‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 68 sur 113 · VENDES · texte numérisé non relu

VENDES

Vendes. Vennœ, Veneciœ.

L'église de Vendes paraît de trois époques : la nef offre les caractères du XIII* siècle ; la tour centrale est couronnée d*un toit à double égout, peut-être du XIV*, et le chœur, partie la plus ancienne, appartient au style roman, sauf les reprises modernes qu'il est facile de distinguer.

Le patron est Saint Martin. Le patronage appartenait aux chanoines d'Arry et de Vendes alternativement. Il y avait anciennement deux portions de cure : elles furent réunies le 18 octobre 1635, par un décret de M. d*Angennes, évéque de Bayeux. Ces chanoines partageaient toutes les dîmes par moitié; ils possédaient à Vendes chacun un fief dépendant de leurs prébendes.

Les religieux d'Aunay y possédaient aussi un fief considérable.

Au siècle dernier, ces religieux avaient à Vendes une maison de peu d'apparence, qu'ils avaient fieffée à un habitant, à charge de leur fournir une chambre, un grenier et une écurie quand ils venaient faire tenir leurs plaids et recueillir leurs rentes seigneuriales (1).

On distinguait encore les fiefs de CuUy, de Cairon et de Beltot.

Sur une route tendant de l'église, vers le midi, se trouve un petit château nommé le pavillon de Vendes^ qui doit dater de la 2* moitié du XVI* siècle, ou du commencement du XVII*. Il appartenait, au siècle dernier, à M. de Gaalon, chevalier de Saint- Louis, brigadier dans la maison du roi; c'est aujourd'hui la propriété de M. le comte de La Barthe.

(IJ Notes mAnascrites de Beziers.

airroN ds tilly-sur-seuluss. 189

Mfldtre Gerv&M Chrétien, fondateur d'an collège à Paris, naquit à Vendes; il témoigna de son amour pour son lieu natal en accordant un privilège aux enfants de Vendes sur les bourses du collège. En conséquence de ce privilège, un arrêt du grand conseil, rendu à Paris en mars 1640, porte que, quand il y avait des bourses vacantes, on ne devait y pourvoir que trois mois après que la vacance en avait été publiée à Vendes, aGn que ceux qui pouvaient les occuper pussent se présenter dans cet intervalle. On adressait alors des lettres au curé de la paroisse pour le prier d'annoncer ces vacances au prône.

Vendes a aussi donné naissance aux deux Porée, dont Tun, le plus célèbre, mourut en 1741, professeur de rhétorique au collège Louis-le-Grand.

Gh. Porée, leur frère^ chanoine du Saint-Sépulcre et curé de Louvigny, a rempli les fonctions de secrétaire de l'Académie des belles-lettres de Caen, dans la deuxième moitié du siècle dernier.

Vendes faisait partie de la sergenterie de Villers, élection de Caen. On y comptait, avant la Révolution, 92 feux et 260 habitants.

SAINT-VAA8T.

Saint-Vaast, Sanctus Vedastus.

L'église de Saint- Vaast, qui a été reprise en sous* œuvre, n'offre pas d'intérêt; quelques parties seulement appartiennent au style roman (arêtes de poisson, cintre à zigzags), d'autres peut-être au XIIl* siècle.

Le seigneur du lieu nommait à la cure; le curé per* cevait les dîmes.

C'est, dit-on, dans cette paroisse que les habitants

de Macé, près d'Alençon, vinrent cacher, vers 865» les reliques de Saint Raven et de Saint Rasiphe. Ces deux saints, dit la légende avaient été injustement mis à mort à Macé, vers le \l* siècle, par ordre d*un seigneur de leur pays.

Leurs corps demeurèrent dans Toubli jusqu'en 1047 que Hugues^ évêque de Bayeux, averti par la révélation d'un religieux, alla processionnellement lever leurs corps. Ils furent trouvés à 30 pieds de profondeur enveloppés dans une peau de cerf. On bâtit, sur la place où ils avaient reposé, une chapelle où Ton va réclamer Tintercession de ces deux saints. pour les fruits de la terre. La chapelle qu'on voit à présent n'a pas de caractères d'ancienneté.

Ancien château de Saint-Vaast. — Le château de Saint-Vaast était une place importante : on en voit encore les vestiges à l'ouest nord-ouest de l'église. Il se composait de deux enceintes : une chapelle se trouvait dans la première. Ce château tomba au pouvoir des Anglais en 1356. Maisons, moulins, tout fut brûlé dans les environs ; plusieurs communes furent abandonnées de leurs habitants, il n'y resta que des vieillards, les morts restèrent sans sépulture, les terres demeurèrent incultes pendant plusieurs années, la désolation fut à son comble. Pour sortir d'une situation si déplorable, les habitants des communes voisines se cotisèrent pour le rachat du château de Saint-Yaast, dont la garnison pesait si malheureusement sur le pays !

En 159Ç, le seigneur de Saint-Yaast, de la religion protestante et qui avait servi sous le duc de Longueville, mourut sans enfants; il fut enterré^dans le choeur de l'église. L'offîcial, à la requête du promoteur, or-

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