‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 64 sur 82 · LA CHAPELLB-HAUTE-«EUE · texte numérisé non relu

LA CHAPELLB-HAUTE-«EUE

La Chapelle-Haute-Grue, Capella deBastegru^ de HastagatL L'église n'est plus consacrée au culte. La commune de La Chapelle a été réunie, pour le spirituel, à celle de Tortisambert. D'après l'analyse que M. Pannier a bien voulu me communiquer , l'église date du XYP siècle. Les fenêtres carrées , à arc surbaissé , ont été ouvertes vers le milieu du siècle dernier, ainsi que le porte l'inscription suivante gravée sur une des fenêtres du chœur :

l'AK t7&7. G, U ROT.

Le portail occidental est surmonté d'un gable recouvert en essente. La porte principale est placée au nord.

Le clocher , à l'extrémité orientale de la nef , est- assex élancé; il est en charpente et recouvert en essente.

On remarque h l'intérieur de l'église un autel avec rétable d'ordre composite , style Louis XV. Le devant-d'autel représente un agneau dans les flammes. De chaque côté se dé^ roulent de gracieux rinceaux.

Des bancs en bois de chêne et à haut dossier, dans le style liOtiis X.II, sont placés dans le chœur.

CAMTOM DE LIVAROT. (V39

La Chapelle est le bat d'un pèlerinage très-fréquenté pour les maladies de la peau.

L'église était placée, au XYI' siècle^ sous rinvocation de saint Pierre. Plus tard , elle fut mise sous celle de saint Laurent. Le seigneur nommait à la cure.

An XVP siècle, la ChapeUe*Haute-Grue avait pour patron laïque G. de Belleau (deBella Aqm); an XyiII% le seigneur.

Cette ancienne paroisse comptait 52 feux , 260 habitants, et dépendait , à Tépoque de la Ré?oluUon , de l'élection d'Argentan. Sa population actuelle est de 95 habitants.

M. le vicomte Louis de Neuville fait une description irésattrayante de La Chapelle-Haute-Grue, et nous donne d'intéressants détails sur les fiefs de cette paroisse :

t La Chapelle-Haute-Gme, dit-il, occupe un promontoire élevé qui sépare les deux jolies vallées de la Vie et de la Monne, et les pentes qui s'étendent de chaque côté vers ces deux rivières. Sur les bords de la L\lonne , on remarque un étang dont l'eau reflète un groupe de constructions de divers genres placé à son extrémité ; celle qui frappe le plus les regards est une vieille tour à l'aspect féodal : ce n'était pourunt qu'un colombier dépendant du manoir de Caudemonne. Ce fief, mouvant du comté de Montgommery , a été l'apanage d'une branche cadette de la maison de ce nom , qui pendant les XIP et XIIP siècles a été fixée sur ce coin du sol. Il parait avoir été aussi nommé Caudemont, du moins on trouve Roger de Montgommery qualifié du titre de seigneur de Caudemont en 1201. Sa postérité directe s'éteignit vers le commencement du XIV* siècle. Nous trouvons, en 1417, un Jean de Caudemonne dans la paroisse de La Chapelle-Haute- Grue. Caudemonne fut depuis possédé par la famille Auber, qui portait pour armes : paie d'argent et de gueules au chef d'azur. Eustache Auber était seigneur de Caudemonne et de la CbaqueUère, vers 1600. An XVIU* siècle, Caudemonne

640 STATISTIQDI MUNOIIfiMTALE OU CALYADOS.

était la propriété de M. Le PaHlmierde la Uvarderie, officier de marioe. Cette terre a été vtroAne p^pdaat h RénfQr LutioD.

« Dans la même paroisse se trouvaii tift fief nouvo/i U Ghapelle-Haate-Groe ; mais il devait avoir bien peu d'importance , car il fat acquis en 1617 par Guillaume de AlaBQOury, sieur de Perleville, pour la modique somme de 200 livres tournois en capital.

» Le versant opposé de la paroisse de La (jhapelle*Baate- Grue, du côté de la rivière de Vie, dépendait du fief de La Chaquetière, qui s'étendait aussi dans les paroisses voisines de La Brevière , de S^-Foy et de St-Germain-de-Monl^ommery. Ce fief, tenu du duché d'Alençon, éuit possédé ap XYP siècle par la famille Auber de Caudemonne. Aux XVII* et XVIU' siècles , b Cbaquetière appartint à la maîsw de CourseuUes-CapdeboulU, aujourd'hui représentée par la famille de Vanssay.

(( Signalons encore la terre non seigneuriale du Vaursan , possédée par une branche de la famille Costard sous le r^ne de Louis XIV. Une vacherie modèle y fut établie il y a peu d'années par M. Robiou de La Tréhojonais , agronome distingué : elle a depuis été transférée près de Lisieux.

« La famille de Vergeast , originaire de Condrieo-sur-ie- Khône , a demeuré à La Chapelle-Qaute-Grue vers la fin du XVP siècle. »

fyM^FOUti-DC-lfOlJlrtGOMBIERY (4)

S^'-Foy-de^Monlgoinniery , Satma Kàn 4ê M^mu

CiJ Noies oonuDuai^ué» par MU Pamiier.

CANTON DE LITAROT. 6^1

L'église de S**-Foy-âe-MoDtgommery s'élère dans h îaDée dth fie, près de b routé ^ Yimoiilier» à livaroit ; elle est oriefltée da nord ati midi.

La partie la pli» andeofie de cette église est le eiiœur, qui date du XIII* siècle. Lechevet, droit, présente nne fenêtre géminée en lancette ; mie fenêtre semblable édaire le chcrar du cftté de Févangile.

La nef remonte seolement an X?I* sièele. Les mors sottt construits en grand appareil Des chftssis gamiaseht les fenêtres, qui sont carrées. Une senle fenêtre , k Fouest , offre des compartiments flamboyants.

Un gable oo fronton, revêtu d'essenie, termine le portail. La porte , à linteau , est encadrée dans une ogife et tftnquée de deux contreforts.

Le clocher, qui surmonte le portail» est moderne et se fait remarquer par sa forme di^adeoM. La cloche a été fondue par Lavillette, en 1816. L'ancien docher était placé à l'extrémité de la nef, près du ehceui^.

On remarque à Tintérienr de Féglise le mattre-autel à la romaine, dont Tun des gradins est orné de deux fmëB tableaux peints sur bois , représentant : l'un , Jésus-Christ ; Tautre, la Sainte-Vierge.

S^-fy>y-de»Montgommery avait pour patron lafque , a«i IIY* sîède, le seigneur d'Barcourt ; au XVP, le seigneur d^Barooun et de Longuevflle ; enfin, eu XVIIP, le seigneur %R la locaiitie^

Écoutons M. Louis de Neutille sur les souvenirs historiques de cette localité :

<c Montgommery était , ditA\ , centre d'une des principales seigneuries de la province; il a <Jônné son nom à une des plus illustres famines ûormandes. Le premier auteut^ coniiff de cette maison est Roger de Montgommery, qui tenait déjè' on rang disiingoé parmi' tes plus grands seigneuns

6&2 STATISTIQUE MONUMEirTALE D€ CALVADOS.

da pays dans les premières années da XI* siède ; il ent cinq fils : Hugues, l'aîné, fut sire de Montgommery ; les autres peuvent avoir été la souche de quelques familles du même nom qui subsistèrent en Normandie jusqu'au XIY* àède et s'éteignirent sans avoir jamais occupé une position marquante. C'est de Roger de Montgommery , fils de Hugues , que date l'éminente grandeur de celte maison : il épousa Mabile Talvas , comtesse d'Alençon et de Belléme , digne héritière d'une race célèbre par sa puissance, mais plus encore par ses crimes. Roger fut un des personnages les plus habiles et les plus respectés de son temps; Guillanmele-Conquérant, qu'il assista puissamment dans l'invasion de l'Angleterre , lui donna en ce royaume des terres immenses et les comtés de Shrewsbury et d'Arundel. Roger de Montgommery mourut vers 1096 : il laissa sa terre de Montgommery à son fils atné Robert, dit de Belléme , comte d'Alençon ; Hugues, le second, fut comte de Shrewsbury ; Roger, dit le Poitevin , devint comte de la Marche par son maris^e avec Almodis, héritière de cette province, et fut l'auteur d'une branche qui posséda le comté de la Marche jusqu'à son extinction dans les dernières années du Xn* siècle ; Philippe , quatrième fils du sire de Mon^mmery , fut tué âi Antioche dans la première croisade ; Amoul , le cinquième, fut comte de Pembrockeau pays de Galles ; enfin Evrard , né d'un second mariage , fut chapelain du rm d'Angleterre.

Robert de Rellême, seigneur de Montgommery et comte d'Alençon, épousa Agnès, héritière du comte de Ponthieu , et fut , comme son père , un des plus puissants seigneurs de son temps ; mais , par son caractère , il ne démentit pas le sang des Talvas que loi avait transmis sa mère : il fut la terreur de ses contemporains , accablant ses vassaux coouae ses voisins de ses iniquités et de ses violences , et com-

CAliTOM DB LITAfiOT. 663

mettant plus d'actes de tyrannie qae Ton ne peut en reprocher à ancondes antres barons normands. Son fiknnîqne GnlUanme , comte d'Alençon et de Ponthien , épousa Alix de Bourgogne, dont il eut deux fib, auteurs de deux branches qui se partagèrent ses possessions , pour ne point dire ses États. Guy, Talné, fut dief de la branche des comtes de Ponthieu ; Jean, le puîné, eut en partage le comté d'Alençon , que ses descendants conservèrent jusqu'à l'extinction de cette ligne en 1219. La baronnie de Montgommery fut attribuée à la branche de Ponthieu. Il y a pourtant lieu de croire que ce ne fut point sans avoir subi un démembrement, par suite duquel une notable portion des terres et des mouvances féodales qui en dépendaient fut depuis lors considérée comme faisant partie du comté, depuis duché d'Alençon. Le dernier comte de Ponthieu, de la maison dé JMon^ommery, fut Guillaume III, mort en 1221, qui, de son mariage avec la princesse Alix de France, fille do roi Louis VU, le Jeune , ne laissa qu'une fille, Marie, comtesse de Ponthieu et dame de Montgommery , mariée en premières noces à Simon de Dammartin , comte d'Aumale. Sa fille aînée, Jeanne, comtesse de Ponthieu et d'Aumale , eut aussi dans son lot la baronnie de Montgommery qu'elle apporta en dot avec ses autres seigneuries à Ferdinand III , le saint roi de Gastille et de Léon. Après sa mort , Montgommery fut, de même qu'Aumaie, l'apaHage d'une branche cadette de la ouison royale de Gastille , dite de Gastille- Ponthieu , qui tomba en quenooiUe à la quatrième génération. Blanche de Gastille Ponthieu , comtesse d'Aumale , épousa en iS&O Jean , comte d'Harcourt, cinquième du nom, et lui apporta la terre de Montgommery ; Jacques d'Harcourt, son second fils, fut après elle baron de Montgommery, et l'auteur d'une branche qui joignit à la possession de celle seigneurie celle d'un autre grand fief nor-

M& STATISTIQUE IIOflUlfBirrALE DO CALVADOS.

mand, le comté et TancMnnlIt : Margoerîte de Melan « héritière de Taacaralle , l'apporta en mariage à Jaoqim d'BarceQvt-MoBtgoDiiDery, an des {dos intrépides défenaevis du sol français. Qoand les Anglais, pro6unt des maHieanenses années de la mUesse de Charles VI et forts de l'alliance booiiguignonne , réussirent à dominer la presque totalité des provinces du nord de fa Lmre , ils furent longtemps tenns en échec par la petite place du Grotoy, dont s'éfait saisi Jacqpies d'Havoourt , et «f oà il faisait sans cesse «or rennemi les pins audadenses expéditions. Ce guemar ntouruten l/iSS» laissant un fils, Guillaume d*Barcoart, comte de Tancarville, yioomte de Melun , baron de Montgommery, et une fille, Marie d'flarcourt, qui épousa le célèbre comte de Danois , lean , bâtard d'Orléans et auteur de h maison de Longuevilte. Goilhiume d'Harcourt n'eut que deux fiUes : Marguerite^ qui mourut jeune étant fiancée à René d'Aknçon , comte du Perdie , et Jeanne , mariée à René II , doc de Lorraine et de Ban Celte infortunée princesse bat. répudiée pour cause de stérilité , et à sa mort , sorvenue en ik^ , elle laissa ('héritage de ses nombreux domaines k soncoosin-germatn, François d'Orléans, comtede Longueviife. La harapiBÎe de Nontgommery resta dans la maison de Loi^eTille jusqo*en ft^A3, époque où eHe fut vendue par FrançiMS d'Orléans i marquis de RotheUn , petit-fils du piécédent. L'acquérir de cette seigneurie en portait préci- sèment le nom : c'était Jacques de Montgommery , sieur de Lorge , fils ou petit-fils d'un de ces aventuriers écossais qui , depuis le règne de Charles Vil, venaient chercher fortune an service de France. Des talents militaires et la faveur do roi François l^ avaient fait sortir de Pobscurité le sieur de Lorge et lui avaient procuré à la fois fortune et honneurs; devenu capilapoe des gardes , il se trouva en état de se rendre acquéreur de la puissante baronnie dont il portait

CAMfOM De L1VAB0T. M5

fe iiob. Ce ht , chsitôtis^iMMnf, ta a faveur qti'elle fèl Atgée eti fcomié , tRUe qui ne M avait été Juéliu'UoM attrilmé ^ ^ allmj, et [Mifce que la plupart Ae àa posMseursr étuictit cototà de 4'(i%lqéiM-àllë8 desi aei^skiedHèsi qtfèf ilbtis avc^ifis méHtàtiÛtàeà pbs haut. <}abriel , bôitfté ae MWfHiomtiefy , iils de Jacqtiei , fut uù dès sèignâtlral hsé phi brilWfitt dé tm Moàttà; bj faveur royale , uoe bntvourè à (bute épreuve ,* de grands taleortâ lUlUtaires et àne IhdMnptsfbKf é&ergî<i èé Caractère {femUaieui ouvrir à 90fi amUtîon la carrière la phis étendue ; un événement funeste ^int toudain l'afrrétèr ; ce fut la mort du roi fleuri II , qui succomba à une bleséurè acddeutelle qn'il avait reçue dans un tournoi oà il joutait contre Montgomméry. Auteur invèlofùtaire de la mort du roi,cetul-d ne pouvait plus se flatter d'être traité avec faveur par. la reine Catherine de Médicis : la guerre civHe vint hri offrir une nouvelle carrière : jeté dans le parti calviniste , il en devint le chef, non le plus influent, mais le plus audacieux et le plus déterminé. Il se signala successivement dans plusieurs provinces par d'éclatants succès , mais aussi par des actes d'atroce barbarie. Il était réservé au sort le plus tragique. Assiégé dans Domfront en 157& par des idroes royaiâ très-supérieures en nombre , commandées par le comte de Matignon ;SIontgommery, après avoir, lia tête d'urie poigaéis d'hommes ^ soutenu leurs attaques avec une valetfr désespéra , fut enfin èontrèint dé se rendre. Condtfit k Paris^ un arrêt du ^ariement le condamna h être décapité , ses bieâs confisqués , ses maisons rasées et sa postérité dégradée de la noblesse : il eut la tête trancNée en' plvee de Grève, le i6 juin i57/i. Mais , en 1576 , le roi Ilenri III , par |è cinquième édit de pacification accordé atix protestatisr/ ré* batbflita sa mémoire et rendit à ses fils leifrs tiires et leût*^ biens, l'aîné des enfiints du comte de MontgoDMièry et d'ÂIîëabëth de La TotfcKè-TraiicIMyoli fut XâcqiMS, èomiD

6A6 STATISTIQUE MOHUlIfilITALE OO CALTAD06.

de M omgMDiiiery , qui se sigoah oonme soo père daos k parti calfîniste et ne kuan qu'une fille» Marie de Montgommery t mariée à Jacques de Dorfort , baroa de DoraSb Le marqoîs de Doras, fils de ce dernier. Tendit le oooiè de Montgammery à son grand-oocle, Gabriel de Hontgommery, dont la postérité consenra cette terre josqa'an XYin* siècle. La seconde maison de Montgommery , origînaiie d'Écoste , s'éteignit dans la première moitié dn règne de Louis XV; elle eat pour héritière Marie-Anne-Bose de Montgommery, mariée en 1732 k Louis-François, marqois de Thibootot. De la maison de Thibootot, la terre de Montr gommery a passé dans celle de Bétbune-SoUy, dont le dernier représentant Ta l^ée au comte de Béthone , de la maison des Planques ; c'est on des fils de celoi-ci qui en est anjoord'faui propriétaire.

