‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 102 sur 130 · VILLIERS- SVR-PORT · texte numérisé non relu

VILLIERS- SVR-PORT

ViUiers-sur-Port, Ecclesiade ViUariis,

L'église de Villlers-sur-Port est en ruines; la nef est depuis long-temps à ciel ouvert; le chœur conserve encore ses deux travées voûtées, mais l'infiltration constante des eaux pluviales les fera tomber au premier jour et l'on n'ose plus y entrer.

La tour, accolée à la première travée du chœur (côté nord), pourrait résister long-temps encore, surtout si on refaisait la pointe ; construite en beaux matériaux , elle n'a subi que peu d'avaries ( V. la page 622 ) , et c'est encore une des pyramides les plus élégantes de la contrée. Elle ap< parlient au style roman de transition dans sa partie ioiérieure et au style ogival primitif dans les parties hautes ; mais ces deux parties s'harmonisent très-bien.

Le chœur est du XIIP. siècle ; ou y entrait , du côté du

( a>li du Nord. )

CANTON DE TRÉVIÈRES. 623

Sud, par one porte ogivale oaYerte dans la première travée. Les feoétres étaient en lancettes.

La nef doit dater de la deuxième moitié du XII'. sîède , comme la partie inférienre de la tour ( roman de transition). On y voit des fenêtres étroites arrondies au sommet, au nombre de trois du côté do Nord et correspondant aux trois travées. Ou côté du Sud , dans la travée centrale , s'ouvrait une assez belle porte cintrée à deux archivoltes portées sur des colonnes romanes : Tune, garnie defrettes crénelées, Tautre d*nn double zigzag : le tout encadré d*nne bordure de cercles dans lesquels se dessinent des quatrefeuilles. Du même côté (au Sud), la corniche à modillons grimaçants existe; mais elle a été remplacée , du côté du Nord , par une corniche moderne.

Je ne dis rien de la façade occidentale, qui n'a pas de caractère et dont l'entrée est moderne : une porte moderne existe aussi dans le mur du Nord, en face de la porte romane du Sud , dont je parlais tout à l'heure.

L'intérieur de la nef a été complètement peint ; une frise ou bordure faisait tout le tour de l'égiise à une hauteur d'environ 1*". 1/2 ; elle se composait de feuilles alteraative-

ment bleues et rouges. On avait convert le reste des murs d'une teinte uniforme sur laquelle un trait figurait des pierres d'appareil rectangulaires.

L'église de Yilliers était sous l'invocation de saint Nicolas. Le seigneur nommait à la cure ; le curé percevait les dîme».

624 STATISTIQUE MONUMfiNTALE OU CALVADOl

Château. Le château de Villiera-sor-Port éuit » au oioyeaâge » une place assez importante ; le seigueur qui le possédait prenait le titre de capitaine du haut et du plai pays , probablement parce que cette* place domine en même temps la vallée de l'Aore et les plateaux qui bordent la côte. Ce château fut un de ceux dont la reddition donna lieu , en 1417 , à une convention écrite , dont le texte a été puUié par M. Thomas Doffus-Hardy (1).

(i) Roiuii Normaaniœ in turri Londinensi asservait, i vol. lQ-8^, 1835.

Quoiqu'il y ait plasieori Villieri en Normandie, Je peoM qoe c'est bfeo au château de Ylillers-sur-Port que se rapporte la capilulatioo dont il 8*agit , oe qui me détermine à la transcrire ici en note. Le château fut défendu par Eaoul de Couvert et Thomas de Surraio. En se rendant au comte de Hunlyngdone, Raoul de Cou?ert fut forcé de donner son fils Alain de Couvert en otage au roi d'Angleterre.

« Ces! endenlure fulsl fait le xxv*. jour Daoust Tan mille qoalorcens xvij*. du traite et appointement de la rendu du corps du cbastelle et forteresse de Vllllers fait en le manere quensuit. Raufe de Govert ei Thomas de Surayn ont promis rendre le dit chastelle et forteresse au tresbault et Ireseicellent Prince Henry par la grâce de Dieu Roy de France et Dengleterre en le main de Johan Conte de Hunlyngdone a prendre possession de cellny par sa main oo son députée le seconde Jour de mois de septembre pronchain venant en cas que se ainsi nest que le dit cbastelle ou forteresse soit rescous ou soucurrei le dit seconde Jour devant la heure de mydy par puissance de Mversalre du dit Roy du Daulphln ou monsieur de Monlenay ou lun deuil ou leur propre personnes accom peigniez avec notable puis» sance de gens darmes et dautres que a celle heure les dllz Raufe de Covert et Thomas de Surayn rendront le dit chastel et forteresse ao dit tresexcellent Roy de France et Dengleterre en les mains du dit Conte de Huntyngdone ou de son députe. El promellonl les dlli Raufe et Thomas garder le dit chastel et forteresse Jusques a dit seconde Jour sauni leur enforcier lou pourchacler aliance pour la garde do dit cbastelle ou forteresse en préjudice du dit trees eioellent Roy de France et Dengleterre par le moien de ceo que les dits Ranfe

