Genèse : t vox DOMna svpxi aqvas dits.

CAUTON de LISIEUZ. l**. SECTION. 169

Ce bénitier » qui ser? ait aotrèiois pour raspenioo de l'eau béDiie, paraît dater da XVI^ siède.

A rentrée da chcrar étaient aatrefoîs placées deux belles statues en pierre, représentant des évangélistes. Ces statues, qoi provenaient aussi de l'abbaye de Gormeilles, ont été brisées pendant la RéToIntion.

M. l'abbé Hays , desservant de cette paroisse , a &it |dacer dans la nef un très-beau chemin de croix , qui offre une série de tableaux dessinés et gravés par Pétrark, et coloriés avec soin d'après Fobrich , célèbre peintre allemand , et l'un des représentants de l'École de Dusseldorf , dont la gravure reproduit et cherche à populariser les chefs-d'œuvre.

Dans le clocher est relégué un joli tabernacle, dans le style Louis XIII, décoré de nombreuses colonnetles faites au tour. Les petits vases i^cés dans les niches sont également l'œuvre d'un tourneur de l'époque , qui probablement habitait la loca* lité. La face principale du tabernacle est garnie de quatre co* lonnettes, d'ordre composite , formant ressaut Les balustres qui décorent la galerie placée à la base de la coupole sont en forme de fuseau. Ce précieux ubernade provient de l'ancienne église de Yillers.

Nous avons vu aussi dans le clocher une jolie lampe en bois , d'une forme très-gracieuse. Cette lampe , qoi est dans le style Louis XV, est décorée de têtes d'anges et d'entrelacs. Elle provient de l'ancienne abbaye de Gormeilles. Ce genre de lampes est aujourd'hui fort rare.

L'église de Glos a pour patron saint Laurent.

On a découvert dernièrement , dans le cimetière , un fragment considérable d'un ancien cercueil en pierre calcaire. Il a été trouvé à 1 mètre environ de profondeur.

A l'extrémité méridionale du cimetière, s'élevait une chapelle dédiée à saint Laurent. Cette chapelle a été transformée en une maison, à usage d'auberge, qui porte pour enseigne :

An GRAND SAINT LAURENT.

i7Û STATJSnQOt MONUMEEITALB DO tMYâJDOS.

Chàtêam de Coq. —-Ai Iciltmètre e»vMM da ? iNage de Glos, au pied d'un coteau quldomiiie la me gauche de l'Orb^fuet » s'élef ait un aaeiea mamâi* auquel ^ dans le paya ,. on donne le uobq de chitean. D-apnèt la tradition locale , ce tkàt^ toau aurait été détruit par les Anglais dan k milieu da XY*. siècle, après la bauille de Formigoy » qui le» eifNika défiaitifemem du sol nomand. On voyait encore» il y a. une «iagiaMie d'aaaées , que&ques vestiges des nuirs do fondation. U }SMma en pierre qui s'élève à oii^cdte a été» dK*on, bâtie avec les pierres provenant des débris de œt ancien cbâl^au dont les couimuiis s'étendaient au nord jusqu'au chemin.

La découverte de nombreuses monnaies françaises ( 8(M> environ ) qui a eu lieu, en 1850, dans la coot de la FdUetiôre, qMÎ domine, a» nord-est, le village de Glos , atteste les luttes sanglantes dont cette partie de la Normandie a été autrefois le théâtre. Le plus grand nombre de ces pièces , qui sont en cuivre et en alliage et de différents modules , remonte aut règnes de Phihppe de Valois , de Jean II, dit le Bon , et de CbarJes Y. Quelques-unes, de grand module, sonide Louis l'^. on de Louis II, couMe de Flandre, qui prit parti pour ËdMiard III , roi d'Angleterre.

0ans une cour voisine, appartenant au ménie propriétaire, se trouve une ancienne carrière de marne, divisée en plu* sieurs galeries dans lesquelles on a découvert use donzaîn* de boulets en pierre. La partie supéiieure de cette courforme un plateau, assez régulier, qui commande pkisieuf& valions aboutissant à la vaUée de l'OrbiqueL C'était un point straté- ^qne assez important

Glos possédait autrefois un château-fort dont il ne reste plus aucun vestige. Gassiai n'a pas marqué sur sa belle carte de France , dressée de MUk^ 1793 , l'emplaceoient de ce cbftlean : d'oà il fout conclure qu'il n'existait phis à cette époque^ On aperçoit à peu de distance , au sud de L'égUae»

CAimiM DE IJSISUX , i'*. aCCTIOil. f7f

«f lelMMl dt kl rifièM, mm» notte féadai»ffte êt^ liqpdle »*tewft, dii-«B^ le cbâim.