Le comté de Montgommery était une des premières seigneuries de la province, au point de vue de l'étendue de sa mouvance féodale. Malgré le démembrement qu'elle avait subi à la fin do XIP siècle, cette mouvance s'étendait encore sur plus de quarante fieCs nobles. Les terres de St- Sylvain et de Vignats, dans l'arrondissement de Falaise , et plusieurs autres d'une moindre importance en étaient des annexes. Les seigneurs de Montgommery étaient du nombre des barons de l'Échiquier de ^iormandie.

Les restes de l'ancien château de Montgommery , rasé josqu'aox fondements eu 1574, répondent mai à ce que l'on pourrait attendre de tant d'illustres souvenirs. On n'y voit plus qu'un monticule informe dessinant l'enceinte du château, d'une étendue d'ailleurs médiocre , et où l'emplacement qu'occupait le donjon a seul conservé un relief assez notable. Ce château-fort , qui ne parait avoir jamais eu une importance militaire considérable, a peut-être succédé, dans la seconde moitié du XI*" siècle, à une place mieux

sitaée doDt nous retrouyerons Tenceinte à 2 kilomètres plus loin sur le territoire de St-Germain-de-Montgommery. A une ceotaiue de mètres de la motte où s'élevait le château ruiné en 1574 , il existe une construction de bois assez considérable^ aujourd'hui nommée le château de Montgommery. Cet édifice, d'un intérêt médiocre , paraît dater tout an plus de la fin du XVP siècle : ordinairement affecté an logement des fermiers ou des régisseurs du comté , il n'a dû être occupé par les Seigneurs qu'à courts et rares intervalles. A peu de distance de là se trouvait jadis un bourg d'une importance assez considérable, à en juger par l'étendue des terres autrefois tenues en bourgage. Mais, soit par l'effet des ravages de la guerre , soit par l'accroissement progressif de la ville de Yimoutiers et du bourg de Livarot, celui de Montgommery a disparu sans laisser de vestiges.

Plusieurs monastères avaient , à S*'-Foy-de-Mongommery, des possessions considérables qu'ils devaient à la munificence des anciens seigneurs et de plusieurs de leurs vassaux. De ce nombre étaient les abbayes de St- Jean de Falaise , de St-Martin de Séez , mais surtout celle de St* André* en - Gouffern, qui avait en cette paroisse un domaine étendu et une juridiction assez importante pour donner à l'abbé de St-André le titre de baron de Montgommery et la Brevière. De cette abbaye dépendait aussi le prieuré de St-Mathicude-Gouffem, situé à peu de distance de l'église de S^'-Fpy , mais dont il ne reste plus de vestiges. Dans la même paroisse, l'abbaye de St-André possédait aussi le fief et manoi** des Ozilliers que Robert de Malvoue lui vendit en 1249 ave<^ la motte, les fossés et la maison. Dans les dernières années du XIP siècle, Robert, comte d'Alençon , et Guillaume , son frère, firent donation à St-André-en-Gouffern de la dlme des terres et des bois qu'ils possédaient à Montgommery et que Jean , comte d'Alençon , leur père , avait recueillis dans la

6&8 STATISTIQUE MOIfUllENTALB DO CALVADOS.

8oace»oo de GaiUaome, comte de Poathiea , leur aleoL Précédemoieiu, le comte Jeaa avait domié à la même abbaye h dlme de tous aes arbres à fmits et de ses vignes de MontgtMnmery. Quelque étrange qne poisse sembler cette dernière mentioB, il est certain qu'an XII* et an XIII'' siècle il existé des vignobles dans la vallée de Uvarot

Outre les poissantes baronnies dont nous venons d'esqoisser rbistoire , il a existé un fief dit de S**-Foy-de-Montgommery, dans la pennsse de ce nom. Ce fief, relevant do comté d'Aiençon, devait peut-être son origine an partage déjà mentionné, entre les enfants de Gailiaume de Montgommery, comte de Ponthieu« Quoi qu'il en soit , ce fief a appartenu , dès le XIII* siècle, à la bmille Bonnet qui le possédait encore au siècle dernier. Cinq membres de cette famOie firent preuve d'ancienne noblesse, en 1666, devant ti. de Marie ; plusieurs autres branches existaient alors en d'autres paroisses. S^-Foy-de-3iontgommery a aussi servi de réàdence k des membres des familles Le François de la ïoor, Toustain de Billy et de Courseulles-Capdehoolle. Graâen de GourseuUes, écuyer, se qualifiait seigneur du Moncel, en 1698. Le manoir du Moncel, daunt du XYP siècle, subsiste encore à S^*-Foy-de-Montgommery , mais cette vieille construction en bois n'offre rien qui puisse fixer l'attention » (1).

C'est à S^-Foy-de-Montgommery que naquit, en {697, le savant antiquaire , Augustin Belley , prêtre et memt)re de f Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, auteur d*0D grand nombre de dissertations remarquables, imprimées dans les Mémoires de cette Académie.

(1) V. les notes manuscrites de M. L. de Neuvilte.

CANTON Dï. LIVAHOT.

SAlHT-GBftHAlH-iDI

lOHTGOHIUBT.

St-Gerfflain-de^Montgomtfiery , iè$Utm Qetinéfm de M^te Ocmmerià.

L'église de Sl-Geraièn-dé-Mbiit^;(Afki^ ôt6à|ie, 8*âde niâAî^ pidoreiquè, le poLtït <^c0itiMl (Ttioe eolHtvé ^tii dotiintie Viébotiera et k vallée tfrMée par la Vie. 1^ ddeUer Irès-^élinté, pldcé « rexMnAW olriétfU<e di (^ ^f , 8'aper(oif de trèë-im. Il est cMstfùit éfi éUf^pëète èii fècoavert en essente.

L'édifice date du XVP siècle, dans son ensemble » Toutes les fenêtres ont été refaites, à l'exception d'une

seule placée au nord , laquelle est trilobée. Le portail est précédé d'on joli porche qui provient de l'église de Vimoutiers. La porte, à plein-cintre, a été reconstruite en 1786, ainsi que l'indique une inscription.

On remarque à l'intérieur , derrière le inaltre-autel, un ancien groupe de Notre-Dame-de-Pitié, lequel forme retable.

Un j<rii tableau décore le dosâer de la chaire (1).

St-Germain-de-Montgommery était placé , au XI^" et an XYPsiède, sous le patronage de l'abbesse d'Almenesche. Au XYIIP, le patnmage annrtenait à l'abbesse d'Asgentan,

Sous le rapport administratif, St-Germain dépendait de l'élection d'Argentan et comptait 77 feux.

Enceinte du château. — St-Germain-de-Montgommery renferme une enceinte fortifiée des plus remarquables. Cette ancienne forteresse occupe le sommet d'une colline composée d'un banc de marne : l'enceinte , d'une forme ovale irrégulière d'environ 80 mètres de diamètre, est formée d'un large fossé et d'un bourrelet de marne rapportée, sans aucune trace de maçonnerie : ce rempart, fort dorade aujourd'hui , dominait le fossé d'une hauteur d'environ 20 mètres. L'intérienr du rempart présente, aujourd'hui, un champ labouré, en contre-bas d'au moins 20 pieds de l'enceinte qui l'environne ; on n'y voit aucun vestige de maçonnerie , de briques ou de débris d'aucun genre; le sol est composé d'un terreau sans mélange , dont la profondeur est inconnue et dont le voisinage n'offre point d'analogue. La seule trace d'habitation dont la tradition ait conservé mémoire est un ancien puits , comblé il y a une soixantaine d'années , par suite de plusieurs accidents qui y avaient eu lieu ; dans la pard de ce puits , d'une extrême profondeur , s'ouvrait

(i) Notes de !!• Pannier.

CANTON DE LIYABOT. 651

une galerie souterraine, d'une étendue inconnue, où la croyance populaire plaçait d'immenses trésors^ c'est dans ce souterrain que des explorateurs avides et imprudents trouvèrent, dit-on , la mort : événement qui détermina le propriéuîre à le faire combler. Une autre tradition rapporte qu'on pouvait jadis se rendre, par ce souterrain , jusque dans les ruines du vieux château situé à S*'-Foy-de-Montgommery : cette assertion parait dénuée de vraisemblance, la galerie souterraine -ne pouvant s'étendre jusque-là sans traverser des terrains de la nature la moins solide.

Il est di£Bcile de douter que cette vieille forteresse n'ait été, originairement, le centre de la baronnie de Montgommery et le berceau de la famille de ce nom ; mais son abandon doit remonter à une époque fort reculée, car, historiquement pariant , le château de i\lonigommery était certainement situé à S^"-Foy , et dans les derniers siècles la forteresse de St- Germain ne faisait même point partie de la terre de Montgommery : peut-être en avait-elle été distraite dans le partage qui eut lieu entre les fils de Guillaume, comte de Ponthieu , dans la seconde moitié du XII' siècle. Quoi qu'il en soit , ces retranchements durent être occupés par des Normands, au moins dès le X"" siècle : c'est sans doute à cette forteresse que Montgommery doit son nom , désignant un lieu élevé, par conséquent s'appliquantmalàS**-Foy. Notons, sans y attacher trop d'importance, l'analogie de ce nom avec celui de Gorm-Him-Rige, sous lequel les Scandinaves désignaient parfois Guthrum, un de leurs plus célèbres rois de mer, qui ravagea l'Angleterre dans la seconde moitié du IX* siècle et probablement flt aussi du sol neustrien le but de quelques; incursions. St-Germain-de-Montgommery était certainement, au commencement du règne de Guillaume-le-Conquérant , une des plus fortes places du duché de Normandie. On croit que ce fut en en faisant le siège

qD'AÏaJD, comte de BreUgne et régent dé Normandie pettdant la minorité de Guillaume, fut empoisonné et monnit à Vimoutiers vers ('an iduo. Quelques années après, Henri I* roi de France, fil en personne le siège de Montgommery : c'était en 1054 ; après une résistance acharnée que dirigeait Gilbert , frère du seigneur dii lien, la place fut prise et réduite en cendres, ainsi que le bourg et FégUsc qui en dépendaient. Peut-être est-ce de cette époque que date Tabandon de cette vieille enceinte. Mais tes traditions ont conservé longtemps le souvenir des combats acharnés doùt le voisinage a été le théâtre : il n^est presque aucune des communes voisines dont quelque localité n'ait porté le nom de lieu de la bataille.

De nombreux fiefs nobles étaient groupés autour de Montgommery , sans doute par suite de la tendance des grands barons féodaux à s'entourer de ceux de leurs vassaux dont l'appui leur était le plus nécessaire. Signalons d'abord le fief de St-G^ermain-de-Monlgommery , quart de fief de chevalier mouvant du comté d'AIençon, et qui, de même que celui de S**-Foy auquel il était joint, a appartenu pendant des siècles à la famille Bonnet de Montgommery.

Le fief de la Plesse mérite une attention toute particulière, comme ayant conservé intact un vieux maînoir eit bois d'un style intéressant Le corps de logis a étô allongé et modifié dans le cours du XYP nècle , mais la plus grande partie offre encore le cachet du genre éfégant employé au XV' siècle. Les moulures profondément évidées, les nombreux écussons qui le décorent, l'heureuse combinaison des pièces de charpente en font un curieux modèle de ce singulier système d'architecture. A l'intérieur , une salle lambrissée en chêne et encore décorée d'un portrait du roi Louis XIY, donne une idée dfe ce qu'était il y a deM siècles l'intérieur du manbir; alùjounfbut , B sert de

GA9T0N DE LIVABOT. 653

lOQ^Qt 9fix fermieJEs. Le$ épiions qui décorent extérieurement la plqp^rt ^ pi^es de charpente sont, en partie^ jdevei^^ frpBtes et iad/§çhiffrables :* cepx qu'on p^ut ei^pqpe reiconn^itrp n'offrejoit l/^ bla^jqp d'aucune des familles que qous retrQuvons daiis le Toisinage; Tun d'eux, chargé d'un chevron, se trouve plusieurs fois reproduit II a existé près de Coucher unç famille de |^ Plisse gui portait pour armes : d'argent au chevron de gueules accompagné de trois roses df mêpe ; serait-ce elle qpi i^urait éleyé ce^e ancienne construction 7 Daq^ ce cas , elle ne l'aurait pas conservée longtemps : vers 1 520 , fe^q I^ç Fran^pis , seigneur de Si- Michel-de-Livet et d'Avenel, était aus^i seigneur de la Plesse, qui resta grès de deux sièc)!^ entre les mj||ns de ses descendants: en ^666 , Nicolas Le François, sieur de la Plesse, fit preuve d'ancienne npblesçe à St-Germain-de- Montgommery. Cette t,erre, possédée depuis par la famille de Gaqueray, a passé par alliance à celle de Porlierde Rpbçileis, et est encore aujourd'hui la propriété de M. le comte de Rubelles.

Le fief voisin de la Tour , d'abord possédé par une famille de ce nom, est entré an XVI* ;iècle dans la famille Le François. Guillaume Le François, sieur du Longprey, était seigneur de la Tour , en usufruit ; il fut père de Jacques Le Frapçois, sieur de la Tour, qui épousa en 1592 Rose Héroult , fille de Guillaume Héroult, sieur de la Rivière , à St-Martin-de-Fresoay , et de Françoise de Nenfville, et veuve de son cousin germain, Pierre Le François , sieur de Fizemont. Jacques fut père de Marthe Le François, dame de La Tour, mariée à François Bonnet, sieur de La Çhcsnaye, fief situé à St-Désir de Lisienx, duquel est issu la famille Bonnet de |^a Tour. L'ancien manoir de ce nom a Hait place à une maison en brique récemment construite.

