LISIEUX (I
Naoiomagus Lexaviarum « Ltxovium , Lixuviyniy Licsopinum, Lisoviwn, Lîsieux.
La TÎlle de Lîsieux , dont dous nous proposons de décrire les principaux monuments / est bâtie au confluent de la Touques et de l'Orbiquet , dans une charmante yaiiée encadrée à l'orient et an couchant par de riantes collines.
tpoqme gwlaise. — L'origine de cette viUe remonte à une haute antiquité. Lisieux doit, comme on le sait, son nom à une puissante peuplade gauloise dont parie plusieurs fois Jules-César dans ses Commentaires. Gomme toutes les cités de la Gaule, elle avait son sénat et son chef ou magistrat suprême, nommé vergobreu Parmi.le petit nombre de monnaies en bronze que nous a léguées ce peuple, quelques-unes, frappées au type de Cisiambos Cattas vereobreto, sont fort rares. L'une de ces dernières pièces, remarquable par sa belle conservation, fait partie de la collection de M. de $aulcy, sénateur. Elle a été trouvée dans la commune de Gouy, près Pont-de-T Arche, en 18B7. Elle porte, d'un côté : saussos PUBUGOS LIXOYIO autour d'une roue formée de grenetis. Au revers se montre un aigle éployé avec h légende : CISIAMBOS gattos vergobreto. Deux autres pièces semhbbles, de même métal et de même module, ont été trouvées en 1862 , l'une à Vieux , près de Gaen, l'autre aux
(i) Notes par M. Pannier.
CANTON De LISIliUX . 2«. SECTIÛ», 16|
environs f|e St-Pi9rro-siir-J)iTe (prob^bteweçt i^ Ipn)^ Les amrcs pièces oot été découvert/^ à VertboafUfe (Koit>« 8 J a aoe trenuiae d'années, el dans (es denûères fimiil<^ (aîtei^ dans cette localité , au moi» de septembre 186t , sous h H* rtction de M. U Méta^r-Sfasselia » membre de la Sodété française d'archéologie. Aoeone médaille an tjpe dfi^ Ci* siambes £atto9, ou de tout autre cbef lexoTien» n'a éi^é tronvée^ à Lisieoz ni sur le plateau qui domine cette YÎUe au nord* ouest. La seule pièce découverte, à notre connaissance, aux enTirona de cette ville, entra Hermival et Fang^emon t est nn qqart de ^tatère d'or de ré|)Qque qne M.. Lambert, 4a Bayeux, désig^e 900s le nom de ^l^greçqne. Cette pièce anépîgraphe , dit le savant nomism^te auquel elle a étf aou« mise, offre sur le droit la tête d'Apollon-Béléons ; snr le re-vers , le bige dirigé par un amige tenant de la main drpite le stimulus ou fouet, et de la gauche un symbole en forme de bonnet hémisphérique; Il l'exergue, un méandre» Ceute belle pièce , qui remonte k une époqne bien aQtérieure k U Qon-^ quête des Gaules, a dû être frappée» igoute U* Lambert, vers l'an 200 avant Jésus-Christ.
Toutes ces découvertes, qui intéressent ) un haut degrt l'histoire de Usieox, trouvent ici naturellement leur place,
On ne peut déterminer d'une manière certaine la position qu'occupait l'ancienne capitale des LexQvii (Noviomagns Lexoviorum). Le conquérant des Gaules, dans ses Con^m^^ taires , s'est borné à mentionner l'existence d'une ville im*r portante qu'il place au nombre des cités armoriques, c'est-àdire maritimes. Il nous apprend seulement que cette ville était ceinte de murs et gouvernée par un sénat (1). La phrase de Sirabon • Vvok des géographes les plus eélèbres de l'a»*tîquité , n'est pas plus explicite.
(1) Les Leiovli, comme les Éburoviees. égorgèreot leurs sénateurs,
iSh STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
tout le pays entre la Dive et la Risle, habité par les Lexovit, fut soumis , Tan 56 avant Jésus-Christ , par un des lieutenants de Jules-César. Quatre ans après » la Gaule entière se souleva contre les Romains et tenta un effort suprême, afin de reconquérir son indépendance. La capiule des Lexovii s*unit aux cités voisines et fournit à Yercingétorix un contingent de trois mille hommes. La prise d'Alise mit fin à cette latte nationale.