Ea ie66.. un» seigneur de Gk#*wrwLMtox, pik ptrc & la OMqveie de l'ÂnglelnTe. Eb 122», Robert de Oit», ih de Pkilîppe doon» à k MaiteOf-Oie» de Ummc plmieun red»fanées qoi bd étaieei fnles à€Ae&.

G^est m XlUK »Me que rérêqoe de Linem perat» êlre emté tm poumakm de la lerve de Glos. Il esisi» m Trteep des cbiBtes one obKgmieD de i*éf égoe et du chapitre de LK çieiNL pofir plumure acres de terre et dîf era droics aex pa»* nMases de Gioe, Cordehiif^lB .et autres ,. «pii leur avaient élé doneéea ^ fenae par le roL

Glo» et Gourtonee fiMrmaîeiit une de» aepi baresnies qui composaient ie comté de Lisicux et par conséquent relevaient de la jutidiction de Tévéque. Les autres baroaeiee étaient Nouant, prèsBayeux.; Tbiberville , Gaoé , Gajiapville, près Vimoiuîers ; BoBDevilie-ia'^LoovQt, Tonqnes»

Carrièrtê de GUs. --La voie romaine de Liaieox àCbati* brais traversait le territoire de Gloa. C'est suc le bord de ce^te ancienne voie que se trouvent les^ cflèbres carrières de Qloe, dont les eoqmllagpes fiossiks ont écé décriu aivec soin par MM. Goubert et Zittel , dans leuf SHdionmairt de Con^ ehylialogie.

Le saUe de Gloe appartient au corallien* sopérkov. « Il c correspond par la stratigraphie et par plueieors de ses les» a siles a«x grès k Trigonia Bronni, arvec alternance de sables » de la firiaise d'Hennequeville. »

Les espèces que contiennent ces sables sont peu nombreuses , mais quelques-unes sont fort riches en indtvîdosL La partie supérieure des bancs qoi bordant lO' dberoin est hlancbie par de nonifareux débris de coquilfes pourries, par suiu d'infiUratioas poslérieuree il leur dépôt.

172 STATISTIQUE MONUIieUTALE DU CALVADOS.

Aqmdimrcmam. — Sur le paicbant d'an coteau escarpé qui domine à gauche la route d'Orbec, au-dessus d'une carrière de saUe située en-deçà du pont, M. le docteur Billon a découvert, en 1868, un aqueduc romain, parfaitement oonserré • qui prenait les eaux à une source voisine et les portait à l'ancienne cité gaUo-romaine des Lexovii (Notio^ magus Leffwviarum). Ge tronçon d'aqueduc, construit en béton comme tous les travaux de ce genre que nous ont laissés les Romains , a été examiné, l'année suivante, par un grand nombre de membres de la Société française d'archéologie , réunis à Lisieux lors de l'Exposition régionale. Un croquis très-exact de cet aqueduc , dessiné par M. Bordeaux , a été publié dans l'i^fintiaire de l'Association normande pour 1852»

Bruyèrei de Glos. — Les bruyères de Glos. bien connues des botanistes, occupent un plateau très-éJevé , situé à l'ouest du village. M. Durand-Duquesnay, dans sou Catalogue raisonné des plantes vascolaîres de l'arrondissement de Lisieux ( BuUetin des travaux de la Société d'Émulation , année 1866), donne la liste des plantes rares qui croissent sur ces bruyères, particulièrement dans les parties tourbeuses. De larges voies traversent aujourd'hui ce plateau, qui domine la rive gauche de l'Orbiquet.

Maturir. — Au milieu des prairies s'élève un ancien manoir , appelé la Vallée, qui a appartenu à la famille de iP^nqueville. Ge manoir, situé à peu de distance de l'église , près de la rivière, est une construction en bois du XYP. siècle. Une des salles offre un joli pavage émaillé , dans un bon eut de conservation.

Le colombier est de forme circulaire.