Une autre branche de h âuniHe Le François, issoe comme la précédente des seigneurs de Livet et de la Plesse, résidait en la même paroisse : elle s*est éteinte dans Catherine Le François , mariée vers 1660, à Etienne de Mannonry, sieur de La Gressonnière\ duquel sont issus les Mannoury de St-Germain, à Putot-en-Auge.

Le fief des Ghampeaux, dont le manoir est situé au fcmd d'un vallon solitaire , a appartenu à la famille d'Échallou « anoblie au XYP siècle : cette famille a longtemps géré les terres do comté de Montgommery , comme investie de b confiance des Montgommery-Lorge : elle professait comme ceux-ci le culte calviniste, de même que beaucoup de familles nobles et bourgeoises des environs.

Enfin , la Recherche de ia noblesse de 1666 mentioune Jean des Rayes , sieur du Bois-Hue, et Jean Billard , sieur des Vaux , comme demeurant à St-6ermain-de-Montgommery (1).

LISORBS.

Lisores » ecclesia de Lisoriis.

La commune de Lisores est située à la limite méridionale du diocèse de Bayeux.

L'église, placée sous l'invocation de saint Yigor, s'élève d'une manière pittoresque sur un coteau et domine un joli vallon , lequel va se perdre dans la vallée de la Vie , à S^- Foy-de-Montgommery.

La nef, sans contreforts, remonte à la période romane. Le mur septentrional, construit en grossier cailloutis, affecte la disposition en feuilles de fougère. Trois fenêtres , l'une h moulures prismatiques, autrefois partagée en deux baies par

(i) V. notes maouacrites de M. L. de Neufille.

CANTON DE UVABOT. 655

an meDeaa Tertical (fin do XY* oa XYI' siècle) ; les deax antres, modernes^ éclairent la nef de ce côté.

On remarque surtout deux petites fenêtres cintrées, en forme de meurtrières , qui datent de l'époque romane. Il y en a?ait probablement une troisième qui aura été bouchée. La porte latérale, à plein-cintre, aujourd'hui bouchée, date du même temps.

Le mur méridional de la nef est entièrement recrépi. Il est percé de trois fenêtres : l'une flamboyante , à deux baies séparées par un meneau prismatique ; les deux autres cintrées, modernes.

La porte occidentale, de forme ogivale, a été pratiquée an XVr siècle ou à la fin du XY*. Le trumeau a été détruif, ainsi qne l'atteste la baie actuelle, d'une largeur inusitée. Des panneaux plissés forment les vantaux. Le mur , précédé d'un porche en bois du même temps , est soutenu par denx contreforts saillants.

Un clocher carré en charpente , muni de cinq évents , surmonte le portail. Il remplacerait un clocher plus ancien , lequel , d'après la tradition locale , aurait été démoli au XYI* siècle. Deux cloches sont placées dans ce clocher. La plus grosse, fondue en 1843, ne présente aucun intérêt Son diamètre est de 1 mètre 6 centimètres. La plus petite , dont nous donnons l'inscription , a pour diamètre 9U centimètres :

l'an iS lAT iTi WàmM PAB il rigolas IA€QUI8 fbahçois boctcillu DWnf ANT DB LA UCUrSoU M LISORES BT HOMXte KAMI PAB K' UCQVBt lâMILB BBSHATn BT HABIB rBANÇOISB àOLài OMBATIS, IfOBL lOUABBB VAIBB, ALBXANDBB DB LA PLI88B ADIOINT , ANTOOf B BLOT TB^SOBIBB BN CHABOB PIBBBB CAMU» BT VBfllfÇOlS PONTAOfB HABtolLLIBBB BT V' PIBBBB NICOLAS VUBOS PBÈTBB.

LAVILLBTTB DB LISIBVI U*à F AXTl BN iSOA.

Le chœur se termine par un cbevet droit. Les deux

coatrefprt^ que ^'py voit^ i'oi^ à l'ofieiit et Taotre an midi , ont été élçyés an ^YI* siècle.

Une ^tite chapelle mortuaire , moderne . dans le ^yle gothique fleuri, s*élèye derrière le che?et. L'autel, f(^rmé d^ panneaux flamboyants artistement sculpté;, présente la riche orpemenutjon dbe la fin du XV* siëcfe. Il est surmonté d'une statue de Vierge immaculée, dont la tête est ornée d'une couronpe de rc^es.

On remarque à l'intérieur de l'église le réuhie du matlreautel , orné d'un tableau (style Louis XV ) représenunt la Résurrection de Notre-Seigneur. De chaque côté se voient les patrons de l'église: saint Vigor (l*' patron) et saint Hacèer. Cette toile a été retouchée par un pinceau inhabile. Le tabernacle est dans le même style. Un dais à lambrequins surmonte Fantel (1).

De chaque côté du tabernacle sont placées deux jolies girandoles en cuivre portant les initiales entrelacées L S. Ces girandoles, données par une dame, proviennent probablement cTun salon.

Deux jolis autels latéraux en pierre ^style Louis XIV} attirent également les regards. Ces autels sont décorés de deux colonnes à chapiteaux godronnés, supportant un entaUemeni dorique. Le cadre est garni de feuilles de chêne. L'entablement est surmonté d'une niche.

Sur l'arc triomphal se détache an Christ qui paraît ancien. Il est couvert d'un petit jupon qui descend presque jusqu'aux genoux.

pe chajqnie ciô^^ jjtj Ç^JÎ^t çn Ji^t :

(4) V. les notes de M. Pannier.

CANTON DE LITAROT. 657

Deax bénitim (style Louis XV) « pédicules en forme de poire renversée , sont placés an bas de la net

La Toute de la nef était en merrain avec entraits et poinçons. Celle dn chœor , aujourd'hui couverte d'un enduit, était probaUement semblable.

On remarque, dans la sacristie, une petite pticine en accolade (1).

Manoir de Lisores. - L'ancien manoir, converti en presbytère, se compose d'un rez-de-chaussée en bois avec tuiles entre les colombages , surmonté d'un étage en encorbellement. Les poutres extérieures sont décorées de moulures et terminées par des rageurs. Une grande tour en pierre, qui renfermait l'escalier , s'élevait au centre du bâtiment, à l'opposé de la façade principale. Cette tour, percée de longues meurtrières, terminée par un orifice circulaire , est surmontée d'un toit pyramidal couvert en essente.

La façade principale est surmontée d'une grande lucarne qui avait pour amortissement un épi en faïence verte , dont on voit encore des fn^pnenis au-dessus d'une tonnelle placée dans le jardin du presbytère.

A l'intérieur, les poutres sont sculptées et peintes. Des pavés émaillés attirent les regards. La grande salle mesure 2& pieds sur tous sens. L'une des chambres offre des poutres avec rageurs et des rinceaux.

Lisores est «ne des localités du canton de Livarot les plus anciennement mentionnées, puisque, dès la première moitié du XI* siècle , nous trouvons que la moitié de la seigneurie , avec les biens et droits qui en dépendaient, fut donnée! Tabbaye de MontivUliers : c'est en vertu de cette donation que, jusqu'à l'époque de la Révolution, les abbesses de

(A) V. les notes de M. Panaier.

658 STATISTJQUk MONUMENTALE OU CALVADOS.

MontivlHffsri^ ont possédé des draîlB seigneoria»! sar une partie de la paroisse de LîsM-e».

Il s'y trouvait , en ostre , dei»x fiefs nobles oo portions de fief portant l^n et l'autre le non de Lîsaies , ei aànk Tun en la viconilé d'Orbee, et Paatra en ceisd'irgealui; mais, dans les mentioM qm en sont fliites, 'û n'est pas toujours aisé de \ea distinguer. Le pouillé du diocèse de Lisieux, au XIV* siècle, mentionne Genrais Bordel comme seigneur et patron de LIsores. En 1658 , GoillemiD Regnault possédait le fief de Lîsoi^es, de même qqe cenx de la Nolir et de Vandeioges , et c^ même fief était encore, ei» 1549» à Jean Regnaolt, arrfère-petlt-fils du précédent; tm idfê, Guillaume Le Sueur était seigneur de Lisores, an dnit d'Elisabeth Le Ghetafier, sa femme; mais edie-ci parati (toe morte sans postérité, car le fief de Lisores fol porté dans la ùmitle de Marescot par Gillette Le GbevaKer, s» sœur, mariée % Pierre de Marescot Le dernier seigneor de lisores, cinquième descendant de celui-ct, fut Nicotao^François de Marescot , sieur de Lisores et de l'Hétellerie-Fspo», ps^ cureor-général à la Chambre des oooaptea de Nonnandie avant la Révolutit)n.

L'autre fief de Lisores appartint longtemps à l'ancienne fiimiUe de ce nom. Jean de Lisores e» étais encore seignonr en ift/i6; mais, peu après, cette terre élaîl passée à nae autre famille. Les Lisores n'étaient pourtant pas éteint», mais bien déchus de leur ancienne fortune. Bn 1666 , Claude Lisores fut encore déclaré d'ancienne noblesse par M^ de Marie, en la paroisse de Bocquencey; néanmoins^ ceUe famille a été complètement omise dans les AmupriaHm de la province. Des Lisores, le fief qu'ils avaient possédé passai Thomas de La Reue , sieur de Lisores^ et de NoroHes, lieutenant-général du bailli d'Évreux , dans la seconde moitié du XY* siècle. En 1495 et 1567, le fief de Lisores, vioomté

CANTON DE LIVAROT. Mtt

d'Orbfc , appartoDait à b famille Le Jamci de Lisore» , ane de» phta marquantes do Pariement de Rouen. Un Gef du même nom fui possédé par Eiistacfae Duroy , qui obtint en 1612 des lettres de noblesse. Dans la seconde moitié du XVII* siède , msie branche de la famille de Gerday était au «ombre des seigneurs de Lisores; plusieurs autres se succé-* dàrem dans la propriété de cette terre. Bn 1666, Maurice Gaultier , frère du seigneur de Strfiasile , était qualifié sieur de Usores.

Sur le territoire de celte commune se lrou?aient encore ptasieurs manoirs, dont aucun n'a laissé de restes intéressants. Gelai du Piessis était pessédé, vers 1700, par Jean-Baptiste de Marescot, frère du seigneur de Lisores. Lors de la Recherche de 1666, Eustache Bonnet, sieur des Boordonnières, Jean Le Noimand, sienr de La Garenne, et Gralien Pépin , sieur de Berville<amp^ny , firent preuve de noblesse ancienne en la paroisse de Lisores (.1).

SAIllT-OUB!f-Lfi»H0l7LT.

St-Ooen-le^Honii;, Sanctus Audeentts U Lokmety Swmm Audoemts le Hotdt.

L'église de St-Ouen-le-ffouil se trouve sur le bord du chemin de moyenne communication d'Qrbec au Billot. Elle a été soigneusement examinée par M. Pannier.

Nous faisons remonter au \II* siècle , dit-il , la construction du chœur. Les murs latéraux étaient primitivement sans contreforts. Deux contreforts, du XYI* siècle, soutiennent le mur scptenlrional. Un autre contrefort , du même temps » se voit à rextrémité du mur opposé. Le chœur est éclairé , de ce côté , par une fenêtre cintrée moderne. Un

[i] V. les Doks (le M. le vicomte I ouïs de Neuville, ^

chevet droit termine le chœar^ qui est en retrait sdr la nef.

La nef date seulement du XYI* siècle. Trois fentoes « Tune ogivale, avec moulures en gorge, les deux autres cintrées, du même temps (la fenêtre du milieu refaite), éclairent la nef au midi. Elle reçoit la lumière , du côté du nord , par deux ouvertures , Tune à plein-cintre , du XH* siècle, entourée de moulures formées de gorges ou scotîes; l'autre également à plein-cintre , mais retouchée. Cinq contreforts, construits en grand appareil, soutiennent chaque mur.

Le portail occidental^ soutenu par quatre contreforts saillants , est percé d'une porte en anse de panier encadrée dans un plein-cintre mal dessiné. Sur le mur apparaissent les traces d'un ancien porche.

Au-dessus du gable s'élève un clocher en charpente , terminé par une pyramide octogone couverte en ardoise. Ce clocher renferme deux cloches. La plus grosse , qui a 73 centimètres de diamètre , porte l'inscription suivante :

L*A1V 1588 M* PnWRB BIOVLT^ PBOCTBBVB «Y lOY A AROBITAX R

iiiBS 0. CATB8BUIB Deiintrêy femmb db bogbr cofsiii bt buiabktb

LBGHBTALIBB VBK* DB GTILL* LESIB?R 8' DB LISOBBS. IBHAN AVBBRT MA FAICTB.

De chaque c6té du nom du fondeur sont figurés, en relief , deux centaures.

La petite cloche a 65 centimètres de diamètre. Elle a été fondue en 1822, par Lavillette.

La voûte de la nef et celle du chœur sont recouvertes d'un enduit La première est en lambris avec entraits et poinçons. Toute la charpente intérieure , qui est énorme , repose sor des poteaux placés le long des murs.

La nef montre des vestiges d'une litre funèbre. Toute trace d'écusson a disparu,

CANTON DE tlTABOT, 661

On remarque le maltre-antel dont le retable » dans le style Louis XIV, est décoré de deux colonnes torses, d'ordre composite, garnies de (eoilles de ?igne et de raisins. De chaque côté du rétable sont placées deux niches qui complètent l'autel. L'une de ces niches contient la statue miniaturée de la Sainte-Vierge qui tient dans ses bras l'enfant Jésus. Sa robe est bleue; le manteau or, a?ec doublure blanche semée d'hermine. L'autre niche renferme la statue de saint Joseph, également miniaturée; sur le gradin , sont placés deux jolis chandeliers en bois, style Louis XV.

Le tabernacle est du même style. Une couronne flenrdelisée surmonte l'exposition.

Les deux petits autels placés à l'extrémité de la nef proviennent de l'Oise de Bellouet. Le rétable , à colonnes rudentées, d'ordre composite, date du commencement du règne de Louis XIV.

Une statue de la Vierge, du XVI' siècle , décore l'un de ces autels. La frange du manteau est garnie de petites rosaces imitant une élégante broderie. Une couronne ducale surmonte la tête de la Sainte-Vierge. L'enfant Jésus paraît tenir une poire dans une de ses mains. Sa robe est fermée par un bouton garni de plusieurs petites perles.

L'autre autel est dédié à saint Laurent La statue à plis tourmentés du Saint appartient au style Louis XIII.

Les fonts baptismaux , pédicules (style Louis XV ) , sont ornés de draperies.

On conserve , dans la sacristie , une curieuse chasuble à personnages, du XVP siècle. Dans la partie supérieure de la croix est représentée la Vierge- Mère. Â l'extrémité des croisillons, deux anges, à genoux, balancent un encensoir. An milieu de la croix est représenté un évêque; dans la partie inférieure, saint Laurent, patron de l'église.

Le devant de la chasuble offre également l'efligie, en

662 STATISTIQUB MONUMBfVTALE DU CALVADOS.

I^M, de Biint Laurent et eélled'oaè Sainte. Le litt 4e la chasiible est otaUieureaeenieDt coupé.

