‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 3)Chapitre 9 sur 82 · PLAN DU MANOIR DE FIRFOL · texte numérisé non relu

PLAN DU MANOIR DE FIRFOL

Du côlé de la façade, les moulures des sablières, les profils des poteaux comiers el des poteaux d*huissene sont gothiques. Il n'y a aucune sculpture. Tout Tcffet est produit par tes encorbellements et la tourelle carrée de Fescalier, qui présente son pignon parallèlement à la façade.

Le bout de la maison, qui forme galerie ouverte au rez-dechaussée, et la face du côté du jardin ont-reçu une très^riche décoration.

Les trois poteaux qui servent de colonnes à la galerie el portent les étages supérieurs sont sculptés , sur chaque face , d'ornements de la Renaissance, tous variés, mais dont un

100 STATISTIQUE MOailîllENTALE DU CALVADOS.

CANT05 DE LtSIEUX , l". SECTION. 10<

spécimen fera saflBsamment connattre les motifs ( V. la page suifaote).

A a milieu de ces trophées sont des médaillons circulaires , renfermant un buste d'homme et un buste de femme. Il est à croire qu'il ne faut considérer ces figures, que l'on rencontre dans presque toutes les constructions de la Renaissance , que comme pure décoration. Souvent oo raconte que ce sont les portraits du maître et de la maltresse du Ic^s. Sur la face externe du poteau central est un sujet en haut-relief. Malgré son état de dégradation , du aux intempérances du temps aussi lùen qu'aux accidents inséparables d'une existence de trois siècles, on reconnaît parfaitement saint Christophe, portant sur l'épaule son fardeau divin.

L'angle du poteau comier porte aussi une statuette. C'est une femme couronnée, ayant une épée à la main, un monstre sons les pieds. A ces emblèmes , on reconnaît sainte Marguerite. Les sablières ont de jolis rinceaux de la Renaissance.

A l'étage supérieur , s'ouvre une jolie fenêtre à croix délicatement ciselée. Sur le trumeau central est représenté saint Miche], terrassant le diable. Il y avait, sur la façade, deux statuettes qui ont été bâchées ; nous avons pu découvrir , pour toute sculpture une feuille de chêne derrière un volet. Est-ce un rébus? Faut-il y voir une allusion au nom du constructeur ou à celui du propriétaire ?

La face du jardin a conservé intacte toute sa décoration. Elle est concentrée sur la partie méridionale ; la salle qui fait saillie est en pierre et sans ornements. Elle doit être de même date que le reste.

An midi , nous trouvons les sablières avec rageura bien conservées, les fenêtres de même style que celle que nous avons déjà décrite, plus un double rang de statuettes.

Au rez-de-chaussée, sainte Barbe, saint Pierre , saint Jean rÉiangélisle avec son calice surmonté d'un dragon ; enfin,

SCULPTIRE PK LA nENAlSSANCR, AO MANOIR ©F FIRFOI..

CANTON DE LISlËUX « i'\ SECTION. iOS

one femme agenoaîUée devant un homme le bras levé , le vêtement coQit , comme on représente à cette époque le bour-* reau. Nous ne pouvons deviner ce sujet.

A Tétagc supérieur, en suivant le même ordre, on reconnaît un évêque bénissant ; la Trinité , telle qu*on la figurait ordinairement, savoir : le Père-Étemel , assis, soutenant la croix de ses deux mains et une colombe planant au-dessus de la tête du Christ; enfin, une femme agenouillée tenant une corbeille.

A divers endroits, on reconnaît la trace de blasons qui auraient pu nous faire deviner le nom de Tordonnateur de cette œuvre artistique ; mais ils ont été bûcbés avec un soin désolant.

A rintérieur, on voit encore de vastes cheminées dont les

CnEMlNKE DU MANOIR DE FIHFOL.

manteaux de pierre sont portés par des cdonuellcs. Voici un

^Ok STATlStlQtB MOViUMENTALE DO GALTADOS.

croqois de celle de la caisine. Dans noe des cfambra* il s'en trouf e ane autre non moins cuiiease.

CnnilNÉB Dl HAKOIB »E PTBPOI.

Des portes à panneaux plissés , des |)eînluro8 sur les poutrelles d'une chambre, des volets à médaillons , des sommiers sculptés de torsades et d'entrelacs , sont les seuls motifs de décoration intérieure qui subsistent encore.

Les bâtiments accessoires n'offrent aucun intérêt, si ce n'est le puits de grande dimension , avec le petit édicule qui le recouvre et le colombier en bois octogone , sur une base circulaire. Il était décoré de sculptures ; mais elle^ sont recouvertes d*un enduit épais.

En 1463, Montfaut trouva noble , à Firfol, Philippe de

CASTON DE LISIEUX , i**. SSGTIOII. 403

Bdkmâre « qdi a donné son nom à nne terre située pios loin dans la plaine. Vers 1560 , François dn Bosch était seigneur d'Hermifal et de Firfol. Après hii, Jean dn Bosch, qui avait éponsê, vers 1608, Marie d'Oîntille, porU les mêmes titres.

Jacques du Hoolley , conseiller du rot , ancien lieutenant^ général civil et criminel de la vicomte d'Orbec, était seigneur de Pîrfol en 1660 et 1667. D'autres membres de la famille du Houlley ont porté le ménre titre.

La population de Firfol est de 228 habitants. Au XYIIP. nècie, ihy avait 75 feox , soit plus de 350 habitants. Cette paroisse était comprise dans la sergenlerie de Moyaut.

COlJET092llS»LA-aBrRDRAC (l).

Coortonne-la-Meurdrac , Corthotina la Murdrac » Cortcnna la Meurdrac.

Conrtonne a toujours été une localité importante > qui ne comptait pas moins de 227 feux au XVIII*. siècle , c'est-àdire environ 1,000 h 1,200 habitants. On en compte encore 709.

Cependant l'église n'est pas construite dans de grandes proportions. La nef n'a que 48 pieds sur 25 dans œuvre. Le chœur-n'était primitivement qu'un carré parfait de 19 pieds de côté : on y a ajouté , au XVP. siècle , un pan coupé , maintenant transformé en sacristie. La plus grande partie de la construction est romane , et on peut la faire remonter audelà du XII'. siècle. Elle se compose d'un blocage affectant parfois la feuille de fougère , mais se rapprochant généralement de la disposition du petit appareil romain; le pignon occidental surtout montre bien ce caractère

Comme il arrive presque partout , les ouvertures ont été

(1) Notes de M. Ch. Vasaeur.

108 STAtlSTlQUE MONUMENTALE OU CALVADOS.

ronnement. De chaque côté sont agenouillés des anges ado* rateurs.

Les deux petits autels sont semblables eutr*eux et doivent sortir de la même main que le maftre-autcl.

Les tombeaux carrés ont des parements d'étoffe et ils ne possèdent point de tabernacles. Deux colonnes torses portent un entablement circulaire , à fronton brisé , ménageant une niche en aitique. Dans Tentrecolonnement sont les statues des saints auxquels ils sont dédiés. Celui du sud est dédié à la Vierge ; dans Pattique est une statuette de saint Joseph avec TEnfant-Jésus.

Les colonnes sont évidées è jour, comme au beau rétable des Parcs-Fontaines.

Sur Tautel du nord est une statue de saint Jean.

Les colonnes sont restées pleines , et au lien (Pattique , Tamortissement se compose simplement d*une belle urne entourée de draperies pendantes. Sur les bases des piédestaux court l'inscription suivante , partagée entre les deux autels :

Nord : 1653. chabitas it ^^ thesavrts Midi ; jsdifi — CAnvNT.

L'exécution de ces deux autels est certainement aussi remarquable que celle du maître-autel, et la composition n'en laisse rien è désirer. Que ne reproduit-on de tels modèles, au lieu de ce faux gothique , vraie caricature de l'ancien, et qui ferait rire de pitié nos ancêtres !

Le pied du lutrin est carré , compose de quatre panneaux flamboyants. Les angles sont foimés par quatre petits contreforts. Le travail est grossier , mais il date du XV^ siècle.

Un lustre en cristal de roche taillé , style Louis XV , est pendu dans le chœur. Au coin de Tautel est déposé un drapeau de soie, de la Confrérie de St. -Michel. M. Bouct en a

CANTON DE USIELX , i", IKCTION. i4>9

fait ao croquis. Ces étendards de oonfrérie devienoeot raro^ : aussi est-ii bon d'en indiquer les couleurs et les dimensions.

Celui-ci mesure six pieds et demi sur chaque côté. Les hachures héraldiques ont été employées pour remplacer les couleurs. La bande du pourtour est large de 6 ponces et demi; celles qui forment la croix sont de 13 pouces. Uu petit effilé d'argent fait l'entourage.

La Confrérie de Charité possède une croix richement travaillée, dans le style Louis XV.

ilO STATISTIQUE MO.NUMEKTALE DU CALYADOS.

La cloche n'a pour inscription que cette date :

i'aw 1707.

Et plus bas, sur la panse, le nQm du fondeur :

IBAJV AYBKRT DB LISIBVX MA FAICTB.

Elle mesure 3 pieds de diamètre.

Dans Fangle sud-ouest du cimetière est un petit bâtiment ,

qui sert de chambre de la Charité et paraît dater de la fin du X\l\ siècle ; nous en donnons une esquisse.

L'église de Courtonne est sous l'invocation de saint Ouen. fiien que cette paroisse fût le chef-lieu d'une baronnie appartenant aux évêques de Lisieux , le patronage était laïque , si l'on s'en rapporte aux pouiliés du diocèse , et ce droit était exercé par le seigneur de Gouvis , fief situé dans ses limites. Ce seigneur prélevait même un trait de dlme , d'après des documents du XVr. siècle. Cependant , comme correctif, je

CANTON DE L EST EUX , i**. SECTION. 111

dois citer an acte des archives da Galrados , daté da 19 janvier 1479 ( V. s. ) , par leqtiel a Jacques de Rupierre, sienr de Ségrie et de Ck)anhonne en partie , et en cette qualité pairoH alternatif avec Tévêquc de Lisieax , permet la permaution faite par son co-patroo, da curé actaellement nommé avec Gaillaame de Rapierre, son frère. »

Cette église dépendait du doyenné de Moyaux.

Le snmom de Courtonne lui vient d'une famiUe Murdrac ou Meurdrac, qui figura dans l'histoire de Normandie dès les temps les plus anciens. En 1080, Robert Meurdrac souscrivait à une charte de Guillaume en faveur de St-Ëvroult. Un écuyer, du nom de Murdrac, suivit la fortune du connétable da Guesclin ; mais il résidait probablement dans la Basse-Normandie, ou cette famiUe [kirait avoir eu son principal établissement. Une branche possédait, en 1609, la terre de Ganapville au diocèse de Lisieux. Ce ne peut être qu'à une époque bien reculée qu'elle posséda Courtonne, que nous voyons toujours dans le domaine des évêques de Lisicux. A la fin du XIY*. siècle , Guillaume d'Estouteville y faisait construire un château-fort, où il mourut, en 1413.

Cinq ans plus tard, le 6 mars li^18 (n. s.), ce château tombait au pouvoir des Anglais envahisseurs. I^ capitulation nous apprend qu'il était défendu par Jehan de Bienfaite, chevalier , qui fut contraint de se rendre â merci , laissant aux vainqueurs < tout artillerie du chastel eidongeon est assauoir lances, arcs, arbalestres, flèches, virtons et toutz autres abillements pour arbalestriers, pouldres, canons et autres abillements pour la guerre » ; mais les dames et damoiselles qui se trouvaient enfermées avec lui dans le château eurent, à ce prix, leur pleine et entière liberté. On peut lire le texte entier de cette capitulation à la suite des Rôles de l'Échiquier de Normandie, publiés par M.^Léchaudé-d'Anisy, p. 269.