De l'autre côté de la rivière , à l'angle d'un chemin qui se dirige vers l'église de Beuvillers , s'élève une construction en

càanon m ustfeox, i**. sEcnôn. 17S

hoiB d^m cenaîM imporuace. L'étage sopéneor est bâti en cnoorbeUemeot Uoe toorelle cairrée renferme l'eeeaUer A l'iatérienr, on remarque one vaste dieminée et une ancienne porte à panneaux plissés. Cette construction, qui date de la fin àiVf\ siècle, a dû appartenir à une communauté religieuse.

BKITTlLLtBS (•).

BeoTiUers , Beuviliare, BouviUare , Bemilliers.

Sur le penchant d'un coteau qui encadre , au couchant, la riante vallée de TOrbiquet, s'élevait d'une manière pittoresque la petite église de Benvillers » dont la construction • très-ancienne, remontait à la période romane. Cette église a été démolie en 1863.

Le chœur et la nef étaient placés sur la même ligne.

Les murs latéraux de la nef, que recouvrait un crépi ancien, étaient construits en blocage et dépourvus de contreforts. Le mur septentrional offrait une fenêtre carrée , du XYI*. siècle , et une fenêtre sans caractère.

La principale entrée était au nord. La porte, à pleincintre , entourée d'un tore du XYI*. siècle , était précédée d'un porche en bois, d'une certaine importance, qui fut fermé et transformé en chapelle des fonts vers 18&0.

Une petite statue en pierre , représentant sainte Cécile , était posée sur un cul-de-lampe , au-dessus de la porte , à Textérieur de l'édifice.

On apercevait, à gauche de cette porte, les vestiges d'une arcade à plein-cintre (probablement romane) qui donnait anciennement accès dans la neL

Il n'y avait jamais eu d'ouverture à l'occident La porte qui donnait accès dans la nef était moderne : elle avait été ouverte en 18&0.

Vers l'une des extrémités du mur méridional on apercevait

(t) NoiMdell. PBonler.

174 STATIftIVeOf MOMnXKNTAtB M CAlfiDOS.

large ifiie iia«(e, éM> to liords étoiest mnplement tMléi m .fsbwfipeia OQ bmuL Elfe é4«ii fenvée par «ne vitre^paiMe^ jfpdée cetWe-boQiiC

Le^obœor» ùm ifue nop» TiivdM dit» ne lùNit point retraite sur la oe£ Le mur septentrional » constmil en blocage • paraissait dater dn XHK siMa L'an des contreforts , engagé en partie dans le mor de la sacristie, avait été élevé à la même époque. Un antre contrefort , placé à Textréraité Dccidentale, datait, comme ceax dn chevet, du XY*. Aède. Dne ouverture en forme de lancette était pratiquée dans ce <inir. Cette fenêtre , qui était ébrasée à Tintérieur , mesurait 90 centimètres de hauteur sur 20 de largeur. Le mur méridional avait été reconstruit entièrement au XT". siècle. Près de Tangle s'élevait un contrefort. Les deux fenêtres qui éclairaient le chœur de ce cèté affectaient la forme ogivale ; elles étaient, du reste, dépourvues de tout caractère architectural

Des contreforts du XV*. siècle soutenaient , comme nous Favons dit, le chevet qui était droit,

Utt petit docber en charpente s'élevait au-dessus du gable occidental La croix en fer qui couronnait la pyramide paraissait ancienne. Les croisillons se terminaient par des fleurs de lis. Ce clocher contenait une cloche qui offre l'inscription sirivante :

f J*AT ÈTt BiNIE PAR M*. CBAELB8-JACQUBS BOUSOILUI CURii OB BUJVIIr LBBS BT ltOIOI<B HABIB 8*-«AciLB PAB M'. PISBRE BBUROT BMMABUBL BSTlàTBB KABQCa DB TBAmACTILLB BT MAOAICB MARIB CLAUDB DB QRIBU, «M (fiPOUSB, PEMBimANTS A PABIS BH LBCB BÔTBL PLACB DU PALAIS BOQBBOlf M*. 85 A PAB», AUGIBRS tBIGNBURS M BBOTlLUnSi M"*. JBAlf BAPTinC Ut «MFi MAIRB, AU3UMVB MOfAMB «BBONMÉ DO lAMIPl^, AMOIlIt. JBAK nUNÇOIS PBTir BT P* BO»B FOCBT» BOfl tfPOUM^ J^AS BAPt»» fflCOLéA OUBBBBTTB TOUS PBOPBIÉTAIBBS BT MAKBRB DU C01I8BIT. ■DIIQIPAJU LA nLLBTTB DB LISIBUX m'a FAITS 1816.

