‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 63 sur 130 · LES LOGES · texte numérisé non relu

LES LOGES

Les Loges, LogÙB, ecclesia de Logiis*

L'église des Loges paraît moderne, à l'exception d'une porte placée au Nord du chœur entre deux contreforts et que M. Bouet regarde comme datant du XIV*. siècle.

Le clocher, de forme pyramidale, est placé sur la porte ocddentale : la cloche qui s'y trouve offre l'inscription suivante :

lAI BTB BBMIB BB 1730 BT HOMIIBB PAB BAOTB BT PVnSANTB DAIIB LOUISB HBNBIBTTB DB CBUI DAKB IIAKQUI88B lYlCNB , AUTBBS LIBUX PATBOHNB DB LA PABOISSB BT LB6L18B DB 8AIRT XABTIN DBS LOGU BT HAUT ET PUISSANT SBIGNBUR M'*. JANVEZ JAQUES LB CLBBC CHBVALIBB SBIGMBUB KABQVIS DB JU16NB , BABON DB CHAMPAOIIB BT AUTBBS LIBUX , SON FILS AINB.

(AniHMries de Juigné.) (Armoiries de de Graz.)

LBS MAITBBS GBADCBABD HLS rOMDBOBS LOBAIMS NOUS ONT PAITB.

L'église des Loges est sous l'invocation de saint Martin.

Le seigneur des Loges nommait à la cure avant la Révolution , par suite d'une rétrocession de l'évêque de Bayeux. En effet, par accord de 1185, il fut reconnu que Henry II, évèque de Bayeux , était patron de cette paroisse de même que le grand doyen l'était de la Ferrière-Hareng.

D'après l'aveu de l/i53, Roger Payen tenait de l'évêché de Bayeux, à cause de la baronnie de la Ferrière-Hareng, par foi et hommage, le fief, terre et seigneurie des Loges , par un quart de fief de chevalier assis en ladite paroisse avec extension es paroisses de St.-Jean-des-Es8artiers, avec plusieurs droitures et dignités ; il devait un quart de service de chevalier dans l'ost du prince à la décharge de l'évêque.

Dans l'inventaire des contrats et aveux concernant la ba*

CAKTON D'AUMtAY. 25.S

ronnie de b Perrière dreaié en 1664 , je troDTe qa'aui années 1577 et 1609, Antoine de Crax, aieardes L(^e«, rendit avea >a tare de Ualigaoa des Gefs nobles et seigoearies des Loges, wi* èi piroines de SL-Hariin-det-Loges , SL- JeiD-des-Essarlinv , h Ferrière-BO-Doyen et lilleun.

H. Léonor de Radnlpfa possédait atix Loges nn Gef et une terre qni édint i ta» mère dans les partages qu'die Gt avec 80B frère «t sa soenrt mon père l'a Tcndae en 1811 et l'a remplacée I Rfes.

On comptait avant la Rérolntion , anx Loges , 130 feax el 400 hdiitaats.

Elle faiiaît partie de la sergenlerie de Thwigny.

U FMBliRB-AC-DOYBH.

La Ferrière-aa-Do;ea , Ferraria Veiua,

L'élise de la Ferrière-au- Doyen an^rlient à l'épogoe romane, maia elle a été retouchée et modtrnitée; il ne reste dé caraclérisé, il l'extériear, que quelques contreforts plats; les traces d'une porte i pleio-ciatre qni eiistent dans la prentière travée de la nef, et dm archiTolte romane assez élégante qiK l'on a re- i placée au-deban de h porte prîwip^ sotu la Unr nouTeliemeDt construite, ï l'Ouest; la- (fseUe est comMoée d'une Bèdte en ardoise. i;si,m...ï.. „■».,■. „„«,,..„..

256 STATISTIQUE MONUMENTALE IKl CAITADOS.

DAMPIEBRB.

Dampierrc, Damiuqieira.

L'tfglise de Dampierre est précédée d'ao porche voûié du XVII', sii>clc,coustroileQgT»aitc, sur lequel s'élère une toat

terminée en flèche. La nef est moderne et sans caractère.

Les fenêtres du chœur présentent nne tête tréflée dans nn encadrement carré , ce qui n'annonce pas une époque antérienre an XV*. siècle , mais diveraes parties ont été rdUti*.

Ou voit dans le chœur une pierre tombale eu granité portant cette inscriplion : „„„„ „ ,

Du cûtfi du Nord csislc une chapelle seigneuriale ï fenêtres

cAnToR tt'umxkf. 257.

Bamboyintefl k ecnptrtinienu en gnnlte et k trois biïes; elk fut ajoBife i t'éi^ise ea 151>2, d'aprte rinscriptioa lamalaire que oo» iIom reprodaire.

