‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 65 sur 82 · LB 43 JUILLET · texte numérisé non relu

LB 43 JUILLET

ICI UBPOSëKT

DAMB AnrtS LBORTINI DfB 8. StUOH DK COVATOIIBB

KEB LB i2 FEVHIEK 1803

MABIÉE LE 15 MAI 4821 A

A9T0LPHE LOUIS LEONOB MAIi^^ClS DE CLSTIKE

KT

LOLIS PHILIPPE EKGUBRBAND DE ^.LSTt^E LKLU FILS 1).>IIQUB

NÉ LE 19 juint 4823

DBCÉDé LE 2 JA.tVIBB 1826.

M. de Custine , dont les ouvrages littéraires sont connus de tous ceux qui lisent , est décédé en octobre 1857 , à son château de St-Gratien , près d'Engbien. Je ne crois pas qu*on ait réalisé le projet qu'il avait formé de partager la sépulture du reste de sa famille.

La cloche de St-Aubin est déjà ancienne ^ Tinscription est ainsi conçue :

f LAIT 47')9 GVILLAVME PIERRE HILLRCEMT DE LA BEVVINMÈRE CVKB DVOIT LIET f HAVT ET PVISSANT SEIGNEVU MESSIRE AVGVSTB LEON DE BVUON CHBTALIEB MABQVIS DK BOTINELLBS, SEIONEVR ET FATBOK DE S*- AVBIIf ET AVTBE8 LIEVX. JACQfBS LEVI^RE TRESORIEB EX CBARCE.

C'est seulement âu XVflP siècle que les pouillcs attribuent* le patronage de St>Aubin au seigneur laïque : auparavant , il appartenait au chapitre de Lisieux. Je suis porté h voir Là une confusion entre St-Âubin et Notre-Dame d'Âuquainville, Fun et Fautrc du doyenné de Livarot. St-Aublu faisait partie, pour le civil , de l'élection de Lisieux, sergenterie d'Orbec.

dette ancienne paroisse, de l'élection de Lisieux, était fort peu peuplée. En 1720 on n'y comptait que 9 feux. Elle parait avoir donné son nom à une famille de St-Aubin , qui

a existé dans les environs , jusqa*aa XVI* siècle. A cette époque, les seigneors de cette paroisse étaient les de Belleau, possesseurs du fief de ce nom , à Notre-Dame-de^ourson. La seigneurie de St-Âubin, acquise depuis par les seigneurs de Fervaques, est restée réunie à cette dernière terre jusqu'à Tépoque de son démembremenL L'ancienne ^;lise paroissiale est devenue la sépulture de la famille de Custine.

Gabriel de La Haye» sieur de Goulonces, fit en 1666, preuve d'ancienne noblesse , en la paroisse de St-Aubind'Auquainviile. Il demeurait au manoir de Villaunay, devenu, au commencement du siècle suivant , la propriété de Jean- Louis Rioult , sieur de Marencourt , père d'Isaîe-Loois Rioult , sieur de Villaunay et d'Avenay, aïeul, lui-même, de M** de Gaumont et de M"* du Moncel , née de Magneville. Gette terre appartient aujourd'hui à M. le comte du Moncel, connu par d'importants travaux scientifiques.

FBRVAQUBS.

Fervaques, Favanchiœ , Farvachiœ, FavarehÙBt Farvaques*

Gette commune , de l'élection de Lisieux , sergenterie d'Orbec, renfermait autrefois 250 feux on environ 1,300 âmes. On n'en compte plus que 787 à l'heure qu'il est.

Le bourg de Fervaques a toujours été important ; il est bien situé, dans la vallée, sur les bords de la rivière de Touque.

L'église n'offre aucun intérêt ; les murs sont sans caractères et toutes les ouvertures sont modernes; mais k tour, placée au midi, entre chœur et nef, mérite l'attention. G'est une massive construction carrée, de hauteur médiocre, flanquée y sur chaque face , de deux contreforts peu saiDaats. Elle est parementée en grison bien taillé de moyen ap-

pareil ; elle appartient au style roman. Les ouvertures sont placées au midi, et une seule est primitive : c'est une petite fenêtre cintrée, étroite, portant pour toute moulure un biseau sur Tangle.

Sur ce «massif s'élève le beffroi , revêtu d'ardoise , cou* ronné par une flèche peu gracieuse qui parait dater de la fin du XVP siècle.

L'intérieur ne mérite pas plus l'attention que l'extérieur. Les voûtes de merrain ont été plâtrées , et les charpentes apparentes coupées au risque de faire écrouler l'édifice.

Les trois autels, à colonnes torses, datent du règne de Louis XIV. Des autels de ce genre ont été décrits dans ki Statistique, et on a pu se rendre compte du bon effet qu'ils produisent avec leurs reliefs accentués et leurs dorures. Certainement ils valent mieux , dit avec raison iVl. Ch. Vasseur , que le pseudo-gothique que certains curés, ignorants en fait d'art, font confectionner pour les remplacer. Sur l'autel du midi est placée une petite châsse contenant des reliques de saint Just. On invoque ce saint enfant pour développer les forces des enfants chétifs et pour conserver l'activité des jambes aux vieillards. Il en résulte, à Fervaques, un concours énorme de pèlerins pendant tout le mois de mai.

L'inscription de la cloche est intéressante :

f LAN i785 JAY ETE ERNIB PAR M* LE YAVAflSEOR CDHÉ DE 5* AlIRIIf RT MOMMéE HORTENCB PAR TRRS HAUT ET 1RES PLISSANT SEI6' MONSRIG' GL'Y ANDRE PIERRE DOC DE LATAL SEX6' PATRON OR FAR?ACQDB ET AUTRES LIEUX ET PAR TRES HAUTE ET TRES PUISS** D* MAD* JACQUELINE BORTEKCB DE ROLION DR FARVACQUE DUCHESSE DE LATAL D* BARONNE DAl'QUAINffLLB ET AUTRES LIEUX. — M" P" PILON TRESORIER N** PAIX ^T Et* LE ROUB- 6B0IS DÉPUTÉS EN 178S H* C* GIOT SINDIC.

lEAX CHARLES CAVILLIBR.

Sur les flancs sont les blasons accolés de >lontmorcncy- Laval et de Bullion.

L*église de Fervaques est sous rinvocation de saint Germain. Elle dépendait du doyenné de Livarot. Les pouiliés indiquent comme patrons : au XIV" siècle , Févêqae de Lisieux; au XVI% le chapitre; au XVIIP, le seigncar laïque.

Château. — M. Gh. Vasseur décrit ainsi qu'il suit le château de Fervaques. Ce château, dit-il, se composait encore, an commencement du siècle, d'une masse de constructions imposantes , assez irrégulièrement disposées, avec cours et bassescours; le tout entouré de fossés remplis d'eau courante, et longé par la Touque. Après en êlre devenu propriétoire, M. le marquis de Porte a fait démolir plusieurs corps-delogis , et il ne reste plus que deux des côtés de l'enceinte. On entre par l'ancienne tête de pont , heureusement conservée. C'est un gros pavillon carré, construit en briqoes avec chaînes de pierres, tel que nous en avons déjà rencontré à Bouttemont, à Ouillie-la-Ribaude et ailleurs. La porte, à arc surbaissé , est accompagnée d'une étroite poterne à bquelle correspond , do côté opposé , une niche cintrét L'étage supérieur n'offre , en fait d'ouvertures , que les rayères par lesquelles passaient les chaînes du pont-le>is. U corniche à corbeaux saillants, avec mâchicoulis, reçoit on comble rapide en ardoise , ajouré d'une belle lucarne. La face intérieure présente à peu près la même ordonnance : seulement , en regard de la poterne , on trouve une petite porte , laquelle donne accès à l'escalier conduisant an corpsde-garde du premier étage qu'éclaire une petite fenêtre. On ne distingue sur les murs latéraux aucune amorce qui poisse donner des indications sur la hauteur et la disposition des constructions adjacentes, actuellement disparues. On pourrait faire des observations curieuses sur la disposition intérienre , au point de vue stratégique. Avant d'envisager la façade do

château , arrêtons-nous, à gauche, devant une tourelle ronde qui formait Tangie oriental de Tenceinte. Elle servait de colombier ; mais l'extérieur avait néanmoins un air militaire. La brique et la pierre s'y mélangent , comme au pavillon d'entrée, et l'un et l'autre datent évidemment du même temps. Pour transformer en orangerie cette tourelle, on a effondré toute la partie qui regarde le jardin.

La façade du château consiste en une tongue galerie flanquée de deux pavillons carrés. On y accède par un perron double , orné de quatre lions. La galerie centrale n'a qu'un rez-de-chaussée élevé sur les offices , et son toit d'ardoises est rompu par des lucarnes de maçonnerie. Elle est construite tout en bossages ou têtes de diamants entremêlées de briques rouges qui produisent un bou effet. La corniche à modillons classiques rappelle la Renaissance.

Les deux gros pavillons carrés sont élevés d'un étage. Ils ont , du côté de la campagne , un aspect assez élancé à cause du fossé encore subsistant qui dégagé les bases. Les fenêtres sont hautes et étroites , quelques-unes pourtant ont été élar* gies postérieurement. Deux corps-de-logis en équerre, faisant ailes en avant de la façade , s'appuient sur les deux pavillons dont ils sont contemporains. J'attribue aux dernières années du XVP siècle toutes les constrnctions que je viens de décrire. Entre l'aile de Test et le pavillon d'entrée s'élève un corps-de-logis d'un style plus ancien ayant encore tous les caractères de la période ogivale. Les deux extrémités, légèrement en saillie, sont tout en pierre de taille. Des fenêtres à croix, à double accolade au linteau, garnies d'une grille annelée en fer rond, au rez-de-chaussée, éclairent l'intérieur. Ces deux corps avancés sont couronnés par des gables dont les rampants, garais de feuilles frisées, se terminent par des panaches (V. p. suivante).