Tons les personnages religieux sont plaots soos 4m oghres en accolade et des cintres.

Pam kinariquêi. — La sdgneurie de St-Ooen , ancienne dépendance de la baronnie des Moustiers^Hobert , fut oon* "fisgoée comme elle sur un seigneur anglo-normand, du parti de Jean-Sans-Terre , et réunie au domaine royal. Mais, dans le cours du XIIP siècle ou le commencement du XfV*, eHe ftot donnée à litre de fiefferme, c'est-à-dire inféodée à charge d'une rente qui en absorbait originairement presque tout le revenu. En 1S41 , Jean Regnanlt était seigneur de St- Ouen-le-Hoult ; en 1&69, GolUn Sauvalle et Jean Pigis tenaient ensemble cette fiefferme. An XVP siècle, elle appartenait aux de La Raye , seigneurs de la Pipardiêre à Livatvt : Guillaume de La Haye, sieur de la Pipardiêre et de St-Ouen-lefleult, virait en 1569 ; on ne sait n ce fut lui ou son fils qni vendit cette demièt>e terre à Pierre Rioolt, procureur du roi k Argentan, qui, à son tour, Talléna en 4604, par nn échange eonein avec le sieur de Margeot , qui lut céda ta tenre et seigneurie de Champosenlt, entre flmoutiere et Ghamboy. Là famille de Margeot a oenservé la seigneurie de St^Ouen jusqu'en 1789 , et elle possède encore le roan<Hr et les terres qni en dépendaient. Ce manoir , dit aussi de Noiremare , est un édifice en brique datant du siècle dernier et dénué de toute espèce de caractère, {{fate de M, L. de NewiUe.)

Quoique la paroisse de St-Ouen-le-Hoult ne renfermât aucune autre terre seigneuriale , plusieurs familles nobles y ont fait leur résidence. Les gentilshommes qui y comparurent dans la Recherche de 1666 firent Gabriel de Bdnnet, sieur de Launay-MoriHère; GMles Robine du Pommerais Sébastien de Margeot, sieur de FetlleneHes ; Yves de Margtot, sieur de la Guérinière , et François de Monteilles.

CAWTON OB UVAEOT. ^^^

LA BREVifeEB.

La Brevière, Breveria.

Ma Statistique wanumentale, dans les parties précédemment publiées, *a pu conserver le souTenir de plusieurs moDumenls dont il n'eiiste déjà plus de traces aujourd'hui; il en sera de même pour l'église -de La Brevière : elle était , effectivement , en démolition quand je l'ai visitée et quand M. Bouet l'a dessinée il y a douze on quinze ans. La vue qu'il en a faite montre cette église, lorsque déjà elle avait perdu son toit. ( Yolf la page suivante. )

La forme de cette église était celle d'une croix , et sur le transept s'élevait nne flèche en bois très-élancée , couverte d'essente, offrant sur chaque angle une lucarne trilobée.

Les murs étaient en grand appareil , et l'ensemble de l'édifice annonçait le XYP siècle.

Les fenêtres de la nef et du chœur étaient à plein-cintre , mais deux fenêtres ogivales à traceries flamboyantes , et divisées en denx baies par un meneau', éclairaient le transept ( Voir la planche ). Celle de ces fenêtres qui était ouverte dans Je transept nord était ornée de vitraux; on voyait, dans le même transept, un support de statue, du XYP siècle, portant des armoiries.

M. Pannier, qui a vu cette église avant la destruction des

* toits, nous apprend que la voôte du chœur était peinte et

semée de bouquets de fleurs, dans le style Louis XIII , et

que celle du transept méridional était décorée de peintures

dans le style de la Renaissance de François l".

Cette église était sous l'invocation de saint Pardoul; l'abbé de St-Marlin de Séez oommait à la cure.

Le presbytère , situé à peu de distance de l'église , était

66& STATISTIQUE MOMUliBIITALB DU CAiTADOS.

en bois avec remplis de toiles formaat des dessins, et le toit était surmonté de trois épis en terre coite émaillée.

Phkn DB L^éaUSB os tA BKBTlàRB.

La Brevière faisait autrefois partie de l'élection d'Argentan. Si le patronage de la cure appartenait à l'abbaye de St- Martin de Séez, c'était pourtant on autre établissement

M6 STATISTIQUE MONUMBNTALfi DU CALVADOS.

religîein, l'abbaye ^ St-àiidr6-^D*<;<HiSéni, qui y occupait le rôle prépondéraiu : les abbés de Sfr-Aodré y posaUamt une mouvance étendue , et prenaient le titre de barons de La Bre?ière. Une autre portion des terres de cette paroisse relevait du comté de MOBtgomnmy , doiil ks seigneurs se qualifiaient aussi de barons de la Brevlère ; ils y avaient , originairement, possédé des domaines et avaient disposé de quelques-unes de ces terres en faveur de l'abbaye de St- Ândré. Celle-ci avait également reçu des bienfaits de la famiBe des seigneurs primiiifs de la Brevière , dont Ttaistence ne paraît pas avoir dépassé le commencement do XIV' siècle : cette famille de La Brevière, dont plusieurs mettbres étaient chevaliers , était aussi connue sous le nom de Payen et n'était peut-être pas étrangère à celle des Paynel, barons des Moustiers-Hubert. Un grand nombre d'autres donateurs contribuèrent à augmenter les possessions de l'abbaye de St-Ândré, dans le cours du XIII'' siècle: plusieurs d*entre eux appartenaient à des familles distinguées et, la plupart, attachées à la fortune des seigneurs de IVfontgommery. L'une des plus notables, du nom de l'Arbalestier, en latin, Balùtarins , paraît avoir possédé fief à La Brevière : elle fut du nombre de cellel qui suivirent Guillaume à la conquête de l'Angleterre. Ma» il ne nous est pas possible de préciser le lieu qui lui servit de résidence.

Parmi les fiefs qui avaient une mouvance dans la paroisse de la Brevière, continue M. de Neuville, se trouvait celui de la - Chaquetière, qui s'étendait aussi sur fa Chapelle-Hautegrue et Montgommery. Les seigneurs de ce fief se qualifiaient aussi de sieurs de la Brevière. Philippe de GourseuHes, sieur de Gapdchoulle, devint possesseur de cette terre par son mariage avec demoiselle Bonne Bonnet, en 1652. Il laissa dix enfants, dont l'aîné fut François de Gourseulles, seigneur de la Brevière ; celui-ci épousa Toussainte-Philippe de Saint-Simon et périt

CAMTOM OB LITAftOT. Wl

d'une ntit yioloiite : il ftit MSMniié k 38 avril 1698. B&pm o«ue é|KH}ye, c«tte branobe de la maison de Comèuttas a fort peq léridé à la Brevière : «Ile s'est éteime à la fio>d« fiîtele dernier.

Une autre fauulle qui a porté le titre de aeigteinr'de^la Brtvière est oelle de Saint-Denis, qui avait pour anues.! ite 4able freué d'arfenîau chef d*argeM chargé d'un léopard^ ^ai<if(tf«.€haitesde Saint*»Deiii8y sieiir de Vaugoust, fitfirenve d'ancienne noblesse en cette paroisse, dans la Recherche de 1666. Le 18 décembre 1685, Joachim de Saint^Denfls, slenr de la Brevière , abjura la religion protestante , entre les mains de François Pollin., curé de cette paroisse, de m^e que Loois Costard , sieur de Belieao , Frédéric €ostard , swtir des Manis,^ Judith du Val , Teuve de JkMcbim Costard , sieur des Aimez , ei deus de leurs domestiques. Cette conversion tn masse se ressentait, sans doute, de la révocation de redit de Nantes.

La famille de Margeot â aussi porté le titre de seigneur de la Brovière. Elle y acquit une terre, située près du chemii de Livarot à St-Ouen-le-Hoult , par le même échange qui lui procura la seigneurie de celte deruière paroisse en 160/!i. Etienne de Margeot, sieur de Noiremare, fit preuve de noblesse devant M. de Marie , à la Brevière , dans la Recherche de 1666. M. de iMargeot, dernier seigneur de la Brevière , ayant émigré , vit ses biens conGsqués : c'est le père de M. Maurice de Margeot , demeurant au château de St-Germain-la-Campagne ; il a épousé M"* de Margeot de Saint -Ouen, sa cousine.

Aucune des terres que nous venons de mentionner n*a conservé de manoir digne d'attirer Tattention. Sans offrir aucune particularité remarquable, le manoir de la Finantière, situé près de la nouvelle roule de Livarot ï Vimoutiers, frappe les regards du passant , par set dinsensi^ns et sa bonne

668 STâTISTlQUe MOMUMBNTALE DU GILYAOOS.

appueooe. Une partie de b cotutroclion dite da XVI* riècfe et est bftiie en bois ; le reste, comprenant on corps de logis phcé en marteau , est en pierre et ne remonte qu'à la première moitié do siècle suivant Cet édifice paraît avoir été l'oMivre de Marin Gosurd , sieur de la Finantière , riche négociant en draperie, ce qui ne Fempècha point de combattre pour la cause royale, dans la guerre de la L^e, comme homme d'armes de la compagnie de Robert de Galmesnil , sieur de fleuguemare. Ses enfants reçurent, en 1651 , des lettres de noblesse, en vertu desquelles André Costard, sieur de la Finantière, comparut comme noble en 1666, en la paroisse de la Brevière. Cette famille a vendu la terre de la Finantière, dans le coure du siècle dernier, à MM. de Maiigeot; ceux-ci Tout revendue à la famille Sauvai. EUe appartient aujourd'hui à M. Deraine et è M''* Sauvai j(l).

Le manoir de la Finantière a été, en 1799, le théâtre d'un combat entre une centaine de chouans , détachés de la division que commandait M. de Yerdtm, et des forces, très-supérieures en nombre , accourues des villes voisines.

LIVAROT (CBBF-URU) (2).

Livarot, Liveratum, Livarath.

Le bourg de Livarot a profité du mouvement qui pousse les habitants des campagnes à déserter les champs pour s'entasser dans les centres. De 1,100 habitants (213 feux), au XYIII* siècle, sa population s'élève aujourd'hui à 1,366 habitants. Ce bourg , de l'élection de Lisieux , sergenterie d'Orbec, était le chef-lien d'un doyenné de vingt-dnq paroisses.

(i) Notes de M. le vicomie de Neuville. (S) Notes de M. Ch. Vamor.

L*égli8e » dédiée à saint Oaen , datait da XY* siècle. On y a fait, il y a quelques années, de grandes modificationa. Voici, d'abord, le plan de Téglise telle qu'elle était en 4859.

PLàn M L^éoun oa utAiOf •

M. Bouet a fait du portail un dessin qui dispense de toute description pour cette partie de l'édifice (Y. la page sui?ante). Une nef de quatre travées , divisées par des contreforts , un chœur à chevet pentagonal, le tout éclairé par des fenêtres ogivales flamboyantes, à un meneau, disposées à peu près symétriquement : tel est l'aspect extérieur. A Fin-

MO STATISTIQUi MOMUIIBMTALB DU CALVADOS.

FAÇADE PT TOUR Dl L'teUSB DE unsOT,

CANTON f)t UTAROT. Ô7i

UMeur > k nef est accompagnée de dei» baa-côtés foûté» en pierre, avec nenures prismatiques. La nef centrale est vottée en meriain, afec des sabHère», des entraics et des peinions richement sculpté» de torsades, dk>?es , d'imbricatiens et autres ornements caraoléristûpMa 4» règne do Françoi» I'^.

De nombreux blasons^complétaieiil cette décoralioD, eleonsawaient la mémoire des seigneurs q« ataient fni exécuter ce beau travail.

La oonstrnctioD primitive do l'église remoite an XV* siècle: ettese cooiposait d'un ebœur et d^one nef asseztélroîie et saae bas-côtés ; la tour date de la même époque, de même qne b majeure partie de la façade occidentale ; mais^ la tour , alors extérieure , flanquait au nord la nef qu* comprenait le collatéral eppesé et une partie sefnkmenili de* la nef actuelle. Aid» XYI* siècle , Téglise fut considérablement agrandie ou pintGl refaite presque eu entier. Ou conserva le mur méridional , qui de?int celui du bas-c6lé de Téphre; les avcades ogivales portées» sur< des colonnes massives et le bas-côté du nord datent de cette époqne , et la tour du clocher se. trouva de la sorte cnehissée dans Tintériev de la nefc * a II y a cinq ans, par FMtktîve d»' M. le Curé, dit M. Chi « Yassenr , le vieui chœur ^ oonstroît par les bavons de Li- « varot^fut jeté bas et remplacé par uoe constractton en (c briques et en plâtre, dessîlNiBt, en plan , un ehœur flanqué « de deux bas-cÔté9 arvee tno^ chapelles absidnles. Je m « saurais dire quel style on a vooki donnera celte bâtisse: «t il y en a pour tous les goûu , depuis le roman dn Xli* « siècle jusqu'aux fik>rilares du règne de Louis XIV. On m « peut louer absolument rien dans ce travail par trop « capricieux.

« Le molMlier a été renouvelé. O» voycic, a«paravattt» « dans une des fénéli-es do^ ba9-oété nord^» de» reeles d^Ml

672 STATISTIQUE IlOROIlBirrALB DO CALTADOS.

« arbre de Jessé. Aux mars de h nef étaient appendns diiq < pao&eaox de chêoe sculpté, proyenaDt peat-ètre d'on c scammnn obUmgum, seol siège permis à l'officiant par « les r^ments lltorgiques. Ces panneaux représentent « chacun un personnage en pied. J'ai cru y reconnaître : k c Sauveur du monde, saint Pierre, saint Matfaias, saint « Barthélémy , saint Jacques^le-Majeur. »

On voyait aussi, dans la sacristie, une chaire à katu doukr^ ou siège seigneurial sculpté à panneaux flamboyants, avec un blason parti d'Arces et de Ferrières. Il datait , comme ks voûtes du chœur et de h nef, du commencement du XYP siècle.

La cloche daté seulement de 1803.

Le patronage de l'église de Livarot appartenait à l'abbaye du Bec II lui avait été donné, en 1155, par Guillaume Grespin.

Bawrg et château. — Le bourg de Livarot , situé au fond de la vallée de la ¥ie , sur une pente doucement inclinée vers Touest, doit sa principale importance au commerce du beurre et des fromages qui , de la plus grande partie de l'arrondissement , affluent à son marché.

L'existence de Livarot ne nous est connue que depuis la fin du XP siècle. Un château-fort , dont nous aurons à parier, semble avoir été la première cause de son développement Pendant les siècles du moyen-âge. Livarot fut le centre d'une industrie considérable de forges et de clouterie : des bancs épais de mâchefer, que le sol renferme sur une grande étendue, témoignent de l'importance qu'eurent ses ateliers. Mais quand vinrent les longues et cruelles guerres des Anglais, Livarot, qui parait avoir beaucoup souffert de leur fureur, vit décliner cette ancienne industrie, qui, après avoir bngui quelque temps, a fini par être com-

CANTON DE LIVABOT. 673

plètement abandonnée. Au XV' siècle, le bourg de Livarot était réduit à un nombre d'habitants peu considérable , comme on peut en juger par les dimensions exiguës de Téglise paroissiale, construite à cette époque, et dont les portions utilisées dans les reconstructions subséquentes de cet édifice religieux permettent de calculer les dimensions primili?es. Le XYI* siècle, au contraire, fut pour Livarot une période de prospérité et de rapide accroissement, et, depuis cette époque, l'importance de ce bourg s'est développée à mesure que la culture des céréales, difficile et peu productive dans le pays accidenté qui l'environne , a fait place aux pâturages qui couvrent aujourd'hui toute la vallée de la Vie. La culture du pommier et la substitution de l'exploitation des vaches à lait à l'engraissement des bœufs ont contribué à augmenter cette prospérité; et Livarot est aujourd'hui ie siège d'un commerce beaucoup plus considérable que le nombre de ses habitants ne pourrait le faire soupçonner.