Époque gallo-romaine. — Lors de la dividon de la Gaule en quatre provinces , sous le règne d'Auguste , le territoire occupé par les Lexovii fut compris dans la province Lyonnaise. L'an 12 avant Jésus-Christ, Noviomagus fit partie des soixante cités qui élevèrent en commun le fameux autel de Lyon en l'honneur de Rome et de l'empereur Auguste.
Sous Diodétien, la province Lyonnaise ayant été divisée en deux parties, Noviomagus fut compris dans la seconde Lyonnaise, dont Rouen (Rothomagus) devint la métropole.
Vers le IV^ siècle après Jésus-Christ, Lisieux, comme les autres villes de la Gaule, perdit son ancien nom. Dans la Notice des provinces de l* Empire, rédigée sous le règne d'Honorius, elle est appelée Civitas Lexoviorum.
On ne peut assigner une date précise à la destruction de cette ancienne cité. Il est probable qu'elle fut entièrement détruite vers la fin du Vi\ siècle, lors de la dernière invasion des Saxons , en 383. Les médailles les moins anciennes qui ont été recueillies portent l'effigie de l'empereur Gratien (1).
qal «Talent reAisé de seconder le mooTement naUona], et fermèreot les portes de leur TlUe : «enafii tuo inttrfeeto, porta» eiaiuenmu
(I) La dté des Lexovii n'eA pas indiquée dans la femeuse Table topographiqae de TEmpire romaio, connue sous le nom de Carte de Pe»» tinger.
GANTOK DE LlSiEUX , 2*. SECTIOK. 185
Routes stratégiques. — Sous la domioation roinaiDe , Lisieux était une ville considérable. Plusieurs chaussées ou routes stratégiques partaient de son enceinte et rayonnaient dans toutes les directions. L'une de ces routes se dirigeait sur Liltebonne (Juliobima), dont les belles ruines romaines attestent Fancienne importance , et traversait Brionne (Bre^ viodurum). Une autre chaussée , moins large et secondaire , conduisait à la même ville par Hermival ( Hermis-Vallum ) et Poot-Âademer. Une troisième route stratégique, dont parle Tltinéraire d*Antonln, se dirigeait sur Condaie (Condésor-Iton).
Camp romain du CasteUier. — Un vaste camp , nommé le CasteUier, dont il reste encore quelques retranchements bien accusés , occupait un large plateau , situé à 3 kilomètres au sud-ouest de la ville actuelle. Ce camp, dont un plan exact a été publié (1), domine plusieurs vallons. Il était destiné., soit à surveiller la ville nouvellement conquise et à tenir en respect les habitants, toujours prêts à se soulever, ou bien ^ servir de refuge pendant Thiver aux légions romaines (2). L'enceinte de ce camp porte encore le nom de CasteUier , et une ferme voisine est désignée sur la Carte de Cassini sous la dénomination de Porte-du-CasteUier.
Oanville plaçait à Lisieux même le ^oviomagvs Lexoviorum. Les nombreuses antiquités romaines découvertes, depuis plosieurs années, sur différents points de la ville (briques et toiles à rebords, marbres, fragments de colonnes , poteries et statuettes en terre cuite, médailles, etc.) nous portent à admettre, en la modifiant, I^opinion émise par le célèbre
(1) Coiltn itantiquUéi monumentatei, t. IJ, p. 833.