Entre deux, le corps-de-!ogis est bâti en pierre de taille,

liU STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

avec briques disposées en chaînes horizontales, comme à St-Hippolyte-du-bout-des-Prés, disposition qui rappelle la manière de bâtir des Romains. Les ouvertures consistent , au rez-de-chaussée, en une petite fenêtre en accolade, garnie d'une grille annelée , et en une porte , aussi en accolade , avec feuilles frisées, panaches et pinacles sur les pieds-droits. La retombée porte sur deux petits conlreforts. Sous Tacco-

PARTIC ANCIBFIBŒ OU CHATBAC DB PBRTAQUBS.

lade est la trace d*un blason bûché qu'on a cherché à rétablir, en y peignant les armes de Guillaume de Hautcmer maréchal de France. Celte porte est défendue par un mou-

charabys. Le derrière de ce bâtiment, vers la rivière , offre deux ailes en saillie, qui probablement rejoignaient primitivement un autre corps-de-logis disparu ou une courtine nécessaire pour clore l'enceinle de ce côté. Hu centre s'élè?e une tourelle polygonale à toit pyramidal couveii en ardoise. L'appareil est le même que sur la face opposée.

Il est de tradition que le roi Henri IV séjourna au château de Fervaques. £st-ce en 1590, pendant cju'il assiégeait Lisieux ? Est-ce dans le voyage qu*il fit en Normandie , avec la Reine , en 1603 T Je ne connais pas de document propre à résoudre la question. On montre encore, dans une mansarde, le lit et les meubles de la chambre quMI dut occuper; mais on peut fort bien en contester Tauthenticité. Du reste , rien dans l'intérieur du château et dans son ameublement ne remonte à une époque déterminée.

M. le comte de Montgommery , membre de la Société française d'archéologie, qui possède aujourd'hui Fervaques et qui l'habite, y a réuni quelques objets d'art et des antiquités.

Fervaques possède encore sa halle en charpente , au centre du bourg : c'est une preuve de son ancienne importance que les habitants feront bien de conserver.

La seigneurie de Fervaques, dit M. de Neuville, n'était, au moyen-âge , qu'un simple fief relevant de la baronnie d'Âuquainville ; mais ses seigneurs y ayant successivement adjoint un grand nombre de domaines et de fiefs limitrophes, elle était devenue, à la fin du siècle dernier, le centre d'une terre des plus importantes.

Les premiers seigneurs de Fervaques que l'on connaisse appartenaient à la famille de Brucourt qui , aux XIP et XIII* siècles, était au nombre des plus considérables de la province. Gislebert de Bmconrt donna à l'abbaye du Val-

716 STATISIIQUE MONUMEiNTALE OU CALVADOS.

Ricber une terre située à Fervaques avant Tannée 1155. Geoffroy de Brucourt, chevalier, seigneur de Fervaques, vendit en 1260, au chapitre de Lisieux, une maison située en ce lieu par une charte dont l'original scellé est conservé aux archives du Calvados. La terçe de Fervaques passa, dès le commencement du W" siècle , dans la famille de Hautemer, peut-être par l'intermédiaire de la famille Bardou. Gérard de Hautemer , seigneur du Fournet, du Mesnil-Tison et de Manneville, vivant en l((l/i, épousa Jeanne Bardou dont il eut trois fils : l'aîné fut Jean de Hautemer, seigneur du Foumet et de Fervaques. Ses descendants , s'étant alliés aux maisons d'Annebaut, de Betheville et de Montlandrio , tinrent un rang honorable, mais non marquant, jusqu'au XVP siècle. Une plus grande fortune entra dans la famille de Hautemer, sous François 1", par le mariage de Jean de Hautemer, sieur de Fervaques, la Croupte et Bois-Droulin , avec Anne dt La Baume- M onlrevel , dame deGrancey,du chef d'Anne de Ghâicauvilain, sa nière. De cette union naquit Guillaume de Hautemer, célèbre sous le nom de nâaréchal de Fervaques. Après s'être distingué dans les guerres du règne de Henri II , le seigneur de Fervaques se fit encore plus connaître dans les guerres de religion où il joua , d'ailleurs , le rôle le plus odieux. Sans faire profession du culte calviniste , il se joignit d'abord au parti protestant et se signala par des actes d'audacieuse rapine et de révoltante cruauté : il figura au premier rang dans la troupe criminelle qui saccagea la cathédrale dej Lisieux en 1562, et des traditions populaires* généralement répandues, mais dont il n'est plus possible de contrôler l'exactitude , l'accusent de s'être livré à toutes sortes de forfaits. Cependant, par son adroite politique autant que par des talents militaires incontestables , il parvint à faire oublier ses tristes antécédents et à obtenir le pardon et même la faveur de la cour. Devenu le principal conseiller du

CANTON DE LHAROT. 717

duc d'Alençon , frère du roi Benri III, il Faccompagua aux Pays-Bas où l'avaient appelé les Flamands révoltés contre la domination espagnole , et il y a lieu de croire que la rapacité et la violence de son caractère ne contribuèrent pas peu à aliéner les esprits de ces peuples de l'alliance française. Fervaques resta fidèle à son devoir pen^nt les guerres de la Ligue : il semble que la maturité ait eu une action favorable sur son caractère . et ses dernières années furent exemptes des fautes déplorables qui avaient souillé sa jeunesse. Créé successivement par le roi Henri IV chevalier du St-Esprit, lieutenant-général au gouvernement de Normandie et piarécbal de France, Guillaume de Hautemer reçut le titre de duc de Grancey et pair de France de la faveur de la reinerégente, Marie de Médicis, en décembre 4611. Mais cette érection de duché-pairie ne fut jamais enregistrée, le nouveau titulaire étant mort à son château de Fervaques le 11 novembre 1613. Il laissait trois filles de son premier mariage avec Renée Lévêque de Marconnay : Louise de Hautemer , l'aînée, eut en partage les terres de Fervaques et de Plasnes. Elle avait épousé, en premières noces, Jacques de Hellcnvilliers; mais, étant devenue veuve au bout de peu dé mois , elle convola à de secondes noces avec Aymar de Prie^ marquis de Toucy , en 1593. Louis de Prie, marquis de ïoucy, l'un de ses fils, fut après elle seigneur de Fervaques, terre qui échut ensuite en partage à Charlotte de Prie , sa fille. Celle-ci épousa, en 1639, IVoël de BuUion, sieur de Bonnelles, d'une famille considérable dans la finance et sur laquelle cette illustre alliance vint jeter un nouveau relief. Charlotte de Prie mourut en 1700 : deux de ses fils portèrent le litre de marquis de Fervaques. L'un, Alphonse de Bullion, fut gouverneur des provinces du Maine et du Perche et mourut sans postérité en 1698. L'autre, Charles-Denis de Bullion, marquis de Galardon et de Fervaques, prévôt de

Paris et gouverneur du Maine et du Perche, épousa, en 1677, Marie- Anne Rouillé de Meday, qui lui donna cinq fib et quatre filles , dont une fut mariée aa duc d'Uzès et une autre au prince de Talmont La terre de Fenraques échut ^ son second fils , Anne-Jacques de Bullion , marquis de Fervaques, gouverneur ilu Maine et chevalier du St-Esprit Ce dernier é|x>usa , en 1708, Marie-Maddeine-Horlense Gigault de Bcllufonds et en eut trois filles : Marie-Anne-Étiennette de Bullion, rainée, épousa en 173iï Charles-Anne-Sigismond de Montmorency Luxembourg, duc d'Olonne; la seconde, Jacqueline-Hortense de Bullion , fut mariée à Guy-André- Pierre, doc de Montmorency Laval ; et la troisième, Auguste- Léonine-Olympe Nicole de Bullion, fut la femme de Paul- Louis, duc de Beauvilliers. Après la mort du dernier marquis de Fervaques , qui avait considérablement augmenté et orné cette terre , elle f^chut au duc de Montmorency Laval , et le château cessa d*étre ordinairement habité. En 1803, les héritiers du duc de Laval aliénèrent la terre de Fervaqaes : le château, avec la plus grande partie des domaines qui en dépendaient, fut acquis par Mélanie de Sabran, veuve dii marquis de Custine, une des victimes de 1793. Après elle, Fervaques fut possédé par son fils, le marquis de Cnstine, auteur de plusieurs livres de littérature et de voyages : ce dernier, ayant perdu sa jeune femme et sou fils encore au berceau , abandonna le séjour de cette terre et bientôt après la vendit en détail. Le château, avec quelques domaines voisins, fut acheté, en 1831 , par M"^ la marquise de Portes et appartient aujourd'hui à M"''' Alfred de Montgommery , sa fille (1).

La paroisse de Fervaques renfermait plusieurs autres fiefs. Celui du Verger a conservé un ancien manoir qu'un barrage

(1) Notes de M. le Ticomle Louts de Neuville.

CANTON DE UVAROT. 719

permettait autrefois d'entourer d'eau de tous côtés. Ce vieil édifice est connu aussi sous le nom de Maison-aux-Anglais , parce que, suivant les traditions locales, il aurait servi de demeure à un des envahisseurs de la province, au XY* siècle. Si cette tradition a quelque fondement réel, elle ne peut s'appliquer au manoir tel qu'il existe actuellement La plus grande partie , construite en bois, annonce par l'absence des saillies , le faible volume des pièces de charpente et le caractère des sculptures qui les couvrent, une époque qui ne peut remonter au-delà du XVP siècle. La partie de la construction qui forme l'angle occidental , bâtie en pierre de marne et offrant une fenêtre avec croisée de pierre , pourrait être un peu plus ancienne, ainsi que les cheminées de quelques-unes des chambres. Sur les bois qui surmontent la porte se trouve sculpté uu écusson qui parait être celui de la famille Anfrey , chargé pourtant d'une bande qui a pu servir à distinguer une branche cadette. Raoul Anfrey était seigneur du Verger et de Caudemonne vers 1^60. Un siècle après, ce fief appartenait à la famille de Louvières. Réuni postérieurement à la terre de Fervaques , le Verger a été vendu par M. le marquis de Custiue à M. le comte de Neuville, il y a une trenuine d'années , de même que les bois de Fervaques et la terre de la Maignerie. Ce dernier fief, donné à l'abbaye du Val-Richer par Gislebert de Brucourt avant l'an il 55, fut cédé par elle, en 1579, à Guillaume de Hautemer, seigneur de Fervaques, en échange d'une terre située h Fourches.

