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driques du XÏV« siècle ; c'est une reconstruction, car dans le mur occidental on. remarque des parties de muraille en arête de poisson. Le collatéral du sud paraît en partie du XV* ou du XVI*; le collatéral du nord a été refait il y a trois ans ; il est question de reconstruire la façade qui offre un mélange de maçonnerie modei'ne et ancienne, et dont les principales ouvertures n'ont aucun style.
A l'intérieur du transept sud, j'ai remarqué une statue de Saint Jean, dont il me serait difficile de fixer Tépoque, et que je compte faire dessiner.
L'église est sous l'invocation de Saint Jean. La cure se divisait en deux portions, dont une était à la nomination de l'abbaye de Vendôme, l'autre à la présentation du baron d'Audrieu, peut-être par rétrocession du prieuré de Saint-Nicolas-de-la-Ghesnaye, a qui ce droit appartenait au XIV* siècle. L'une des prébendes de la cathédrale de Bayeux possédait des terres à Audrieu. Le chanoine qui en était titulaire percevait le 10® des dîmes de toute la paroisse et les verdages de son fief. (V. le pouillé du diocèse).
Château. — Il existe dans un herbage, près du château actuel d'Audrieu, une motte féodale, que le propriétaire, M. le général de Séran, a fait conserver, et sur laquelle plusieurs beaux arbres végètent. Je l'ai citée dans le 5* volume de mon Cours d'Antiquités, p. 123.
Le château actuel est entouré d'un parc planté de très beaux arbres de haute futaie (sapins, chênes, hêtres, pins, etc., etc.). La terre qui forme le domaine contient environ 200 hectares.
La terre seigneuHale d'Audrieu, érigée en baronnie
par lettres patentes du mois d'avril I6I0 en faveur de Guillaume de Séran, chev.alier de Tordre du roi et gentilhomme de sa chambre, appartient encore à son petit- 01s, M. le général de Séran.
Je trouve, dans les notes de Tabbé De La Rue, que la seigneurie d'Audrieu avait appartenu à la comtesse de Boulogne, Ida, femme d'Ëustache de Boulogne.
Les d*Ëstampes, et les de Percy ont été successivement seigneurs d*Audrieu. La terre a passé par mariage de la famille de Percy dans celle de Séran-La-Tour. Gilles de Séran, chevalier, seigneur et patron de la Tour-au-Gras, Saint-Pierre, Saint-Loup, et Aubigny, près Falaise, fut père de Guillaume-François de Séran, qui obtint l'érection de sa terre en baronnie. Ce dernier portait d'azur a 8 croissants d'or. Il eut de son mariage deux fils dont le cadet, Pierre-Léonor de Séran, seigneur d'Audrieu, fut marié d'abord à Madeleine de Radulphe, puis à MaricrCharlotte-Renée Le Marchand. Pierre-Edmond de Séran, son fils, épousa M^** de Néel de Sainte-Marie, mère de M. le général de Séran.
Château de La Motte. — Le château de La Motte, dont on voit les bâtiments à quelque distance, au nord de l'église, est ancien. Près de l'une des portes d'entrée se trouve une chapelle dédiée à Saint Louis, et qui peut remonter à la fin du Xlli* siècle ou au XIV'. Des dents de scie décorent la corniche; la porte, en arc surbaissé, qui l'avoisine et par laquelle on entre dans la cour de ce côté, doit être du même temps. La chapelle Saint-Louis de La Motte était autrefois desservie par des chapelains.
En 1392, Antoine de Warignies était seigneur d'Audrieu (dom Lenoir, vol. 44, p. 355).
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En 1467, !e seigneur André de Warignies nomma Guillaume de Warignies pour clerc de la chapelle, située dans son manoir seigneurial.
Ce manoir occupe Tun des angles de la cour. Les rampants des gables sont garnis de très belles feuilles frisées qui paraissent du XV* siècle, ainsi que diverses sculptures des portes et fenêtres.
11 y avait à Âudrieu un troisième flef appelé le fief (TAudrieu; il était, en 1454, entre les mains de Guillaume d'Octeville, seigneur de Cully; ce fief relevait de la baronnie de Douvres par un quart de chevalier.
Antiquités romaines. Dans la plaine^ un peu déprimée, qui s'étend entre Audrieu et Ducy, mais qui appartient exclusivement au territoire d'Audrieu, j'ai remarqué, sur une asssez grande étendue, de nombreux débris de tuiles à rebords et de briques attestant que là existait une agglomération d'habitations gallo-romaines.
Documents historiques. Au milieu du XV* siècle, il s'éleva un procès entre le châtelain de Tilly et les habitants d'Audrieu, au sujet du guet et de la garde du château de Tilly. L'affaire commença aux assises de Caen et fut portée à Téchiquier de la province, mais les parties, fatiguées par la dépense et la longueur des procédures, s'arrangèrent le 13 avril 1455 devant les tabellions de Briquessart (1).
Jacques de Harcourt, frère et représentant de Jean de Harcourt, châtelain de Tilly, déclara et reconnut que les habitants d'Audrieu étaient exempts de toute garde et guet du château de Tilly, d'autant que leurs
(1) Ancien chef-lieu de sergenterie, à Livry, près de Ctumont, arrondissement de Btyeox.