CANTON DE TRÉYIÈRB8* M5

Gé qui reste du château est assez conàdérable pour qu'en puisse se rendre cotnpte de ce qi^il était au XV*. siède.

On entre d*abord par une porte qui, dans l'origine » n*était, selon toute apparence « accessible qu*au moyen d'un pont-levis. La place était, en eiïet, entourée de larges fossés pleins d'eau dont on voit encore quelques traces, et qui ont été comblés il y a AO ans en? iron.

La première coar est entourée de constructions dont quelques-unes, comme le pressoir, peuTent être anciennes, mais n'offrent pas de caractère suflBsant pour qu'on leur assigne une date.

Il n'en est pas de même des constructions qui séparent cette première cour et le jardin de ]a seconde. Ainsi , on dis*

et Thomas pourront et auront temps de Yutder le dit chaitelle et forterewe tant en ehivaU choses biens Joiali et barnols quelconque horroys vliaille et artillarfe pour le stuflé du dit chastelle ou forteresse. Et sur cest traileeet appotnlement ad le dit treseicel lent Roi de France et Denglelerre de sa bénigne graee oitrole a toutes rem esteaolz dedeins le dit cbasieUe on forteresse leurs vies ovec toutes leurs biens harnols montures amures et autres choses queconques hormys Tftallle et artillarte comme desuis et sur ceo ad le dit Ireseieellent Roi de France et Denglelerre grauntezas dltzRaufe et Thomas lettres de sauf conduit seales soubs son grand scel adurerez j osque au dit seconde Jour. Et pour jcetle traitée et appointeraent entretenir bien et loialement sanns firaode ou maie engine ont les dltz Raufe et Thomas faits sereroent solempnel et sur peine de reprooche et ovesque ceo baillez et délivres Aleln de Covert fitz et heir au dit Raufe en hoslage a la ▼olunte du dit treseicellent Roj de France et Denglelerre et après la dellTranee du dit chastelle on forteresse devestre rendus franchement et quillement comme les autres qui sont demeurez dedeins. PurveU que si le dit chastelle ou forteresse soit par force comme dit est rescous et succurres adonques le dit Alein paralllement devestre renduz. Et pur ycestes desuis contenus plais véritablement approver et entretenir ont les parties suisdilz mises a cest preseniz leur seaii lesquels laaiqiA escriptes et seales le susdit seconde Jour lan susdit.

«26 STATISTIQEE MOIfDMEMTALE DU CALVADOS,

Ungne d'abord ane chapelle A (maiDleniat fcarie) dont les ouvertures en lancettes auponçaient le Xlll'. siècle; pois, aa-deiï de la porte de la seconde eoceiote qui était garnie d'une faerse, un corps-de-logis qui peut dater du XV*. siècle. La grande tenetn ï croisée de pierre qu'on y Tut est trop belle pour remonter an-^elà de la fin du W*. , peut-Slre même n'esi-elle que du commencement do XVI*. Ce sont ces partin que U. fiooet a desainées dans h petite vue que voicL

Pins loin , les constructions forment un long bâtiment en retour d'éqoerre dn Sud au Nord.

On y voit , dans le pignon , une antre fenêtre h crofiN da

CANTON DB TRÊVIÈBES. 627

pierre dans le même style que la précédente, accostée de montants couronnés de pinacles appliqués sur la muraille : l'escalier se trouve en-dedans de la place , dans l'angle formé par la réunion des deux bâtiments, et, comme on le voit ailleurs, il se termine par une espèce de tour à toit en bâtière. Si l'on examine le reste do corps-de-logis dirigé du Sud au Nord , on y remarque du côté extérieur une porte en ogive , tréfilée au sommet , qui peut remonter au XIV*. siècle, peut-être même à la fin du XIII*. ; enfin, à l'extrémité vers le Nord , une construction extérieure dont il est difiicile d'expliquer la destination : c'est une espèce de manteau de cheminée ; on comprend difficilement à quoi cela pouvait servir à Y extrémité extérieure de la construction qui parait s'être arrêtée là , à en juger par la trace des fossés qui garnissaient la place de ce côté. Il ne faut pas s'arrêter à cette difficulté , car elle s'expliquerait peut<être si nous connaissions mieux l'ancienne disposition des lieux.