L'industrie des fromages, sans être la plus importante, dit M. de Neuville , est celle par laquelle Livarot est le plus connu. On ne peut douter qu'elle ne soit fort ancienne: cependant, les fromages que l'on faisait autrefois dans la vallée de la Vie étaient ceux qu'on nommait alors angelots et qu'on connaît aujourd'hui sous le nom de fromages de Pont-l'Évéque ; ce n'est que vers le commencement du XVII* siècle que les fromages spécialement désignés sous le nom de Livarot ont été mis en vogue. Pendant un siècle et demi, ces fromages ont été fort réputés : sous le règne de Louis XV, M. de Maurepas était grand amateur du Livarot, Mais , depuis cette époque , les fabricants de fromage ayant sacrifié la qualité pour obtenir plus de beurre , cette variété , tout en devenant plus répandue , a perdu le suffrage des gourmets. Elle ne peut lutter, sous ce rapport , avec celle des fromages dits de Camembert, dont la

67 2l STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

fabrication, depuis peu d'années, s*est répandue dans tous les environs et est, en ce moment, dans l'état de pto^périté le plus brillant On attribue à tort Tinvention de cette dernière qualité de fï-omages à M*"" Harel, qui demeurait à Camembert, il y a une soixantaine d^anriées ; elle a eu le mérite non moins gfand d*en conserver seule la tradition , pendant un grand nôrtibre d'années ; mais les fromages de Camembert étaient connus au XVII" siècle : il en est fait mention dans le Dictionnaire géographique de Thomas Corneille, à Tarticle ViMoutiers.

L'histoire de Livarot s'identifie avec celle du château-fort qui y a existé pendant plusieurs siècles et qui était le sfége d'une baronnie. Ses plus anciens seigneurs furent les Crespin, alors châtelains de Tillières; cette maison, depuis connue sous le nom du Bec-Crespin, a donné naissance à un maréchal de France. Guillaume Crespin, premier du nom, contemporain de Guillaume-Ie-Conquérant , donna à l'abbaye du Bec le droit de présentation à la cure de St-Ouen de Livarot. Son petit -fils, Goscelln Crespin, conGrma cette donation en 1155. Le fils de ce dernier, Guillaume Cre^pfo, troisième du nom, donna des propriétés à Livarot, à Tabbaye de St-«André-en-Gouffern , qui posséda aussi en celte paroisse une chapelle, dite de St-André , détruite depuis trois siècles au tnoins, mais dont on distingue encore l'emplacement dans rherbage dit de la Couture-St-Ândré. La barotinie de Livarot sortit de la famille Crespin par le mariage d'Isabelle, ûlle de Guillaume Crespin , ci-dessus nommé, et d*Éve de Harcourt, avec Robert du Neufbourg, baron d'Asnebec. Celui-ci apparten^àit à une branche cadette de rillusire maison des comtes de Beaumont et MeuUent en France , de Leicester , de Bèdford et de Warwick en Angleterre, Les Neufbourg conservèrent la baronnie de Livarot Jusqu'à tear extinction qui eut lieu au commencement du XV* siècle.

Le' règne dn roi Jean fut , pour Livarot , une époqtie désastreuse. Le château y étant tombé entre les mains d'un parti d'Anglais et de Navarrais, devint peureux une place d*armes d'oà ils sortaient pour piller et dévaster le pays environnant Pendant plusieurs années ils réussirent à s'y maintenir : cette période vit la ruine et Tincendie changer l'aspect de la contrée. On assure que Du Guescliu vinl en personne assiéger le château de Livarot, et qu'il ne put réussir à le prendre. Quoi qu'il en soit, les Anglais s'y main* tinrent jusqu'en 1365, et n*en sortirent que par composition et en recevant une somme très-considérable. Soit qu'on ait alors voulu prévenir le retour de pareils désastres, soit qu'un second siège y ait eu lieu postérieurement , le château de Livarot fut démantelé vers cette époque et cessa d'avoir au<^ cune importance militaire. Il n'en est point fait mention dans les guerres de la première moitié du XV* siècle.

Jeanne du Neufbourg, fille et héritière de Robert du Neufbourg et d'Alix de Tournebu, porta la baronnie de Livarot dans la maison de Ferrières , une des plus illustres de la province, par son mariage avec Charles, baron de Ferrières, de Préaux, de Thury, de Dangu, de Vibraye et Monlfort-Ie-Rotrou , sous le règne de Charles VL Les seigneurs de Ferrières possédèrent la terre de Livarot pendant environ cent ans; mais, au commencement du XII* siècle, ils tombèrent en quenouille. Françoise de Ferrières, une des héritières de cette maison , eut en partage la baronnie de Livarot; elle épousa Antoine d'Arces, seigneur de h Baslie, gentilhomme dauphinois de ia valeur la plus brillante, connu, dans son temps, sous le nom de Chevalier- Blanc. Eâvoyé par le roi François V en Ecosse , pendant la minorité de Jacques V , Antoine d'Arces fut élevé à la dignité de vice-roi d'Ecosse, mais une fin tragique vint bientôt mettre un terme à ses glorieux efforts en faveur de

de Livarot, Pootalery, les Loges, le Qaesoay, Gard et Pieocourt Mais les événements de la Révolation ayant cansè la ruine de la maison Gossey, la terre de Livarot fat saisie par ses créanciers et, enfin, vendue en détail en 1816. Quelques années après, le vieux château était rasé jusqu'aux fondements: sur le terrain qu'il occupait, s'élève maintenant l'école communale des filles, tenue par les religieuses de la Providence Le château de Livarot, dont la construction primiti?e pouvait remonter au XP siècle , était un des édifices féodaux les plus remarquables de la contrée : son enceinte , de forme circulaire, bâtie en pierres du grès le plus dur, soignensement appareillées, était entouré de fossés profonds alimentés par la rivière de Vie : aussi, Livarot fut-il longtemps repiàè comme une place très-forte. Mais, ce vieux château ayant été démantelé dans les gueiTes du XIY* siècle » il n'était resté de ses murs primitifs que des portions de hauteurs in^les sur lesquelles étaient venues s'appuyer plusieurs constructions en bois, dépourvues de tout ensemble et deHoute r^ularité. La partie la plus remarquable et la mieux conservée de cette ancienne demeure était un pavillon , ou tourelle, donnant accès dans la cour intérieure et où se trouvait autrefois oo pont-'Ievis. Suivant M. Guilmeth , la totalité de l'cnceinle avait 252 pieds de circonférence en dedans des fossés.

La Pipardière. — Le manoir de la Pipardière, dit M. Cb^ Vasscur, assis au milieu de la vallée , sur le bord de la route de Lisieux, ne doit pas remonter au-delà du XVI* siècle. Il est construit en bois, avec un étage en encorbellement Un escalier monumental en pierre, placé en saillie sur la façade occidentale et abrité par un auvent, conduit aux chambres hautes. Sur le fronton de la petite fenôtrc qjui éclaire le dessous de l'escalier oh trouve une date un pea fruste, que j'ai cru être 1525. (V. la page suivante.)

682 STATISTIQUIÎ M0I»UMBNTAi4B DJU CALVADOS.

par dea pUasitres caonelés* dans U^ goû^ M h fii^palssance , vient d'Ôtre enlevée par 1q proprîétpire et tranaporlée dans Téglise de SoqMence; ces boiseries étaient remarquables.

La charpente , visible h. Tiniérieur , mérite une étode appnrfandie* Les entraita sont sculptés, sur UMites^letirs parties» d'oves, d'entrelacs, et de ces capricieuses décorations familières aux artistes du règne de François P^ Les sablières sont également sculptées, et quatre blochets dont l'extrémité figure des mascarons remplacent» aux angles de l'abside , les enrayures que l'on rencontre ordinairement. La charpente du clocher est restée anssi visible, jusqu'au haut de la flèche : l'œil s'^are, non sans plaisir, au milieu de ce labyrinte de pièces de toute dimension , dont plusieurs sont sculptées , et dont l'ensemble est un magnifique spécimen de l'art du charpentier II faudrait un grand nombre de dessins pour en donner une idée (1).

Le fief de La Pipardière doit son nom à la famille Pipart , distinguée au XII" siècle et qui a possédé aussi la terre de Manneville-la-Pipard , près de Pont-l'Évêque. Gilbert Pipart était dapifer de Milon Crespin , en 1107. Un de ses descendants épousa une fille ou petite fil'e de Gosceiiii Crespin, baron de Livarot, et il paraît en avoir reçu un démembrement de cette terre où il fit construire un manoir , qui fut nommé La Pipardière. Ce fief appartenait , en i627, à Jean de La Haye, descendant par les femmes des Pipart. Un de ses succcsseui-s , Philippe de La Haye , sieur de la Pipardière, était en procès en 1542, contre Nicolas d'Arces, baron de Livarot, qui Itiî dispuiaît I0 dcdt d'avoir banc el» séance dans le chœur de l'église de cette paix)isse: ce procès , porté au Parlement de Normandie , ne ï\^^ terminé qu'en 1601 , par un arrêt favorable aui prétentions des barons

(1} Note» ^f M. Ch» Vasseor.

Ji

de LifaroL La famille de La Haye* alliée à celles de Hautemer» d)e Touroeba , de Courseolles , s'éteignit dans le. cours dti ^VlPsièdev dans la maisoD de Fresnel, qui a. poasédé là terre de la Pipardière, jusqu'à la Révolution, pe a appartenu depuis à iH»* de La RiTière, et est aujourd'hui la. propriété de ses héritiers, MM; du Val deBonneval.

Château moderne. — Le château de Neuisille , situé sur le penchant du coteau qui domine le côléi droib de la i/Allée , est un des plus considérables du département et dos mieux situés: il a été construit en 1824, par feu ML le macquis de Neuville , pair de France, dans le style qui élail alors à la mode : aujourd'hui on ferak quelque chose de pios léger dans un autre style ; mais chaque époque a son goût et son cachet.

L'ancien château, dont 11 reste encore quelques parties près du nouveau , était précédé de deux tours cylindriques : Tune, destinée au colombier; l'autre était, ^it-on, une chapelle. Elles portent les dates 4677 et 1678.

Deux épis émaiUés couronnent les combles de cette con- ' structlon et des tours.

Des sources limpides coulent de h partie supérieure du coteau et sont amenées dans les appartements du château : une végétation luxuriante distingue les plantations qui ornent le coteau. Du château , la vue s'étend sur une vallée magnifique et sur le bourg de Livarot.

M. le comte de Neuville, gendre de M. de Villèle, qui habite son château une grande partie de l'année , est un des hommes les plus recommandables, les plus désintéressés et les plus dévoués aux intérêts moraux et industriels du pays.

La population du canton lui a témoigné sa reconnaissance en l'appelant, il y a quelques années, à siéger au Conseil général.

M. de Neuville a deax fils qai habitent avec lui, et dont l'an, M. le vicomte Louis de Neuville, membre de la Société française d'archéologie, nous a fourni de précieux documents historiques sur les fieCs du canton. C'est lui, qui, pour ne pas s'éloigner de son frère aîné, auquel appartioidra le château de Neuville, vient d'en faire construire un autre, sur le côté opposé de la vallée.

Le fief de Neuville , où se trouve le château dont nous parlons, doit son nom à l'ancienne famille de Neufville qui a elle-même pris le sien de NeuviUe-sur-Touque, commune du canton de Gacé. Le fief de Neuville paraît avoir d'abord fait partie d'un fief, nommé la Loisinière, possédé au XIIP siècle par une famille de chevaliers, du nom de Loison.

Un peu avant 1550, il devint la propriété de maître Guillaume Maqnerel, avocat à St-Pierre-sur-Dive, natif de Bellou , auquel il fut encore disputé : Robert de Neuville, seigneur des L(^es , le revendiquait en justice , en 1570; mais il resta entre les mains de la famille Maquerel, qui prit le nom des l^Iogerets et fut anoblie , en 1637, dans la personne de Pierre des Mogerets, sieur de Neuville , avocatgénéral à la Table de marbre de Rouen et maître des requêtes de la Reine. Les enfants de ce dernier donnèrent en échange , en 1675, contre des herbages situés à La Brevière, la terre de Neuville à Jacques Rioolt , sieur d'Ouilly, fief dans lequel celui de Neuville était presque complètement enclavé. Cette terre est restée, depuis, en la possession de la famille Rioult de Neuville, qui y fait sa résidence. Le fief de Neuville relevait de la seigneurie de S^*-Marguerite-des- Loges.

Le fief d'Ouilly, dont le manoir est situé dans un vallon an sud-est et à un kilomètre et demi du bourg de Livarot , doit son nom â la famille des seigneurs d'Onilly-le-Tesson : aussi, ce fief était-il resté dans la mouvance féodale de cette

seigneurie d*Oaiily, près de Falaise. Il avait originairemeot porté le nom da Val-HerbouU, sans doute emprunté à une famille Herboolt, qui subsistait encore à La Brevière, an XIII« siècle.

Dans le cours du XIV* siècle , Richard d'Ouilly était seigneur du fief de ce nom, à Livarot. A la fin du même siècle, la terre d'Ouilly avait été démembrée :' le manoir , le bois d^Ooilly et la plus grande paitie du domaine utile étaient entre les mains de la famille Rioult, tandis que le corps du fief et les droits seigneuriaux étaient la propriété d'une branche cadette de la maison de Courcy.

Gabriel Quesnel de Coupigny, marquis d*Alègre, vendit en 1611 le fief d'Ouilly, pour 6,000 livres, à Jacques Rioult 9 qui le réunit ainsi au domaine qui en avait été séparé. Le manoir d'Ouilly offre les caractères généraux des constructions en bois du XVI* siècle : son principal mérite est de porter une date certaine, le millésime 1518 étant gravé dans un cadran solaire en pierre se détachant en cartouche, d'une de ses massives cheminées. L'intérieur offre quelques traces des peintures murales qui le décoraient autrefois.

Ce manoir a été élevé par Pierre Riou(t , fils de Jean Rioult, qui fit preuve d'ancienne noblesse devant Montfaut , dans la recherche de 1663 et père de Nicolas Rioult, qui de son mariage avec Agnès de Manoury eut pour fils un autre Pierre Rioult ; celui-ci épousa en 1567 Catherine Toustaln, des sieurs de Biliy, dont il eut Jacques Rioult, devenu sieur d'Ouilly en 1611. Les Rioult avaient succédé à la famille d'Astin qui possédait des terres au Val-Herboolt, aux XIP et XIIP siècles ; .un de ses membres. Foulques d'Astin fut évêque de Lisieux sous le règne de saint Louis.