Le fief des Castelets , qui se trouve à l'extrémité du territoire de Fervaques, du côté de Cernay, était possédé, en 1&699 par Jean du Vieu, aussi seigneur de la Cauvinière. Aux XVP et XVIP siècles, la famille de PoAiroolain en eut la propriété. François de Pommolain , sieur des Castelets , comparut devant M. de Marie dans la Recherche de la noblesse de 1666.

CHBPFBEVILLE.

ChefTreville , EspreviUa, Chiffrevilie.

L*église n'offre aucun iotérêL Quelques restes d'appareil en feuilles de fougère, dans le mur nord de la nef, attestent qu'elle a été construite à Tépoque romane ; mais elle a subi des retouches très-considérables. Les ouvertures les pins anciennes ne peuvent être antérieures à la fin dn XVP siècle. Le clocher est assis entre chœur et net

Les voûtes sont en merraiu avec charpentes apparentes. Le maltre-autel, à colonnes torses, du règne de Louis XIV, mérite une mention. Le reste du mobilier est insignifiant.

Cette commune a fait autrefois paitie de l'élection de Lisieux et de la vicomte d'Orbea L'abbé du Bec nommait à la cure.

M. L. de Neuville pense que la seigneurie de Obeffreville fut, par suite d'anciens parages, divisée dès une é()oque fort ancienne en plusieurs portions, dont quelques-uns des propriétaires, étrangers aux environs, n*oni laissé aucun sou- j venir. La famille Guillier paraît cependant en avoir possédé aux XY* etXVI** siècles, le manoir principal , tandis qu'une | autre portion appartenait k la famille Amiot dont un membre I y fut trouvé noble par Monlfaut; en 1563. Jean Cuiilier était | seigneur en partie de Cheffreville en l/!i69, et son petit-fils, qui portait le même nom , y comparut dans la noblesse de iSliO. C'est sans doute un membre de cette famille qui y a fait construire le manoir encore existant , bâti en pierre de taille. Il est du XVI" siècle ; à rinlérienr , une pièce qui passe pour la chapelle est voûtée en pierre avec arceaux , llernes et ticrcerons dans le goûl de la Renaissance. Du reste, ce manoir , d'assez bonne apparence, fut prom-

ptement réunî^ ainsi que le fief dont il était le chef-lieu , à la terre de Fervaques, dont il a depuis suivi les diverses vicissitudes.

Une autre portion du fief de Cheffreville a appartenu, pendant les XYP et XYII*' siècles , aux barons de Livarot» des maisons d'Arces et d'Oraison : elle fut postérieurement réum'e, comme la précédente, à la terre de Fervaques.

Il y avait encore à Cheffreville un fief nommé la Fosse , lequel était possédé, au commencement du XV siècle, par la famille de Belleau. Jean de Belleau y fit preuve d'ancienne noblesse devant Montfaut, dans la Recherche de 1463. Mais, dès Fan 1469, Robert de Lyée , sieur de Tonancourt , était aussi seigneur de la Fosse au droit de Perrette de Belleau , sa femme, qu'il avait épousée en 1426. Depuis cette époque, le fief de la Fosse , longtemps uni à celui de Tonancourt , a cessé de servir de résidence à ses propriétaires ; il appartenait , au siècle dernier , à une branche de la famille de Yaumesle. La Recherche des élus de Lisieux, en 1540, mentionne encore Jean Blanchet , sieur de La Mote, comme demeurant en la paroisse de Cheffreville.

TORANCOUBT.

Tonencourt, Tannencourt, Tomecoru

L'église de Tonancourt ne date que du XYI* siècle , et sa construction n'offre aucune particularité à signaler. Les murs sont régulièrement munis de contreforts. On y a fait des reprises assez notables à la fin du XYIir siècle. Le chœur est tout entier de cette dernière époque. Un clocher en charpente assez élancé, placé sur la partie occidenule de la nef, renferme une cloche du célèbre fondeur Jean Aubert , de Lisieux. Elle porte l'inscription suivante :

f 1718 H*** IVLB5 LK LIRB PB'* CfBB DB MOSTBB DAMB DB CÛVRSON BT

NOBLE DAHB GENEVIBTK DE DROVLIN EPOVSE DE X"* GABRIEL »E LIEE ESC*' sèfC. Dis BÉlLeAV ifONT itOHMBB Bt ÔrniTE FIB M** TBOMAS DE LA VABI PB'* CVBB OB GHEPPBBVtLLE.

aâH kyMOLT Ma MIté.

Rien à signaler dans le mabilier du cliœUr. lot nef n*eiit pas voûtée. Un simple plancher porte sur les enlraits , ornés (le rageurs.

Les retables des deux peiits autels daleAt du XVI* siècle. Leur lambris formé de panneaux à compartiiiieats flanboyanis « surmonte d*nn dais en quart de cercle garai d'ooe galerie, avec pinacles feuillages « peut être signalé.

Le crucifix de Tare triomphal est protégé par un dais semblable.

Une statue de la Vierge peut remonter au XVP siède.

Dans le cimetière est un if, ramena dès le sol, (]ui mesure 10 pieds et demi de circonférence.

Matiot'K — Tout près de l'église, à rotiést, se IrouvaiHe màuëlt', constnifciibrt du XVP siècle, dont le pignon en pierre de Uille éuit flahqoé de deut cdbti-eforts. Une prie cintrée à moulures prismatiques donnait accès aux caves. L'autre pignon était en brlqdes et pierre, bien que de ^ même époque. Les deux façades étaient en bois , sans sculptures , si ce n'est un ^aiid é(iussoii ctiargé d^un bar contourné. Quelques clous à ptâ(]ues découpées à jour restaient aUx vantaux des portes.

Ce manoir était bâti sur Une motte féodale.

Cet ancien manoir de Tonaiicourt vient d'être démoli. Si TextéHeur n'offrait rien de remarquable , il n'en était pas de même de l'iniérieuf oft Ton voyait encore dés peintures murales du plus hâht intérêt, notamment une représentation contemporaine de la bataille de Marignan où Guillaume de Lyée , seigneur de Lyée , de Tonaiicoarl ,

d'Heurtevent et du Coadray , avait figuré avec honneur. Des inscriptions gothiques, f>ortée8 par des phylactères, servaient d'explication au tableau. On ne saurait trop déplorer la destruction d'un si rare monument du commencement du XVI* siècle.

La paroisse de Tonancourt est réunie à Cheffreville pour le cuite. On y comptait 65 feux, soit un peu plus de 300 habitants. La population actuelle est de 101 habitants.

Cette commune, dit M. de Neuville, une des moins considérables du canton , faisait autrefois partie de l'élection de Lisieux et de la vicomte d'Orbec. Le patronage de la paroisse était laïque et appartenait au seigneur.

Le nom primitif de ce heu paraît avoir été Tornencourt Hugues de Tornencourt vivait en 118Zi. En 1213, Guillaume de Tornencourt fit donation à l'évêché de Lisieux du patronage de l'église de Notre-Dame de Goorson , qu'il tenait de Hubert de Gourson. Mais cette famille ne tarde pas à disparaître et nous retrouvons la seigneurie de Tonapcourt divisée, sans doute par suite d'un partage, entre les familles de Lyée et de Sâane. Richard de Sâane était seigneur en partie de Tonancourt en 1469, et Geoffroy de Sâane y fit preave de noblesse devant les élus de Lisieux, en 1523. Mais cette ancienne famille ayant, à ce qu'il semble, aliéné sa part de fief en faveur des de Lyée, se trouva réduite à un état de fortune précaire , perdit la possession de la noblesse et vit son nom même altéré par l'usage en celui de Sennes. Geoffroy de Sennes était assis au rôle de la taille en 15/^0, et Nicolas de Sennes, un de ses descendants, fat déclaré roturier par M. de Marie , en 1666, en la paroisse de Gheffreville.

La famille de Lyée, originaire du Vexin , vint se fixer , au XJV* siècle, dans la paroisse de Tonancourt où elle posséda , outre le fief de ce nom , le fi^f de Lyée et le fief de la

Rue, plas tard confondus dans la seigneurie principale. Robert de Lyée , seigneur de Lyée et de Tonancourt , viTait en 13/!i5 et fut le point de départ de la filiation prouvée par ses descendants dans les diverses Recherches de la noblesse. La branche aînée de cette famille a possédé sans interruption la seigneurie de Tonancourt jusqu'à la fin du siècle dernier, qu'elle s'est éteinte dans la personne de Henri-César-Augoste de Lyée de Tonancourt et de sa sœur Louise-Aimée de Lyée de Tonancourt, mariée au marquis de Caruel Mérey (1).

BRLLOU.

Bellou , Bellau, BerUm,

L'église de Bellou , dédiée à Notre-Dame , présente pea d'intérêt: elle est en grande partie moderne; mais on a cherché, dans celte reconstruction . à imiter les parties anciennes que l'on prétendait conserver. Ces parties sont Aes quatre travées et le chevet droit du chœur , bâties an X?l* siècle ( murs en blocage , flanqués de contreforts en pierre de taille , peu saillants). Encore ces murs ont-ils été percés en i83/iet 1836, d'ignobles fenêtres avec linteau en briques ; une seule ouverture ancienne a échappée cette restaaratîoD.

A l'intérieur , la voûte en merrain du chœur a été conservée. Le rétable du maftre-autel est à colonnes. torses, entourées de ceps de vigne.

Les deux statues des petits autels, la Vierge et saint Laurent, peuvent remonter au WP siècle.