Le reste des bâtiments de cette seconde cour n'offre pas d'intérêt ; mais M. Le Sueur , membre de l'Association normande , qui a succédé à son père dans l'exploitation de la terre de Viiliers , sait qu'un donjon carré existait dans cette seconde cour et qu'il a été démoli il y a ZiO ans. Ce renseignement est important

La terre et le château de Villiers-sur-Port appartiennent aux héritiers de M. le comte d'Héricy.

On voit figurer les seigneurs de Viiliers dans un assez grand nombre d'actes. Guillaume de Viiliers, versus mares figure en 1254 dans le cartulaire du chapitre de Bayeux; d'autres seigneurs de Viiliers vivaient dans les siècles suivants.

^êM STATISTIQUE NOMUMENTALË DU C ALT ADOS.

BTAISOm.

Maifions', EccUsia de Domibus.

Malgjré rétablissement de fenêtres modernes , l'église de Maisons me parait offrir , dans les trois travées qui composent la nef , le caractère de nos plus anciennes constructions romanes; l'appareil est en arête de poisson; la corniche, très-saillante et ornée d'étoiles , est portée sur des modillons à figures grimaçantes ; enfin il existe dans la partie du mur septentrional qui correspond à la première travée , une porte romane dont l'archivolte , sans sculpture, encadre un tympan au milieu duquel on voit , en méplat, un quadrupède grossièrement sculpté , qui représente probablement un lion. Cette porte, maintenant supprimée , était peut-être, au XP. siècle , l'entrée la plus fréquentée , ce qui explique pourquoi, au XV*. , on a placé au-dessus d'elle une inscription assez longue qu'on pourrait lire en entier si on avait la patience de l'examiner assez long-temps; elle est de la fin du XY*. (M GCGC XXXX ) et un peu difficile à lire: ' c'est une Inscription tumulaire.

La tour date du siècle dernier ; elle forme une addition à l'extrémité occidentale de la nef et se termine par un petit dôme octogone percé de 8 ouvertures.

Dans le vestibule pratiqué sous cette tour , on voit dans le ^mur une inscription qui contient ce qui suit :

ICI DBTANT OIST M. CBARLBS !»■ TODB PBBSTRB L*UN DBS GURBS DB MAISOllS DBCéoé LE 49 MABS 4677 AGi DB 82 ANS APBès AVOIB POSSioft LA GUBB 6i ANS

IL AVAIT DiSIBÉ PAS HUMILITÉ ÈTRB BRTBBBi AU POBTAIL OB CBTTB AOLISB.

La tour a été construite depuis la mort de ce curé sur

CANTON D£ TBÉVIÈMBS. 620*

remplacemeot mime de sa sépolture , ce qui a motivé Tinscription dont je viens de reproduire quelques passages.

Le chœur de Maisons est beaucoup moins ancien que la nef et peu caractérisé ; on y voit , au chevet , deux ouvertures arrondies qui ne datent peut-être que du XVI*. siècle.

I^ sacristie est appliquée du côté du SudL

L'église de Maisons est sous Tinvocation de saint Martin. Le seigneur nommait à la cure ; le curé percevait une partie des dîmes ; le reste était perçu par l'abbaye de Longues, le prieuré de SL-Vigor de Bayeux , et plusieurs chapelains.

La cure se divisait en deux portions qui furent réunies le 27 mai 1750. Cette réunion fut confirmée et enregistrée au Conseil supérieur le 15 avril 177&.

Château. Le château de Maisons, quf appartenait, a» siècle dernier , à M. le marquis Bazin de Bezons , est habitépar son gendre , M. le marquis de Nettancourt , ancien colonel de cavalerie.

Ce château est construit au milieu d'une enceinte en^ touréede fossés pleins d'eau (V. la page 630). Comme il a été-recouché dans plusieurs de ses parties , et que les fenêtres, ont presque toutes été retravaillées., il n'est pas facile d'assis gner une date précise à l'ensemble de la construction^

La partie qui paraît aujourd'hui la plus ancienne est l'espèce de tour ou de donjon qui forme le centre de l'édifice ; elle pourrait remonter au XVI*. siècle , peut-être même à la fin du XV*.

iTRiHAM-LB-PEEEOVX.

