‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 5)Chapitre 94 sur 113 · LE FRESNE-CAMILLY · texte numérisé non relu

LE FRESNE-CAMILLY

Le Fresne-Gamilly, Fresnetum^ Fraxinivilla, Camilleium .

Il y a longtemps que j'ai signalé l'église du Fresn«-

CANTON DE CREULLY 401

Camilly, comme ane des plus intéressantes du canton ; depuis elle a été visitée par un grand nombre d'archéologues, notamment par le savant antiquaire anglais, Gally-Knight.

La longueur totale de Téglise n'excède pas, hors œuvre, cent pieds ; elle se divise en deux parallélogrammes inégaux : Tun de 54 pieds sur 28, l'autre de 46 sur 22. Le premier comprend la nef; le second, le chœur et le sanctuaire. La tour est en dehors de ces deux parallélogrammes, du côté du midi ; elle présente une saillie de 15 pieds.

La hauteur du mur latéral de la nef, du côté du nord, est de 22 pieds.

La nef a conservé extérieurement, au niveau des fenêtres, une élégante série d'arcatures dont les archivoltes ornées de zigzags portent sur des colonnettes accouplées. La plupart de ces arcades sont légèrement ogivales ; toutefois, dans quelques-unes on remarque à peine cette forme ; toutes les moulures sont d'ailleurs exactement copiées sur celles des arcades à plein cintre : ce sont des zigzags doubles. Ces arcatures sont au nombre de dix sur chacun des murs latéraux de la nef, et de huit sur la façade occidentale.

La porte principale, à Touesl, a deux archivoltes portées de chaque côté par deux colonnes et ornées de zigzags.

On voit une ouverture arrondie, dans la partie supérieure du fronton qui surmonte la façade occidentale, et au-dessus des arcatures qui répondent au niveau des fenêtres. Cette forme est très rare pour les fenêtres dans l'architecture romane. Une porte décorée de la même manière que celle de l'ouest, mais un peu moins grande, existe dans le mur latéral du nord.

La tour est en grande partie moderne ; les parties basses seulement sont romanes. M. de Camilly, archevêque de Tours, fit construire à ses frais la pyramide quadrangulaire qui la surmonte. On voit les noms du prélat sur une des faces et le millésime 1731, date de la reconstruction.

Le chœur, voûté en pierres, est séparé de la nef par une arcade romane ; il montre cette architecture dans quelques parties les plus rapprochées de la nef, mais le reste, dans lequel on remarque des fenêtres en lancettes, une corniche ornée de dents de scie et quelques modillons, paraît dater du XIII' siècle.

Une chapelle a été construite et appliquée récemment du côté du nord (1).

L*église est sous l'invocation de Notre-Dame. Le doyen de la cathédrale de Bayeux nommait à la cure.

On trouve dans la commune du Fresne le hameau de GamilIy,d'oii elle tire son surnom, et qui était le cheflieu de la famille de Blouet de Camilly, évêque de Toul, mort archevêque de Tours. On connaît plusieurs opuscules de ce prélat.

Le château a été reconstruit ; il appartient à M. le comte Louis d'Osseville, ancien maire de Caen. Une chapelle moderne fait partie des dépendances du château.

Voie ancienne. Le chemin Bretonneux^ ancienne route allant de Bretteville à Courseulles, passe sur le territoire du Fresne.

(i) M. Deshayes a rédigé, il y a plusieurs années, une notice sur cette église et a figuré ()ael<)ues-aiies de ses parties.

CANTON DE GREOLLlT. 403

CAINETUM, QUE8NETUM

Cainet est une ancienne paroisse réunie aujourd'hui au Fresne. L'église est en assez bon état : elle ofPre un chœur de transition dont les fenêtres sont cintrées du côté du midi, ogivales de transition au chevet et du côté du nord. Une porte cintrée existe du côté du sud. Les deux fenêtres du chevet sont surmontées d'une rose ou oct^/u^, encadrée dans des cannelures et un chapelet de têtes de clou. Ce chœur est voûté ; les chapiteaux des colonnes et la voûte annoncent, aussi bien que le reste, la 2* moitié du XIP siècle.

La nef est peu caractérisée et moins ancienne que le chœur. Une tour moderne, à deux baies, s'élève sur le mur qui sépare la nef du chœur.

Le chapitre de Bayeux était patron collateuret décimateur de cette paroisse, par cession du doyen et par donation de Tévêque Philippe de Harcourt (1).

L'église était dédiée à Saint Martin.

CAIRON.

Cairon, Karun^ Karun, Caruriy Caroriy Quaron.

L'église de Cairon se compose de deux parallélogrammes, l'un formant la nef, l'autre le chœur.

La nef est romane, les murs ont conservé leurs modillons à figures; quelques parties ont été reprises en sous-œuvre et refaites. La porte latérale sud a été retaillée intérieurement; laporte occidentale est moderne.

Le chœur appartient au premier style ogival, à ce style de transition dont les exemples sont plus nom-

(1) V. le pouillé des bénéfices du diocèse.

breux, je crois, dans le Calvados que dans aucun autre département de la France. On y remarquera les fenêtres cintrées aux archivoltes ornées de cannelures, reposant sur des colonnettes et les modillons trilobés et très délicats de la corniche. Cette partie de Téglise est voûtée en pierre, comme beaucoup d'églises du commencement du XIII* siècle, existant dans nos campagnes.

La tour, entre la nef et le chœur, est du même style que celui-ci, dans sa partie inférieure ; mais elle est moderne dans toute la partie qui surmonte le toit de Téglise. Elle est carrée, massive et surmontée d'une pyramide à quatre pans. «

L'église est sous l'invocation de Saint Hilaire. Le patronage appartenait au Roi ou au seigneur laïque. L'abbaye de Sainte-Trinité, de Caen, percevait 1/3 de la dîme depuis l'an 1082, et le curé les 2 autres tiers.

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