Thomas Bazin fit rentrer le château de Courtonne, en

112 STATISTIQOft IKMdMEMm^ DU CALVADQS.

juêma temps que la YîUe 4e U^îeui, soufl l'aiHonté dii itH 4)e f rafice: U Coi définîtiveioeot déiwaolelé en 1590. Les baU<jtaau de itfarolles étaieol teops d*y faire le guet , ainsi que ceoi de beaucoup d'autres villages eQyjrcNiQaiMf* L'origm de ce service remoutait k Fan 1 W2.

Il ne reste plus de cette importante forteresse que des ruines à peu près insiguifiantea. Néanmoioat son état actuel est le méfjoe où il fut trouvé eu 1784^ lors des procè^-verhaux qui furent dressés au moment de rinirooisaJion de Mg'. de La Ferronnays.

Il était situé ï rorieot de Téglisf. U avait oiie double ciicoDvallation que Ton peut encore suivra , bien que les fossés aient été en grande partie comblés. La premièra enceinte ne contient aucun vestige apparent de construction ; l'autre, qui était la principale et qui mesure deux cent cinquante pieds environ sur cent cinquante, est occupée par divers bâtiments, relativement modernes, servant à l'exploitation rurale.

La seule partie conservée des anciennes constructions est la façade du nord. On y voit une longue courtine s'appuyant, d'un côté, sur les restes d'une tour ronde qui flanquait l'angle nord-ouest ; de Tautre côté , sur les deux tours qui accompagnaient l'entrée et dont la dernière ferme ce côté du parallélogramme. Cette courtine a environ k pieds d'épaisseur. On y voit deux meurtrières qui ont pu servir à pointer des canons. Les tours avaient environ 15 pieds de diamètre hors d'œuvre, avec une épaisseur de murs semblable à la courtine ; elles n'avaient donc que 7 pieds de vide. Ces tours sont toutà-fait ruinées, on n'y trouve plus d'ouvertures. Elles devaient être couronnées, comme la courtine, par des bouids de bois ; car on voit encore, de place en place, les corbeaux de pierre qui servaient d'appui à ces sortes de défense. Un large briment, tout en pierre de taille, qui doit être ancien, est adossé à la courtine dans toute son étendue.

CAHrON Dt USfNX, l'". ftECTKHI. lU

Je n*aî pdnt yu • dans les matérîaox employés » dans les parties qui ont conseiré le pins de caractère , d^indices qui poissent engager à fixer la date de ces constroctions au-delà do XY*. siècle. Les fossés, dans cet endroit , ont gardé euTiron 20 pieds de largeur à la partie supérieure. Ces restes ne peuvent donner aucune idée de la force stratégique du château, qui, an dire de Thomas Bazin, aurait pu arrêter pendant un long temps toute Tarmée victorieuse du roi Charles VII.

La petite rivière qui coole tout près, au milieu de la vallée, servait sans doute à remplir les fossés.

Outre le domaine des évéques de Lisieux , Courtonne possédait un certain nombre de fiefs. Le cliâteau de Courionne, appartenant maintenant à M* le comte de Neuville , esi situé sur le bord de la plaine, li une assez grande distance de Féglise ; je le crois du denuer siècle.

Guillaume de Rnpierre, sixième fils de Raoul II, seigneur de Rnpierre, est le premier de cette famille que Ton ti-ouve en possession de la terre de Courtoiine. Il se qualifiait seigneur des Âslelles, Kaoqoencey, Mardilly, la Motte, Belautel, la Fresnaye, Sotteville, Ségrie, la Lande -St. -Simon , Courtonne-la -Meordrac et St.-Georgesde Roilley. Une partie de ces seigneuries lui venaient de Jeanne de Ségrie, sa femme, Tune des deux filles, héritières de Pierre de Ségrie. Son fils, nommé Guillaume comme lui, lui succéda dans ses seigneuries. En 1463 , il fournit ses preuves à Monlfaut, sur la paroisse de Courtonne, ce qui fait supposer qu'il y habitait. Six ans plus lard, en 1669, il comparut aux Montres de la noblesse du bailliage d*Évreux ; mais comme il se présentait à l'acc^uit des religieux de St-Évroolt, il fournit, pour ses propres fiefs, trois archers monitz et armez suffisamment. Il était mort en 167/i , laissant de sa femme , Jeanne d'Angerviile , dame de

li/l STATISTIQUK MONUMENTALE DU GALYADOS.

.lir

Lieuray, neaf enfants, dont six garçons qui firent partage de ses biens. Goortonne échut ao second, nommé Jean, qui avait emlirassé l*état ecclésiastique.

Après lui , on retrouye en possession de cette terre , Jean de R«pieRB, son arrière-petit-ne?eu, fils d'Antoine, seigneur de Ségrie , qui mourut sans postérité. Sa sœur étant venue an partage de ses biens avec un autre frère , obtint pour sa part Courtonne , que son fils , Richard Dubois , seigneur de Belautel, vendit, en 1609, à Adrien du IIouIlcy,écuyer, conseiller du roi, lieutenant particulier ancien civil et criminel an bailliage d*Orbec. En 1627, Adrien du lloulley se qualifiait, dans ses sentences, de sieur du Clos, Gouvis, les Kssarts et ie Parc La plupart de ces fiefs sont situés à Courtonne. Le Clos-Honlley est , je crois, le château qui nous occupe. C*est là que messire Adrien du Houlley établit sa résidence , d'après un acte authentique de 1630. Après deux générations, à la fin du XYII'. siècle, la descendance du seigneur de Courtonne s*éteignit par deux filles. Tune desquelles, nommée Cécile^Adrienne 9 porta Courtonne à messire Nicolas Rioult , écuyer, dont M. de Neuville est le représentant.

Gouvis est aussi assis à Courtonne, à un demi-quart de lieoe environ au nord-ouest de l'église , sur le coteau, en vue du chemin de fer et de la route de Lisieux. C'est un château de la fin da dernier siècle , entouré d'asseï belles plantations.

Nous avons vu que le seigneur de Gouvis possédait le patronage et un trait de dtme, ce qui donne de l'importance ï ce fiel An XIY*. siècle, il appartenait à la famille de La Planche {de Planqua); au WII*. , il fut acquis par la famille do Houlley.

C'est maintenant la propriété de M. de Graveron.

SAlNT««HIPPOLYTE DB CAMTBLOVP (1).

St.-Hippolyte de Caateloup, Sanctm Ypali^us de CanîcUupù

L'église de St.-Hippolyte de Caateloup, bâtie daus un étroit vallon » au pied d'un coteau boisé, n'offre plus aujourd'hui que des ruines.

L'appareil grossier en feuilles de fougère, que présentent les parties les plus anciennes de celte église , nous porte à faire remonter l'époque de sa construction au XP. siècle ou aux premières années du XII*. Les fenêtres ont été repercées à la fin du XV*. siècle.

ÉGLISB SAINT UIPPOLYTB DE CAKTRLOUP.

Le mur septentrional de la nef a été reconstruit en silex. (1) Noies de M. Pnnnier.

GANT(KI DB USIBUX. i*^*. SECTION. 117

On remarque de €e oôlé, à ridtéribur de la nef, «lie fenêtre à pleia-cmtre qai a perdo son caraccère primitif et qui probablement était romane. Le mar méridîoDal , re» construit en grand appareil» est soatenu par qnatre contreforts saillants , dont l'on a été refait en briques plates au XVIII*. siècle. Il est percé de trois fenêtres flamboyantes , • autrefois divisées par un meneau , lesquelles s'appuient sur un cordon qui relie les contreforts.

A rexirémité occidentale de la nef s'élevait un clocber en charpente , recouvert en essente.

Le portail , jadis soutenu par deux contreforts saillants , dont un seul a été conservé , n'offre plus aujourd'hui qu'un pan de mur tapissé de lierre.

Quatre fenêtres flamboyantes , partagées en deux baies par un meneau prismatique , éclairaient le chœur dont les murs , repris en silex , ne sont soutenus par aocun contrefort Une petite porte ogivale, dont les bords sont taillés en chanfrein , s'ouvrait au midi. Le chceur se termine à l'orient par un mur droit, reconstruit en grand appareil.

L'arc triomphal , encore debout , pourrait bien remonter à la fin dn XII'. siècle. Le gable qui le surmonte , en partie reconstruit, offre on grossier blocage qui affecte la disposition en arêtes de poisson.

Les murs latéraux du chœur , revêtus d'un ancien enduit , étaient couverts de peintures simulant un appareil régulier. Les jmnts étaient indiqués par des lignes rouges. Au milieu de chaque appareil était peint, en lettres rouges, le monogramme du Christ Ce monogramme , ainsi répété sur chaque pierre , était d'un effet agréable à l'œil.

Largeur des lettres. 32 centimètres.

Hauteur 17 —

Hauteur de la lettre H, y compris la croix 28 —

On voit, du côté de Tépitre , une piscine ogivale trilobée, dont le lobe supérieur très-aigu accuse la fin du XV*. siècle ou le commencement du XVP.

La largeur de la nef est de 18 pieds et sa longueur de 28.

Le chœur a 16 pieds de largeur sur 24 de longueur. . Ces dimensions sont prises à l'extérieur.

L'église de St-Hippolyte de Ganteloup avait pour patron , au XIV^ siècle, Jean de Maillot; aux XVP. et XVIIP. siècles , le seigneur de la localité.

Il y avait, dans cette église, une chapelle de 20 livres de revenu , laquelle était à la nomination do plus proche parent du fondateur.

Une partie de Tancienne commune de St.>Hippolyte de Canteloup a été réunie à rBôtellerie , et l'autre à Marolles.

SAINT-MBMRB DE GANTBLOVP.

St -Pierre de Canteloup, Sanctus Petrus de Canialupi.

Cette église a été entièrement démolie.

Le beau rétable à colonnes torses, dans le style Louis XIV, qui surmontait le maître-autel , décore aujourd'hui le chœur de la petite église de Beuvillers , située près de Lisieux. Ce rétable avait été acheté, pour cette dernière église, en \Stil (1). Le cadre qui entoure le tableau est travaillé à jour et délicatement sculpté.

St -Pierre de Canteloup avait été érigé en succursale; mais les habitants n'ayant pas fait les réparations nécessaires pour consolider l'égKse et le presbytère , la succursale fut supprimée.

L'église de St. -Pierre avait pour patron, au XIV*. siècle ,

(4) Depuis la rédaction de cet article, régliae de Bcavillers a été démolie. Le rétable ci-dessus a été vendu par morceaux à un brocanteur.

CANTON Dl LISIECJX, i"*. SECTION. 119

G. de Fomichon. Au XVI*. siècle , die éuit placée 80U8 le patronage de l'abbé de Si.-Laumer de Blois. Au XVIIP. siède , le aeignear de Fomichon nommait k la care.

Il y avait aussi dans cette église une chapelle, de 16 livres de revenu, à la nomination des plus proches parents des fondateors.

St •Pierre et St.-Hippolyte de Canteloup faisaient Tun et Faotre partie de l'élection de Lisieux , et dépendaient de la seiigeDierie de Moyaux. Chacune de ces paroisses comptait 26feQx.

La commune de St -Pierre a été réunie k celle de MaroUes.

