‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 93 sur 113 · PIERREPONT · texte numérisé non relu

PIERREPONT

Pierrepont, Petrapons.

La façade occidentale de l'église de Pierrepont présente un portail roman, orné de deux archivoltes unies, reposant de chaque côté sur deux colonnes, et couronnées par une cimaise à double rang de billettes.

Du côté du sud, la nef conserve des modillons très saillants et très curieux à observer ; presque tous ces corbeaux représentent des Ogures grotesques dans des postures obscènes. L'intervalle compris entre chacun d'eux est occupé par un ornement en damier sculpté en creux.

Au-dessus d'une fenêtre percée dans le même mur, on voit deux monstres grossièrement tracés, la tête retournée comme pour se mordre la queue, sujet très commun dans les sculptures du XP siècle.

Le mur du nord est moins ancien que le précédent, du moins a-t-il été réparé dans quelques-unes de ses parties. Les pierres de la corniche ont été placées confusément au milieu de la maçonnerie nouvelle.

Le chœur n'offre aucun intérêt ; il n'est peut-être pas antérieur au XVIP siècle.

La petite tour triangulaire à deux baies, qui sur-

monte le mur formant séparation entre les deux parties de l'église, n'est probablement pas beaucoup plus ancienne que le chœur.

Une chapelle latérale au sud a été ajoutée en 1748, ainsi que l'indique le millésime placé sur le linteau de la porte.

La sacristie est moderne ; on avait pratiqué au-dessus une chambre pour le curé.

L'intérieur de l'église n'a rien d'intéressant : on y voit dans le mur latéral du nord une petite chaire en pierre, ajoutée à une époque peu ancienne. Quelques tombes, presque toutes effacées, se remarquent dans le pavé. Sur une d'elles, j'ai lu le nom de Crèvecœur ; on sait que cette famille a longtemps habité Pierrepont.

L'église était sous l'invocation de la Sainte-Trinité. Le patronage appartenait au seigneur du lieu (1). La dîme se percevait par moitié par les curés de Pierrepont et d'Amblie. Pierrepont était autrefois succursale ou annexe d'Amblie. Ce ne fut qu'en 1650 que les deux cures furent séparées, mais avant la Révolution le curé de Pierrepont se qualifiait encore de curé d'Amblie pour la seconde partie, et celui d'Amblie prenait le titre de curé d'Amblie et de Pierrepont.

Anciens tombeaux. M. de Sallen, membre de la Société pour la conservation des monuments, a signalé la découverte, faite il y a peu d'années, à Pierrepont, de plusieurs sépultures fort anciennes (2). Les squelettes trouvés au haut d'une côte, à 50 mètres au sud de la

(1) An moment où le livre Peint fat rédigé, U cure de Pierrepont était divisée en deux portions : la première était à la nomination du seigneur de Pierrepont, et Tautre à celle d*an seigneur nommé Rupaley, «ma portio de Amhlia Jobanuis de petra ponte scutifer, alia portio Gaufridus de RuppaUio.

(a) Bulletin monumental, t. IX, p. a86.

CANTON DE CRKULLY. 399

route de Gaen à Creully, étaient protégés par des pierres plates, posées de champ ; plusieurs étaient accompagnés d'anneaux de bronze ; Tun d'eux avait un pareil anneau passé au cou (1). Tous avaient la tête au sud et les pieds au nord. L'une des fosses, profonde d'environ 1 mètre i/i, contenait un squelette qui paraissait avoir été assis. On y a trouvé des morceaux de charbon et quelques débris de poterie mal cuite. D'autres sépultures existent, dit-on, dans le même champ.

AMBLIES.

Âmblies, Amblia, Amblida.

La nef d' Amblies est romane; elle a eu des bas-côtés, mais il n'en reste plus qu'un du côté du nord, l'autre ayant été supprimé. Les arches cintrées de ces bascôtés reposent sur des colonnes monocylindriques dont les chapiteaux sont ornés d'animaux bizarres, d'enlacements^ de figures diverses, etc., etc.

La façade occidentale est du XIII* siècle ; la porte est entourée d'un tore garni d'anneaux, chose assez rare en France.

Le chœur, primitivement du XIP siècle, a été refait en partie ; les voûtes doivent être du XV' siècle, et l'on en saura la date précise quand, à l'aide d'une échelle que je n'avais pas à ma disposition, on aura décrassé le badigeon qui cache une partie de l'inscription gravée en lettres gothiques autour de la figure de l'Agneau, sur le pendentif de la voûte qui couvre l'autel. J'y ai lu

(I) Les anneaux ont été déposés, par M. de Ssllen, à la bibliothèque publique de Bayeux.

seulement : qj fat f«tt Van lU / ////// Inrt; c'est peut-être

Les voûtes d'une chapelle accolée au chœur du côté du nord, et celles du bas-côté de la nef qui fait suite, paraissent de cette époque,

La tour établie sur Tarcade qui sépare le chœur de la nef, paraît de la lin du XYI* siècle.

Deux pierres tombales se voient dans le chœur ; Tune est, dit-on, celle de M. de Coupesarte, qui possédait la terre seigneuriale d'Amblies avant qu'elle fût acquise par la famille de Gairon.

Le patronage d'Amblies était laïque.

On a vu, à l'article de Pierrepont, qu'il y avait anciennement à Amblieis deux curés qui desservaient en même temps Pierrepont. et que cet état cessa en 1650.

Avant la Révolution, les dîmes de Pierrepont et un tiers de la dime d'Amblies se percevaient et se partageaient par les deux curés ; les deux autres tiers de la grosse dîme d'Amblies se partageaient inégalement entre les abbayes de Fécamp, de Saint-Ë tienne et de Sainte-Trinité de Gaen.

On dii qu'il y a eu deux églises à Amblies : l'une de Saint-Pierre, qui est la paroisse, l'autre de Saint-Jean- Baptiste, qui était occupée par des moines. On montre la place où était située cette église, dans la vallée, en face de l'église actuelle.

Le château a été reconstruit tout récemment.

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