La petite cloche vient de l'abbaye de S^-Barbe, en Ange ; on lit au pourtour :

f J*AI tlt ROmiÉB MABIS PAI MBSBIBUIS LES CHAMOIlfBS RÉftUUKBS BO GlAPItai Dt CSTTB iteLISB AV MOIS D*OCT0BRS DB L^Alf 1759.

(i) Notes de M. le vicomte Loui» de NeuvUle.

Au dessous, sont les armoiries du monastère.

La commune de Bellou a été agrandie par la réunion de la commune voisine de Bellouet, par ordonnance du 14 avril

DeFéleciion de Lisieux, sergenterie d*Orbec, cette localité comptait, il y a 100 ans, 62 feux on 300 habitants. On en compte aujourd'hui 320, y compris son annexe , de population au moins égale au XVIII* siècle. La dépopulation des campagnes est constante; mais elle atteint rarement une pareille proportion.

Le nom de Bellou est une corruption de celui de Berlou que portait , au Xir siècle , cette localité. Warin de Berlou vivait eu 1186. Guillaume de Bellou, chevalier, donna en 1215, à Tévêché de Lisieux, le droit de patronage de Téglise de Bellou; cette donation fut conGrmée, en 1250 , par Guillaume de Friardel, chevalier, seigneur de Bellou. La seigneurie de Bellou paraît s'être peu après fractionnée par parage en plusieurs membres de fiefs, dont un fut possédé par la maison du Merle et un autre par celle d'Âstin. Nicolasdu Merle, archidiacre de Lisieux, frère ou proche parent de Guy du Merle, évêque de cette ville de 1267 à 1285, fonda un obit dans cette cathédrale d'un tiers de la dîme de Bellou, à l'exception d'une rente de 15 livres constituée en obit pour Nicolas d'Astin , chevalier et frère de Foulques d'Astin, évêque de Lisieux, de 1250 à 1267. En 1469, uue portion du fief de Bellou était possédée par Gervais Fourmentin et une autre par Guillaume Michel. La famille Michel, nommée aussi Le Michel , ne tarda pas à réunir entre ses mains la totalité de la seigneurie de Bellou. Ce fut un membre de cette famille qui y fil construire, dans le cours du XV[« siècle, le manoir actuel , uue des constructions en bois les plus considérables de la contrée , et dont M. Bouet a fait un excellent dessin (voir la page suivante): la façade septentrionale.

coiistruite en pierre jusqu*à la hauteur du premier étage ^ est flanquée de deux tourelles rondes d'un très-bon effet; à peu de distance se voit un colombier ancien , d*un aspect pittoresque, que surmonlent de beaux épis en poterie; ce manoir paraît avoir été autrefois entouré de douves. La terre de Bclloa a passé , au siècle dernier, de la famille Le Michel à celle de La Fallu ; M""*' la marquise de Mirville, née de La Fallu, Ta laissée à M'"'' Hocquart, sa fille.

Fhilippe Le Michel, sieur de Bellou, et Fhilippe Bardy , sieur de Chanvallon, firent preuve de noblesse à Bellou, dans la recherche de 1666. Gabriel Le Michel, sieur du Hamel, et François Le Michel, moins heureux , furent condamnés par M. de Marié.

BELLOU ET.

Cette ancienne paroisse s*est d*abord nommée BerlooeL Le patronage appartenait à Tévêque de Lisieux. Après ia réunion de Bcllouet à la commune de Bellou, son église a été complètement rasée , malgré la résistance des habiunts qui ne put être vaincue que par la force publique.

Sous le règne de Philippe-Auguste , Hugues Faynel était seigneur de Bellouet. Celte terre paraît avoir été possédée depuis par la famille d'Astin, puis par celle de Lisores. Jeanne de Lisores épousa Jean de Cintray , seigneur de Bellouet et de Friardcl, en l/j31. En 1569, la seigneurie de Bellouet appartenait encore à ia famille de Cintray ; mais elle fut portée peu après dans une branche de la famille de Bonnechose, par le ihariage de Charles de Bounechose avec Marie de Cintray , dame de Bellouet Son arrière-pelit-fils, Claude de Bonnechose, sieur de Bellouet, épousa, en 1697, Marie de Lyée de Tonancourt , dont il eut un fils, Étienne-Louis de Bonnechose, sieur de Bellouet , mort sans postdrilé , et une fille

CAKTOM m; WVAHOT,

mariée à Jean Lambert , sieur de JanviUe. De ce mariage, naquit Ghades Lambert, sieur de Bellonet, conseiller au Parlement de Normandie , et Charlotte-Jeanne Lambert de Janfille, mariée à Pierre Labbey de La Roque, sieur de la Boissière et d'Écajeul, dont une des filles^ Marie-Charlotte Labbey de La Roque épousa Auguste de Lyée de Belleau. La terre de Bellouet, récemment possédée par Al. de Lyée de Belieau, a été laissée par lui à M"''' de Fontenay, sa ûlle. Elle vient d*être vendue. Le manoir de Bellouet, d'ailleurs peu ancien , n'offre rien qui mérite l'attention.

Manoir de Cintray, — Il n'en est pas de même d'an charmant petit manoir datant du XV" siècle ou des premières années du XVP , et connu sous le nom de manoir de Cintray. Ce fut, sans doute, la résidence de quelqnes-uns des seigneurs de Bellouet, du nom de Cintray; puis, après l'extinction de la branche aînée de cette famiUe, le sî^ d'une branche cadette qui y subsistait encore au commencement du siècle dernier. Charles de Cintray , sieur du Mlont, fit preuve d'ancienne noblesse à Bellouet, en 1666.

Le manoir de Cintray , situé sur la pente et presque au fond d'un étroit vallon, est, malgré l'extrême exiguité de ses proportions indiquées par ce plan (A) , remarquable par l'élégance et la recherche de son ornementation. Il est construit en bois, complètement sculpté avec un goût exquis. De gracieux rinceaux se profilent le long de toutes les pièces de charpente; des fleurs et des feuillages couvrent l'encorbellement des sablières; de nombreux écussons décorent les poteaux : les volets des fenêtres ont été chargés de sculptures , aussi profondément fouillées qae celles des plus beaux bahuts de cette époque. Malheureusement ce bijou de l'art ogival flamboyant a

beaucoup souffert des injures du temps , et la main de rhomme s'y est jointe à Tépoque de la Révolution en faisant disparaître , par un grattage systématique , les armoiries de ses nombreux écussons. Tel qu*ii est , le manoir de Cintray reste un des édiCces les plus curieux de la contrée , et mérite , de la part des archéologues , un examen approfondi, n

SERRURE DU MAIfO» DE CINTRAY.

 Bellouet se trouvait aussi le fief de la Houssaye, qui devint, à la fin du XV" siècle , la propriété de la f^pille de Boctey, par le mariage de Jean Le Boctey avec Guillemette Berthelot, dame de la Houssaye. Cette terre appartenait encore à la même famille dans le cours du XVIP siècle.

COURSOX.

Goarson , Courchon , Corcon , Curson.

Courson possédait deux églises , constraites dans le même cimetière, et qui n^éiaieot séparées Tune de l'autre que par une allée de 20 pieds environ. L'une d'elles, dédiée à saint Pierre, a été démolie en 18^6. Toutes les ouvertures paraissaient dater du XVIP ou du X\UV siècle ; cependant il ne serait pas impossible que les murs fussent plus anciens. Le clocher était as»s sur le portail , à l'ouest. On a transporté la cloche dans l'église voisine. Le roi nommait à la cure, à la représentation du duc de Normandie. La population était d'environ 300 habitants (62 feux). Cette paroisse était comprise dans l'élection de Lisieux, sergenterie d'Orbec; elle relevait, pour les matières ecclésiastiques, du doyenné de Livanrt.

L'église de Notre-D^me, comprise aussi dans le doyenné de Livarot 9 subsiste encore. Elle remonte, dans ses parties les plus anciennes, à la fin du \IV siècle; mais on y a exécuté, après la démolition de St-Pierre, des travaux d'agrandissement tout-à-fait déplqrables. Le portail occidental , flanqué de quatre contreforts à denx retraites avec une porte en accolade , date du XV« siècle. Le clocher en charpente qui le surmonte est de la même époque. Le mor méridional de la nef appartient aussi , avec toutes ses ouver* tures, moins une, au style flamboyant Le mur du nord et ses fenêtres sont du style de transition : on y a ajouté , ao XV siècle , des contreforts à deux retraites. Le chœur est moderne-

Les voûtes sont en merrain, avec charpentes apparentes.

Le rétable da maître-aatel remonte an règne de Loais XIV; maïs le tombeau a été refait sous Louis XV.

Les deux cloches datent du XYI* siècle, et leurs inscriptions , bien que déjà publiées par M. le docteur BiUon , dans son Épigraphie campanaire^ méritent de trouver place ici.

Cloche de Notre-Dame :

f LAN 4595 IBBAll GALLET PBB* CVSi DE CEANS { CATHERINE DE NEVFVILLE r* DV S' DES MAIGNIENS f ET MABCVBBITE F* DE JEHAN XABTE.

' Cloche de St-Pierre :

lE FUST FAICTB EN LAN MIL T* LI POCB N06TRB DAME DE COURSON lESUS MABIA AU MOTS DE HAT NOUS FUMMES FAICTBS. BOGIBB FABBAT • HA FAICTB.

La paroisse, comprenant 170 feux ou 850 habitants, faisait partie de Téleclion de Lisieux , sergenteric d*Orbec La population actuelle de Courson est de 871 habitants. Elle a donc perdu près de 300 âmes depuis cent ans, comme il est facile de le voir paroles chiffres que nous avons donnés.