Les églises de SL -Pierre et de SL-Hippolyte étaient tellement voisines qu'il ne fallait pas cinq minutes pour aller de l'une à l'autre. Aussi existe- t-il une légende Si ce sujet; la voici :

« Une certaine dame, nommée M"**, de La Bercerie, se c rendait k l'église de St.-Hippolyte, qui était très-voisine de « son château , mais en était séparée par le petit ruisseau qui « coule au fond de la vallée. Or , en passant sur la planche Cl qui servait de pont, elle tomba et plongea dam Veau en • chandelle^ dit la tradition. Cette dame prit une telle « horreur de l'eau après ce bain forcé que , pour n'être plus « exposée à glisser sur la malencontreuse planche , elle fit « bâtir une autre église en-deçà du ruisseau, près de sa « demeure. »

Il faut convenir que le moyen n'était pas le plus économique et qu'un pont solide eût coûté meilleur marché.

Aniiquités romaines. — Ce ne sont pas les églises qui méritent le plus d'attention à Canteloup , c'est l'emplacement très-marqué d'une grande construction romaine, dont on peut reconnaître encore le périmètre et même les fondations entre les|deux églises. L'ancien curé de Marolles, après m'avoir signalé cet emplacement , m'écrivait en 16SA : « Les tuiles

130 STATISTIQUE MONUMEUTAU »U CALTADOS.

u à rebaids abovdeat sur ce point ; od y a iroiifé des « médaUies roroainea eu broiziB. Les hahitants, qoi y oqt t extrait des pierres pour la conatroctioa de leors dumom , « disent que les muro de fondation afaient 10 pieds « d'épaisseur* »

Je me suis transporté à St-Hippolyte poar délenntner retendue de cette f^Hia galloHfomaine, et le plan qne voici l'indiquera ( Voir la p9ge suivante ).

J'ai consuté que le sol renferme encore des mors rocnaina, quoiqu'on en ait beaucoup détruit pour faciliter les lafaoors profonds; la terre est toojours couverte de toiles k rebords et de ciment romain , ramené à la surface par la charme. J'y ai trouvé aussi des fragments de poterie antique (1).

M. le Curé de Marolles croyait que l'habitation de la dame qui avai^ tant de peur de l'eau se trouvait au milieu des ruines romaines, si même les murs antiques n'en faisaient pas partie; mais la tradition seule le portait à le penser, car depuis long-temps l'emplacement était livré à la culture et personne n'a vu ce château.

La voie romaine de Lisieux à Brionne (Breviodurum) passait tout près et au nord de la grande route impériale , à 1 kilomètre de la villa romaine. L'ancien curé de Marolles s'exprimait ainsi dans sa corresponàance de 1854 : « Ce « chemin est appelé Chemin ferré dans les anciens titres ; « le sentier qui le remplace s'appelle encore le Vieux- « Chemin; il est parfaitement droit et forme une ligne < parallèle à la grande route moderne. Le vieux chemin , « qui était* dit-on, assez lai^e, aura été accordé comme « indemnité aux propriétaires des terrains sur lesquels la « route actuelle a été ouverte. •

(1) M. le Curé de Marolles y a découvert un débris asseï eonsidé* rable d*un vase de poterie rvoge omé de restooi et de gladiateurs.

CAfItOIf DE LI8IEUX, l'*. MGTIOM. 12t

M. le Curé de HaraHet , qoî était an eioeilent obierfMear et qvi avait wmï assez loio le» vestiges de h voie romaine, a

recueilli une légende que je vais reproduire, car elle a quelque importaoce au point de vue archéologique.

AyaDt renunpié qne la Vme antique (laFabsait avoir été ÎDterroaipoe dans quelques parties, M. le €oré iaterrogea les paysans qui lui dirent :

« II y avait autrefois une grande dame qui faisait faire « cette route ; mais un jour elle vit sur la chaussée une pie « qui était moite : alors , frappée de tristesse et pensant à « Tinstabilité des choses humaines et à la courte durée de « la vie, elle fit cesser les travaux. Yoilà' pourquoi la route (( offre des interruptions. »

Ce qui fait Tintérêt de ce naïf récit, c*est qu*on trouve la même tradition dans des localités fort éloignées , et qu'elle s'applique entre autres à des voies romaines de la Bretagne. Cette tradition est encore consignée dans un poème du XIII*. siècle, publié il y a quelques années par l'Association bretonne.

L*HOT£LLBBIB (1).

L'Hôtellerie, Hospitalaria^ Sanctus Nicolaus de Hospùalaria.

Le village de l'Hôtellerie, situé à la limite orientale du département du Calvados, est traversé dans toute sa longueur , qui est d'un kilomètre , par la route impériale de Paris à Cherbourg.

Cette commune, enclavée dans les paroisses voisines, forme une véritable lisière.

L'église, bâtie sur le bord même de la route ^ appartient à la dernière période ogivale.

La nef, soutenue par des contreforts saillants» reconstruits en briques dans la seconde moitié du XYIII*. siècle , est éclairée au midi par deux fenêtres ogivales , flamboyantes , à

(1) Notes par M. Artbème Pannier, de la Société rraiiçaisc d'ardiéologie.

CANTON DE LISiKOX , l*». SECTION. 133

deoz baies trilobées, séparées par un menean prismatique, et par one fenêtre de même dimension que les précédentes, offrant les mêmes moulures , mais qui a perdu sa tracerxe et son meneau.

Deux fenêtres seulement éclairent la nef du côté septentrional. L'une de ces fenêtres a perdu sa tracerie.

Une corniche en pierre, formée d*un quart de rond , supporte la charpente du toit

Le chœur, faiUeroent en retraite sur la nef, se termine par un chevet à trois pans , avec contreforts sur les angles.

L*un des pans coupés est percé d*une jolie fenêtre flamboYante, semblable à celles qui éclairent la net A travers le léger crépi qui recouvre le mur oriental, on aperçoit les traces de l'ancienne fenêtre qui éclairait autrefois le sanctuaire. Les autres ouvertures, de forme ogivale, qui laissent pénétrer le jour à Tinlérfeur , sont modernes. Elles occupent la place des anciennes fenêtres.

Contre le mur méridional du chœur est appliquée une ancienne sacristie en bois. Ce mur présente , dans sa partie supérieure (à gauche de la sacristie), plusieurs assises de pierre calcaire, dont la structure poreuse ressemble beaucoup à celle du tnf ou travertin qu'on rencontre dans un grand nombre de constructions des XII*. et XIIP. siècles. Les autres pierres qui entrent dans la construction du mur

124 STATIfTiQUit MOMU.M£NTAL1S IHJ CALVADOS.

(pierres de twite ei wlex) sont moins anciennes. Tous ces matériaux , de nature différente , ont^ils été employés simultanément ou k des époques diverses ? Ke poorrait-on pas faire remonter l'appareil primitif au \Ul\ siècle , ce qui serait , du reste , conforme à la tradition locale » qui attribue la fondation de l'église à b reine Blanche , mère de saint Louis ? C'est une question k étudier.

La façade occidentale , qui se développe sur le chemin communal, offre une porte entourée d'une ogive en accdade, dont les nervures prismatiques sont séparées par des gorges étroites et profondes. Celte porte, d'une forme peu gracieuse et d'une exécution peu soignée , est flanquée de deux petits contreforts prismatiques.

La pierre qui forme le seuil est une ancienne dalle funéraire , dont l'inscription est effacée.

Au-dessus du gable s'élève un clocher en charpente , terminé par une pyramide en ardoise, autrefois couvert en essente. La cloche , qui porte la date^de 1838 , a été fondue par iMahuet (1).

La voûte de la nef, dont M. Bouet a fait un dessin , est construite en merrain , avec entraits et poinçons. Cette voôie, qui attire les regards par sa forme gracieuse et sa riclie décoration polychrome, est dans le style de la Renaissance (V. la page suivante ).

Les peintures dont elle est couverte, quoique altérées par le temps , sont encore apparentes. Les nervures ou couvrejoints présentent deux couleurs différentes : le milieu est bleu-azur et les bords rouges et vice versa. Deux rangs de trèfles, exécutés au poncis et formant festons, décorent les

(1} L*iiitéfeflnDte cloche da beffitii de Dreux, <rai datait du rè^ne de Charles IX (15&S). a «té reftmdqe, en ISAS, par le même fondeur. Sur sa lone centrale cit repréicntée la carieme prooewion dci Flam* bardf.

r^AMTOH Ut LISIEUX, i^. SICTIOH. 425

doQTea. Um petite iMnAs neire on filet sépare tes irèiet des eDorre^joiiita. Le tousnCrfle , lonné d'me nervmre longkodi- Dale peÎBle ea biea et bordée de rouge, cet décorée de pendeotib faits au tour. Les uns, garabde consoles^ rtssemUeiit à une lyre renversée ; les autres pendentib , décorés de godrons* ressemblent à des stalactites. Les couleurs de ces pendentifs sont les menues que celles des couTre* joints qui leur correspondent Ainsi, lorsque la partie centrale du couvrejoint est rouge , le pendentif est également ronge avec une bordure blanche à son point d^attache et vïce versa. Des écussons peints , dont ou aperçoit les traces , étaient placés entre les pendentifs. Près de la poutre crucigère, on remarque un chapeau de cardinal qui surmontait un écusson, probablement celui du cardinal d'Annebault. Le milieu du sous-fatte présente on rageur qui tire la langue, lequel servait ï sus-

Mtn^ànm m la voit» m son m sa ur ra ^^oftnuitn* pendre un lustre on une couronne de lumière.

Les sabUères, cmiTertes d'imtNricaâoos et décorées de feuillages et d'entrelacs, sont également terminées par des rageors. De curieux mascarons, on têtes grimaçantes, se montrent à l'extrémité des blochets ou sabots.

Les poinçons qui supportent le sous-fake offrent, à leur point de jonction avec les entraits , des tètes grotesques.

D'énormes rageurs, ou engoulements, terminent la poutre

crucigère qui marque la séparation du chœur et de la nef. Cette poutre, sculptée sur toutes ses faces, est décorée de feuillages.

La voûte du chœur , plus ancienne que celle de la nef , a été badigeonnée. Le sous-faîte est décoré de rosaces et de croix fleuronnées. A l'une de ses extrémités, au-dessus du maître-autel, on aperçoit l'écusson du cardinal Leveneur, ancien évêque et comte de Lisieux.

Nous avons décrit avec soin cette belle voûte, l'une des plus remarquables que nous connaissions, et indiqué exactement les couleurs dont elle était jadis couverte; ce genre de pein-

toredécoratife, d'oo m graôeiix eflbt, tendant à disparaître de jour en joar par l'action deatrodive d« tempe.

90U»-PAITe Dl Là TOUTE DD CVORim.

On remarque, à rentrée du chœur, deux bâtons de confrérie. L'un d'eux supporte une petite niche ou châsse, formée par quatre colonnettes cannelées, ioniques, décorées, dans leur tiers inférieur, de feuilles de rigne. L'entablement, surmonté de petits vases faits au tour , supporte un fronton circulaire , au milieu duquel est représenté un cœur soutenu par deux palmes. Les colonnettes se terminent inférieurement par des pendentifs, également faits au tour. Au centre est placée la statuette de saint Roch , patron de la Charité. Ce bâton de confrérie paraît dater du règne de Louis XIV.

L'antre bâton, dans le style Louis XV, est surmonté d'une niche formée par quatre colonnettes d'ordre composite. Cette niche renferme une statuette de Vierge, sculptée par un menuisier de village.

Le maître-autel offre quelques fragments d'un ancien ré-

128 STATISTIQVI MONOIlEMtALB W GAftîÂOOS.

table Looit XIII. Le uberindt m ééoorô de ookmacs accouplées qui reposeM; s«r ie même siylobâte. U est mmNmté de deux anges adorateurs.