Étréham-le-Perroux , Œstreham, Haistrekannum, Oistrehan-le-Prout , Étréham-le-Perreur.

L'église d'Étréham est une de celles que j'avais signalée-

630 STATISTIQtB MONUMENTALE nU CALVADOS.

CANTOiN l)E TRÊVIÈRES. 63£

comme intéressante en 1827 , quand je communiquais à diverses Sociétés savantes un aperçu général de la Statistique monumentale du Calvados. Depuis cette époque, elle a été retouchée et même refaite dans quelques parties par M. Farchiiecte Delaunay.

La nef, composée de trois travées , n'a conservé d'intacte que la façade occidentale qui est romane; elle offre un portail à plein-cintre et à deux archivoltes entre deux arcades qui s'élèvent au-dessus de l'extrados de cette ouverture centrale : disposition que Ton vient de voir à Huppain (p. 618) et qui est rare dans nos contrées.

Les murs latéraux qui devaient , dans l'origine , appartenir au style roman et qui montrent encore , du côté du Nord , des parties de cette époque avec une corniche à modillons , sont aujourd'hui percés de fenêtres refaites par M. Delaunay dans le style du XIII% siècle , à deux baies du côté du Sud, à une seule baie du côté du Nord , lesquelles correspondent aux travées et sont au nombre de trois de chaque côté. En même temps que l'on a ouvert ces fenêtres, on a voûté la* nef qui n'avait qu'un lambris. Les arceaux croisés de ces voûtes, semblables à celles qu'on faisait au XIIP. , vienneni reposer sur des colonnettes en pierre à chapiteaux imités de la même époque. Le mur latéral du Sud a été refait à peu près en entier lors de cette construction.

La tour centrale précède le choeur et appartient , comme celui-ci, an XIII*. siècle. Voici (page 632) la tour centrale de l'église d'Étréham; elle présente , comme celle de Yaucelles, une rose polylobée interrompant l'arcature qui se trouve au niveau du toit de la nef et du chœur, cette rose éclaire le dessous de la tour dont la voûte s'élève au-dessusde l'arcature. Les lancettes du clérestory de ce clocher sont extrêmement longues et accostées de deux lancettes obscures^

CANTON DB TRÉVIËBBS. 6S3

Un raug de quâtrefeailles orne h frise. Le toit , en bâtièfe , doit être d'une époque poetérieore.

L'Agneau portant sa croix occupe le tympan de la porte ogivale par laquelle on entre , sous la tour.

Les arceaux de la ?oûte qu'on voit à Tintérieur de cette tour reposent sur des colonnes qui , elles-mêmes , portent sur des consoles à têtes humaines.

Le cbœur a des voûtes do XIIP. siècle , comme la tour , et se compose de deux travées élégantes éclairées par des ienélres ogivales en lancettes. Les murs et les colonnes ont été grattés lors de la restauration de la nef : on voit « dans la travée du sanctuaire, deux crédences , Tune au Nord , l'antre au Midi; elles sont l'une et l'autre composées de deux arcades géminées.

Une rose a été percée dans le chevet tout récemment , quand on a gratté les murs et retouché la nef.

L'église d'Étréham est sous l'invocation de saint Romain. Le seigneur nommait à la cure, le curé percevait 1/3 des dîmes; le reste appartenait au chapitre de la cathédrale et k l'Hôtel-Dieu de Bayeax. Quand le Livre Pelut a été écrit , le patron d'Étréham était un Mathieu de Saint-Germain : Maiheus de sanào Germano.

J'ai vu , il y a 25 ans, des sarcophages en tuf de Sainteny (Manche) , qui avaient été découverts à une petite profondeur, par suite de l'élargissement et de l'encaissement dû chemin qui accède & la porte occidentale de l'église; ce fait prouve que le cimetière était plus étendu autrefois qu'aujourd'hui , et c'est une observation que j'ai faite dans bien d'autres localités.

Manoir près de l'église. J'ai 6goré, dans mon Abécédaire d* archéologie et dans le Bulletin mannmenial , la porte d'un

634 STATISTIQUE lIOnUMINT&LE DD CALVADOS.

DMDoir qui existe tout pris de l'église. Cette porte est ia

XIV*. «ècle et d'noe belle cotuerratioa ; quaot lu minoir , miHileDaat une des fermes de U. le «Hute d'Hondeiot, anden pair de Tnuct, il dc m'a riea offert d'aul^rienr au XVI*. siècle : une chapeUe en faisait partie.