Cette commune , dit M. de Neuville , celle du canton qui possède le territoire le plus étendu, a été formée de l'adjonction de la petite commune de St-Pierre-de -Courson à celle beaucoup plus considérable de Notre-Damc-de-Courson, par ordonnance du U décembre 1831. Du reste, le même village servait de centre aux deux communes, et leurs églises, presque contiguês, produisaient de loin l'effet le plus pittoresque. On a malheureusement rasé , il y a peu d'années , l'église de St-Pierre pour en employer la valeur k rebâtir le chœur de l'église de Notre-Dame dans le goût le plus déplorable: Courson est, de tout le pays environnant, le lieu le plus anciennement mentionné, puisqu'il fut du nombre des terres

données à l'abbaye de Sl-Germain-des-Prés par Wandemir, seigneur Franc , et Ercambcrte , sa femme , par charte en date de Tan 690. Cette donation cessa, d*aiUeurs, d'avoir effet par suite de la conquête de la province par les Normands.

Le droit de présentation à la cure de Notre-Dame-de- Gourson appartenait à l'église cathédrale de Lisîeux depuis la donation qui lui en fut faite, en 1213, par Guillaume de Tonancourt, donation ratifiée^ en 1225, par Hubert de Gourson, chevalier, seigneur de ce lieu. Celui-ci descendait, sans doute , de Robert de Gourson, un des compagnons de Guillaume-le-Conquérant , dont le nom se retrouve dans les pages du Doornsday-Book. Cette famille de Gourson s'éteignit bientôt. Nous ignorons quels furent ses successeurs immédiats ; mais, en ih2S , Jean de Neuville était seigneur de Gourson. Il était issu de la même souche , mais d'une autre branche que les seigneurs des Loges ; ses descendants possédèrent la terre de Gourson , de père en fils, jusqu'en 1662, que Gabriel de Neuville , sieur de Gourson , étant mort sans postérité , sa succession fut recueillie par ses cinq tantes , Barbe, Marguerite, Florence, Chariotie et Renée de Neuville , mariées , la première , à Louis Le Prévost , sieur de Perrières ; la seconde , à Denis de Pommelin, et la troisième, à Jean Le Loutrel, sieur du Pommier Enté. Elles vendirent la terre de Gourson, en 1663, à Nicolas du Houlley, conseiller au Parlement de Normandie; celui-ci étant mort en 1682 eut pour héritier son neveu, Adrien du Houlley, seigneur de Courtonne et de Gourson, qui mourut au manoir de Gourson, en 1224, laissant pour héritière sa fille Cécile- Adrienne du Houlley , mariée, en 1714, à Nicolas Rioult, seigneur de Neuville, Ouilly et Belleau-Vauxmeslin. La famille Rioult de Neuville a possédé depuis la terre de Gourson, mais le manoir et une partie des domaines sont sortis de ses mains en 1797.

CANTON DE UVAHOT. 733

La seigneurie de Gourson releTait de la baronnie de Ferrières et elle avait elle-même dans sa mouvance les fiefe de Poix à Prêtreville et St-Mards-de-Fresnes ; de Lortier, à AnquainviUe ; de la Gauvinière, des Hayes et de Gedouet , à Gourson.

Manoir de Caurson. — Le manoir de Gourson est une construction en bois assez singulière, et qui parait dater de la fin du XV* ou du commencement du XVP siècle : une tourelle de forme bizarre , recouverte en essente , se remarque du côté du nord. Gelte construction s'appuie, à son extrémité orientale, sur un vieux mur en pierre et cailloutis d'une grande épaisseur et qui est, sans doufe, un reste d'une construction plus ancienne. Nous pouvons constater ici qae nos plus anciens manoirs en bois ont quelquefois remplacé des édifices construits en pierre ou cailloutis, mais auxquels la mauvaise qualité des mortiers employés dans ce canton n'a pas donné la durée qui est ordinairement le partage des anciennes maçonneries de ce genre.

Mais la paroisse de Gourson* renferme le modèle le plus re^ marquable et le plus connu des vieilles constructions en bois du Pays-d'Âuge dans le charmant manoir de Belleau-la- GhapeUe, situé à 2 kilomètres du village de Gourson et à peu de distance de la route de Livarot.

Manoir de BeUeau.^(^Le manoir deBelleau.ditM. Pannier, « offre deux belles façades couvertes de bas-reliefs, d'arabesques « et d'écussons sur lesquelles le ciseau naïf du sculpteur s'est « plu à reproduire tous les caprices de son imagination. Sur « l'encorbellement du rez-de-chaussée de la façade méri- « dionale est représentée une chasse au cerf, dont les diffé- 0 rents épisodes sont retracés avec cette naïveté charmante « qui caractérise les œuvres des artistes de la dernière pé- « riode ogivale. Dans sa simplicité, l'artiste, manquant de

73/i STATISTIQUE MONUMEî^TALE DU CALVADOS.

(( bautei/r pour placer ses ûgures debout, a levé cette petite (( difficulté eu mettant tout bonnemeut à plat ventre les

tt chasseurs et piqueurs qui poursuivent la bête. Parmi les (( curieux bas-reliefs qui décorent les poteaux ou piedsci droits , ou remarque Adam et Eve au pied de Farbre de la (( science du bien et du mal. Eve tient dans ses mains nne « pomme. Â travers le feuillage apparaît le serpent à tête (( humaine , qui se réjouit malicieusement d'avoir trompé la • première femme. La sablière, couverte de gracieux rina ceaux , se termine à ses extrémités par des têtes de (( monstres grimaçantes, auxquelles les archéologues oal « donné les noms significatifs de rageurs et avales-poutres, 0 Les potelets qui garnissent les colombi^es sont décorés de (( légers contreforts surmontés de pinacles. Les tuiles in- (( clinées, placées entre les 0 colombages , étaient de « deux couleurs différentes , ^^ rouges et noires , alternant « enlr*elles.

« Deux jolies portes à arc >^.

« surbaissé, flanquées de gra-

« cieux contreforts et surmontée^ d'ogives en accolade . « s'ouvrent vers les extrémités de la façade. L'étage supé- « rieur , construit en encorbellement , est surmonté de trois « belles lucarnes festonnées qui font saillie sur le toit.

« En démolissant un petit bâtiment en charpente adossé

<( contre la façade septentrionale , on a mis à découvert un a ba$-relief dont M. Bouet a fait un dessin. Ce bas-relief^ « parfaltenaent conservé , représente deux oiseaux fantasc tiques buvant dans un vase dont la forme est celle «L d'un calice. Les cous de ces oiseaux, que Ton pourrait « prendre, à prejuière vue, pour des cygnes, sont passés « dans une couronne formant collier. Une jolie tourelle « octogone , renfermant Tescalier, e&t appliquée contre cette a façade où était placée autrefois l'entrée « principale. Une « galerie , à gauche de l'escalier , précède les pièces du reztt de-chaussée , dont les poutres saillantes éuient autrefois « couvertes de peintures. » Nous donnons , page suivante , le plan du château de Belleau.

d Parmi les armoiries qui décorent l'une des façades , « nous avons remarqué celles de Bretagne, un écusson « chargé d hermines, qui fixe la date de ce manoir, l'un (( des plus curieux spécimens des constructions en bois a élevées sous le règne de Louis XIL »

Toutes les sculptures du premier étage sont empruntées au règne végétal II s'y trouve aussi un grand nombre de blasons qui méritent d'être étudiés ; car, sans nul doute, c'est Farbre généalogique du membre de la famille de Lyée à qui est due la construction de celte splendide demeure.

Trois belles lucarnes à bordures dentelées mouvementent les grands combles. Leur poinçon porte la salamandre , indice certain que leur construction date du règne de François P'.

La décoration n'est pas moins riche du côté opposé. Blasons, rinceaux grotesques , oiseaux , quadrupèdes , masques humains s*y disputent les sablières , les potelets , les poteaux d'huisserie , les poteaux corniers et les linteaux des baies.

Parmi les blasons , nous en avons remarqué deux , r^un portant la panetière et les coquilles de saint Jacques , avec

CAîîTON DE LIVAROT. 737

le bourdon et un bâton croté en santoîr ; l'aotre» des outîb de charpentier accompagnés des lettres fMX

Le fief de BelIeaa-h-Gbapdle » monvaDt de la seignenrie de Garel , est entré dans la famille de Lyée par le mariage d0 Robert de Lyée, seigneur de Tonancoart, avec Perrette de BeUeao, dame de Beilean et de la Fosse, Tan 1&26. Depuis cette époque , cette terre n'a cessé d'appartenir à leurs descendants. Après la mort, survenue en 1505, de Robert de Lyée , petit-fils du précédent et sieur de Lyée , Tonancoort , Belleau, la Fosse , le Goodray et Heurtevent, le fief de Belleau tomba en parUge à René de Lyée , l'un des quatre fils qu'il avait eus de son mariage a?ec Gatberine de Querville. G'est probablement de cette époque que date la construction du manoir. On trouve Cependant sur un des écussons qui le décorent les armes de Marie de Marudnville, dame de Bigars-sur-Risle,*que René de Lyée épousa en 1518 : mais il y a lieu de croire que cet écussôn, laissé brut au moment de la construction , fut blasonoé après coup par l'ouvrier. Le manoir de Belleau, si digne de l'intérêt des amis des arts comme de ceux du pittoresque , était encore il y a peu de temps la résidence de la famille de Lyée de Belleau; mais, à la suite d'un projet de restauration qui n'a pas encore reçu son exécution , il a cessé d'être habité et.

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans un état précaire qui ins[Mre des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu'il se propose de le faire consolider , et nous espérons que ce charmant manoir continuera à faire l'ornement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d'un autre âge. Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre un sol rapidement incliné: un colombier aussi ancien que la maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se trouve aussi une chapelle du XVP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive , a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la vallée, on voit un château du XYII*' siècle en pierre et brique : c'est uu autre Belleau, distingué du premier par le surnom de Bellcau'Belleau. Ce fut sans doute dans l'origine une i)ortioii du même fief, séparée depuis par un parage; elle est restée dans l'ancienne famille de Belleau , tandis que l'autre frag* ment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belleau msiit en lt8/i; sa descendance s'est éteinte, de nos jours , dans la personne de M. de Belleau-Courlonne; mais celui-ci appartenait à une autre branche de la même famille : celle de Bellean-Belleau n'a (fiis survécu à la première moitié da siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval etr d'Apremont, qui l'a revendue il y a peu d'années. Le château, d'aiUeurs bien construit, est d'un intérêt médiocre, de même qu'une petite cbapeUe qui se trouve à peu de distance.