(3) • Cssar eierciliim reduxil et in Aulercis Lexoviisque, re-
Itquis item civilatibus que proxime belluoi fecterant iu hibernU oollocavîL » (Lib. III. }
géographe. La cité romaine» dont M. Hubert, ingéoieor des ponts-et-chau8sées, a découvert, en 1770, d'importants vestiges à 2 kilomètres au nord-ouest de Lisleux , s'étendait josqoe dans la vallée et sur le versant oriental La ville du moyen4gi est assise sur des ruines romaines. La découverte d'un vaste cimetière gallo-romain (1) , au nord de la ville, sur le bord d'une ancienne chaussée ou voie romaine qui a transmis son nom à une rue voisine, donne un grand poids à notre asaer«* tjon. Ce cimetière, placé dans la vallée, s'étendait jusqoe sur le versant du coteau qui domine à l'orient le Grand-Jardîn (2). Une large tranchée pratiquée en 1861, pour l'ouvertare d'une rue, a mis à découvert un cippe gallo-romain bien conservé ( Voir la page 187 ), ainsi qae de nombreux vases, dont trois , ornés de rinceaux , ont conservé en partie leur couverte métallique (Voir les pages 188, 189 e( 190) ; des agrafes ou fibules , etc. , etc. (3).
Le cadre restreint de la Statistique ne nous permet pas d'entrer dans de longs détails sur les importantes découvertes qui eurent lieu en 1770. On pourra' consulter le Mémoire de M. Mongez, membre de l'Institut, publié dans V Histoire de l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, U V, p. 73 , et V Histoire de Lisieux par M. Louis Dubois {V, volume, pages 58 et suivantes ). Un plan accompagne le texte. Nous dirons seulement que les fouilles ont mis à découvert les ves-
(i) Les urnes fanéraîres profenant des fouilles laites, en 18AS, < le Grand-Jardin, sous la direction de M. Fauque, préposé en chef de l*Octroi, sont déposées au musée de la Société des Antiquaires de Nor* mandie.
(2) On peut consulter, sur cette découverte, une notice publiée dans le Bulletin monumental, t. VIII, p. SOI et suivantes. Cette notice est accompagnée de nombreux dessins.
(S) Les principaux objets provenant de cette découverte sont déposés au musée de la Société française d*archéologie.
188 STATISTIQUE MOKiUHkNTALË DU CALVADOS.
CN.1)tETR»CH
CAVron DE LISIELX, 2*. SECTION. 191
tiges d*Qn vaste édifice qoi , d'après les marbres précieux dont il était onié , devait être consacré aa calte ou à la résidence des magistrats. Cet édifice était situé au centre d'une grande place à laquelle aboutissaient plusieurs rues, de 10 à 15 mètres de largeur.
La ferme des Tour eues, près de laquelle les fouilles dont nous venons de parler ont été faites, a pris son nom, d'après Danville, d'un pilier qui était encore debout en 1770 (1). Ce pilier avait h mètres de hauteur et 3 mètres de largeur sur chaque face; il était construit en caillou et revêtu en brique. M. Hubert a découvert les fondations d'un autre pilier, placé \ h mètres du premier.
Le champ Fenèbre ou funèbre, que nous ne faisons que mentionner, a un nom irès-significatif.
En 1818, M. Louis Dubois a découvert, en-deçà des mines mentionnées ci-dessus , un théâtre romain dont la forme est parfaitement accusée. On voit encore la place qu'occupaient les gradins, aujourd'hui couverts de gazon , l'emplacement de la scène et l'entrée principale, qui était située au nord-ouest II existe encore, au nord-est, au fond d'un ravin , plusieurs pans de murs construits en petit appareil régulier, avec chaînes horizontales de larges briques (Yoir hi page suivante ).
Une jolie petite main, en marbre blanc, tenant un fragment d'arc, a été trouvée, en 1823, dans le Champ-Loquet Cette main faisait probablement partie d'une ancienne statue de Diane ou d'Apollon. M. Louis Dubois a recueilli , dans le même champ, on morceau de marbre Manc de Carrare très- Ci) Sdon M. Louis Dubois, oe oom de TùurêttBi viendrait d*anciens débris de tour» oa de forUBcatioi» qui aoraieiit surréca à la destruction du Neomagui, Nous ne pouvons admettre cette dernière élymologie. I) n'est pas probable qu'une enceinte aussi considérable que celle de Noviomagut fOit protégée par des murs.