La charpente de la voûte, en forme de berceau, paraissait

CANTON DE UhlVLVl, i". ftECnOM. 475

Mnenoe. afin d'^éiriter la fOiUBé» mr k acmmec en mort» on l'avait établie sur Uocbets ou iàbeu, tes clie?rons citant feme. C«tle yoâte, sans eniunts, éuk feoièrisBée « douves deMpÎD,

A rmtérienr oofune à rexiécieiir de Fédifice, les mors avaient conservé leur litre funèbre couverte d'éoMSons. Ces blasops» wlfivé^ avec soin par M. Chartes YMsaor , étatent çoQK df la laaaiUe de Franquevilte.

Le maitre-autel , qui était Tun des plus fiches dé t*an* mm dîopèse de Idbienx, atlirait les regards des ooaoaissencB.

Le rétabfe provenait de raocicoDe église de SL-^^Pterre-de- Canteloup. Il avait été acheté en 1847 pour Tég^ise de Ben* viilers. Ce magHÎfiqae rétable, décoré de deux colonnes torses aotoor desquelles s'enitmlaient des ceps de vigne chargés de grappes de nûsin , dauii du règne de Louis XIV. Le cadm qui emonrail le tableau était travaillé à jonr et délieatement sculpté.

Le tabernacle, œuvre de patience et de goût, avait appartensi à l'abbaye de St-rDéstr de li^îenx. Il avait élé donné à l'ancienne église de St. -Désir ( démolie pendant la Révo- Intiott), par Marte de Raveton de Chanvigny, abbesse du monastère des Bénédictines (15M-14S&).

Ce tabernacle, de forme hexagone, offrait deux étages. Le premier étage était décoré de cinq niches, séparées par de légères celonttettes accouplées, détachées du pavillon et pheées sur les angjles. Les sutueftes renfermées dans ces niches étatent : te Sauveur du monde, saint Pierre, saint Paul, satflft Benoît et sainte Scholastique. Le second étage, formant €on* nninement , présentait un dOme 4mbriqué, surmonté d'un tenlenioQ à jour, sur te sommet duquel était posée «me statoetis représenlattC le Christ tenant une croix de Résntrec*tMHi. Ce genre d'amortissement est assez rare. Les tatiema-

176 8TATI8T1Q0B MONOHBNTaLE OD CALVADOS.

pies de cetteépoqae 3e terminent ordinairement par une croix faite an tour, appelée avellane.

Les deux gradins étaient couverts d'arabesques en relief, interrompaes par an blason placé au-dessous du tabernacle. Cet écusson était celui de L'abbesse qui avait fait exécuter ce beau travail

Le tabernacle que nous venons de décrire avait pour complément une jolie garniture de candélabres en bois tourné, avec torchères.

Nous aurions vu avec plaisir ce tabernacle replacé dans la nouvelle église , dont il aurait été le plus bd ornement.

Le tombeau , de forme carrée , était garni autrefois' d'un parement en étoffe.

De chaque côté du maltre-autel éuient placées deux anciennes statues. L'une, en pierre , représentant sainte Cécile» paraissait dater du XY*. siècle ; l'autre , en bois , de sainte Radégonde , artistement sculptée , datait du r^ne de Louis Xin.

Cinq pierres tombales se voyaient dans le chœur. Une seule avait conservé ,'en partie , son inscription gothique :

• . . <^siii0iit tû Ben vnoïït setgiifur ht JUlicinrne , Hntfmtlcr ,

JlUbitct-U-0as ft fitAuct"€tmmi bc JUtrolcs ^ IkBui U XiÊ2

Vttctûhn «ni (tiu| cens XX2

Les squelettes de ce seigneur*et de sa femme étaient re-* présentés et gravés au trait sur la pierre. Dans les angles supérieurs étaient placés leurs blasons : d'Osmont ; de gueules au col d'hermines.

An milieu du chœur apparaissait une pierre tumulaire , dont la face principale était tournée contre terre. La grande épaisseur de cette pierre , qui était en schiste noir imitant le marbre , nous porte à croire qu'elle était ornée de l'effigie

qAMTON DE LJSIEDX, !**• SECTIOtt. 117

eo haiit-rdief da personnage qa'eMe recooTrait, et qu'elle aura été retoamée.

