‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 63 sur 82 · T-B ASILE · texte numérisé non relu

T-B ASILE

St-Basile, Sanctus Basilius, ecelesia Sancti BasUii, Depuis que la paroisse de St-Basile a été réunie à Tortisamhert , M. de Saint-Basile a acheté l'église et la conserve : c'est un édifice peu important , mais qui présente encore pour l'étude quelques détails à observer.

Comme dans les autres églises du pays, la nef et le chœur sont rectangulaires ; mais les murs de la nef sont en pierre jusqu'à une certaine hauteur, en bois et en clayonnage à la partie supérieure. Celle-ci repose sur des poteaux intérieurs

CANTON DE LITABOT. 635

qui supportent la charpente. Noos ayons déjà ?a de semblables poteaux à Lîvaye , et on les retrouve dans plnsienrs antres églises ; il est cnrieax d'examiner ce système de construction, dans lequel les charpentes jonent un si grand rôle. L*église de St-Basile nous le montre tel qu'on l'a employé encore quand on a reconstruit les églises du Pays-d'Auge ▼ers le XYI* siècle ; mais je ne doute pas que dans les premiers temps beaucoup d'églised ne fussent (out-ii-fait en bois. Que l'on supprime donc , par la pensée , le mur en pierre qui forme tes deux tiers de rélévàlion des murs de la nef; que l'on y substitue un remplissage en bois et en mortier , et Ton aura l'image d'une église telle qu'elles devaient exister en grand nombre autrefois dans la contrée.

Les fenêtres de l'église de St-Basile sont carrées , à l'exception de celle qui était au chevet et qui est bouchée aujourd'hui. Celle-ci était cintrée, subdivisée en deux baies , avec un ocolus entre les ouvertures géminées. M. de Saint- . Basile croit , et je suis de son avis, qu'elle peut remonter au XYI* siècle. Un porche en bois précède la porte d'entrée : je le crois du XYII* siècle. Quant à la porte , la date 1780 est gravée sur le linteau qui reçoit le battant , au-dessous du tympan circulaire qui est vitré.

L'intérieur de l'église, outre les robustes poteaux qui supportent la charpente , montre , entre chœur et nef , deux petits autels à rétable de bois à jour. On voyait autrefois des rétables pareils dans beaucoup d'églises du pays; il n'en reste guère, et chaque jour on en détruit quelques-uns, quoiqu'ils dussent être conservés ; on ne les retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile. La statue de la Sainte-Yierge qui surmonte le tabernacle, à l'autel de gauche, me paraît ancienne relativement ; la pose du corps et la draperie sont identiques avec celles qui distinguent quelques Yierges du XY' siècle.

636 STATISTIQUE MMKlMemrALE m CALVADOS.

M. de Siim^Baaile coaaerte loos o« obf€ts« et mu» Tau remercions ; les t$omwm «ont pour kiî , avec mù goût pour l'archéotogie, des motifs pwr sauver celte pauvre églieeqvi'it a rachetée; mue (itre funèbre, dont ou voîl encore les traces, porte les armes de sa iamiMe»

Dans le qlK»ur, une beUe pierre tombaile eu marhie trfano recouvre le» restes de M"^ de Saînt^Banle, née de PoucanM, morte il y a peu d'années.

Le fief de St-Basile, dit M. de Neuville , était dès le XVI* siéde le patrimoine de la famille huilier , qui en a pris le nom et qui a conservé c«|te terre jusqu'à la Aéve** lution. Celte seigneurie était mouvante du fief voisin de Launay-Bemard. Ce dernier fief, dent le n«« a été allérè par l'usage en celui de Uunay-Besnard , était antreMs sitné dans les limites do la paroisse de Montpinçon ; mais so» ter« ritoire on a été postérieurement distrait et incorporé k la paroisse de St-Basile. (.^unay-Bernard a appartenu , au XV* siècle , à Jean Lenfant , chancelier du duché d'Alençen » un des jurisconsultes les pins émînenls de son siècle. En i U19 , Awé, comte du Perche , administraienr du dncbé d'Alençon pendaia la captivité du duo Jean, son père , fitdon du relief du fief de Launay-Bernard à Jean Lenfani, qui mourut peu de temps après à Angers % oà il professait lo DiDit civil depuis la dîigricedie son mattra Kn 1 553, Adrien Gaultier était seigneur de {.amay^Bernard et de St-Basile , et c*est encore 11. de (2i^ier d^ Saint-Basile qpi est possesseur de la premièi^ de ces deux, terres» Il y a (ait construire uftehabiCa^Qn renfsr* inani une petite chapelle entièrement lambrissée et onpée de sculpj^nres et de statjueltes en bois de l'époque gothique , réunies et postées avec le goût le plus parfaH- Cet oratoire est ainsi devenu un véritable bijou et offre un spécimen des {dm remarquables de l'art de la sculpture sur bois dans nos contrées au XV* siècle et au cooamancement 4a XVI^ Mus

CAMTOfI DE LlVAHOt. 6d7

bM, éttis la fraidhe et riimtè v«née dt la Monne, M troataît le fief de Cropws, qoe Cliaries , duc d'&leâfon, fieffik à Jeatl Giftériii tù 4644, pour obe rente atmiieHe de SO litrea. Cette ftniille GtiériQ ètaH déjà, an siècle auparavant, fitée à St- ËasHe et àXortisauiberi Oropus appartenait, avant les orageil de la Révolution, à la famille Gaultier de Sdint-Basile.

Enfin la terre du Tertre , longtemps possédée par la même famifle, en est sortie par le mariage de Marie- Atine- Madelaine de Gaultier de Saint-Basile avec Jeati-Pélik du Haavel, en 4777. Marie- Agiaé du Hanvel, leur fille, Ta portée à la famille de Bonaechose « qui la possède aujourd'hui, par son mariage avec Casimir-Edouard de Bonnechose , fils du sieur de La Cour du Bosc. Du reste, aucun des fiefs ci-dessus n'a conservé de manoir digne d'être étudié. »

Les Autels. ^« Mous avons mentionné l'église des Autels, en parlant de Montpinçon. La commune est réunie, pour le civil, à St- Basile et fait partie du canton de Livarot.

11 y avait dans cette paroisse un fief noble , dit le fief des Authieux, qui appartenaii, au siècle dernier, à une branche de la famille Gaultier : M. de Gaultier de Hauteserre ml encore fiôssesBeur du manoir des Auiels. Cette famille a donné naissaace à Made-Chtrlotie^Antoinetve de Ganltittr des Aflihietix , mariée II Jaeque»*fYançois de Corday d'Armont et mèra de la oélèbre Charlotte Cautday. Cesi étt manoir tbi Mcaml-4nib«rt, situé k une^mi-liete des Autels, dans le départemeÉt «de rorae, que la fiimttti de Onday d'ArMOtat {aiaast ia résideBoe et «que l'héroilie 'a passé la ptoa grande partie de sa jeunesse (4). don portrait autlieati^>

(1^ Notes manuicriies de M. le vScmute de NëUfHle.

63B • STATISTiQDB MONUMENTALE DU CALVADOS.

sans analogie avec ceux qu'on a donnés an public , est coq serve au château voisin de Garne}ot, propriété de i\L de Gaultier de Garnetot, neveu à la mode de Bretagne de Marie- Charlotte de Corday : connue dans le monde sous le nom de Marie, elle restera célèbre dans la postérité la plus reculée sous son second prénom.

Signalons encore aux Autels le manoir de Ménival , qui a servi de résidence à une autre branche de la famille^ Gaultier, dite de MénivaL

Page 1