A la voûte du chœur est suspendue une jolie lampe en cuivre repoussé, dans le style Louis XIV.

Les deux petits autels placés k rextrôimté de la oef datent de la fin du règne de Louis XIV, ou des premières aMéesAt règne de Louis XV. L'enublement , suppoKé par de«s colonnes cameKea et mdentées, d'ordre composite, est suramté de vases à fiauune garnis de godroos et teraûiié par im gracieux couronnement portant un vase rempli de fruits* An

milieu on lit le monogramme du Christ

lA

Dans le mur méridional de la nef est pratiquée une petite piscine, surmontée d'une o^^ve ea accolade.

Du même côté est placée une ancienne statue de sainte Barbe.

Les fonto baptismaux datent du XYIIV siècle. La cave, de forme elliptique , est ornée de godrons et supportée par un pédicule octogone. Ces fonts proviennool de l'ancienne église de Cantaloup.

On voit, dans un jardin situé k peu de distance de l'Hôtellerie, les anciens fonts baptismaux de cette paroisse. Ces fonts, sauvés de la destruaion par }L Laillier , ancien maire de rBôtellerie et inA:s£n membre de l'Association normande, remontent au XVP. siècle. Us représentent une jolie vasque aplatie et godronnée dans la partie inférieure, laquelle est supportée par un gracieux pédicule. L'écusson gravé sur la cuve est celui du cardinal Jacques d'Annebault, qui occupa le siège épiscopal de lisieux de 15(i5 à 1560. Il porte : de gueules à la craw de voir. Cet écusson est aujourd'hui presque entièrement fruste ( y. b page suhanie ).

CANTON DE I.lSït^tJX , 1 '•. SKCTlOPf . i29

AMCIBIf FO?IT DB L^HÔTBLLUIB.

Le cimetière est placé au midi de l*église.

La croix» dont le fût est brisé, est dans le style de la Renaissance. La base de la colonne, de forme octogone, est coaverte sar chacune de ses faces de bas-reliefs que le temps a mutilés. Cette base fort curieuse , dont M. Bouet a fait un dessin , offre alternativement de petits anges et des emblèmes on ornements ressemblant à des fleurons. Sur l'un des angles est appuyé un pupitre en pierre , formé d'une console couverte de feuillages présentant un faible relief. La volute inférieure qui retenait le livre a été brisée (4).

(1) Les croix bosannières, erux oitiuére (Supplément Le Carpeotier

130 STATISTIQUE MONUMENTALE r>f CAf.VADOS.

PIED DE LA CROIC DE L^HÔTELLERIS.

CANTON DE LTSIBUX , 1". SECTION. 4 Si

L*£glisé de motellerie est placée sous le Tocabk) de saint Nicolas. La fête da Saint tombe le 6 décembre. Ge joar-là a été établie, poor la vente des bestiaui, one foire qoi attire an grand nombre de cultivatenrs des environsi Cette foire se tient dans on champ qui portait autrefois le nom de Prrêrtir de St.'Hif^yte.

Le patronage de la paroisse appartenait à Tévéque de Lisieax.

. Il existait autrefois, sur le territoire de cette paronse, une maladrerie ou léproserie , dont la chapelle , qui était un bénéfice à la nomination de Tévêque, valait &0 livres au titulaire.

Avant la Révolution , rHÔtellerie faisait partie de Télectlon de Lisienx et de la sergedterie de Moyaux. Sous le rapport ecclésiastique , cette paroisse dépendait du doyenné de Hoyaux.

On compuit, à ]*Hôteflerie, au XVH*. siècle, 32 fenx. I^ population actuelle s*élève à &88 habitants. Sa dlstan/re do chef-lJeti d*ari^dissement est de 12 kilomètres.

Une lof du 2i juin 1841 a rénoi à THôtellerie one partie des deux anciennes paroisses de St. -Pierre et de St -Hippulyte' de-Canteloup.

A l'angle de la route impériale et du chemin communal , snr le bord duquel s'aligne la façade occidentale de l'église , s'élève one maison en bois, avec étage en encorbellement, qui date de la fin du XY*. siècle ou do commencement do XVI^

La façade principale, qui se développe sur la grande route«

«o Glcuaif 4e Docingé), aMCicMiiBiiines eo BreliiKM et en Vendée^ SMit Irèt-rares en Nornandia. Biles sont ainsi nomiDèet parce que le» pupitres garms de bénitiers, qui les accompagnent, serraient pour les stations de la procession des Rameaux, pendant lesquelles on chante VHoêoimah, La dépouille mortelle des fondateili-s est ordinairement placée au pied de ces petits monuments.

ofire» att reaKle-chaassée» noe petite fendire surmontée d'uae

ogite eo accolade. Sur le poteau d'buis^

série, est sculpté un écussoo que

masque un volet Nous avons lu sur cet

écusson les mois suivants, eu caractères

gothiques :

Dîne le Kog

Sur la même façade sont sculptés deux autres écussons. L*un de ces écussons représente un arbre.

I3ne haute cheminée en brique, dans laquelle est incrustée une croix en pierre, surmonte le toit.

L'Hôtellerie doit probablement son origine à une de ces maisons hospitalières, si répandues au moyen-âge, dans lesquelles les malades de la contrée étalent reçus et soignés , et où les voyageurs pauvres et infirmes étaient sûrs de rencontrer une généreuse hospitalité.

Les rôles de l'Échiquier, conservés aux archives de la Tour de Londres, font mention, en 1195, d'un nommé Guillaume, clerc de l'Hôtellerie {clericus de Hospùalaria).

D'après la tradition locale, la reine Blanche, mère de saint Louis, s'étant rendue en Normandie, pendant la minorité de son fils, pour apaiser les troubles qui avaient éclaté dans cette province, fut prise tout à coup des douleurs de l'enfantement et transportée dans une hôtellerie qui se trouvait sur sa route, où elle accoucha d'un fils qui mourut au berceau. En souvenir de sa délivrance , elle fit élever , près de cette maison , une chapelle qui prit le nom de l'Hôtellerie. Telle serait , dit-on, l'origine de ce \illa^e.

Avant la Révolution, une messe basse se célébrait deux fois

CANTON DE LISIEUX, l*^*. SECTION. 133

la semaine, à 5 henres du matin, dans Téglise de l'Hôtellerie, pour les marchands de bœufs qui se rendaient au marché de PoJssy. Voici l'esquisse d'un hangar qui existe encore et

qui serrait à attacher les bœufs.

MAROLLRS (1).

Marolles , eeclesia de Maeroliis , de MaroUis , de Maierôles.

L*église de Marolles s'élève dans une plaine, sur la gauche et à peu de distance de la route impériale de Paris à Cherbourg.

Celte église, dont les vastes proportions attestent l'ancienne importance, était primitivement romane.

Les murs latéraux , couverts d'un crépi ancien qui se détache à plusieurs endroits, montrent un grossier blocage noyé dans un mortier très-épais. L'appareil roman en feuilles de fougère, peu caractérisé au nord, est parfaitement marqué du côté méridional On remarque, de ce côté, une petite fenêtre

(ij Notes de M. Pannier.

154 STATISTIQUE MOVUMEMTALB OU CALTADOS.

à pleiii-GÂatrc, en forme de meurtrière (aujourd'hui bouchée}, laquelle ne peut laisser aucun doute sur l'époque de la construction de cette église, qui remonte au XI*. siècle.

La première travée de la nef, du côté du midi, a été reconstruite en grand appareil au XVI*. siècle. De nombreuses reprises en silex ont eu lieu à la même époque , au nord et au midi.

La nef est éclairée par cinq fenêtres ogivales sans meneau (deux au nord et trois an midi ), dont les moulures accusent la dernière période ogivale.

Quatre fenêtres ogivales flamboyantes , partagées en deux baies par un meneau prismatique , éclairent le chœur. L'une de ces fenêtres est moderne ; les trois autres sont anciennes et proviennent de l'église de Cirfontaine , dont la ruine pittoresque, s'apercevait à quelque distance de la voie ferrée de Paris à Cherbourg , aloi^ en construction. D'après le conseil éclairé d'un archéologue (M. le docteur BiUon) , ces fenêtres furent sauvées de la destruction et transportées avec beaucoup de soin à Marolles. M. l'abbé Férct, ancien desservant de cette paroisse , à la mémoire duquel nous rendons un sincère hommage, les ût restaurer par un ouvrier habile et incruster dans les murs latéraux à la place des anciennes ouvertures, qui étaient sans caractère, la tracerie des fenêtres , formée de jolies moulures, offre une variété d'ornements agréables à l'œil. Le lobe supérieur des unes affecte la forme d'un cœur ; le tympan des autres est percé d'un qnatre-feuille à pétales lancéolées. Une jolie piscine ogivale, trilobée, a été découverte du côté de l'épitre.

Le chœur, en retraite sur la nef, se termine par un chevet droit, contre lequel est appliquée une sacristie à pans coupés* avec chaînages en pierre sur les angles.

Une belle tour quadrangulaire» dont la large base était destinée à recevoir nne haute pyramide , s'élève à l'angle nord-

ouest du porlail ocddenUl , lequel est percé d'une porte k linteau, entourée de moulures prismatiques.

Cette tour, soutenue extérieurement par de puissants contreforts, s'appuie, à Tintéricur de l'église, sur deux énormes colonnes mouocylindriques , dont les chapiteaux , d'une exécution barbare, présentent des figures grotesques, assez semblables à celles que l'on remarque sur certains chapiteaux romans. L'une de c«s colonnes est surmontée de deux espèces de contreforts qui s'emboîtent l'un dans l'autre ; disposition qui nous a paru intéressante à signaler.

M. Bouel a fait un dessin de ces deux colonnes, qui datent

JNTÊBIBVR DS L*éGLISC DE MIROLLBS.

158 STATISTIQUE MONUMËKTALC DU (lALVADOS.

da même temps que la tour, dont la construction remonte aux premières années du XVI*. siècle.

L'éuge supérieur renferme deux cloches dont nous avons relevé les inscriptions. La plus petite provient de Tancienne église de Girfontaine.

Cloche de MaroUes, Diamètre, i mètre.

L^Afl 178S lAY iT< B83IITB PAR MAITDB LOMS PATRRNR XALCANGS CCEÊ DS C8TTR PAROISSB RT NOMMER MARIB LOUISK PAR HESSOlB ESPRIT AV- Ct-STriV DK PIPRRBT CHBVALieR SEIGNEUR ET PATRON HONOBAIRB ALTRR' NATIF DB SAINT MARTIN DE MAROLLB SEIGNEUR ET PATRON RB SAINT ■IPOLITB DE CANTBLOUP KT ALT BBS LIBl'I RT PAR NOBLB PAilB «ARtB L0CI8B BOSE RUBOSCH EPOl'ZE DE MESSIhB NICOLAS BTIBNNB OB BOCTBT CBBTALIER SBIONBCB ET PATRON HONORAIRR ALTERNATIF DU DIT HAROLLB BT AUTRES LIEUX.

Cloche de Cir font aine.

Diami'tro, 63 cent.

M*'* ROBERT GAILLARD P*" CVRÉ 4600. f IRAN DT CELIER B' S' DE LA HAVLTB R0CQVE8 B NOBLB DAME A DR I A NE DB BEATDRT FBHUB DB FRANÇOIS DV HOVLF.Y B' S' BT PATRON DB COVB* TflONNB ET N08TRR DAME CIBFONTAINR.