Livarot a servi de résidence , aux XVi* et XVII' siècles ,

ta 4es «embms des bmilles Toifttiia de BiUy « Xe VaUois^ ^eCintmy. C'est à LivaroC qu'est oé l'abbé Dnfresne, curé rde Mesbil-Durand , député 4a clergé aux Éuts-Généiaoi de 1789 et membre du côté droit à l'Assemblée constiliMiHe.

Pierre levée, ^ Les hauteurs qui s'éteudelit à l'est de

Uiotrôt sont couvertes, sur uae Jougueur de S kiloaiètrQS sur

•1 kikMn^âfe environ de largeur, par des bois appartenante M. le

comte de NeuviUe. Il s'y trouve, tout près de l'ancien cfaemifi

de Livarot à Fervaques, un menbir ou pîerre-levée , «acbée

dans l'épaisseur du taillis. C'est une roche en poudipigue

siliceux, de 2 mètres de hauteur environ, d'une longueur

un peu moindre sur une largeur de 60 centimètres «à peu

près. Cette pierre est complètement brute, sauf une de

ees faces latérales dont on semble avoir voulu faire disparaître

quelques .parties anguleuses à l'aide d'un instrameot

:grossier. A une centaine de mètres plus au sud de l'aulse

côté du chemin , se trouvent quelques pierres de nature et de

dimensions analogues, mais occupant une position bon*

•xontale.

S<«-M AR6C£BIT£-rfDES-^L06feS.

'S**->Margnerîte«des4i0ges, SàMXa Mù»qarita4e Leg^ii.

^L'égtlàe de S^-Maiguerite*des*Loges est bâtie dans oli 'vaHon, au pied d'un coteau marneux couronné de sapins. Uin ruisftaù coule au nord de l'ég^ ; à tdté se développe im vasie étang.

D^près les notes descriptives de M. Pannier, qui a visité cette église phisieurs années après moi , elle était roqiane. Le mur méridional de la nef offre encore une fenêtre à .plein^<intre qui a été bouchée. On remarque aussi de ce

CâWTON DE LIVAROT. 687

6dté deux petites fenêtres à ogive de transition , égaiemeot boncbées.

Line grande restauration y a été faite an XYI* siède. Lés murs , en caiUoutis , ont été exhaussés de plus d*un tiers de leur hauteur et construits en grand appareil. Les contreforts à double glacis datent de cette époque.

La nef est é<^lairée, au midi , par trois fenêtres : Tune rectïingulaire arec moulures prismatiques, les deux autres flamboyantes,'divisées par un meneau. Deux fâiêtres cintrée», entourées de moulures formées de gorges , laissent -pénétmr la lumière du côté du nord.

Le chœur, construit en grand appareil , est en retraile sur ta nef. Il se termine par un chevet droit souteou par tniis contreforts: Tun placé au milieu, les deux autres* sur les angles. Une grande fenêtre flamboyannte à deux baies, presque entièrement bouchées, occupe le milieu de ce chevet. Les murs latéraux sont percés de fenêtres à plein-*cintre, modernes. La sacristie, construite en grand appareil, est placée au nord. Elle date du même temps que le chœur.

A Toccident s*élëve une tour carrée, à trois étage», non compris le rez-de-chaussée. Cette 'tour, placée en avantcorps , est construite en grand appareil et flanquée de contreforts prismatiques reliés entre eux par un cordon. 'Êâe est surmontée d'un clocher en charpente, recouvert en essente , terminé par une pyramide octogone trës-élanoée et fuercée à sa base de quatre lucarnes trilobées. La cloche ^e S*'-lMargueriteHles^Loges , dont nous donnons Tinscription , a 1 mètre d'ouverture :

L*AK 4818, J'âl ÉTÉ PORDITB ET BÉNITB PAR LBS 8ÔIN8 OB M. D«- ' LAHQB (1), CUBÉ, ET NOMICÉB HABIB PAB NOBLE DAME HABIB DE MAB*

(1) Curé actuel de Gourcy , près Jort.

GCBBn (1), C0MTE8SB DB VALHONT, ASSISTÉS DB WESSimB LéOlT A. OB RIOULT, COMTB DE NBCTILLB, GBRTILBOMHB BORORAIBB DE LA CBAIDBB

DD moi (S).

K. ALLAI», MAIIII» BBIAED, TRÉSOIIBB. «

ftSCUS, FONDBUB.

Au midi est une tourelle en encorbellement qui renferme l'escalier. La porte principale est à plcin-cinlre et ornée de moulures en gorge. Elle est surmontée d'une sutue ancienne de sainte Marguerite. La porte/ en bois, est formée de panneaux plissés.

Autour de l'église règne une litre funèbre.

La voûte de la nef est en merrain avec entraits et poinçons. La voûte du chœur et celle de la sacristie sont également en merrain.

L'arc triomphal date du XVI* siècle.

On remarque dans le chœur le maître-autel dont le magnifique rétable, d'ordre corinthien, est décoré de quatre colonnes torses couvertes de ceps de vigne et de raisins. Le tabernacle, également très-riche , est à pans coupés et décoré de colonnettes accouplées placées sur les angles. Deux niches renferment, l'une, la statue de sainte Marguerite, patronne de l'église ; l'autre , celle de saint Pierre. Dans les panneaux inférieurs^ placés entre les piédestaux des colonnes et correspondant aux niches du maitre-autel, sont deux anges adorateurs miniatures.

A l'extrémité de la nef s'élèvent degx petits autels. Celui de droite, dédié à saint Sébastien, offre un joli rétable, style Louis XIV , décoré de colonnes torses et de pilastres avec chapiteaux corinthiens. Deux statues, supportées par des culs-de-lampe , accompagnent l'autel.

(i) Mère de Mg' de Marguerie, é?èque d* Autan. (2) M. de Neuville, devenu plus lard pair Ue France.

IJ

CARTON DE LITAROT. 689

L'autre aotel, consacré à la Sainte-Vierge, est dans le style Louis XY. Le réuble est décoré de colonnes et de pilastres rudentés d'ordre composite. Près de l'autel est un joli candélabre en fer embouti destiné à recevoir un cierge.

La chaire est dans le style Louis XV.

Près du chœur est suspendu un beau lustre doré, à quatre rangs de bobèches supportées par des branches ornées de rosaces en fer embouti.

Au mur méridional de la nef est appendu un tableau représentant saint Michel terrassant un dragon. L'encadrement est dans le style Louis XV. Ce tableau a été donné par la confrérie de Saint-Michel, Au bas sont inscrits les noms des membres de cette confrérie.

Sur une fenêtre de la nef est peint un écusson entouré dé gracieux rinceaux. Son champ est chargé de 3 besants sous un chef d'hermine.

La même fenêtre offre un joli médaillon, au milieu duquel est représenté un évêque. Au-dessus du médaillon on lit, en caractères gothiques, les mots suivants :

Bfsvàe m U tm.

Une autre fenêtre de la nef a conservé ses anciens plombs, dont le dessin est fort joli.

Sur une des fenêtres du choeur » sont peints deux écussons qui sont renversés : l'un porte les armes de la famille du Rouil ; l'autre ne doit pas être intact

L'élise de S'*-Marguerite-des-Loges , a environ 100 pieds de long, y compris l'avant-corps , formé par le clocher, et 20 pieds de large. La hauteur du clocher est de 110 pieds.

Sur une pièce de bois, incrustée dans le mur du chevet, on lit l'inscription suivante , en caractères romains :

BIC lACET

àTAVIS ÉÈMn VIRTUtS ITOBtUS

F. O. 6. m MABGOtm

ili LU». OlO* ■QUES» SGBLniIH Ht

TCBBINB DBO, EBGI FIDBLIS MANSIT

mPAVIBCS, PAUPBfiUM PATBB,

OBLITUS INJCBIJE,

StOS ÀDIQTAlis flOSTBÏ

OBklt Btk S IAKOABIt

ARMO 1818 MTkia 98. .

BBQUIESCAT Of PACE

ORATB PRO ILLO.

NCREBHS DICATIT FILICS.

M. de Marguerye était un des ancêtres do Mg** de Margnerie, ancien évêque de St-Flour, aujourd'hui évêque d'Âutun.

A ces notes, dont nous devons la pins grande partie à M. Pannier, nous allons joindre les détails sai?ants, extraits du manuscrit de M. le vicomte Ix>uis de Neuville.

Cette commune était autrefois comprise dans l'élection de Lisieux et la vicomte d*Orbec. Le droit de présentation à la cure appartenait à FÉvêque de Lisieux, au XIV" siècle, et postérieurement à cette époque, au chapitre de la mêmeviae.

La ''seigneurie des Loges a appartenu, depuis le XIII* siècle au moins jusqu'au commencement do XVir, ) la famille de Neufville, dont les armes : de gueules à trois besants d'or au dief d'hermine , se voient encore sur un titrail de l'église paroissiale. Suivant un aveu rendu, en 1570, an baron de Livarot, par Robert de Neufville, sienr des Loges, ce fief renfermait 161 acres et deoode de domaine non fieffé et Zih acres et demie de domaine fieffé : te revenu annuel était estimé 250 livres : les fiefe du Rouil, de Neuville, de la Vallée et la Vàvassorie de Beanmesnil lui rendaient hommage. Charles de Neufville, sieur des Loges,

CANTON DE LIVABOT. 6^i

fils du précédent, moarot en i599, laissant trois fiOes de son mariage avec Isabeau Ménage de Gagny , et la terre des Loges fat divisée , par parage , en trois portions ; l'une fnt portée par Elisabeth de NeafviHe à François de MaliHaisOn, dont la fille Elisabeth de Malmaison, épousa, en 1411, Gabriel de Rnpierre , siear de Glos-snr-Riile ; une seconde portion appartint à Anne de Neufville, mariée à Adrien de Bocfcey, sieur de la Houssaye; Marie de Neufville, qui eut l'autre lot, épousa Jean Deshayes, auteur d'Etienne Desbayes, seigneur des Loges ^ en partie , qui comparut à la Recherche de 1666 en cette paroisse. De ces trois portions, deux furent acquises par les seigneurs de Livarot et suivirent le sort de cette baronnie; la troisième, après avoir appartenu à la famille de Guyot, puis an sieur de Fréval , passa , vers lé milieu du siècle dernier, à la famille de Louis. Grégoire dé Louis, mort aux Loges en 1755, fut père de Grégoire-' Alexandre-Eugène de Louis, avocat au Parlement de Rouen, seigneur et patron de S^'-Marguerite-des-Loges, en 1789. Cette terre a été depuis vendue et morcelée; le manoir, qui paraît ancien, a subi des remaniements qui lui ont fait perdre son caractère.

Le fief do Rouil a donné son nom à la famille du Rouil , connue dès le XII* siècle, et qui l'a possédé jusqu'au XVII*. Une branche de la même famille a donné son nom au fief de la Rouillière, à Vieux-Pont^ tandis qu'elle prenait elle-même cekii de sa terre de Fresnay. Oardot du Rouil , seigneur du Rouil, de Gauville, de Mandevillc , des Retailles, d'Ouill}' et du Mesnil-Germain, était maître d'bôtel de la reine Catherine de Médicis et vivait encore en 160!i. Dans le cours du XVII* siècle , la terre du Rouil passa à une branche de la famille Le Conte de Nouant, qui a porté les noms de Le Conte du Rouil et de Le Conte de Yallemont. Le dernier M. de Vallemontest mort, il y a peu d'années, laissant pour héritière

U"** la comtesse de Béranger, née de RévîUiasc Le Tîeox manoir en bois peut remonter au XV* siècle : les osvermres » récemment remaniées , étaient aiutrefois foit étroites et éclairaient mal les deux vastes pièces qui se par* tageaienl chaque étage ; le toit n'offre point de lucarnes. On a peine à croire, ce qui est pourtant certain, qu'une demeure si primitive et incommode ait servi de résidence, il y a 250 ans , à un seigneur distingué de la cour. A peu de distance se voit un ancien colombier en bois, surmonté d'épis en poterie d'une grande beauté. Un château en pierre et brique a été en partie construit au Rouil, en 1723; mus cet édifice est resté inachevé et se trouve aujourd'hui dans un grand état de délabrement L'ensemble des constructioiis et des dépendances du manoir est encore en partie entomné de larges douves. A peu de distance du Rouil se trouvait l'ancienne vavassorie de Beaumesnil , qui a longtemps appartenu aux mêmes seigneurs; un partage l'a fait passer à la fin du XYIP siècle dans une autre branche de la famiUe Le Conte de Nouant. En 1739 , Nicolas Le Conte, sieur de Gizay, fieffa la terre de Beaumesnil au sieur Bénard,dont les héritiers l'ont vendue , en 1807, à M. le marquis de Neuville. Le fief de Bellerive , quelquefois nommé Belleau • élaâl situé à une petite distance de Téglise paroissiale de S**- Margnerite-des-Loges. Il a appartenu , aux XV* et XVI* siècles, aux Neuville, seigneurs des Loges, et, au XVII* siècle, à la famille de Piquot. Robert de Piquot, sieur de BeUeau, fils mineur de Claude de Piquot, fit preuve d'ancienne noblesse en la paroisse des Loges, l'an 1666. Dans le siècle dernier, ce fief devint la propriété de la famille de Marguerye Sorteval. Laurent-Gabriel de Marguerye, moil en 1860, en était possesseur : il a laissé de son mariage avec Adélaïde- Catherine Bonnet de Montgommery, entre autres enfiamts , hïff de Marguerye, aujourd'hui évêque d'Autun» né à S**-

Margaeiile-des-Loges. La terre de Belierive a été vendue et morcelée, il y a une vingtaîDe d'années. 11 ne s'y trouve aocnne construction ancienne.

Il n'en est pas de même du fief de la Vallée , situé à l'extrémité de la commune des Loges , du côté du Mesnil- Germain. Là se trouve, au fond d'un vallon resserré, un vieux manoir du XVI* siècle, construit en bois, auquel un pavillon, d'une forme singulière, donne un aspect assez remarquable. Pierre de La Gbaise, écuyer, était seigneur de la Vallée des Loges, en 1&69; en 1562, ce fief appartenait à Guillaume de La Fallu , mais, dès! 567 ^ il était devenu la propriété de Jacques d'Escorches. Louis d'Escorches^ sieur de la Vallée etdeS**-Groix, fit preuve de noblesse à S^'-Mai^erite-des-Logesen 1666. Marguerite-Catherine d'Escorches de Sainte-Croix , dame de la Vallée , ayant épousé Louis Gaston de Bonnecbose de La Bonlaye, en 17/iO, a porté cette terre dans cette dernière famille , qui en a conservé la propriété.

La Recherche de la noblesse de 1666 mentionne encore François et Pierre de Guyotcorame résidante S^-Margueritedes-Loges, et Guillaume de, Vergeast, sieur de Chastillon , qui, moins heureux que les précédents, vit rejeter ses preuves par M. de Marie.

MESNIL-DURAVD (1).

Mesnil-Durand , Mesnillus Durandi.