Le choeur était fermé par deux petits autels sans rétable.

Celui de droite (côté de Tépitre) était surmonté d'une ancienne statue en |Herre , dorée et miniatnrée » représentant sainte Anne.

L'autel placé du côté de l'évangile éuit couronné d'une statue, Clément miniaturée^ représentant la Sainte-Vierge. Ces deux statues, que nous avons remarquées au milieu des décombres, lorsqu'on a démoli la vieille église, nous ont paru d'une bonne exécution.

Ces deux petits autels , placés de chaque côté de l'arc triomphal j n'avaient qu'un gradin, sur lequel étaient posées les statues dont nous venons de parler. Sur le milieu d'un de ces gradins, ornés de petits tableaux en forme de médaillon, on lisait :

es SACHAIBt A BSTé BONIli FAB

MAISTAB ncOLLAS SCOT PBBB CVBA

DB CHA(m}P8BBU BT BAOLBTTB

MALAIS 8A irtfiB. IQÂO.

A côté de l'un de ces autels était placé un petit chandelier en cuivre , de 20 centimètres environ de hauteur , qui offre nne grande ressemblance avec un chandelier de même métal, pllo-roniain , découvert , il y a quelques années , à Lisieux , dans les fpndations d'une maison appartenant à la communauté de la Providence. Près de ce dernier chandelier , dont l'origine ne saurait être contestée, on a trouvé plusieurs fragments de briques romaines. Le chandelier de BeuviUers ne parait pas remonter au-delà du XII*. siècle.

Entre ces deux autels s'élevait , comme nous l'avons dit , l'arc triomphal , qui était en bois peint

Cet arc , qui dauit du même temps que les autels , était

lis STAîlStfQUB MONOItHIfTALB DU CâLVADOS.

Miljibiilé de M6i^ ûû Christ, qû'accokupaignaieat to statues de saint Jean et de la Saînte-Yierge. Deux urnes, de tnéme style, réponédent aux piliers sur lesquels il reposait

ttout ort ensemble, plein d'harmonie, qui rappelait la disposition des anciens jubés, était très-religieux et d*un effet Miisissant.

S5QS le porche, qtri avait été converti, comme nous Tavons dh, eti chapelle, «n remarquait les fonts de rancienoe église de 9t'Rîppolyte-du-Bout-des-Prés, qui a été démolie en 1832 ou 1833.

On voyait aussi dans la même chapelle deux statues en bois (sahit Jean et la Sainte- Viet^ge) qui provenaient de la chapelle du château de St-Hippolyte.

La nouvelle église, placée un peu plus bas que Pancienne, ne présente aucun intérêt à Tarcbéologue.

L'église de BeaviUeiv était placée sons Tinvocalion de sainte Cécile.

Le patronage appartenait au Chapitre de la cathédrale.

Beuvillers faisait partie de Télectionde Lisienx et comptait quarante fenx.

Châuau. — Il ne reste pfus de l'ancien manoir féodal de Beuviller/, qui 8*élevait au fond de la vallée, qu'une poterne flanquée de deux tourelles, d'un effet très-pîltoresque.

Cette délicieuse tête de pont, dont M. Bouet, membre de b Société française d'archéologie, a fait un charmant dessin, est accompagnée d'un pan de mur en brique percé de meurtrières.

« Le rez-de-chaussée, dit M. Raymond Bordeaux (1),

(1) Compte-rendu d*iinâ eftcursîoft futle dans là vallée d*Orbec en leSOi

CANTON DE LISIEUX, l\ SECTION. 179

« «oqUeluims emf^rm^lofB les lignes suivantes, est t)àti en c damier dé pierres et de briques àlternatlTement bouges et

« vertes; le premier étage est en bois, recourert d^essentes

• disposées en dessins rariés. Un escalier à vis, contenu r dans Tune des tourelles , mène dans une chambre haute c placée an-dessus de la porte , où existe , à peu près com-

• plet, on superbe pavage en carreaux de terre cuite, dont « reniait jaune et vert est d'une rare fraîcheur encore. Des « fleurons de la Renaissance décorent chacun de ces pavés , « tous semblables de dessins, mais tantôt bruns avec des u flearons verts, tantôt rouges avec des fleurons jaunes. Ces « pavés sont disposés quatre par quatre pour composer des t rosaces , et les rosaces alternent (te manière que le plana cher de la chambre présente un échiquier rouge et vert , t cooleurs qui se remarquent anssi dans l'appareil de la

• maçonnerie.