Le manoir de la Cauvinière, situé dans la plaine qui s'étend du côté de Cemay, n'offre guère plus d'intérêt , quoique plus ancien. Le fief de la Cauvinière appartenait, eo l/i69, à Jean du Yieu; il entra dans la famille Deshayes,

en 1520, par le mariage d*Âlix da Vieu avec Pierre Deshayes, seigneur de la Chapelle- Yvon : celai-ci est Tauteur des Oeshayes de Formai, de Gassart et de Launay : c'est TaÎDée de ces branches , celle de For?al , qui a possédé la terre de la Gauvinière jusqu'au milieu du siècle dernier, et a porté le titre de baron de la Gauvinière. Cette terre a appartenu depuis à la famille Riquier » puis à la famille Bibard, qui en est encore propriétaire.

Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de Courson qui se rapproche de celui de Préaux. Il a longtemps appartenu à la famille Deshayes. Ce fief a passé depuis dans la famille de Mailloc des Éteux, et il fut vendu, en 176(i, par Nicolas-François de Mailloc, seigneur de Familly. Il s'y trouvait une chapelle , dite la chapelle des Hayes.

Le fief de Pohyer^ situé entre Courson et Bellou, a appartenu, en 1469, à Nicole Huet, prêtre, et aux XYP et XVII* siècles à la famille Le Michel , qui possédait la seigneurie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jacqueline de Malherbe , fille de Guillaume de Malherbe» sieur du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel, sieur de Bellou, sous le règne de Louis XIL ^

Signalons encore à Courson le manoir de Beyviile, aujourd'hui dépendant de la terre de Belleau, et qui a appartenu , depuis le XYI* siècle jusqu'à nos jours , à la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Yalsery» encore subsistant , et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Yoici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Damede-Courson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Yalsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Charles de Belleau, sieur de CanapviUe, tutrice de François et Charles de Belleau, ses fils ; Jean-Baptiste Desbayes , sieur de la Gauvinière ;

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans on élat précaire qui inspire des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre dn Conseil général, nous affirme qu'il se propose de le faire consolider , et nons espérons que ce charmant manoir continaera à faire Tonement de la vallée dont le gracieux aspect paise on mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d'un antre Hge. Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre qb sol rapidement incliné : un colombier aussi ancien qœ b maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se troav% aussi une chapelle du XVP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive, a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la laflée. on voit un château du XYI^ siècle en pierre et briqoe: c'est iinauire lieJleau, distingué du premi^K ,...; ic .Li:i- Bellcau-lielloau. Ce fut sans doute dans Tongtiie une pofV du même fiuf, sï'^parie depuis par un prage; elle esl t* dans raHriemie famille de Belleau , tandis que rantreft* ment entrait dans In famille de Lyée, Guy de Bolloau Fiià en ItS^K 5a descendance s^est éteinte, de nos jours , ém»^ personne de M. de Beîïeau-Courloiïne; maïs celui-ci 3|f*^ tenait à une autre branche de la intime famille : ceO<^ ^ Belleau-Belleau n'a (fes survécu à la première imMè àti siècle dernier, La propriété a pas&é dans les mainn i^ ^ famille J)esliayes de Bouneval et d'Apremont^ qui ''a ^^ vendue il y a |x;u d'années. Le châtt^au , d* ailleurs hkii construit , est d'un iniCTét médiocre , de m<!me qu'une pct^t^ chapelle qui se trouve h peu de distance.

Le maiiotr de la Cauvinière, situé dans la i^b^ft? ^ s'étend du côté de Cernay» n'olln.^ quoique plus ancien. Le fief th' h CaiiViJii^ 1469, à iean du Vieu; ii enira

^Mi CANTON DE LIVAROT. 739

ilttt! en 1520, par le mariage d'Alix do Yîeu avec Pierre Des-

fffiOR hayes, seigneur de la Chapelle- Yvon : celai-ci est l'auteur

lUs des Desbayes de Forval, de Gassart et de Launay : c'est

nèi l'aînée de ces branches , celle de Forval , qui a possédé la

nâeii . terre de la Gauvinière jusqu'au milieu du siècle dernier, et a ^1^1 porté le titre de baron de la Cauvinière. Cette terre a appar-

j^^i, tenu depuis à la famille EUqoier , puis à la famille Bibard, qui

^^K en est encore propriétaire.

j^^ Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les

rg., Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de

Courson qui se rapproche de celui de Préaux. Il a longtemps appartenu à la famille Deshayes. Ce fief a passé depuis dans la famille de Mailloc des Éteux, et il fut vendu» en 1764, . , par Nicolas-François de Mailloc, seigneur de Familly. Il s'y

trouvait une chapelle , dite la chapelle des Hayes. ^ Le fief de Pohyer , situé entre Courson et Bellou, a appar-

'^ tenu, en l/iôQ, à Nicole Huet, prêtre, et aux XVP et

^ XYIP siècles à la famille Le Michel , qui possédait la sei-

'' gneorie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jac-

^ queline de Malherbe , fille de Guillaume de Malherbe» sieur

'^ du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel»

f^\ sieur de Bellou^ sous le règne de Louis XIL ^

^ Signalons encore à Courson le manoir de Beyville, aujour-

^'^ d'hui dépendant de la terre de Belleau» et qui a appartenu »

^ ^ depuis le XYI* siècle jusqu'à nos jours , à la famille Des-

bayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Yalsery, encore subslâlant , et qui a servi de résidence ci une branche de la famille de Bounechose* Voici, du reste, le nom des geiitilshonimes qui oui fait preuve de noblesse à Notre-Damede^our!>oQ, en 1666 : Thomas de Ooonechose, sieur de ; [^largu^tG de Nourry, veuve de Charles de Belleau, îde CanspvlBe, tutrice de François et Charles de Belleau, fiK* itAn^^Baptîste Des2iâ|es^ sieur de la Cauvinière;

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans on état précaire qui inspire des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu'il se propose de le faire consolider , et nous espérons que ce charmant manoir continuera à faire Tomement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d'un autra âge* Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre un sol rapidement incliné: un colombier aussi ancien que la maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se trouve aussi une chapelle du XVP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive , a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la vaHée, on voit un château du XViP siècle en pierre et brique : c'est un autre fielleau, distingué du premier par le surnom de Beileau-Belleau. Ce fut sans doute dans l'origine une portion du même fief, séparée depuis par un parage; elle est restée dans l'ancienne famille de Belieau , tandis que l'autre fragment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belieau vivait en li8/i; sa descendavce s'est éteinte, de nos jours , dans h personne de M. de Belleau-Courtonne; mais celui-ci appartenait à une autre branche de la même famille : celle de Beileau-Belleau n'a ^s survécu à la première moitié da siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval ec d'Apremont, qui l'a revendue il y a peu d'années. Le château, d'ailleurs bien construit, est d'un intérêt médiocre, de même qu'une peb'te chapelle qui se trouve à peu de distance.

Le manoir de la Cauvinière, situé dans la plaine qui s'étend du côté de Cemay, n'offre guèi'e plus d'intérêt , quoique plus ancien. Le fief de la Cauvinière appartenait, en i&69, à Jean du Yieu; il entra dans la famille Deshayes,

eD 1520, par le mariage d*Alix da Yieu avec Pierre Desbayes, seigneur de la Gbapelle-Yvon : celui-ci est l'auteur des Deshayes de Fonral, de Gassart et de Launay : c'est l'aînée de ces branches, celle de Forval, qui a possédé la terre de la Gauvinière jusqu'au milieu du siècle dernier, et a porté le titre de baron de la Gauvinière. Gette terre a appartenu depuis à la famille Riquier , puis à la famille Bibard, qui en est encore propriétaire.

Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de Gourson qui se rapproche de celui de Préaux. 11 a longtemps appartenu à la famille Deshayes. Ge fief a passé depuis dans la famille de Mailioc des Éteux, et il fut vendu, en 1764, par Nicolas-François de Mailioc, seigneur de Familly. Il s'y trouvait une chapelle , dite la chapelle des Hayes.

Le fief de Pobyer^ situé entre Gourson et Bellou, a appartenu, en 1469, à Nicole Huet, prêtre, et aux XVI* et XYIP siècles à la famille Le Michel , qui possédait la seigneurie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jacqueline de Malherbe , fille de Guillaume de Malherbe» sieur du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel, sieur de Bellou^ sous le règne de Louis XIL ^

Signalons encore à Gourson le manoir de Beyville, aujourd'hui dépendant de la terre de Belleau, et qui a appartenu, depuis le XYI* siècle jusqu'à nos jours , à la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Yalsery, encore subsistant , et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Voici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Damede-Gourson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Valsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Gbarles de Belleau, sieur de GanapviUe, tutrice de François et Gbarles de Belleau, ses fils; Jean-Baptiste Deshayes^ sieur de la Gauvinière;

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans un état précaire qni inspire des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu'il se propose de le faire consolider , et nous espérons que ce charmant manoir continuera à faire Tomement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieui restes d'un antœ âge. Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre oa sol rapidement incliné: un colombier aussi ancien que la maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se trouve aussi une chapelle du XYP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive , a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la vallée, on voit un château du XYII'' siècle en pierre et brique : c'est uu autre fielleau, distingué du premier par le surnom de Belleau-Belleau. Ce fut sans doute dans l'origine une poitiao du même fief, séparée depuis par un parage; elle est restée dans l'ancienne famille de Belleau , tandis que l'autre fragment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belleau vivait en 118/1 ; sa descendance s'est éteinte, de nos jours , dans la personne de M. de Belleau-Courtonne; mais celui-ci appartenait à une autre branche de la même famille : celle de Belleau-Belleau n'a (Ibs survécu à la première moitié du siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont, qui l'a revendue il y a peu d'années. Le château, d'ailleurs bieD construit, est d'un intérêt médiocre, de même qu'une petite chapelle qui se trouve à peu de distance.