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prédécesseurs n'y avaient pas été sujets, et les habitants d'Audrieu, par compensation des frais et des dépenses faites par le seigneur de Tilly, lui donnèrent une somme de 200 livres tournois d'indemnité. La transaction fut signée des parties, au nombre desquelles figure Antoine de Warignies, prieur d'Audrieu.
CRISTOT.
Cristot, Crissetot^ Crissotot, Crisetot.
La nef de l'église fut rebâtie en 1758 sur une longueur de 52 pieds. Le chœur, y compris le sanctuaire^ a 30 pieds environ, ce qui fait 82 pieds pour la longueur totale de Tédifice, qui a 19 pieds de largeur. Ce chœur doit être de la première moitié du XIII* siècle; il offre, au nord et à Test, des arcatures ogivales d'un bon effet portées sur des colonnes qu'il serait très fâcheux de voir détruire par Inapplication d'une sacristie. Du côté du nord est aussi une charmante porte bouchée, dont l'archivolte est garnie de petites têtes plates. Les fenêtres sont en lancettes; le côté sud du chœur a moins de caractère, et l'on avait percé, vers le XIV® siècle, dans le chevet, au-dessus des arcatures, une grande fenêtre qui a été bouchée depuis. L'entablement est orné de modillons en biseau très légers, portant une arcature ogivale subdivisée au sommet, ce que nous trouvons dans une très grande quantité d'édifices du XIIP siècle et de la fin du XII*. Ce chœur est voûté en
pierre.
En refaisant la nef, on a ménagé quelques parties des anciens murs, notamment du côté du sud, un contrefort plat flanqué de deux colonnettes à chapiteaux romans, qui s'élevaient jusqu'à l'entablement : on peut
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en conclure que la nef était romane et d'un style assez orné avant la reconstruction de 1758. La tour, à l'ouest, terminée par un petit dôme en pierre, comme on les faisait alors, est du style le plus pauvre.
L'église est sous l'invocation de Saint André. Avant la Révolution, MM. Du Buisson et de Tontuit, seigneurs de Cristot, présentaient alternativement à la cure. Le curé et les religieux de Sainte-Trinité de Vendôme partageaient les dîmes par moitié.
En 1735, M. de Tontuit fonda dans sa maison^ au village Du Hamel, une chapelle dédiée à la Sainte- Vierge, avec droit de présentation pour lui et ses successeurs. M. Néel de Cristot, son frère, qui, de grand doyen de Bayeux, devint évêque de Séez en 1740, avait fait plusieurs embellissements à cette maison où il venait quelquefois se reposer. Il était frère puîné de Michel Néel, archidiacre des Vez et vicaire général du diocèse de Bayeux, lequel devint ensuite vicaire général du cardinal de Soubise, évêque de Strasbourg, et mourut abbé d'Essonnes, en 1731.
La seigneurie de Cristot relevait du Mesnil-Patry.
Cristot faisait partie de la sergenterie de Cheux, élection de Caeoi; on y comptait 80 feux au siècle dernier.
BROUAY.
Brouay, Broeiumy Broé.
La nef de l'église de Brouay offre dans ses murs latéraux des fenêtres en lancettes allongées, sans colonnettes du côté du nord, avec colonnettes du côté du sud. La tête de ces ogives est entourée d'un cordon denticulaire, et l'un des chapiteaux des colonnettes ressemble tout-à-fait à l'un de ceux que j'ai fait mouler à
Norrey, église dont je parlerai bientôt ; la corniche est garnie de dents de scie. La porte occidentale et la fenêtre cintrée qui la surmonte sont modernes. On aperçoit encore la trace de trois lancettes qui ont été supprimées lors de rétablissement de cette fenêtre : la nef offrait ainsi le caractère de la !2* moitié du XIII* siècle ou du commencement du XIY*.
Le chœur paraît plus ancien que la nef, la corniche en est portée sur des modillons en biseau ; les fenêtres sont des premiers temps de Togive (lancettes courtes).
La tour très pesante, entre chœur et nef, est terminée par un toit en bâtière.
L'église est sous Tinvocation de Notre-Dame et de Saint Laurent.
La cure était à la présentation du doyen et des chanoines du Saint- Sépulcre de Gaen. Beziers rapporte que la collégiale du Saint-Sépulcre possédait les lettres de Philippe-Auguste, confirmant la donation du patronage de Brouay. Ces lettres étaient de 1221. La collégiale percevait toutes les di mes; le curé était à la portion congrue.
L*Hôtel-Dieu de Gaen possédait aussi quelques rentes à Brouay, qui lui avaient été données par Simon de Loucelles, d'après une bulle d'Innocent III, de Tannée
La seigneurie de Brouay relevait de la baronnie d'Audrieu. La paroisse dépendait de la sergenterie de Gheux, élection de Gaen ; on y comptait au siècle dernier 167 feux.
Le lieutenant général baron d'Aboville, mort récemment, possédait la terre et le château de Brouay; elle appartient à présent à son neveu. Gette terre avait été acquise d'une famille Saint-Vincent, dont les corps,