€c Ce bean patage , ajoute M. Bordeaux , dans ce langa^

180 STATISTIQUB MONUMEISTALB DU CALVADOS.

« pittoresque et coloi^ qai doiiae on ai grand charme aa c récit , est couvert de décombres et la chambre est ouverte « à tons venants. Le grand toit do pavillon s'effondre tristec ment; les flèches coniques des tourelles laissent déjà entre- « voir leurs chevrons noircis par la pluie, n

Nous ajouterons, pour compléter le tableau, que hi lucarne qui surmonte le toit de la poterne était couronnée d'un bel épi vernissé en terre du Pré-d'Auge. Les jolis pavés émaillés décrits par M. Bordeaux provenaient de la même fabrique, dont nous parlerons à l'article Prë-d'Auge.

Le fief de Beuvillers relevait du comté de Lisieuz.

On trouve dans les Rôles de l'Échiquier de Normandie : yfido de Boviler, en 1180 ; Robert de Busviler, en 1195; Robert Cardon de Boeviler , même année.

Nous ignorons les noms de ceux qui possédèrent ce fief aux XIII-., XIV. et \V. siècles.

Au XVI*. siècle , le fief de Beuvillers appartenait à la famille d'Osmont.

« Le premier qu'on trouve en possession de ce fief , dit « M. Charles Yasseur, est Robert d'Osmont, seigneur de « Beuviliiers en partie et de CreuUy , qui épousa Alix de « Bures. Il transmit cette terre à ses descendants , qui la « conservèrent pendant plus de cent ans. Le dernier qui la c posséda est GuiUauroe d'Osmont, chevalier, seigneur « d'Aubry-le-Pantou et du Mesnil-Froger, qui l'échangea, cf suivant contrat du 2 février 1640, avec Jean Le Michault, n lequel obtint, cinq ans plus tard, des lettres de noblesse et

• le titre d'écuyer. Il a\ait épousé, en 1615, Marguerite c( Parfait , fille d'un greflSer en chef de l'élection de Paris^ « De cette union naquirent dix -huit enfants , ainsi que le

• constate une généalogie manuscrite. L'afné des garçons , « Guillaume, né le 18 février 1621, fut seigneur de Beuvil* « lers, le Val-Durand et Douville. Malgré sa nombreuse

tt parenté, il n*eat pour héritière que Françoise Le Micbant, a sa sœur, née le 27 septembre 1630, laquelle avait épousé, c en 1653, Jacques de Franqueville, écuyer» sieur de La « Vallée, fief situé à Glos. »

La famille de Franqueville a possédé la terre de Benvillers jusqu'à la fin du XVIII*. siècle. Clande-Jean-Baptiste de Franqueville n'ayant eu qu'une fille, nommée ftlario- Françoise-Julie , cette terre passa , avec la baronnie de Morainville , le Mesnil-sur-Blangy , Livet et La Couyère , dans les mains de M. Joseph Laurens de Grieu , chevalier de l'ordre royal et militaire de St. -Louis, dont la fille. M"**. Marie-Claude de Grieu, épouse de M. de Fréuiau ville, est mentionnée sur la cloche dont nous avons donné rinscriptlon. Â une certaine époque, le fief de Beuvillers avait été divisé. On voit, dans un acte de vente du 28 mars 1589, figurer le Dom de noble homme Nicolas Filleul^ sieur du hault Bœuf* vMer, demeurant en la paroisse do dit Bœufviller.

Outre le Vai-Durand et Douville , fiefe déjà mentionnés , qui étaient situés sur Beuvillers , M. Vasseur cite encore la~ Piuqueiière on Pigneterie. Ce fief était situé au fond d*un petit vallon qui aboutit à la vallée de la Touques , en face le manoir de St.-Bippolyte.

En 1666, Guillaume Labbé était seigneur de la Pinquetière. H fut qualifié ancien noble par les Commissaires.

Au fond du vallon que domine l'église s'élève une filature de fil et un établissement de tissage à la mécanique qui occupent on grand nombre d'ouvriers et animent cette riche et pittoresque vallée.

189 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS. CANTOxN DE LISIEUX (2*. section).

Page 1