Sur la clocbe est représentée une croix formée d*arabc8^ ques f dont les croisillons sont terminés par des fleurs de lis. A gauche de la crofx est placé le monogramme du Christ IHS (Jésus) ; à droite, se détachent les lettres MA (Maria). Au-dessous on lit :

o. COLLEVILLE TESORiR [trésorier).

Du côté opposé, quatre fleurs de lis disposées en croix.

La porte qui donne entrée dans la nef était autrefois précédée d*un porche en bois, dont on aperçoit les traces .sur le mur. Elle est surmontée d*un écusson peint, presque entièrement eflacé, qui probablement faisait partie d'une litre fu-

CANTOfI DE LISIEUX, 1'*. SECTION. 139

wAmtc. Aa-dessos, s'ouvre ooe fenêtre ogîTale de la dernière époque.

L'arc iriomphaJ, qui sépare le chœur de la oef , date de la fin du XYP. siècle ou do commencement du XV*. Cet arc , doDl M. Bouet a fait on dessin» offre de curieuses moulures.

L'archÎTolle principale, formée d'un gros tore que séparent deux gorges profondes, s'appuie sur des chapiteaux d'une exécution peu soignée, autour desquels s'enroulent des ceps de vigne. Dans l'angle formé par la colonne et les pieds* droits, est placée une petite colonnelle. La voûte de la nef et celle du chœur sont en merrain.

Cette église possède deox magnifiqaes autels avec rétaUe, dont nous allons donner la description.

Le rétable du maitre-autel, à fronton coupé, dans le style Louis XIY, est décoré de deux colonnes torses, d'ordre composite, autour desquelles s*enroulent des ceps de vigne chargés de grappes de raisin que becquettent des oiseaux. Le tableau placé dans Fentrecolonnement représente Notre-Damedu-Rosaire. Des anges , tenant des palmes , sont a^sis sur les consoles qui surmontent Fentablement. Le couronnement du retable, surmonté d'un fronton triangulaire, estflanqué de deux pilastres décorés, dans la partie supérieure, d'une tête d'ange

soutenue par une console d'où pendent des fruits. Au milieu, est peint un Saint-Esprit, sous la forme d'une colombe.

Deux niches, terminées par un fronton trapézoîde que surmonte un gracieux couronnement formé de légers rinceaux , accompagnent le rétable. L'une de ces niches , placée du côté de l'évangile, renferme un groupe représentant la Sainte- Trinité ; l'autre niche contient la statue de saint Martin, premier patron de l'église.

Ath-dessus des portes qui donnent entrée dans la sacristie

CANTON DI LlSltOX, l'*. SECTION. 161

sent placés deux petits tableaax peiots sur bois^ qui ne sont pas sans intérêt. L'uo de ces tahleanx représente Marthe » exemple de la vie active , préparant le dîner de son divin Mallre» tandis que sa sœur Marie-Madeleine» symbole de la vie contemplative « reste tranquille , écoutant les paroles de Jésus-ChrisL

Nous signalerons encore deux médaillons, dont l'un représente saint PauL Le personnage religieux peint sur l'autre médaillon tient un livre à la main.

Le tombeau du mattre-autel est carré et décoré de jolies caryatides. La face principale offrait autrefois un beau parement en étoffe.

L'autel placé au bas de la nef. sous la tour, proTÎent de l'ancienne église de Cirfontaine, démolie en 1846. M. l'abbé Féret, ancien desservant de MaroUes, attachait un grand prix à cet autel, l'un des plus gracieux spécimens que nous ait légués le XYII*. siècle. Les quatre colonnes torses, garnies de feuilles de vigne, qui décorent le rétable supportent un riche enublement De jolis vases , ornés de trois têtes d'ange reliées par une guirlande de fleurs , dans le genre des épis émaîUés qui couronnaient le faite de nos manoirs normands , surmontent les colonnes. La forme du tabernacle est celle d'un élégant pavillon à colonnes torses , surmonté d'une gracieuse coupole couverte d'imbrications. Les rinceaux qui décorent les gradins de l'autel se terminent par des têtes d'aigle.

Ce beau rétable, qui fait l'admiration de tous les connaisseurs, accompagnait le maître-autel de l'église de Cirfon(aine(l) .

A l'extrémité de la nef s'élèvent deux petits autels, dans le

(I) Nous TCJMiM d*appieiidre que ce raable, qui a coûté une Minme énorme, si Ton en juge par la délicalesie du travail, a été vendu 400 fr* à uu brocanteur.

\U2 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CAf.TADOS.

Style Loais XV. Gelai de gauche est décoré de la statoe de saint Santin , évéque. Cette statue, qoi est ancieane , est miniatorée.

La croix du cimetière, malgré son exécntion un peu barbare , n*est pas dépourvue d'intérêt Elle offre , sar l'une de ses faces, au point d'intersection des croisillons, une couronne en fer forgé. Le chapiteau qui termine le fût est décoré de feuillages. Cette croix, qui est dans un état déplorable, date du siècle dernier.

Près de la croit , est placé le tombeau de M. Tabbé Féret, ancien desservant de cette paroisse. Sur la pierre qui recouvre sa dépouille mortelle, est gravée l'inscription suivante :

M. KIC0LA9 ROLlAhO

PERBt, PBÊTttlt, ANCIEN PII0PR<SBUB

DB DIKXB AU COLLéCB DB PONT-A-

iioussoN (mburtbb)

Kà A ARGENCRS LK

23 AOiT 1798

INSTALLi LE 20

Juiîf 1857

BBSIBBVAIIT OR

CBTTB PABOttSB OU IL BST DtCÉDé LE 32 JOUI 1860.

Sous un tertre de gazon, que surmonte une modeste croix, repose une centenaire. Nous avons lu l'inscription suivante , remarquable par son laconisme :

VARIB-PRANÇOfSB fRSQVB, ttlE AU VUïlIL-OITTLLAUlfB LR 6 BéCBMBBB 1740,

nÈcknkE a mabollrs le A ja?iyibr 18A1.

Marolles dépendait, pour le cnlie, du doyefiné de Moyanx; et, pour le civil, de la sergenterie dudit lieu. Au XVIIP. siècle, on comptait, dans cette paroisse,

CANTON UB LISIECX, l**. SCGTIOM. US

209 feux (1,000 à i»100 habitanu). D'après le dernier récensemenlde la population, le nombre d*babilanto est anjourd'bui réduit à 789.

Le patronage appartenait aux Matborins de Lideux. Sui- Tant un acte de« assises de Bemay , de Fan 1190, retroufé par M. Charles Vasseur dans les arcbites de F Hospice de Lisieux qu'il a compulsées arec soin, c Jeban Péril reconnut à Richard d'Argences la jouissance du fief de MaroUes avec le patronage et deux gerbes de dime. Peu de temps après, Jourdain du Hommet , évéque de Lisieui , acquit ce patronage et en fit don aux pauvres de la Maison- Dieu ou plotôt aux religieux Mathurins , auxquels il venait de confier la direction de cette maison. En 1218, Robert de Piencourt, ayant manifesté Tintention de troubler les religieux dans la possession de leur droit, fut désintéressé par ces derniers, qui s'obligèrent à loi payer une rente de quatre setiers de Ué à prendre sur leur grange de Marolles. En 1733 , Roger d'Argences qui, sans doute, avait succédé à Richard comme seigneur du fief de Marolles, donna aux religieux une charte de confirmation pour le patronage. Une autre charte de 12S9 confirma également le droit, qui leur avait été concédé» de prélever la tierce-gerbe sur toute la paroisse. Depuis ceue époque jusqu'à la Révolution , les religieux ont exercé leurs droits sans entraves.

Il existait , sur le territoire de Marolles , une chapelle dédiée à saint Marc. Au XYIII*. siècle, cette chapelle était réunie au bénéfice-cnre de l'Hôtelleiîe. C'était probablement, dit M. Vasseur, une ancienne roaladrerie, dont les biens furent donnés à l'hôpital de Usieux en 1695. L'édifice existait encore au XYIII*. siècle. Une déclaration des admiaîsiratears des pauvres de Lisieux, du 20 avril 1721, fait mention nfniie pièce de (erre en herbe sur laquelle est la ekapelie Si.*-Mùre, bornée au septentrion par le grand chemin ferré, e(c^

ikk STATISTIQUE MONU&IENTAU DU CALVADOS.

Lb Val-Richer possédait ausai des biens soir le terriloire de celte paroisse.

Château, — I/ancien cbflteaa de MaroUes , situé à quelque distance de l'église, parait dater de la fin du XYI*. siècle. Il est constniit en bois avec briques inclinées entre les colombages.

I^ corniche qui supporte le toit • est décorée de nombreuses caryatides dont la partie supérieure offre le buste d'un homme, et la partie inférieure une queue de poisson. Sur on cartouche , placé à Tangle sud-est de la corniche , on lit la date i6li6 qui semble indiquer Tépoqoe de la restauration d'une partie du château. Le toit brisé offre de grandes fenêtres en forme de mansardes (On sait que ce genre d'ouvertures n'a été inventé que sous le r^ne de Louis XIV ). Les extrémités du faite sont couronnées de beaux épis en terre cuite émaillée. Un magnifique escalier œnduit à Tétage supérieur du château.

Ce diâteau est aussi nommé le Mont-Hérauli. Il a appartenu à la famille de Piperey. Jacques de Piperey , contrôleur des monnaies à Rouen, en 1598, est le premier qui se qualifie de seigneur de Marolles. Parmi ses descendants, on compte plusieurs magistrats. François de Piperey, sieur de MaroUes, était vicomte de Moyaux en 1666. Jean-Pierre de Piperey, sieur de Marolles, St. -Germain et Piencourt, fut également vicomteenqoesteur et commissaire-examinateur de la vicomte de Moyaux, puis conseiller au Parlement. On remarque, à l'intérieur du château, deux écussons accolés.

La terre de Marolles a été aliénée, vers 1856, par M. Âmédée de Piperey. Dans une cour dépendant du château , s'élève une chapelle en bois, surmontée d'un petit clocher octogone couronné par un toit conique , autrefois couvert en essente. Les murs de cette chapelle, qui date du même temps que le château , étaient revêtus d'essente. I^ mur septentrional a

CA?ITOM DE LUIBUX, i". SECTiON, iU5

coowrfé ee g^re de déceraikm. lâ voète en merraio est peinte en bien et semie d'éloiks. Les cutivre-joinu, peîats ea ronge, sonl bordés d*un 61et or. Oo remarque le pavage émafllfQ âMblaaire, qui est ancien et parfaitement conservé.

UilC seconde partie da fief de Marolles échut à la latpille de BMcy. Ilftis les Archives de la ville de Lisieux, M^ YasaliMr è. trouva J«i^m de Gabriel Le Boctey , < éscuyer« sieuf 41 Marolles et 4|i Boolley (16 juin 1577). » La famiUe de ttictey posséda 6e fiéf jusqu'à la Révolution. Messieurs de q^ctey ayant émigré, leurs biens furent vendus par la nation. Sêùs la RestauiWion , ils rentrèrent en possession de leur terre , qui appaHieni aujourd'hui au dernier descendant de cette famille.

hè ehMeMi et Marolles-Boctey a été rebâti il y a quelques années. Le moulin féodal seul est ancien.

Dans une cour qui borde le chemin de Marolles à Cirfonuine , s*élève une ancienne maison dont la construction re* monte au XVI% siècle. Cette maison mesure 50 pieds de longueur sur 20 de profondeur.

Le rez-^le-chaussée , construit en grand appareil , est surmonté d'un éuge en charpente formant encOrbellemeoL Cet étage f décoré de nombreuses et belles moulures , est éclairé par des fenêtres cruciformes.

f.mroifTAiNR (1).