Ce chaicau a apparieou i la famille de CouTerL Raoul de Couvert était seigneur d'Ëlriham en lù53 ; plus tard, les Héricy ou d'Héricy possédèrent la seignearie et le cbSteau dont Dous parlons : l'inscriplioo d'une pierre tombale qui «liste dans l'église de Fienille , canton d'Évrecy , ei que j'ai citée tome I". de la Siaiùiique, p. 130, me paraît indiquer comment le fief passa d'une famille dans l'autre. Elle est ainsi conçue : Cg gist noble dame habeau de Covsert en son vivani dame de Couvert Estrehau-LE-Perredx femme de noble homme Le Herissy escuifer ieigneur de Fierville, morte l'an 1511. Ainsi , ce serait par le nuriage de cette

CANTON DE TRÊVIÈRES. 635

daoïe que la seigoetirie d'Étrébam aurait appartenu aui d'Béricy vers le XVI*. siècle.

Avant de passer à la famille d*Houdetot, le manoir d'Êtreham a , m'a-t-on dit , appartenu à celle des Marguerye de Collevilie.

Château actuel d'Étréham. Le château moderne de M. le comte d'Houdetot, ancien préfet, ancien pair de France, membre de Tlnstitut (Académie des Beaux -Arts) , président du Conseil général du Calvados , député au Corps législatif et membre de la Société française d'archéologie, méritait d'être reproduit dans une Statistique monumentale, plutôt à cause de son importance qu'à cause de sa bizarre composition (Y. la page suivante). Ce château auquel on accède de la route de Bayeux à Cherbourg par une belle avenue de plus d'un kilomètre de longueur , a été reconstruit sur l'emplacement d'un château plus ancien entouré de fossés , par onlre de M. le comte d*Houdelot : ce qui reste des constructions anciennes qui bordaient la cour , notamment le pavillon qui renferme l'horloge, paraît indiquer, pour l'édifice détruit, une époque peu éloignée du règne de Louis XIIL

RUSSY.

Rttssy, Russeium.

L'église de Russy appartient à la même famille que celles de Vaucelles , Barbeville , Ranchy , Étréham et autres , dont la tour centrale forme la première travée du chœur.

C'est comme celles que nous venons de citer » une église dont le chœur appartient au XIII*. siècle, aussi bien que ia tour : le chœur , composé de deux travées voûtées , est

CANTON DE TRÊTIÈRES. 637

éclairé par des fenêtres en lancettes. La corniche est portée sur une petite arcature ogitale : on ¥oit du côté dn Sud, dans le sanctuaire, une crédence assez élégante à deux arcades; la tour » dont le dessous est voûté , offre une porte ogi?ale surmontée d'une fenêtre en lancQtte; puis, au-dessus d*un retrait considérable» des colonnettes figurent une arcature au-dessous du ciérestory^ Ce dernier étage présente sur chaque face dn carré deux longues lancettes géminées encadrées sous une même arcade » et accostées d'une longue arcade obscure en forme de lancette comme à Étrébam.

Une garniture de quatrefeuiUes forme une frise au-dessus àececUreitary du clocher. Un toit à double égout en ardoise termine la tour, malgré ce couronnement peu gracieux : elle ne manque pas d'élégance et doit être rangée parmi celles qu'il faut signaler aux architectes qui étudient le XIII*. siècle.

La nef n*a pas de caractère ; elle a été refaite en grande partie ; elle me parait avoir été exhaussée. Il est probable que quelques parties des murs actuels ont appartenu à la nef précédente. Les ouvertures sont modernes.

L'église de Russy est sous l'invocation de saint Éloy. Le chanoine de Bayeux , titulaire du canonicat de Missy , nommait à la cure et percevait les 2/3 de la dlme ; le curé avait l'antre tiers.

Russy dépendait autrefois du doyenné de Campigny.

On volt un bel if dans le cimetière.

Fief du Fresne. La ferme du Fresne , à Russy , appartenant à M. le comte d'Houdetot , se compose de constructions assez anciennes. La porte d'entrée est ornée de sculptures de la renaissance. Je suppose que c'était le principal fief de Russy.

638 STATISTIQUE MONUMeNTALE DD GALYADOS.

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