L'église du Mesnil-Durand date de deux époques distinctes : la fin du XIIP siècle pour la nef et l'époque romane pour le chœur. Le portail se présente bien , avec son gable à rampants , percé de deux lancettes et ses deux contreforts. La porte est ogivale , sa voussure se compose de deux tores

(1} Notes de M. Cb. Vasieur.

69& STATISTIQUE MONOMBIITALB DU CAITAMS.

qui retombent sar un pilastre prismatique, doot les chapiteaux et les bases accusent tout au plus le XIV* sidde.

Le mur du nord est moderne; mais celui du sud, flampié de cinq contreforts , a bien conservé ses caractères primitib du XIII' siècle, quoiqu*ii ail été repercé au XW de trois fenêtres ogivales avec un meneau.

Le chœur, en retraite sur la nef, est symétriquement percé de deux fenêtres, au nord comme au midi Ces fenêtres cintrées ont été élargies à rextérieur, ce qui a fait disparaître en partie un cordon torique qui se profile même sur les contreforts. On trouve, en outre, au sud, one porte cintrée garnie de zigzags , plusieurs fois dessinée et considérée coÉbme remarquable , alors qu'A était question , dans une certaine classe de savants, de Varchùecture saxatme. Cette porte, comme le reste du chœur, est seulement de XII- siècle.

Deux contreforu plats soutiennent chaque mur latéral, et le chevet, qui est droite où je n'ai vu aucune trace de fenêtres.

Ce chœur, à l'intérieur, offre un luxe d'architecture peu commun dans cet arrondissement. II est voûlé en pienes, avec nervures aux arceaux et aux arcs-doubleaux , dont la retombée porte, aux angles, sur une colonnette à chapiteau \ crossettes et, au centre, sur un faisceau de trois colonnes de diamètre inégal. Les bases sont garnies d'agrafes. L'arc triomphal appartient au même style. L'ébrasure des fenêtres est garnie d'un tore.

Je n'ai rien trouvé dans le mobilier qui mérite une men* lion. Deux tableaux appendus aux murs proviennent de l'église de Pontalery.

La nef n'a pas de voûtes ; mais on simple plafond , porté sur les entraits de la charpente , dont les profils accusent le XV ou le XVP siècle.

CANTON DE 1.IVAII0T. Q&5

Le çlocber dcmne ab^ à dei|]( c]pc|i^ Lears ^pfc^foUoiii^ mér^t d'être transcrites. U première eel celle du Pqotalçry.

t LAN il M |AT ÉTÉ BÉIfITE PAR ins(siBl) PHILIPPE MARTIN CVRÉ DE

CE LIEY ET NOMMÉE ANGELIQVB NICOLLB PAB MF8SIRE lACQVES NICOLLB

CHEVALIER SEIGNEVB HONORAIRE DE UTABOT CRIFFRETILLE LES LOG»

PATRON DR CB UBV HBSTBB BE CAMPS DR DBAOONS GBBTALUBR DR lAIR^

UmS BT PAB 9RII90RtLB A»6<M9TB lOVRtAIIf ILUI DH tOVIS lOVIfl^nr

RCTYRB SRiaiCByjl DVVBICBR MBSNIl. DVBAJIT LA BAIU|,flRil^ SAIN^ HAR^IK

CA^TILLON.

IBAN SIMONNOT Mi FAITE.

On lit sur la seconde cloche :

t LAN 1896 lAI ETE BBIOTE PAB M* PIRB^B piUBQlS DB$9B|l¥A|IT PB $i^lflf

ANDBB DU MESHIL DDRAND NOMMEE MABIE ELISABETH PAR M' IBAN RAPTI8TR

lOCRDAIN DO VERGER ANCIENNEMENT CONSEILLEB MAITBE BN LA COUB DB NOBMANDIB ET DAME MABIE FBANÇOISB NICOLE POLLIN DU MONCIL EPOUSE DB M' DAMIEN OBPRÉE LB6BAND DE B0I6LANDBT AHCIBNNBMBNT CAPITAINE DR GAVALBBIR BT CBBVALIKR DB SAINT LOUIS.

NICOLAS DUBOIS ^^fUb FRANÇOIS TBBBIOT FQNDEDB.

L*if du ciraetière mesure» dans sa partie ii[ioyeojDie, 1} pieds de circonférence.

Cette commune a été agrandie par radjopctipn ^c cell^ dp PooLtalery qui y a été réunie par ordonnance royale du tp juillet» 1826.

La paroisse de MesniUDurand était autrefois comprise dans l'élection d* Argentan , bien qu'enclavée de toutes parts dans les élections de Lisieux , de Falaise et de Pqnt-l'Éyêque. D^ns l'ordre ecclésiastique, elle faisait partie de l'archidiaconé d'Auge et du doyenné de Mesnil-Mauger. Le patronage était laïque et appartenait au seigneur qui , suivant le pouillé du XIV' siècle, était alors Henri des Casteliers. D'après les recherches de M. de Neuville , il y avait depx fiefs ,

696 STATISTIQUi; MONUMENTALE DU^ CALVADOS.

portant Fan et Tautre le nom de fief de Mesnil-Daraai; le principal , celai auquel était attaché le patronage de la paroisse, appartenait, vers le milieu du XVI* siècle, à Pierre de Quesnel, seigneur de Mesnil-Durand : de lui relevait le second fief du même nom qui était, à cette époque, la propriété^ de Jean de Neufville, sieur de Beliean, auteur de h branche de Neufville Saint-Rémy , éteinte dans la maison do Châtelet , sons le règne de Louis XIV. C'est de ce denier fief, possédé au XVIir siècle par la famille Jourdain, que dépendait le vieux manoir de Mesnil-Durand que Vûù voit encore à peu de distance delà rivière de Vie, construction ancienne, mais d*un intérêt médiocre. Le fief principal, donnant le titre de seigneur et patron de Mesnil-Dnrand, appartenait , au siècle dernier , à la famille de Graindorge d*0i^eville, fixée dans cette paroisse depuis le mariage de François de Graindorge, sieur du Theil, avec ChariottePollio de La Frémondière, en 1683. Son petit-fils, François-Jean de Graindorge d*Orgeville > baron de Mesnil-Durand, se distingua par ses talents militaires: devenu officier-général, il acquit une grande célébrité par des ouvrages sur la tactique, où il soutenait des principes foit combattus à cette époqoe et depuis généralement adoptés : il mourut à Londres dans l'émigration, en 1799. Il avait eu deux fils, dont l'ainé, le vicomte Gustave de Mesnil-Durand , fut , dans les premières années de la Révolution , Fun des auteurs les plus spiritoeb du célèbre recueil intitulé Les Actes des Apôtres; revenu d'émigration dans l'espoir de sauver le roi Louis XVI, dont il s'offrait à être le défenseur, jl fut arrêté et périt sur l'écbafaud. Un joli château, construit peu d'années auparavant^ fot vendu comme bien national et a été depuis .rasé. M. le baron de Mesnil-Durand , le second des enfants du général , a fait construire, à peu de distance , le château de Balthasar , aujourd'hui la propriété de son fils.

CANTON DE LIVABOT. 6^7

A Mesnil-Durand, se trouvait encore le fief do Verger, qai appartenait, sons le r^e de François I**, h Julien Hesdiart, sieur du Verger et de Boishébert , élu à Lisieux, anobli en 1552. Ce fief, mouvant de la seigneurie de Mesnil- Durand, est devenu, au commencement du règne de Louis XV, la possession de la famille Jourdain. On y voit un manoir peu ancien et un colombier d'une construction antérieure et d'un effet pittoresque. Cette terre est actuellement la propriété de M"* de Saint- VuÛran, née Jourdain du Verger.

Ajoutons que Jean-Baptiste de Vitray , sieur des Essards , et François Perrotte, prêtre , firent constater leur noblesse en la paroisse de Mesnil-Dorand lors de la recherche de 1666.

LE HESNIL-GBRMAIN.

Le Mesnil-Germain , EceUsia de Mesnillo Germant, L'église du Mesnil-Germain s'élève d'une manière pittoresque sur le sommet d'un coteau et domine un étroit vallon qui va se perdre dans la riante vallée du Nesnil-Durand.

Cette église , que M. Pannier vient de visiter et de décrire, était primitivement romane. La nef et le chœur forment un long parallélogramme percé , au nord et au midi , de fenêtres à arc surbaissé datant du siècle dernier. Les murs, entièrement récrépis, ne laissent plus voir l'appareil primitif. I^ mur septentrional est flanqué de quatre contreforts très-plats. Au midi, il y a absence de contreforts. Un autre contrefort, placé au chevet, se voit à Tintérieur de ja sacristie. Ce chevet était autrefois percé d'une fenêtre.

Le portail occidental , construit en grand appareil , est flanqué de deux contreforts élevés au XVP siècle. La porte « è plein-cintre, ne date que de la seconde moitié du XVIII* siècle. Le gable était autrefois percé d'une grande

fenêtre ogivale de h dernière époqae. Au-dessm du giik s'élèfe on ckiciier en charpente, sonnonté d'ane pyramide octogone en ardoise percée à sa base de quatre fenêtres.

Le chœur est orné d*uD bel autel, dans le style Louis \V, avec un grand rétable décoré de pilastres rodeotés à chapiteaux composites. Le tabernacle mérite aussi de fixer l'attea* tion, ainsi que le tableau qui orne le rétable,

A l'extrémité de la nef sont placés deux petits autels asseï jolis, dont le retable seulement date du règne de Louis XIV. L'un de ces autels, consacré à la Sainte-Vierge, est décoré de belles colonnes torses offrant, dans leur partie inférieure et supérieure, des grappes de raisin attaquées par des oiseaux et des limaçons, et dans la partie moyenne une cooixkuk ducale formée de fleurs de lis et de fleurons. L'entaUement est composé d'un double cintre. Le cintre inférieur est coupé et décoré d'urnes. Une croix surmonte le ciotre principal

On a conservé trois anciens canons, dans le style Louis XY, avec encadrement couvert de velours rouge et d'omemepts en cuivre autrefois argenté.

La voûte du chœur est en merrain, celle de la nef, ég^ement en lambris avec entraits et poinçons , a été ba^geonnée.

Au fond du vallon se dresse un ancien colombier en bois, de forme octogone, avec tuiles entre les colombages formant des dessins variés. Ce colombier est surmonté d'un double toiL Le toit supérieur, percé de quatre grandes lucarnes et couronné d'un épi, fait saillie sur le toit inférieur de roaaière à former une espèce d'évent qui laisse pénétrer l'air et la lumière à l'intériQur.

A peu de distance du colombier s'élève une maison moderne en brique, formant équerre, qui probablement remplace un ancien manoir féodal Derrière cette habitation s'étend un

CATfTON DE LIVAROT. 699

vaste jardin poiager, à rextrémité duquel se trouve un superbe étang. L*eau qui s'éciiappe de cet étang forme plp^îeurs cascadelles.

Le cotçau marneux qui s'élève au nord est entièrenieot planté de sapins, et fait une délicieuse décoration au paysage. Sur ce coteau on a tracé de nombreuses allé^ et ménagé de belles échappées de vue.

Getie charmante propriété appartient à M. de Mesly.

Chapelle ?^oiremar£. -^ La chapelle Noiremare s'élève à on kilomètre environ de la route impériale de Honfleur à Alençon, sur le bord du chemin de grande coramupication de Moult à Fervaques.

Cette chapelle, qui était dédiée à saint Laurent, a été bâtie dans la seconde moitié du XYP siècle. Elle a 36 pieds ie long sur 15 de large. Ses murs, construits en grand appareil et en cailloutis, sont Qauqués de contreforts saillants et terminés par une corniche eu doucine. On voit du côté du nord une fenêtre à plein-cintre, du XVP siècle, laquelle a été bouchée. Les fenêtres qui s'ouvrent au midi sont sans caractère, ainsi que la porte principale qui fait face au couchant. Le chevet, soutenu par trois petits contreforts, est droit.

L'ameublement de la chapelle a entièrement disparu. Une petite statue de saint Laurent a été transportée dans le chœur de Téglise du Mesnil-Germain.

II y avait, avant la Révolution, un chapelain dont on voit encore l'habitation.

Un marché se tenait autrefois, tous les dimanches, sur la grande place du village.

L'assemblée avait lieu le 10 août.

Cette commune a fait autrefois partie de l'élection de Lisieux et de la vicomte d'Orbec. La cure était divisée en

700 STATISTIQUE lIONUliENTALË DU CALVADOS.

deux portions dont les titulaires remplissaient Tnn et Tantre les fonctions pastorales. Le droit de présentation à l'une de ces portions dépendait de Tabbaye du Bec , tandis qne le patronage de Tautre appartenait au seigneur qui était, ta XIY^ siècle, un sieur de Grandval, et à une autre époque, Jean de Courcy, suivant les pouillés du diocèse de Lisieux. La seigneurie du Mesnil-Germain s*est trouvée partagée entre plusieurs fiefs dès une époque assez reculée. En 1669 , dit M. de Neuville , Jean Dumaine était qualifié seigneur do Mesnil-Germain , paroisse où les héritiers de Guillaume de Graudval possédaient un autre fief. Au XYI* siècle, le litre de seigneur de Mesnil-Germain était porté par les membres de la famille Gosselin anoblie en 1519, dans la personne de Robert Gosselin et de Jean, écuyer de la fourriérie du roi. Le mènie thre était aussi donné au possesseur du fief de Grandval : ce fief mouvant de la seigneurie de Fervaques était , aux XY* et XYI* siècles, la propriété de la famille du Ronil : Florence du Rouil, héritière de la branche aînée de cette maison « le porta dans celle de Quesnel de Goupigny. En 1616, Gabriel Quesnel de Goupigny, marquis d'Allègre , veodic le fief de Mesnil-Germain autrement dit Grandval, poar h somme de /i,800 livres à Guillaume Anfrey, déjà seigneur en partie de Mesnil-Germain. Le premier fief possédé en celte paroisse par la famille Anfrey se nommait le fief de Tanney : il appartenait, en 1469, à Robin Le Mectoier, et, en 1523, à Pierre Anfrey , frère du sieur de Caudemonne , dont les descendants ayant réuni deux des portions de la seigneurie de Mesnil-Germain en portèrent depuis le nom. Jacques Anfrey sieur de Mesnil-Germain, y fit preuve de noblesse, en 1666. Cette famille s'éteignit peu après dans la personne de Françoise Anfrey, mariée à René de Bonnechose et mère de Jacques- Charles-Henri-Guy de Bonnechose, seigneur du Mesnil- Germain, qui épousa, en 1717, Cbariotte de Graindorge,

CANTON DE UTAROT. 701

de Mesnil-Darand, dont il eut plusieurs fils, morts sans postérité, et une fille, Agnès-Charlotte-Françoise de Bonnechose Mesnil-Germain , mariée à Guillaume-Louis-Félix de Bonnechose, sieur de Malouy. Le manoir de Mesnil-Germain» construction du XYIir siècle dépourvue de caractère et d'intérêt, est aujourd'hui la propriété de M. Oemély.