Cirfontaine , Sirofonte , Cirofonte , Cirfontaine.

l]He Oiifoiinilnce royale dû 22 septembre 182& a réuni à M dôdifbOHë de Marolles l'ancienne paroisse de CiffontsÉine.

L'é|^ , tttie àtt fond d'un vaUon , offre ufle cbarmatite ruine. C'éUit , dit M. le docteur BiMoH, qui a tisité rcdlfice M WM , et d'af[^rë« letjttd ftotls i^fW^ f^igé ^A fiartiè la

(I) Notes de M, P«iniier. 10

notice soivaDte, Tune des églises rurales les plas riches et les mieux décorées de l'ancien diocèse de Lisieux.

La nef, œuvre d*un architecte de talent, date de la fin du XV^ siècle.

Les. murs, construits en grand appareil, sont soutenus par des contreforts saillants dont plusieurs attirent les regards par leur forme insolite. Un magnifique stylobate , composé d'une large doucine et d'un chanfrein , suit les ondulations du terrain. La corniche, qui supportait le toit, est également formée d'une doucine.

On remarque , au midi , deux belles fenêtres à deux baies trilobées , dont le V tympan offre une jolie tracerie flamboyante. Il n'existe au nord qu'une seule ouverture, semblable aux précédentes. Dans l'ébrasement de cette feuOtre , on apercevait autrefois une curieuse peinture représentant Notre Seigneur au Jardin des Oliviers.

Trois contreforts saillants , dont deux sont placés sur les angles, soutiennent le mur occidental que surmonte un fronton triangulaire. Une fenêtre ogivale , entourée de moulures en gorge, s'ouvre dans le fronton, un peu à droite.

Un clocher en charpen}e , recouvert en essente et surmonté d'une pyramide très-élancée , s'élevait au-dessus de la première travée de la ncL

La porte , placée au midi , près du mur occidental , est à plein-cintre et entourée de moulures prismatiques. Un porche en bois, dont on aperçoit encore les traces sur le mur, précédait l'entrée de l'église.

Le chœur , fortement en retraite sur la nef , est roman et doit remonter au XI*. siècle. Les murs en ruine présentent l'appareil grossier en feuilles de fougère.

CANTON DB USIBUX , i**. SECTION. i&7

n se termine à l'orient par nn che?et droit soutenu par deox contreforts dont Tnn , g;ami d'an doaMe chaperon , date dn XVI*. siècle ; l'antre a été reconstruit en brique. Une hante fenêtre ogivale , partagée en deux baies par un meneau ▼ertîcal qui se bifurque dans la partie supérieure , éclairait autrefois le sanctuaire. Les moulures rudimentaires de cette fenêtre , dont les angles sont taillés en biseau , accusent le Xni*. siècle. On remarque au midi les Tesliges d'une fenêtre dont les moulures étaient toriques.

A rintérieur, l'église était entièrement peinte à fresque.

La nef présente encore de nombreux vestiges de ce genre de peinture.

A l'extrémité de la nef, du côté de l'épître , est placé un Intel en pierre qui date du XVI*. siècle. Le mur formant retable est couvert de peintures assez bien conservées , représentant le couronnement de la Vierge : la mère du Sauveur, entourée d'une auréole formée de rayons flamboyants , a les mains jointes et élevées vers le ciel. Deux anges , les ailes déployées, tiennent au-dessus de sa tête une couronne ducale. De chaque côté de l'autel on lisait, il y a quelques années > cette inscription, que le temps a presque entièrement effacée :

ATE MAEIA DOHIMr

VBI MATBl ALMA

CŒLICA PLU A OBAGU.

Deox petites crédences , l'une ogivale , trilobée , l'autre surmontée d'une ogiie en accolade, sont pratiquées dans les mars latéraux.

Le mur occidental était peint à fresque. On aperçoit encore urois ovales formés de rinceaux , au centre desquels on lit ,

MA « lAs

en lettres rouges jyy /\ et | |^ ^ . Près du mur 9 à gauche , était placé un escalier qui conduisait à une iribone réservée au seigneur de la localité.

Vi\ bel arc triomphal, supporté par deut colooiieft doDt la base est formée d'on hexai^one , sépare le chceur de la nef. L'extrados œt couvert de pi^intures simulant des imbrications.

Près de la petite porte qui donne entrée dans le choeur est placé un bénitier, en forme de coquille, portant le miliéslne 175S.

Le maitrc-autcl offrait, au XVr. siècle, uu helin rétaMe en pierre qui a été découvert , Il y a quelques aUttées , en creusant le sol de l'église.

Ce rétable , dont la Société des Antiquaires de NOraiandie a fait l'acquisition , se compose de piusîeurs groupes èiéculés en haut-relief, représentant diverses scènes de la ?ted« la Sainte- Vierge et de l'enlance de Jésus , telles que l'Arinanciation; la Visitation; la crèche et l'adoration des bergers; la visite des rois Mages ; la Présentation de ?^oire Seîgoeor au temple; le massacre des Innocents ; la fuite en Egypte. Un autre groupe représente la légende des moissonneurs coupant le blé sur le passage de Jésus-Christ.

Tous ces groupes, autrefois miniatures , sont traités avec cette délicatesse et cette naïveté charmante qui caraclérisent les oeuvres de la Renaissance.

Cet autel fut remplacé, sous le rè^e de Louis XIV , par le grand réuble que nous avons décrit à l'article Marolles.

Les deux petits autels furent décorés, dans le même temps, de retables en bois à colonnes cannelées et rudentées.

La nef a environ 35 pieds de long (mesure ancienne) dans œuvre sur 21 de largo. La longueur du chœur est de 18 pieds et sa largeur de 10 pieds (1).

Dans le cimetière s'élève un très-bel if, qui a 1 mètre de diamètre dans sa partie moyenne.

L'ancienne paroisse de Cirfontaine offrait un territoire très- Ci) Depuis la rédaction de celte notice, réglise de Clifontaine a été entièrement démolie.

raHwioL ittXVIU'. siècle, elle ne conpcak qoe iSfoai.

Sous le rapport spiritael , elle dépendait do doyeDné de M09MX ; po«r le civil, de la sergenlerie da même liea.

Cette paroisse rernoote 2i uoe haute antiquité. Ou trouve ààm les rôles de rÉcbiqeier, à la date de 1195 , le nera de WiUflmm de Sirof^tde.

A la fin dtt deroier siècle , la famille de TooniebQ penédait • dit-QO • la lerre de CirfoDtaine. Ses armoiries étaient : d'arum à la bande i'azmr.

Au commencement du mOme siècle , cette terre était dans les mains de la famille de La Sauvagère. Guillaume de La SauT^ère , sieur de Cjrfoatvne» (ut aoi^bli en 1612 et maintenu CD 1666. \J Armoriai de d'Hozier, rédigé dans les demièree années du XYiI*,'8K'cle, fait mention de Pierre de La Sauvagjère, sieur de CirfQntaioe, et de Charlotte du Fagpet , sa femma Us eurent un fils , niominé Marc-Antoine, qui prenait, en 1711 , le titre de sieur de Saint-Laurent, et demeurait dans h paroisse de St.-Jiiiieii-de-MaiUQe«

Jeau des Perrois , qui vivait en 15&1 , prenait le titre de seigneur de Cirfontaine. Nous ignorons comment cette terre est entrée dans ses mains, et comment elle en est sortie.

La HamenRocque* — Outre le manoîr » clief-lieu de la pamisse» .\L Charles Yasseur ne cite qu'un seul fief sur le. territoire de crrConlaine, celui de la Haute-Rocquo. Cet ancien fief est situé un peu au-dessous de Téglise , à rentrée d'un vallon qui aboutit k Courtonad.

« Jean Le Tellier > sieur de la Haute-Rocqne , paroisse de tt Cirfontaine , élection de Lisieux , Tun des douce associés <f du Canada , lut anobli par lettres de décembre 1629, vé- « rîfiées en 163SI U eut un fils» appelé aussi Jean Le TetUer, « «ieur d^ b liaitfe-IUicque , qui fut mainAettin le i*'. {èvrier 0 1668, avec Pierre Le Tellier, son fils. Cbevillârd leur

« donne pour armoiries : De gueules à trois navettes à tisser « d*argent posées en pal, 2 et i. »

Cette famille s'est éteinte à l'époque de la Révolation , dans ane fille qui avait épousé M. de Doctey-MaroUes.

C'est également à la fin du XVIII*. siècle que la terre de la Haute-Rocque viiit en la possession de M. Charles du Bois, qui appartenait à une très-ancienne famille de Normandie, dont on peut suivre là filiation depuis l'année 1066. M. du Bois est mort sans postérité. Il a été inhumé dans le cimetière de Maroiles.

VILLBRS-SITR-6L08 (l).

Villers-sur-Glos, ecclesia de Villaribus, de ViUula*

La paroisse de Villers ayant été supprimée lors du Concordat, et son territoire réuni à Glôs, l'église a été démolie il y a une vingtaine d'années.

La cloche, instrument précieux, et les deux petits autels, sont maintenant dans l'élise de Glos. On y avait également transporté le maître-autel ; mais comme il n'y avait point d'endroit propice pour le placer, il a été dépiécé : on en voit dans le clocher les morceaux disloqués. C'était un autel à pilastres avec trois tableaux , dont deux en forme d'ellipse. Le tabernacle était surmonté d'une exposition, consistant en un dôme quadrangulaire porté sur quatre colonnes corinliiiennes.

L'église de Villers devait dater des derniers temps de l'époque ogivale. Le chœur faisait retraite sur la nef, selon l'usage. Le clocher s'élevait à l'ouest : il consistait en un beflroi carré, couvert d'une pyramide quadrangulaire. Au midi était le portail , protégé par un porche en bois. Les voûtes étaient en merrain, avec charpentes apparentes. Celle du chœur était peinte en Uen-azor avec un semé

(i) Notef de If. Ch. Vasieur.

CANTON DE LISIEUX, i'% SECTION. 151

d'étoiles d'argent Les feoétres avaient des vitraux. M. le doctenr Billon en possède nn médaillon. Il occupait Toculus d*une fenêtre gémioée de la Renaissance. Les fonts étaient ornés d'arcatures gothiques.

^ Cette paroisse était sous l'invocation de la Vierge. Les patrons étaient, an XI V^ siècle, heredesde Mota; au XVIII*., l'évéqne de Lisienx.

Le fief principal de cette paroisse devait être la Motte, puisqu'il avait le droit de patronage. Il est situé tout près de Fanden enclos de régiise,qui formait enclave dans ses lerre& Il se trouve assis sur le bord d'un petit ruisseau qui emplissait autrefois ses fossés , et c'est sans doute à cette situation qu'il doit son n^m. 11 ne consiste, do reste , actuellement qu'en une maison de bois peu considérable, pouvant dater du règne de Louis XIV. Je ne crois pas qu'il ait jamais existé de ma* noir féodal appelé proprement Villers , et je pense que ceux des gentilshommes que l'on trouve avoir pris cette qualiflcation étaient seigneurs de la Motte. Je cite donc ici, comme intéressant la' Motte , « un mandement du 17 octobre 1475 du lieutenant du bailli d'Évreux à Tévéque de Lisieux , qui ordonne de conférer la cure de Notre-Dame-des-Prés, située ^ Villers, à celui que présente Estienne Flambart, seigneur dudit Villers. n ( Archives du Calvados. )

On trouve ensuite ce fief dans les mains de la famille de Boctey. Je ci*ois que l'on peut regarder cette famille comme originaire de Lisieux, puisque plusieurs de ses membres y remplirent des charges d'édilité dans les dernières années du XV*. siècle. En ISliO, « Guillaume Bottey^ damoiselle GuiU lemette Berihelot, sa mère, et damoiselle Gillette Bottey, leur cousine, firent leurs preuves devant les élus de Lisieux»; ils demeuraient à Villers. Noble homme Gilles Le Boctey , sieur de la Motte , figure dans un acte original du 30 avril. 1561. Un acte de 163/i parle des héritiers du sieur de Boctey , écoyer , sieur de la 51otte.

i52 STATISTIQUE MOMJMENTALb IMi CALVADOS.