492 STATISTIQOB MONDMENTALE DU CALVADOS.
bieo doré, «Kuché d^une dnperie et stalue. C*cft, da reste» dans le Cluoi(>*Loq«et que ks dôcaiifvertet hs plps iotéres^notes OUI été fntca Ontre les nédailks eu or, ea argent et ea bronae, apparteaaat aa Haal»EtD|«re« que le sol necélût^ aa a troinré un frand aopihre de morceaux àe marfarcs prôcîtn , du parphyrs , de Tophile.* pMweoaai de l'Égypie ou de h Grèce, des fragments de oornkbe en grès raae nrieacé, et& , etc.
iii rauie do Prédaoge fravtfse Taaipiacattifai de Taacieaae cité des Lcjami^ décaiivert par ringiéaieiir Habert. Eu ouvrant cette nouvelle voie de communication , on a mis à découvert plusieurs aû*es d'babilations en ciment et des fragnaais de colaunes qui ont été dessinés par AI» liouet, meoibre de ia Société française d'archéolcgie (1) ; on a aussi trouvé piosîears màlailles roaiaines» eutr'auires un grandbransede PosUuuae.
Parmi les découvertes les plus récentes, nous citerous une beUa statuette en bronze, malbeoreusemeat mutilée, représentant Atlas portant le ciel sur ses épauler Cette statuette , dont la tête, parfaitement conservée^ rappelle le type des empereurs roiaaias» mesure 16 centimètres de bauteur. Elle a été trouvée en creusant un fossé destiné à amener les eaux d'oB caaal de décharge , qui joint les deux rivières d'Orbec et de Touques » dans un réservoir placé près de la pompe à lèu d'an de ces nombreux établissements industriels qui s'élèvent au midi de la ville moderne.
Les nombreux fragments de poterie rouge, couverts de dessins variés , que Ton a retirés de la rivièce à Tooest de la ville, attestent le degré de perfection qu*avait atteint Tari céramique chez les GiHo-ftofoaîns. Plu^eors fragments en terre samienne, qui composait la poterie de tuxe d*alors,
(i) Voir le Bulletin monumental.
19& STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALfADOS.
portent la marque de quelques potiers, entr'aatres celle de GOSAXTis, qne nous ne trouTons sur aucune des listes publiées jusqu'à ce jour. Sur la panse d*un de ces vases , on lit le nom lisovu(ensis) « qui indique une industrie locale (1). Le potier qui a façonné ce vase, d'une grande richesse de dessin, était probablement natif de Naviomagus, ou bien il avait dans cette cité son principal établissement.
Nous avons cru devoir rappeler toutes ces découvertes , qui attestent l'imporunce de Fancien Lisieux , qui occupait , comme on sait, un rang distingué parmi les cités da la Gaule.
Époque franque. — L'histoire locale est à peu près muette sur cette époque. Les seuls monuments qui nous restent sont les monnaies. Il existe deux exemplaires seulement d'une pièce en or appartenant à l'époque mérovingienne, laquelle porte pour légende : Lixvvios, et au revers : dvtta MONETAu Cette pièce , dont le profil est à demi barbare, fait partie de la collection de M. le vicomte Damecourt. L'autre exemplaire figure dans le catalogue des monnaies françaises de la coUection Rousseau , publié en 1861.
Sous le règne de Charles-le-Chauve (840*877) le nombre des ateliers monétaires s'élevait à cent vingt environ. Les deniers d'argent frappés à Lisieux portentj Lixovivs a(yis].
La collection Rousseau offrait un très-beau denier d'argent, également au type de Cbarles-le-Ghauve , avec la légende : LICSOVINI civit.
Jusqu'au temps des incursions des Normands (IX*. siècle).
(I) Il eiisle au Prédauge, près de Lisietii, depvîs un temps immémorial, une fabrique de poterie, aujourd'hui bien dégénérée, dont les produits, très-recherchés aux XVP. et XViI% siècles, rivalisaient, par Téclat du coloris et la composition gracieuse, avec les magnifiques faïences de Bernard Palissy.