La famille de Bonnechose a possédé aussi dans la paroisse de Mesnil-Germain , le manoir de Hamars. Gabriel de Bonnechose, sieur de Hamars, vivait sous le règne de Louis XIIL Dans la recherche de 1666, François de Bonnechose fit preuve d'ancienne noblesse à Mesnil-Germain, de même que Gilles Corday , sieur du lien.

ACQII A INVILLE.

Auquainville , Âucainvilla^ Auquevilla, AucainviUe.

Cette commune a été explorée par M. Ch. Vasseur.

L'église d' Auquainville est située à mi-côte , sur la rive gauche de la Touque. Son chevet, environné d'arbres, se présente dans la vallée d'une manière assez pittoresque.

U nef remonte à l'époque romane.

On peut constater, du côté du nord, des traces de l'appareil en feuilles de fougère ; le reste des murs est crépi , et il ne subsiste aucune ouverture ancienne.

Au sud , on trouve quatre fenêtres cintrées de la Renaissance. Deux fenêtres modernes sont percées dans le mur du nord. Le portail est moderne.

Le chcBur, plus large que la nef, contrairement à l'usage, appartient tout entier au X.V* ou au XVI* siècle.

Le chevet est pentagonal , avec contreforts sur les angles. Toutes les fenêtres sont ogivales avec un meneau ; les pierres de grand appareil, qui forment le parement des murs, portent, en grand nombre, des marques de tâcherons.

702 STATISTIQUE UONCBIENTALE DD GALTAD05.

Ledocher, en charpente, recouvert d'ardoise , ii*offre aucune particularité.

L'intérieur a été assez mal traité , sous prétexte d'embeliissements.

Les charpentes apparentes de la voûte en merrain de ii nef ont été coupées , et la TOÛte du chœur est enfonie sous un épais plâtras, n n*y a point d*arc triomphaL Les sablières moulurées de la corniche ont disparu sous des planches de sapin tout unies , qu'on a peintes en faux marbre.

Les trois autels datent dti règne de Louis XÎV.

Le maître-autel a peut-être été modifié, car il n*a plus de colonnes. Un entablement semi-circulaire protège le cadre i feuilles de chêne , qu'accompagnent des paquets de flears.

Le tabernacle est hexagonal, avee colonnettes torses sar les angles et statuettes dans l'entrecolonnement : le Sauveur . saint Pierre et saint Paul. Il est surmonté d'un dôme, terminé par une petite croix fuselée.

Le tombeau est garni d'un parement en cuir gaufré rich^ ment doré et peint.

Deux statues accompagnent cet autel: saint Mathorifli et un diacre qui pourrait peut-être remonter jusqti'w moyen-âge.

Les deux petits autels sont semblables entre eux. Deux colonnes torses portent un entablement trapézoïdal avec nn vase pour amortissemeiiL Tombeau droit, dont les angles soot ornés de têtes de chérubins et de caryatides avec des paqnett de fleurs.

Dans une fenêtre du chœur subsistent quelques fragments de vitraux fort en désordre , au milieu desquels paraît vu blason de gueules à La bande d'argent accompagnée de 6 merieites de même, mises en orle; a la crosse d'or brochant sur le tout. Je ne connais pas ^^évêque de iisieux auquel puissent convenir ces armoiries.

CANTON DE LTTABOT. 70»

Le patronage était laïque. %

L'église, sovs Tinvocation de Notre-Dame, dépendait eu

doyenné de Livarot Bien que de ce siècle seulement , Thiscriptkm dé b docbe

offre an certain intérêt On y lit :

f LAN 1803 ou LAN ONZB DB LA BBPUBLIQlIft Ul IKTB BBIOB 1>All H' LOUIS lOSBPB FLIiURItL I^RttRB DR9SB1ITANT WOMliK MARIB »AB M' CBBARi» ABGUSTfK CHASTàH DB LA VAfBTTB «BÊniB Cl DB¥AlfT DOIBN •B L^BSUSB l)B LiaiBUX BT PAB D"** MARIE AlCRE LBBA5 DB FBBNB TBDTB DB f lEAN B** SXBGIIS CHASTAll DB LA FAIBTTB LES 5" PIBRBE MATHJEN MAIRB ET PIERRE BREAVOINB ADIOINT.

IBAM CONARD FBOT.

Tout près de Téglise , au «ud-oiiest , c'e0t*«à-dire un peu plus haut sur le coteau , se trouve une grande motte féodale.

Un aveu de la baronaiede Ferrières, de 160/i, nous apprend Ipie « le manoir sieurial et place et cbasteau d*icelle terre d'Auquaiuville est de présent en ruine , âdvenuz par les anciennes guerres , comme dia est »...

Maintenajii il n'existe plus un seul pan de mur ; les sub* stroctionsont été même enlevées , il y a quelques années.

Suivant Taveu déjà.cité, il y avait, à Auquainvilie, marché le samedi , et foire la veille de la Chandeleur.

Comprise dans Télection de Lisieux, sergenterie d'Orbec, la paroisse d* Auquainvilie possédait, au milieu du dernier siècle, une population de 525 habitants ( 105 feux) ; elle est aujourd'hui réduite à 371. *

(kUtdemonne. ~Â l'ouest de Tégllse, au sommet de l'un dâs coteaux qui suivent les sinuosités de la rive gauche de h Touque , on aperçoit les futaies :qui entourent le manoir de

lOh STATISTIQUE MONUMBNTALB DU CALVADOS.

Gaudemonoe. Adossé aux bois, accompagné, k droite et i gauche,. de belles avenues d'ormes taillés laissant de?anl la façade une grande pelonse, dont le centre est occopépar un bel étang d'eaux vives , ce manoir est dans une des piiu belles ^tuations qu'on puisse voir.

Les constructions ne présentent pas tout l'intérêt aaqoel oo pourrait s'attendre.

La &çade accuse des remaniements qui appartiennent à trois époques différentes et font soupçonner des déplacements, si faciles , du reste , avec les maisons bâties en bois. Aifasi U moitié au moins du manoir est construite sans encorbeUements, et ne peut guère remonter au-delà du règne de Louis Xlll. Le reste, par ses encorbellements, ses scnlptores et ses caractères bien accusés, appartient évidemment id XVI« siècle; mais certaines pièces, hors de place, fontfoir que la charpente a été démontée et remontée à une époque où Ton ne comprenait plus le sj'stème des charpentiers do moyen-âge. Des tuiles , disposées de manière à former des dessins géométriques, remplissent les entre-colombages. Il subsiste au rez-de-chaussée une porte en accolade avec feuilles frisées et potelets imbriqués, surmontés de pinacles qui mt se perdre sous l'encorbellement Tous les poteaux comienel les poteaux d'huisserie sont également sculptés de potelets avec blasons , malheureusement bûches. Toutes les fenêtres sont modernes. A l'étage supérieur , les sculptures sont pios rares ; on y voit quelques potelets qui recevaient l'appui des fenêtres primitives , et un bout de filière garni d'ovesL

L'intérieur offrait une pièce garnie de tapisseries, et une belle bibliothèque , vendue il y a un an.

Le colombier, octogone, à toit conique, surmonté d'an petit clocheton recouvert d'essente, ne porte pas de sculptures. U date aussi du X\V siècle. Cette résidence appartenait au commencement de ce siècle, à M. Chastant de La Fayette,

CANTON DE LITAROT. 705

dernier haut-doyen de la cathédrale de Lisieux. Elle est passée ensuite à M. de Sapandré , dont Tune des filles l'a portée en mariage à M. le comte de Pardieu.

Cette commune, à laquelle celle de St-Aubin-sur-Auquaiuville a été réunie le U décembre 1831 , faisait anciennement partie de l'élection de Lisieux et de la vicomte d'Orbec, comme toutes les autres communes du canton de Livarot , situées dans le bassin de la Touque.

ÂuquainviUe était autrefois le siège d'une baronnie et haute-justice : il s'y trouvait un château-fort qui parait avoir été détruit dans les guerres des Anglais. Cette vieille forteresse, dont on peut encore reconnaître l'emplacement immédiatement au-dessus de l'église paroissiale , avait , jusqu'à ces derniers temps, conservé des restes de murailles, assez importants. On a malheureusement voulu exliaire, il y a peu d'années,* les matériaux que renfermaient ces ruines et 11 n'en est plus resté qu'un monticule Informe. La baronnie d'Auquain ville était mouvante de celle de Fer Hères : l'histoire de ses- premiers seigneurs est peu connue ; les grands rôles de Normandie mentionnent Robert d'Aucainville, en l'an 1195 : on peut douter cependant qu'il fût seigneur de ce lieu, car Hugues de Brucourt possédait cette terre à l'époque de la conquête du duché par Philippe-Auguste. AuquainviUe fut réuni postérieurement à la barotmie de Ferrières , dont les divers seigneurs le conservèrent jusque dans le siècle dernier : cette baronnie en fut alors démembrée par la vente que le duc de Broglie, seigneur de Ferrières, en fit au mak-quis Bonnelles, déjà seigneur de Fervaques, fief qui relevait féodalement de celui d'Auquainville. Les terres dépendantes de cette dernière seigneurie ont été vendues en détail^ au commencement de ce siècle. Suivant des traditions populaires, un souterfain creusé sous la vallée mettait le vieux château. d'Auquainville en communication avec celui de fiervaques.

706 STATISTIQUE MOI^UMENTALE DU CALTADOS.

La paroisse d'Âuqaaio?iUe renfermait encore plosienn

fiefs nobles. Celui de Gaudemonne a conservé un locien

manoir en bois , dont une partie peut dater de la fin do XY^

siècle, et qui, par le relief des moulures qui en décoreni les

sablières, par les restes des sculptures et des écnssons qui Tool

autrefois orné, offre le caractère intéressant et pittoresque

des constructions de cette époque. Le reste de Tédifice,

ajouté postérieurement, ne mérite aucune attention. Le fief

de Gaudemonne a appartenu à Raoul Anfrey, que le roi

Charles VII anoblit en l(i5/i, pour les services qu'il a?ait

rendus en contribuant à expulser les Anglais de Normandie.

Sa postérité conserva cette terre pendant un siècle environ;

mais alors ce fief passa entre les mains de Jean deBonne-

< chose ; seigneur d'Hieuville, du Breuil et de St-Martin. Sa

petite-fille, Madeleine de Bonnechose, porta la terre de

Gaudemonne à David de Bemières, sieur de Percy, qu'elle

épousa en 1573 : elle fut l'aïeule d'Anne de Bemières , sieor

de Gaudemonne , qui fit preuve d'ancienne noblesse en la

paroisse d'Auquainville, en 1666. Peu d'années après, if

terre de Gaudemonne était vendue à Jean -Baptiste Le Bas.

sieur du Goudray, conseiller en la Chambre des conaptade

Normandie : elle a appartenu à Jean-Baptiste-Remi Le ^

de Fresnes , conseiller au Parlement , chanoine et hautdoyoi

de Lisieux, mort en 1773, puis à sa sœur Marie-Ânne Le

Bas de Fresnes , mariée à Jean-Baptiste-Sergkis Chastan de

La Fayette; la fille de ce dernier l'a portée à la famille de la

Rouvraye de Sapandré, qui la possède aujoord'huL

Beaucoup plus près, et au nord de l'église paroissiale d*Aaquainville, se trouvait le manoir de la Boulaye , dont il ne reste plus de vestige. La terre de la Boulaye a donné son nom à une branche de la famille de Bonnechose , dont l'auteur, François de Bonnechose » sieur de la Boulaye > était un des six fib de Jean de Bonnechose, sieur de Hieuville et de

CANTON DE UYAROT. 707

CaudemoDoe , sous le règne de François l^. Ses descendants ont habité le manoir de la fioolaye» jusqu'à la fin du siècle dernier. Guy de Bonnechose , sieur de la Boulaye , fit preuve d'ancienne noblesse, en la paroisse d'Auquainnlle, l'an 1666, de même que Nicolas de Bonnechose , sieur de la Fleurielle ; Thomas de Bonnechose, sieur de Bonneville, et Thomas de Bonnechose, sieur de Vaudecourt

Le fief voisin de Lortier , mouvant de la seigneurie de Çonrson, était, vers le milieu du XV" siècle, divisé par suite d'un ancien partage entre Jean Amiot et Jean Cuillier. La famille Guillier, ayant réuni entre ses mains les deux portions, posséda intégralement cette terre jusque dans les premières années du règne de Louis XJII , qu'elle aliéna le manoir et le domaine, en faveur de Pierre Le Bas du Coudray et, peu après, le fief et les droits seigneuriaux en faveur de Jacques de Bernières, sieur de Percy, dont les héritiers le revendirent , un peu plus tard, à Rémi Le Bas , sieur de Fresnes, conseiller à la Chambre des comptes de Normandie, déjà possesseur de la terre; la fille de ce dernier, Marie-Gatherine-Genevièye Le Bas de Fresnes, en ayant hérité *en 1773, par la mort de son frère, apporta Lortier à Louis«François-Alexandre-Léopold de Bernières, qu'elle avait épousé en 1751 ; elle fut l'aïeule de Françoise- Charlotte-Henriette de Bernières , mariée à Charles-Etienne de La Rouvraye, et mère des demoiselles de La Rouvraye, qui en sont aujourd'hui propriétaires. Le manoir de Lortier, restauré avec goût , est une construction ancienne, mais dont l'extérieur a peu de caractère.

Le manoir de la Pommeraye, situé à l'extrémité de la commune, du côté de St-Germain-de-Livet , a, comme le précédent, appartenu , pendant le XVIP et le XVIir siècle, à la famille Le Bas du Condray. Il n'offre qu'un intérêt médiocre.

La Recherche de la noblesse, faite en 1540 par les élus de Lisieux, mentionne, comme demeurant en la paroisse d'Âuquainvîlie , Philippin de La Mondièrc, sieur da Valtlombert. Nous ignorons le lieu où il avait son manoir.

SAL\T-AUBIN-D*AUQUAI^VILLB (1).

St-Aubiu-d'Auquainvillc, Sanctus Albinus super Auquainville.

Petite paroisse d*une quarantaine d'habiianis, St-Aubin n*a pas consené son autonomie : elle a été réunie à Auquaiuville.

Ou y trouve un manoir du \Vr siècle , n'offrant de remarquable qu'un grand nombre de pavés émaiilés de 11 même époque; manoir que menace une prochaine destruction , et une petite église, qui doit sa conservation au choix qu'en avait fait !tt. le marquis de Custine , comme chapeie funéraire pour sa famille.

Tous les membres caractéristiques de rarcbitecture Kr cusent le XYI* siècle. La plupart des ouvertures ont ^ repercées sous le règne de Louis XV.

Un petit clocher en charpente, assez obtus, estassbsar le pignon occidental.

Les trois autels sont en chêne et peuvent dater du règne de Louis XY. La chaire , de même style, est assez élégante.

Au milieu du chœur , sur deux tables de marbre, on lit les inscriptions suivantes :

ICI BBP088 OAVE LOOISB DELPBUB BLEONOBB MBLANtB M SABBAB

TBUVB l>B MOKSIBÇB AMAMD PHILIPPE LOUIS FBAIfÇOIS MABQUIS DE CDSTINB

(1) Notes de M. Ch. Vasseur.

CANTON DE LIVaROT. 70Î>

Titt A PAS» LE 4 S MABS 1770

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