D*apr^ rinscripiiOQ de la eloeke, Francis Lebraa éuit sieur de la Moite en 1668. lï avait des «Ikîancee avec h h- Mille de Maillée

D'autres fiefs se trouvaient sur le territoire de Notre-Dame de Villers , bien que sa superficie ne soit pas oonsidérable : tels éuient GrosmesoîK contigaà la Motte; le BouUey et Blancheporte, enfin la Quaise qui oiïre un grand intérê|.

Bn 15!iO, Grosmesnii était dans les mains de Mars de Gouvis, gentilhomme de très-aacienne lignée. A la fin 4a XVP. siède, il était passé à la famille de Doctey. On traove , en i6i06 et i61/i, noble et vénérable maître Michel Le Booley, propre , seigneur temporel du Grosmesnii , prieur de Mer* viUy , etc., puis curé de Natre-Dame-de- Villers.

Ce sont encore les de Boctey qui possédaient le Aoulley. Les registres de T hôtel -de- viUe de Lisieox ont conservé le nom de « maistre Gabriel Le Boctey , escnier • sieur de Marelles et du Boulley, procureur du roi en réleclton de Lisieux (1552-1577). Maistre Michel Le loctey, sieur du Grosmesnii , avait pour f^ère Louis Le Boctey , escuier , sieur du Boulley, qui avait épousé, le 3 juillet 1597, Catherine de FranqiuH-ille , fille du sieur de CoUandon , dont la postiirUé a possédé le même fief pendant plusieurs générations (1). •

Le Boulley est, je pense, la propriété de iM. Aug. Asselin, receveur des finances, membre de TAssociatiQU normande. Il est situé entre deux coteaux boisés, dans mie situation charmante. La maison, assez importante , a deux «liles qui datent du règne de Louis XIV , avec toit à la Mansard. Le centre parait beaucoup plus ancien , mais il a été modernisé à un tel point qu'il est impossible d'en recootnaître la date. Il a pooriaMt conservé son toit élevé et une grande cheminée en

(1) Il résulte d^actes authentiques que cette terre du BouKey était dans les matns de la finDille de Boctey ; mais elle possédait e» mêose temps le fief du Boulley, baooooup plus impartaet, silaé à 9t>- Germain-de-LÎTet*

CAKTOK D£ LiaiCUX, V^ SECTION* i^^

•raéa» dTaraiHires «îmilétfs avec à0»m dam les IméB • swttee fui remoiite m X\l\ «ède.

Le colombier carré, cABUniit en briques» eat aumoalé é'in èfk en terre jaoBe wrftiaete » qui représente on pigeen.

La fomiU^cto Boeiey éiait encore en poeee^ioo d'un antre fiel aasia sur te territoire de la aftèflie parottoî » niai^ ik un tfmn de Ueue an aMiin9 vers le midi » de l'aiUrQ cOté de la vallée ; il «e ooiamitii b Honssaye.

NoUe tMNUQin M\ Adriep Le ÇoOey, sietr de la (lo«fi«ije» vivait en 1570 et 1587, suiv^MM des docnmiçnt^ orii^navx que j'ai ew eiHfe te^ maîna. l*i§n(N?e le niiiii de; sop ftl% Un acte du <i jwltet iMi, lait Q)ei«io« de son petit-rfila. AotboÎ9« U Moley, éofiyer, aAissî seigpeur de h Houosay^ Il imm^ «es preuves de noUesa^ ^n 10$ê ^ Notre-Pamede-Viliers, avec Gilles Le Boctey, sieur de Glatigny.

Je n'ai trouva qu'ui^.settl acte o4 il soit question de la Blancbeporte çt dç ^oio propiriéuire, M*. Pierre To^staii^ Cet acte, daté du l*'. février ^684i relate une vente de trois pièces di^ terre situées à Qios, dépendantes de UaiepriodeCiiigntaine-

Le (ie( le plus intéressant pour Tarchéolof^ue , bien qu'il n*9U pas été biérarchiqueuneot le plu&inpporUnt, c'est certainement la Qu^ise m la Quèze.

Malgré les nombreuses mutilations que cfiili^ piaisoQ a subies, dk a'cq reste pas moin^ nn i^arç apécim<^4 des constrvçtipuJi domestique^ du commencement du XVr. si^le. Elle çst eo bois : toutes ses poutres prinppalçs sont coMi(ertes de sculptures dans le style du règne de François 1*'. Les sablières qui séparent }es étages sont sculptéeiSt M l^^tirs extréoûtéSt d*on nefveux rageur qui engloutit les. moulures, Toiles les autres pièces, verticales ou bori^ontales» sont C9i|V€^tes de Plk-4e-lampe » de rosaces, de losanges» di'enroulen^c^ts et autr^ motifs analogue». IJn^ jofo porte eit açc^bd^ av^ç pinacles, bUaoïis, feiijJlegça» ^'ouvre dae^la façade; malheureusement elle a souffert.

Les enlrecolombages sont remplis par des briqnes vernissées rouges et vertes , formant des dessins, tant par la variété de leur couleur que par leur disposition.

La face qui regarde le jardin n*est guère moins ornée. La base , jusqu*au premier étage , est en échiquier de pierres et de iniques. Sur une poutre centrale est sculpté un blason chargé d*une croix vairée et surmonté d*un chapeau de car* dînai avec les houppes. C'est celui du cardinal Jacques d'Annebaoit , évêque de Lisieux, de 1563 à 1560 ; on pent s'en servir comme de date pour la maison.

L'intérieur n'avait pas été moins soigné que l'extérieur, La principale chambre est pourvue d'une vaste cheminée dont le manteau , orné de moulures , est porté par deux colonnes engagées. Les sommiers des plafonds sont sculptés d'entrelacs et de rosaces.

Cette maison était autrefois couverte d'un grand toit de pavillon avec double épi. Des tuiles vernies de différentes couleurs formaient , sur ce grand comble des dessins ingénieux. En 18Û8, l'amour de l'égalité a fait stupidement ravaler ces fiers pignons au niveau des combles mesquins de l'époque moderne. Cependant, sans nul doute par économie, on a replacé sur le toit une partie des tuiles vernies , rouges, vertes et jaunes.

Les fenêtres éuiient carrées et étroites, sans ornements, si Ton en juge par celles que l'on voit encore, quoique bouchées, dans certains endroits. Les autres ont été élargies, il y a environ vingt ans.

Le colombier a été détruit en même temps que le comble , comme un vil instrument de la féodalité. Il était rond, de dimension fort ordinaire et sans architecture.

Je n'ai pu me renseigner sur les possesseurs de ce ùeL Je sais seulement qu'en 15&0 Silvain de Fatou ville , sieur de la Quaise, produisit ses titres devant les élus de Lisieux.

CANTON M LISieUX , i*^. SECTION. 155

Par V9tte de i6S6 , déjà cité, on coDoalt que Michel €o6tard, président en l'élection de Lisieax, était sienr de la Qnèze. Un autre titre des Archives des hospices, de 1667, m'a fourni le nom de t M*. Pierre Costard, escuyer, sieur de la Quaize, conseiller du Roy , trésorier de France au bureau des finances de la généralité d'Âlençon. » Je ne sais depuis quand ni comment cette famille était en possession de cette terre.

f^ paroisse de Villers dépendait de l'élection de Lisieux, sergenterie de Moyaox , et comptait UO feux.

MCaNIL-GUILLAUMB (1).

Mesnil^Goillaume , Mesnillus Guillelmû

L'église du Mesnil-Goillaume n'est point orientée selon l'usage : son chevet est à peu près en regard du nord-est. Elle est cependant fort ancienne; on distingue parfaitement dans les murs l'appareil en feuilles de fougère, entremêlé de ces longues briques que l'on a déjà vues à Fierville, à Ouillie-le- Vicomte ; elles sont disposées , comme dans cette dernière église, par chaînes horizontales, ou bien elles s'inclinent pour former Vopus spicatum, ou encore elles remplacent la pierre de taille , si rare dans la contrée , en garnissant les angles de la nef.

On remarque , sur le plan , qu'il y a absence complète de contreforts dans l'édifice.

On ne retrouve aucune ouverture de l'époque primitive : toutes ont été repercées à la fin du XV". siècle , et la plupart ont subi des mutilations postérieurement 11 n'en reste plus que deux qui aient un caractère archîlectonique : ce sont les deux grandes fenêtres à meneau du côté de l'évangile; elles sont identiques.

^1) Notes de M. Cb. Vaoeur.

156 STATfSn<^Ue MOKUmNTAlE W CéVfèfHyS.

t^ ii^r, qw ami prîiiiiii?eiiie«t 45 piad$ i» ii»g, t été probDi^ i^mt traite vers 1853 ou I85S. CelU adj<Rictioii,

dirigée, je crois, par un ageot-voyer, n'a rien d'arcbitcctural. En 1856 , on a transporté le clocher sur cette partie. Il se trouvait autrefois assis sur l'arc triomphal, ainsi qu'on le constate dans les plus anciennes églises. Cette pérégrination lui a été fatale. Il datait du XV^ siècle ; sa charpente était revêtue d'essente, et la base était munie d'un double évcnt ou abatsons composé d'une série de petites ouvertui*es trilobées. L'ardoise vulgaij*e a remplacé l'essente , et les trilobés des évents ont disparu.

Le chœur fait retraite sur la nef, il est petit; son chevet primitif a complètement disparu par suite de rérectîan d'une

G4NT9N M L1S1EUX» l**. SCGTIOR. 157

fittiîiUe à pans ceapés ifui fait h |M^0toiigipinem ém mm hl4raQx. C«ue iacristM €8C antérieure à la Rêtolotiofi.

Le flMibîlier est de nulle valeur artisticfiie. O* peul oitiM' cependant «ne statue de saint iiildc?ert, évéqoe , qui date du moyen-âge. Les autels sont encore enveloppés 4e lniâtt paremento de vieille soie.

La voâte en cairène de Ja 6cf a vu disparaître ses poutres apparentes depuis la première visite que j'avais faite en 1853 ; on a toutefois respecté sa forme, qui efffe un profil harmonieux et bien accentué. Ses sablières sont appuyées partie sur les murs , partie sur de fort singuliers corbeaut en pierre. Quelle raison a pu engager à surmonter ces consoles, si bien moulurées, par la pierre brute qui se trouve immédiatement ^ous la poutre ?

La voûte du chœur est recouverte d'une épaisse couche de plâtre.

L*arc triomphal est ogival, garni de moulures prismatiques qui viennent reposer sur deux colonnes semi^^ylindriqnes. Ces caractères indiquent assez le \Y*. siècle.

Dans le tympan d'une des deux fenêtres dont nous avons parlé, se trouve ee blason :

Le pavage a conservé quelques resles bien frustes de earreaux émaillés.

L'église est soos l'invocation de Noire-Dame. Elle dépendait du doyenné d'Orbec et de la sergenterie de Aloyaux. Le patronage était laïque et appartenait au seigneur du lieu.

La paroisse comptait 76 feux (380 habitants); elle en possède actuellement k'yU.