CANTON DE LISIEUl , 2*. SECTIOM. 195
les éféoements qai se sont accomplis dans notre contrée présentent pea dMnlérét. Les faits postérieurs à la conquête de cette partie de la Neustrie qui» depuis, porta le nom de Normandie » étant du domaine de Thistoire proprement dite et ne pouvant, par conséquent , euurer dans la StoiiMique mo* mtmeniaU, nous les passerons sous silence.
FOBTIPICATIONS*
Tout porte h croire que, pour résister aux inrasions barbares, les habitants gallo-romains de Lisieux s'étaient bâti un castrum dans quelque partie de leur vaste cité. Mais, moins heureuse que Rouen, Évreux, f^e Mans et tant d'antres localités de la Gaule , dont on peut suivre encore et reconstituer les anciennes enceintes , notre ville n'a pas conservé un seul vestige propre à servir de point de départ pour une telle étude. Il paraît logique , cependant , de chercher cette première fortification dans les quartiers anciens de la ville actuelle, et j'ai essayé de le démontrer par un mémoire publié, en 1860, dans le Bulletin numutnentaL
Peu k peu cette première enceinte s'est dilatée , enclavant à chaque siècle des terrains nouveaux, et, au moyen4ge» Lisieux était une place de guerre d'une certaine importance. Peut-être sa force consistait-elle plutôt dans son assiette, au confluent de deux cours d'eau, que dans les travaux d'art, dont on ne retrouve aucun reste.
L'évêque Herbert, qui occupa le siège épiscopal de Lisieux de 1026 à 1050 , avait fait abattre une partie des murailles pour construire la cathédrale. Environ soixante ans après , Jean I*'* fit iaire une nouvelle enceinte. Elle était nécessaire, car, le 29 septembre 1136, Geoffroy d'Anjou assiégeait notre ville. Orderic Vital a raconté en détail cet événement, dont le résolut fat l'incendie de la ville, qui , toutefois, ne put être
196 STATIftTTQI^E MONUMENTALE DU CALVADOS.
prise (1). Ce fat dealement en MUi qu'elle fit sa somnîssioD an duc d'Anjou.
L'histoire reste muette pendant près d'un siècte.
PbHipp^-Âuguste , roi de France, entra à Lisieui sans coop-féHr en 1203. Après un nouveau calme de cent ans, les invasions anglaises firent retentir le clairon dans la pacifique cité épiscopale. Caen pris, en 13/^6 , le roi Edouard occupa la ville de Lisieux , abandonnée par tous ses habitants; mais il ne la conserva pas. Dix ans après, la guerre prenant une nouvelle intensité, Gnîllaome Ouittard, alors évéque, se mit sur la défensive et fit la plus grande diligence pour clQi>e la ville, restée probablement démantelée depuis la reiiaîte do roi d'Angleterre. Celte fois le dnc de Lancastre comoiandait les troupes ennemies. Il tomba sur Lisieux le 28 juin 4356 , et la garnison ne put tenir. Le lendemain , le général anglais partait pour dégager Pont-Audemer, place appartenant an roi de Navarre , allié , comme on sait , des ennemis de la France.
Le cardinal Adhémar Robert obtint de Charles T une subvention pour réparer les fortifications de sa ville épiscopale. Ces lettres-patentes, datées dn 6 décembre i37ft, font partie de la collection Gaignières.
Personne n'ignore combien fut désastreux le règne de Charles yj. Lisieux eut sa part de tribulations, et, en 1392, son évêque était forcé de foir devant les fureurs de la guerre.
En iliOl , il fut permis aux habitants d'avoir «ne garde dans la ville pendant qu'on en réparait les murs.
Ces travaux aux fortifications n'empêchèrent pas la plaoe de tomber au pouvoir d'Benri V en 1 M 7. Les Anglais la <x>nservèrent jusqu'au 17 août lft&9, jour auquel les gêné-
(I) V. rédilion de MM. Le Prévost et Léopold Misle. Pfli^s, 185S. T. V, p. 69 et 70.