Le manoir de la Cauvinière, situé dans la plaine qai s'étend du côté de Cernay, n'offre guère plus d'intérêt , quoique plus ancien. Le fief de la Cauvinière appartenait, en 1&69, à Jean du Vieu; il entra dans ta famille Deshayes,

CANTON DE UVAROT. 739

en 1520, par le mariage d*Alix da Yieu avec Pierre Desbayes, seigneur de la Gbapelie-Yvon : celui-ci est l'auteur des Desbayes de Fonral, de Gassart et de Launay : c'est l'atnée de ces brancbes, celle de For?al, qui a possédé la terre de la Gauvinière jusqu'au milieu du siècle dernier, et a porté le titre de baron de la Gauvinière. Gette terre a appartenu depuis à la famille Riquier , puis à la famille Bibard, qui en est encore propriétaire.

Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de Gourson qui se rapprocbe de celui de Préaux. Il a longtemps appartenu à la famille Desbayes. Ge fief a passé depuis dans la famille de Mailioc des Éteux, et il fut vendu, en 176/i, par Nicolas-François de Mailioc, seigneur de Familly. Il s'y trouvait une cbapelle , dite la chapelle des Hayes.

Le fief de Pobyer^ situé entre Gourson et Bellou, a appartenu, en 1&69, à Nicole Huet, prêtre, et aux XVP et XYIP siècles à la famille Le Michel , qui possédait la seigneurie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jacqueline de Malherbe , fille de Guillaume de Malherbe» sieur du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel, sieur de Bellou^ sous le règne de Louis XII. ^

Signalons encore à Gourson le manoir de Beyville, aujourd'hui dépendant de la terre de Belleau» et qui a appartenu « depuis le XYI* siècle jusqu'à nos jours , à la famille Desbayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Yalsery^ encore subsistant , et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Yoici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Damede-Gourson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Yalsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Gharles de Belleau, sieur de Ganapville, tutrice de François et Gharles de Belleau, ses fils ; Jean-Baptiste Deshayes , sieur de la Gauvinière ;

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans on état précaire qui inspire des craintes pour sa conservation. Cependant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu'il se propose de le faire consolider , et nous espérons que ce charmant manoir continuera à faire Fomement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d'un antre âge. Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre on sol rapidement incliné: un colombier aussi ancien que la maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se trouve aussi une chapelle du XYP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive , a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la vallée, on voit un château du XYII*" siècle en pierre et brique : c'est un autre fielleau, distingué du premier par le surnom de Belleau-Belleau. Ce fut sans doute dans l'origine une porticui do même fief, séparée depuis par un parage; elle est restée dans l'ancienne famille de Belieau , tandis que l'autre fragment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belieau vivait en 118/1 ; sa descendavce s'est éteinte, de nos jours , dans la personne de M. de BeUeau-Courtonne ; mais celui-ci appartenait à une autre branche de la même famille : celle de Belleao-Belleau n'a (fes survécu à la première moitié do siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont, qui l'a revendue il y a peu d'années. Le château, d'ailleurs bien construit, est d'un intérêt médiocre, de même qu'une petite chapelle qui se trouve à peu de distance.

Le manoir de la Cauvinière, situé dans la plaine qui s'étend du côté de Cemay, n'offre guèra plus d'intérêt , quoique plus ancien. Le fief de la Cauvinière appartenait, en H69, à Jean du Vieu; il entra dans la famille Deshayes,

CANTON DE UVAROT. 739

eD 1520» par le mariage d*Alix da Yieo avec Pierre Desbayes, seigneur de la Ghapelle-Yvon : celui-ci est l'auteur des Deshayes de Foryal, de Gassart et de Launay : c'est l'aînée de ces branches, celle de Forval, qui a possédé la terre de la Gauvinière jusqu'au milieu du siècle dernier, et a porté le titre de baron de la Gauvinière. Gette terre a appartenu depuis à la famille Riquier , puis à la famille Bibard, qui en est encore propriétaire.

Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de Gourson qui se rapproche de celui de Préaux. Il a longtemps appartenu à la famille Deshayes. Ge fief a passé depuis dans la famille de IVlailioc des Éteux, et il fut vendu, en 176&, par Nicolas-François de H^lailloc, seigneur de Familly. 11 s'y trouvait une chapelle , dite la chapelle des Hayes.

Le fief de Pohyer^ situé entre Gourson et Bellou, a appartenu, en l/»69, à Nicole Huet, prêtre, et aux XVP et XYIP siècles à la famille Le Michel , qui possédait la seigneurie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jacqueline de Malherbe , fille de Guillaume de Malherbe» sieur du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel, sieur de Bellou^ sous le règne de Louis XIL ^

Signalons encore à Gourson le manoir de Beyville, aujourd'hui dépendant de la terre de Belleau, et qui a appartenu , depuis le XYI* siècle jusqu'à nos jours , à la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Yalsery, encore subsistant , et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Yoici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Damede-Gourson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Yalsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Gharles de Belleau, sieur de Ganapville, tutrice de François et Gharles de Belleau, ses fils ; Jean-Baptiste Deshayes » sieur de la Gauvinière ;

les intérieurs en ayant été démontés , il est resté dans on étal précaire qui inspire des craintes pour sa conservation. Ce* pendant M. de Lyée, membre du Conseil général, nous affirme qu*il se propose de le faire consolider , et noos espérons que ce charmant manoir continuera à faire reniement de la vallée dont le gracieux aspect puise un mérite de plus dans la présence de ces vieux restes d'un antre âge. Derrière le manoir, une jolie futaie couvre de son ombre m sol rapidement incliné : un colombier aussi anden qae h maison elle-même l'accompagne. A quelques pas se Ut)Ove aussi une chapelle du XVP siècle qui ne manque pas d'intérêt, mais qui ayant perdu sa destination primitive , a souffert dans son ornementation.

Presque en face de ce manoir, de l'autre côté de la vallée, on voit un château du XVIP siècle en pierre et brique : c'est un autre Belleau, distingué du premier par le surnom de Bellcau-Belleau. Ce fut sans doute dans l'origine une portion du même fief, séparée depuis par un parage ; elle est restée dans l'ancienne famille de Belleau , tandis que l'autre fragment entrait dans la famille de Lyée. Guy de Belleau vivait en If 8ii; sa descendaice s'est éteinte, de dos jours , dans b personne de M. de Belleau-Gourlonne; mais celui-ci appartenait à une autre branche de la même famille : celle de Belieau-Belleau n'a (ftis survécu à la première moitié do siècle dernier. La propriété a passé dans les mains de la famille Deshayes de Bonneval e^ d'Apremont, qui Ta revendue il y a peu d'années. Le château , d'ailleurs bien construit, est d'un intérêt médiocre, de môme qu'une pedte chapeDe qui se trouve à peu de distance.

Le manoir de la Gauvinière, situé dans la plaine qui s'étend du côté de Gemay, n'offre guère plus d'intérêt, quoique plus ancien. Le fief de la Gauvinière appartenait, en li^69, à Jean du Yieu; il entra dans la famille Deshayes.

e& 1520, par le mariage d'Alix do Vieu avec Pierre Desbayes, seîgnear de la Cbapelle-Yvon : celai-ci est Tautear des Deshayes de Forval, de Gassart et de Laanay : c'est Taloée de ces branches, celle de Forval, qai a possédé la terre de la Gauvinière jasqu'au milieu du siècle dernier, et a porté le titre de iMiron de la Gauvinière. Cette terre a appartenu depuis à la famille Riquier , puis à la famille Bibard, qui en est encore propriétaire.

Le fief des Hayes, autrefois nommé les Grandes et les Petites-Hayes , s'étendait dans la partie du territoire de Gourson qui se rapproche de celui de Préaux. Il a longtemps appartenu à la famille Deshayes. Ge fief a passé depuis dans la famille de Mailloc des Éteux, et il fut vendu, en 176/i, par Nicolas-François de Mailloc, seigneur de Familiy. 11 s'y trouvait une chapelle , dite la chapelle des Hayes.

Le fief de Pohyer^ situé entre Gourson et Bellou, a appartenu, en 1&69, à Nicole Huet, prêtre, et aux XVI* et XYIP siècles à la famille Le Michel , qui possédait la seigneurie de Bellou. Il lui fut porté par le mariage de Jacr queline de Malherbe , fille de GuiUaume de Malherbe» sieur du Bouillon, et de Robinette de Grieu , avec Denis Michel» sieur de Bellou^ sous le règne de Louis XIL ^

Signalons encore à Gourson le manoir de Beyville, aujourd'hui dépendant de la terre de Belleau, et qui a appartenu, depuis le XVP siècle jusqu'à nos jours , à la famille Deshayes de Bonneval et d'Apremont ; puis le manoir de Valsery» encore subsistant , et qui a servi de résidence à une branche de la famille de Bonnechose. Voici, du reste, le nom des gentilshommes qui ont fait preuve de noblesse à Notre-Damede-Gourson, en 1666 : Thomas de Bonnechose, sieur de Valsery ; Marguerite de Nourry, veuve de Gharles de Belleau, sieur de Ganapville, tutrice de François et Gharles de Belleau, ses fils ; Jean-Baptiste Deshayes ^ sieur de la Gauvinière ;

Philippe Ueshayes , muis de Be^ille ; Jeao Le Mich«l , de U Babouelle , et Guillaume de Lyée. sîeur de BeUeau.

LBS MOUTlEBS-HUBBaT (t).

Les l^louliers-Huberi , Monastenum Huberti.

Le nom de cette |)aroisse indique une origine monastique; et peut-être faut-il regarder comme le continuateur du monastère mérovingien ou carlovingîcn, Fhumble prieuré de Notre-Oame-des-Houlettes, dépendant de I*abbaye de Hambie , qui subsistait encore à la fin du dernier siècle sur la lisière du Buisson-Pesnel , autrement forêt de Montiers-Hubert.