Le château est important et remarquable. Le dessin de M. Bouet fait voir la régularité de son ordonnance et son

caractère architectonique. Il est situé à une distance assez grande de Féglise , du côté de la ville. Il est impossible d'en donner une meilleure description que les lignes que lui a consacrées M. Raymond Bordeaux dans son Excwnon ar* ehéoLogique dans la vallée d'Orbec en 1850 :

CANTON DE LISIEQX, l'*. SECTION. 159

« MesDil-Guillaame, dit-il, est un château formé de quatre corpe de logis, avec une cour carrée au milieu comme beaucoup d'autres habiutions seigneuriales de Tépoque d'Henri IV et de Louis XIII. L'architecture, mélangée de briques et de pierres, produit un effet harmonieux. En entrant dans l'intérieur de la cour , la façade du corps de logis de gauche est bâtie en bois et d'un style plus ancien. Les colombages verticaux sont chargés d'ornements dans le goût de ceux des maisons des \Y*. et X\l\ siècles qu'on remarque à Lisieux (1).

« Chemin faisant, dans les corridors, j'apercevais,

mélangés aux vulgaires pavés de nos jours, quelques carreaux faïences qui avaient assurément servi autrefois à composer de briUautes rosaces dans les chambres de ce château. Mais, vérification foite , c'étaient les mêmes types que nous avions déjà rencontrés à Beuvillers et à Maiiloc, et cela me parut une preuve que ces pavés avaient été décorés dans les fabriques de poteries , si nombreuses aux environs de Lisieux.

« La seigneurie du Mesnil-Guillaume appartenait, au XVI*. siècle, à une famille d'origine lexovienne, illustrée par de grandes alliances et par la construction de monuments

(i) Cetie partie est bien certaiDement un reste ù*un château antérieur. Elle comprend sept travées de pilustrea d*ordre classique, dél<frminées par des pièces de bois d*un équarrissage iNwncoap plus consl* dérable, sculptées de ces larges feuillages à la mode sous le règne de François I*'. Mais, quand on a refait le rei-de-ehaussée qui est en iniques et les autres corps de logis, on s'est efforcé de moderniser cette bâtisse surannée. Les fenêtres ont été élargies et surélevées et on les a entourées de moulures qui accusent le règne de Louis XIIL La grande fiUère godronnée qui séparait les deux ordres de pilastres a dCk suivre les contours des nouvelles baies , ce qui la hit onduler eonme un eréMlage. Enfin, on a mis soui la eornMie de gros iMdUlons en bols, dft- Buenl recouverts de plautb

160 STATISTIQUE MONOMENTALE IIU CALVaDOS.

itùpmitaà. Nicôiiîi Lis TMlfois « sMgo^W d^feieHiltev q«î a lisait bâtir à Càeft ce magiiifiqtië Mtet éà XYP. siMè, aii^viir* d'hui la Jtoorce è( te Tribimàl de cbmtûtàîté i et ^oi pané* dàit lé cbâtl^aa de Fontailie-Étttupefbur |)rèft G^en » élatt en mèihé teiti|te seigneur dd Mesall^ttilbiifiie. La fiinîlle Le Yàllols jOBalt, l Cheh, ttn tfès-grand rôle ao XVP. sîdde> et à Rayeox an XVlI^ Uû akémoii^ t&âiliACrit ^ existe à la Mliotbèqde d(! tiaéli , €ft dent r«tlt«ar anonyttoe liasse maHgfloetttedt eit retiie l*eitractien de teaii» les fhftiHIés easoiMiaes qu'on regardait alors comme nouvelles, indiqué celle^Gt ciûrmtne isstie d'un sittiple artisan ée Lisient ^ enrichi dans le commerce. —Quoique les assertiéus de ee mémeiiiiB ne pa^ raisBcnt detôir êti^ aoÉeptées qu'avec beaucoup de réserve , les monuments viennent cependant conftrtner ce fah , passé sous silence par les généak^lstes, qee les Le yaùois som réellement origîuaires de Lisienx. Mais ils avaient tort de cadïer cette origine, honorable pour le commerce lexovien , car leur fiimllle devait être déjà fort distinguée dans celte ville à la fin du X\\ siècle. Nous aVons , en effet , retrouvé leur écusson sculpté Sut cle6 de voûte dé Ita nef de T^ise âL-Jâcqties, élevée Vei^s ISÎO.

« Quoi qu'il en soit, j'ai chercbé en vain dans le manoir de Mesnil-Goillaume l'écusson des Le Yallois. A l'intérieur de la cour j sur cette façade de charpente qui est d'un siècle environ plus.ancienne que le reste des constructions , il y a, à h vérité, des armoiries; mais ce ne soAt point celles de cette fomilto. Potmant , tout fait croire que c'est h eHe que le Mesnil-Cuillaufne doit la construction dé ce château , d'un si bon effet dans la vallée, y

J'ajouterai à ces détails la description des magnifiques épis M terre émaîUée qui temûnaient autrefois les tourelles et les pignons des cenUta On tîMii 41^ retrouver les nombreuses pièces dans un coin de grenier ; M. R. •Mi4eaoK n'avait doAc

CAMTON DE LISIEUX , i'^. SECTION. 161

po les vmr. La plupart aTaieot aa mains 5 pieds d'éléraiioD; leor exécution, lenrénuil peavent les faire regarder comme des pins remarquables. On y retrouve les têtes à coquilles , les pentes de fruits et de fleurs , et ces grandes branches de lis de jardin gracieusement recourbées dont se composent les plus belles pièces connues de ce genre. Un dessin peut seul faire deviner leor imporlance et leur mérite. Il y avait aussi quelques pièces de fabrication plus grossière, avec une simpb couverte de couleur verte. On les avait arrachées des toits pour satisfaire au niveau égalitaire républicain, et aussi à cause des fleurs de lis, symbole aristocratique.

A la fin du XV*. siècle , la terre du Mesnil-Guillaume appartenait à Guillaume de Trousseauville, chevalier, qui était Clément seigneur de Giverville et de Aloraioville, en Lieuvin.

Ensuite, comme on l'a vu plus haut, on en trouve en possession la famille Le Valois. Nicolas Le Valois, qui avail épousé, en 1536, Marie du Val, veuve de Nicolas de Grandme, étant mort en 15/il à Tâgede kl ans, de la façon que raconte De Bras, ses biens furent partagés entre ses quatre fils qui firent tous branche. Le troisième , nommé Jean, fut seigneur do Mesnil-Guillaume et de Coq. Sa postérité ne s'éteignit qu'au commencement du XVII*. siècle , dans la personne de noble damoiselle Marie Le Valois, veuve de feu Charles Lo Goys, vivant écuyer, sieur du Parc et de Manneville, dame dn fief noble, terre et sieorie du Mesnil-Guillaume , qui vivait encore en 1613 et 161 7 , suivant des aveux et actes originaux où je l'ai trouvée mentionnée.

En 1709 , suivant d'autres actes , là terre était passée à la famille de Mailloc; car on trouve « messire François de MaiUoc, chevalier, seigneur d'Ëstouteville , Alesnil-Goiilaome et antres terres et seigneuries , demeurant ordinairement en son chasteao dn Mesnil-Guillaume. »

Le Chapitre de Lisioux possédait , sur le territoire de cette

16t 8TAT]»T1QUK HONliVENTALB DU CALYAOOS.

piir^we» m% t«rre noble, nomnée le Fief-aav-'fluet, qae jHi liTouiiée mutilpDiiée iaas vft acte original de idS7.

«Los(n.

Glos, ftrtoctttm» dans une charte de 1284.

Le TiHage de Glos , sitné à 5 kilomètres de Lisîeox , an midi» est coquettement posé sur une éminence an pied de laqueHe passe en triinchée le chemin de Ter de Paris k Gberbovrg. Celte éminence, presque entièrement formée de sable, sépare la riante fallée de t'Orbiquet da vallon sauvage et pittoresque de Courtonne-la-Meardrac.

^ L'église, qui occupe le point culminant du coteau, est une des plus anciennes et des plus intéressantes des environs de Lisieui. Sa construction paraît remonter aux premières années du XV, siècle.

Les murs latéraux, beaucoup plus élevés que ne le sont ordinairement ceux des églises rurales qni datent de la même époque, offrent un ancien blocage , recouvert d'un crépi qui se déuicfae à plusieurs endroits et laisse voir Tappareil grosiJier en feuilles de fougère.

Deux contreforts seulement , Tun au nord et fautre au midi , soutiennent la nef dont les murs sont d'une grande épaisseur. La faible saillie de ces contreforts qui atteignent presqqe le toit ; la largeur considérable des joints qui relient les pierres ; le relief que présentent ces joints, dont les bords sont taillés en biseau ou chanfrein ; enfin , l'arrangement des pierres, posées en défit et formant des espèces de chaînages ( cette disposition e^ surtout visible à l'angle sud-est et à fangle nordrest de la nef), sont autant d'Indices d'une haute antiquité. Nous ferons observer que la nature des pierres em-

('l^ Noiet de If. Pvtinier;

CARTON ftB LlSfCOX , i**. SBCTIORb I6S

pbfta 4ins k cDuthioiMD des ooncreforts eit diflKraite : les unes sont en calcaire oolithique , d'an grait très^fia ; l6i âotrci en cikaire urèB-^p&rtux, ayMt ane grande reasemMatice «vecle tnf «o iFarenîa, qoi était généralenMnt en neage pendm la période ronane.

Les «uns iatéraax do ciNeur, fortement ai recraîlc ftor œn de la nef et également i*ecrépis , n'étaient aonlsBus pnmîllvenient par aacnn contrefort. Les contreforts saillants, à double glacis, que Ton voit à rextrémilé orientale de ces deux mars, près do chevet , ont été élevés à la Gn du XV*. siècle ou an XYI*. La partie supérieure de ces contreforts a été refaite en briques plates dans le courant du XVIII*. siècle.

Lenrar droit qui termine le chœur, à l'orient , eH soutenu par deux contreforts saillants , en pierre , k douMe glacis Contre ce mar , entièrement recrépi et sar lequel on n'aperçoit ancuie trace de fenêtres, est appliquée one sacristie en briqaes qoi date dii âède dernier.

Des fenêtres à plein-cintre et à claveaux txtradoaiés, sem^ bfafeles k celles qui s'ouvraient dans la partie supérieure des murs latéraux du chœur et dont on apençoît encore qnelqiMb vaaigaBy édairaîenc priniitivemcnl l'égliiie.

€êt édifice a été repercé àk fia du XIP. siècle, ou dans les pranâères années dn Xlli*., ainsi que rattesle l'étroite fenêtre en fomK de lancette q«i éclaire le chœur du côté septentrional. CJne lancette semblable s'ouvrait dans le mur méridional Ces deux fenêtres sont en partie inscrites dans ha ancîenaea oin^rtnres, qai étaient romanes et placées un peu pins haot Oenx fenêtres ogivales un pen pins larges , du ■enw temps, taissent pénétrer le jour à l'intérieur de la nef, Tane au nord cT l'antre au midi.

Le chœur est éclairé au midi par denx fei^res : l'une aana candère , l'aatre à ogive aiguë, très-large. Celte dernière fenêtre était anlreldis partagée en denx baies par on

IM STATISnQUE MONDlIBirrALfi DU CALTAMS.

meiieao. La moolore torique^ garnie d'an listd, qui Teneadre accaae le XIV*. siècle.

Les deox larges oo?ertares en briqoe pratiquées dans le mnr méridional de la nef sont cintrées » dans la partie sapérienre. Au-dessus on lit la date 1780, qui indique une réparation faite à cette époque. L'une de ces fenêtres offre l'inscription suivante :

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