GAMTON OB LIS1£UX. 2*. SECTION. i91
raax de duriez YII y firent leur entrée, à la sQÎte d*ane capn tnlation ménagée par Tbomaft Baân. « Lisieux n*af ait encore pour défense qoe de cbétifes murailles , sans boulevards» presque sans fossés (1). »
La Ligne dn bien public amena encore nne fois des ar*mées. devant Lisieux. C'étaient celles de Louis XI, qui, après avoir concédé à son frère le duché de Normandie , courait 4«rrière lui le reprendre. U intervint encore une capitulalion, signée le 8 octobre l/i65.
Pendant les guerres de Religion, Usîevx fut dans une agi* talion perpétuelle, penchant tantôt pour la Ligue, tantôt pour les Huguenots, suivant qu'elle avait pour gouverneur le maréchal de Fervaques ou le sieur de Fumichoa Durant ce nècle , des travaux continuels furent entrepris aux fortifies^ lions ; il faudrait un volume pour en donner le détail. Cependant Henri IV, qui se préparait à en faire vigoureusement le si^e, resta fort étonné de voir les habitants venir lui demander une capitulation trois jours après son arrivée (janvier 1590). Et poorUnt, si l'on en croit une de ses lettres, il n'avait fait c tirer le canon que par moquerie. » C'était la plus forte place tombée en son pouvoir, écrivait-il à la comtesse de Grammont , du camp même de Lisieux (2).
Depuis lors notre ville n'ept phis besoin de déployer son appareil militaire. Néanmoins elle a conservé ses fortifications jusqu'au commencement de ce siècle.
Les murs étaient flanqués de dix-sept tours , sans compter quatre portes : la porte de Paris et la porte d'Orbec, démolies en 1808; la porte de la Chaussée, dont la destruction date de 1797 ; enfin la porte de Caen, détruite en 1798«
(i) Jale Quickerat, HUt. du régne de Ckàrleê VU, parThom» L I«'., p. XII.
(S] Berger de Xi? rej, Uttru ttOenH lY, !• lU, |V il».
' Les remparts ont été généralemeut rasés ou rêdoits à la hauteur d'un mur de clôture et reparementés. Cinq tours existent encore : quatre sont construites en moSlon et en pierre de marne, avec ouTertures carrées et meurtrières; elles n'ont ni créneaux ni mâchicoulis ; des hourds de bois devaient leur servir de couronnement Elles datent du XYI*. siècle, et leur caractère architectonique n'offre rien de particulier. I^ cinquième est un édifice vraiment remarquable : sa construction est due à l'habile mattre-maçon qui nous a laissé St. -Jacques. Commencée en l(i91 , les voûtes en fu- ' rent faites en 1510; mais les assauts qu'elle a subis depuis ont forcé de rétablir le parement extérieur à une époque plus voisine de nous , ainsi que le constate l'inscription suivante^ placée sous la corniche :
L*AR • i587 • LE • 8 • OB CB8TB • TOUR • A • BSTB*
COMMENCE • à • REFAIRE • ET • BKSIJiyiE • A • LA • DIUCBIICE-
DE • HOIfKSTBS • HOM . lAGQUBS • MACDCICT • 8' • DE • LA • BOtIBRE-
LOUTS • LE • HARQUAflT • JEBAH - I» • PARRY • ET • NICOLAS»
PIERRE • «WRILLBRfl • BOBERT • BRHEROUIT • ET • RIGOLAS - LBrERURE-
IIB8KAOER8 •
L'intérieur, qui fait partie de l'oeuvre première, est divisé en deux étages voâiés (Voir la page suivante), avec ans ogives, formerets et clefs ornées de blasons. L'un de ces blasons porte la bande chargée de trois sautoirs du cardinal Le Veneur, qui occupa le siège épiscopal de Lisieux de 1505 à 15/i3. Le dessin cijoint de M. Bouel peut, mieux qu'une description, donner une |idée de l'ordonnance de
CANTON DE LISJEDX, 2*. SBCnOM.
200 STATimoOS 1I09DMËNTALE DU CALVADOS.
cette belle toar , autrefois rornement do boalevard, par malheur actoellement cachée en partie par une osîoe.