Le prieur des Houlettes avait droit d'herbage pour douze vaches et un taureau , dans la forêt.

L*église paroissiale , sous Tinvocation de saint Martin , remonte à la période romane pour tout le gros œuvre. Ao sad comme au nord , au chœur comme à la nef, on constate parfaitement les caractères de cette époque: appareil en feuilles de fougère, contreforts plats. Toutefois , aucune des ouvertures ne date de la construction primitive. I^ fenêtre du chevet est à «lancette. Les fenêtres latérales du chœar sont modernes. Pour la nef ^ au nord , Tunique fenêtre est «ne baie carrée du XVI' siècle. Les ouvertures pratiquées dans le mur du sud sont ogivales flamboyantes. Les contreforts ont été ajoutés en même temps. La partie supérieure du portail, à l'ouest, est revêtue d'cssente. La base seule est en pierre , et tous les caractères accusent le XYI' siècle. Le docher est assis è l'extrémité orientale de la nef. Il doit dater du XV» ou XVP siècle.

(i) Notes de M. Charles^qsaeujr.

CA^TON DE LlVAliOT. 1kl

On le vdîl, cette église est peihe et fort ordinaire à Textériéur j ït^aid nmériettr présente un grand Intérêt. Elle est

CHEVET DK L'éCLISF. DB HOUTIEBS-HUBUlT.

la senle que nous connaissions jusqu'à présent dans Tarrohdissenient de Lisieux , où Ton irouve des vestiges bien conservés de peintures murales anciennes.

(^cs peintures occupent le tympan qui surmonte Tare triomphal et représentent le Christ sortant triomphant du tombeau , la tête entourée du nimbe crucifère et la main droite bénissante » tandis que la gauche soutient la croix de Résurrection. Cette peinture a du style. Malheureusement elle est, en grande partie, masquée par les dais des deux petits autels.

Ces dais, eui-mémes, méritent l'attention. Avec celui qui

ombrage le cracifix, ilsformeot un ensemble bien entends et qa*on rencontre rarement. Leur exécution ne remonte qn'aa XVP siècle ( V. la page suivante }.

Chacun de ces baldaquins offre la forme d'un quart de cercle , terminé par une petite galerie flamboyante évîdée à jour , reliée par de petits pinacles que supportent des têtes d'anges. Il s'appuie sur un lambris qui forme rétable. Cette surface curviligne a été couverte de peintures. L'autel dn sud n'en laisse plus voir que des vestiges inappréciables. Le sujet en était sans doute tiré de la Vie de saint Martin » patron de l'église, auquel il devait être consacré selon l'usage. L'autel du nord est encore assez bien conservé. 11 représente le couronnement de la Vierge. Les franges des vêtements des trois personnages (le Christ, Marie et le Père-Étemel] sont chargées d'inscriptions tirées de l'Écriture et en rapport avec le sujet. Le dais qui abrite le crucifix, la Vierge et saint Jean , au-dessus de Tare triomphal, est garni des instromenis de la Passion et de quelques scènes corrélatives ; mais la conservation laisse beaucoup à désiren

Je n'ai pas la prétention de donner une idée suflbante de l'effet et de la valeur de cette décoration par la description qui précède : il faudrait des dessins à une assez grande échelle. Alors , on pourrait se convaincre que les décorations adoptées par nos ancêtres parlaient plus è l'esprit et à l'imagination que les misérables pastiches dont on est si engoué aujourd'hui.

L'église de Moûtiers-Hubert n'a plus de desservant. C'est certainement à cette circonstance qu'on doit ia conservation des précieux objets d'art qu'elle renferme.

La table primitive de l'autel de la Vierge subsiste encore, emprisonnée sous la charpente de l'autel moderne. C'est un cube de pierre, autour duquel court une riche garniture de

ABC TMOMPHAL ET UN DES PETITS AUTELS DE l'ÉGLISE DE HODTIERS-HUBERT,

IkU STATISTIQUE MONDIIENTALB IHI CALVADOS.

fenilles frisées. On y constate aussi des traces de peiDtare à la cire. Tous les caractères sont ceux du XVP siècle.

Le mattre-autel du chœur porte la date de 1668, et il a tons les caractères des hauts-rétables de cette époque , sans être un travail hors ligne. Les sièges du chœur sont andens, c'est-à-dire du XVP siècle. Ce sont des bancs à panoeaox plissés ou à balustres , avec un simple fauteuil de bois pour le célébrant ; point de stalles. On peut voir là encore no modèle pour disposer liturgiqnement un chœur d'égUse mrale ; mais il pourrait se faire que les curés actuels n*y troavassent pas assez d'effet.

On doit signaler encore, dans une des fenêtres fliOH boyantes du sud » quelques fragments de vitraux : une Cmcifixion et un Âgnus Dei; et dans le chœur une statoe gothique de saint Âgapit, vulgairement saint /fccraupi , objet d'un pèlerinage encore suivi.

La cure était divisée en deux portions , à la noroioatioo du roi. Elle dépendait du doyenné de LivaroL An civil, la paroisse était comprise dans l'élection de Lisieux , sei^Qterie d'Orbec, et comptait 61 feux , ou 300 habitants. (> nombre est réduit aujourd'hui à 101.

Faits historiques. Château, — • Cette commune , dit M. de Neuville, aujourd'hui peu importante, Ta été beaucoup pios au moyen-âge. Elle était alors le siège d'une importante baronnie ; il s^y trouvait aussi un bourg et un tabellionage royal.

1^ baronniede Moutiers-Hubert appartenait^ au XI* siècle, à la puissante famille Paynel , qui possédait dans le Cotentin les baronnies de Hambye, Moyon , Bréhal, la Haye-Paynei et autres. La terre de Moutiers-Hubert paraît avoir été sou berceau , et son nom s'est conservé dans celui du Buisson-Paynd, sous lequel on connaît la forêt qui couvre une partie coosidé-

CANTON DE LITABOT. 7&5

rable du territoire de cette commone. Gaiilauûie Paynel était contemporain de Guîllaame-Ie-GonqQéraDt : il fut Fauteur de deux branches dont l'une , fixée en Cotentin , subsista avec honneur jusqu'à la fin du XY' siècle; Tautre, que l'on croit l'ainée, eut, avec la baronnie de Moutiers-Hnbert, de vastes domaines en Angleterre, où elle fonda les prieurés de Pudley et de Tickford et donna son nom à la ville de Newport-Paynell. En 1136 , le seigneur de Montiers-Hubert, ayant suivi le parti du roi Etienne, fut assiégé dans ce château par l'armée de Geoffroy, comte d'Anjou, qui s'empara de la place et mit à rançon le baron vaincu et trente chevaliers, compagnons de son infortune. Un dé ses successeurs, ayant embrassé la cause de Jean-sans-Terre, fut encore plus malheureux : il vit confisquer par le roi Philippe-Auguste sa baronnie de Montier»- Hubert qui, réunie au domaine royal, n'a pas cessé d'en faire partie jusqu'à la Révolution. La brancJie aînée des Paynel , définitivement fixée en Angleterre , s'y est éteinte au commencement du XIV siècle.

L'emplacement de l'ancien château-fort des Paynel est encore reconnaissable. Un monticule, de forme circulaire, situé sur le bord de la Touque et élevé de 3 mètres environ au-dessus du sol voisin , en dessine l'enceinte ; mais il n'y reste aucune trace de maçonnerie ni de fossés. Cette vieille motte est aujourd'hui vouée à la destruction, les terres qui la composent ayant été jugées utiles ch des remblais voisins, et dans peu d'années on cherchera en vain le lieu où s'élevait cette antique forteresse.

Sur le territoire de Moutiers-Hnbert se voyait encore , il y a peu d'années, le manoir des Maignans, un des plus intéressants du voisinage : il a été démoli il y a environ vingt ans. Philippot Hardy possédait ce fief en 1&69. lia appartenu depuis à la famille Georges, puis è celle de Malart au XVIP siècle.

Le manoir de Laanay-Chiffretot subsiste encore , c'est une construction en bois à laquelle une tourelle ronde donne un aspect pittoresque ; elle est d'ailleurs peu ancienne : cette terre a appartenu , pendant les XVII» et XVIII* siècles , à une branche de la famille Deshayes. Jean-Baptiste Desr bayes « sieur de Launay, fit preuve de noblesse à Moutiers- Hubert dans ta recherche de 1666.

La paroisse de Moutiers-Hubert possédait autrefois, sur son territoire , le prieuré de Notre-Dam'e-des-Houlettes , dépendance de l'abbaye de Hambye , et comme elle fondé par on Paynel. Ce prieuré occupait l'extrémité solitaire d'an petit vallon qu'entoure la forêt ; aucun lieu ne pouvait offrir un séjour plus retiré et plus digne d'être la demeure d'an ermite. La chapelle des Houlettes a été détruite , de même qae le prieuré, pendant la Révolution ; mais le sol qu'elle occupait est encore l'objet de la vénération du peuple des campagnes voisines.

Il a existé aussi, dans la paroisse de Moutiers-Hubert, une chapelle dite de Si-Glair , dont les anciens pouillés du diocèse de Lisieux ne font d'ailleurs aucune mention.

CANTON D'OBBEC lUl

CANTON D'ORBEG.

Le caatoD d'Orbec comprend les vingt communes dont les noms suivent :

Bieniieiite. La FoUetière-Abenon.

Cernay. FriardeL

Gerqneux. St-Jalien-de-Mailloc.

La Gbapelle-TTon. Meulles.

Gordebngle. Obbeg ( chef-lieu ) .

Gourtonne-la-Vilie. St-Panl-de-Gourtonne.

La Cressonnière. St-Pierre-de-Mailloc.

Le Groupte. Préaux.

St-Cyr-du-Ronceray. Tèrdouet.

St-Denys-de-Mailloc. La Vespière.

Famiily.

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