On voit diDB celle clupeile phurienra lombeiDx ; l'im d'eoi «0t annDODté 4e !■ statm coodiée da seigneur de Silly et de n iemae ( peiil-f Ire Nicolaa de Silly , premier mari de Marie lliésvt, d<»t il va être question pbu loin, et qui aurait été replacé li après l'édificatioa de la chapelle); sur le devant sont représentés i genoux plusieun membres de cette famille, parmi lesquels M. Booet croit

reconnaître de Silly, qui kA érëqiie de Séez après

aroir été aU>é de SL-Pierre-snr-IHïe.

A cAté de ce tombeau remarquable est celui dont août

Msin et près duquel on trouve l'épitaphe soif ante gravée snr cuivre.

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pittKàt KÏgUH ■tiiiTE V'V'S ^ InqnMj

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(ÎBfMnu ^mtf Anntn Ir m atietiamu* rt

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catl)triitf U ssmo kont ftcfTsUmi , ktvrnt ft k

bos(l|fr0ot laqocllr tofth U >c(ès ^Mt C» angnrtr

i( lonfloviia^ ftim nuurg (ît t^tffur cette d|iifelk fR

Um h grâce mtl cingcms ^ootmngti Anui

ne tesbahig passant de voir la sépulture

et ce tombeav aomé desi riche peinture

et ce sacré manoir avqvel dv redemptevr

les lovanges enchante et de bovche et de cœvr

pvis que ce mort etoit plvs qve nest son trophée

ne povvant égaler a sa grand reno mmée

lart dy docte lysippe en marbre parien

dappelle ov de tevxis ov dv parrhasien

car en ioj longavnay des ta prime ievnesse

iTsqvaT dernier sovpir de ta sage viellesse

novs avons veu florir les plvs rares vertvz

dont ses famevx guerriers ont été revestvz

de covraige et valevr de foy et de constance

es affaires destat de grand expérience

ayant de grade en grade acqvis tovs les honnevrs

par ton propre mérite et non par les favevrs

des princes imprrdens qui rendent misérable

oest estât aviovrdhvy faisant qvil sert de fable

de ris et de mespris avx svperbes germains

qyi gémissaient iadis svbivgvés par les mains

de nos braves maievrs avssi povr tesmoignagne

de ta fidélité tv as heve en partaige

maintz ans sovbz ton vovioir et ton govvernement

le plvs riche pais de la danoise gent

ov comme vn periclés et cil qvi de ivstice

hevst glorievx symom on avev ta police

CANTON D'Ai)LNA¥. 259

ta force et ta vertv parmi tant de malhevrs

conserver en repos faisant cesser les plevrs

des peuples oppressez de tovte violence

par rinhvmain soldat ayant tovte licence

or ayant ia passé de lav tonne en hyver

de tes ans plvs hevrevx désirant covronner

dvne lovable fin la vie vertvevse

laissant a ladvenir une mémoire hevrevse

de tes faictz valevrevx tv svivis geuerevx

les enseignes dv lis lorsqve victorievz

dv superbe espagnol il ioncha les campaignes

de levrs cadavres infaictz on rendit à la mort

dvn epaminondas le bonbevr et leffort

laissant un grand regcet à la compaigne obère

qvi s'iroit consommant dvne dovlevr amere

povr se voir séparer de celuy quelle avoit

cberi si longvement et dont elle imitoit

les sentiers vertvevx nés toit la cognoissance

qvelle a dv bien fvtvr et la ferme créance

de le revoir bientôt av seiovr glorievx

préparé povr les bons du grand factevr des cievx

consolant sa dovlevr et sa tristesse amére

voyant vn beav troppeav dvqvel elle est la mère

denfans qvi generevx désirent effacer

povr le moins sil se pevlt travaillent d'avancer

dv père les beavx faicts par grandevr de coraige

dont ils ont ja monstre vn bel apprentissage

cest povrqvoy mon passant ne plèvre trop hvmain

ce mort si bien hevrevx ains love le sovverain

qvi fidèle a promis de rendre glorievse

la mort de ses eslevx qvon tenoit malhevrevse

voyant de cest héros et la vie et la fin

comblée d'honnevr de gloire et de repos divin.

Dans le caveau sous ia chapelle , il existe , ui*a-t-*on dit» un certain nombre de cercueils , au moins huit ou dix ; je

n'ai pu ouvrir la trape par laquelle on accède à Tescalicr qui V descend.

L'église est sous rinvocation de saint Pierre. Le patronage était laïc. Le curé percevait les dîmes.

Un cénotaphe remarquable et sortant par son Importance de la classe ordinaire des tombeaux, occupe une enceinte réservée dans le cimetière.

Il est élevé à la mémoire de M. Àntoine-Gonstantin, marquis de Longaunay, décédé le 45 mars 18^6.

Et celle de M"*. Marie«Aimée Bienimi , marquise de Longaunay, décédée le 29 mai 1822.

Ce sont les père et mère de M"^. la marquise de Briges.

Château. — Le Château de Dampierre , intéressant en ce qu'il n'a pas encore été altéré , ne se compose plus que de deux des côtés qui formaient , dans l'origine , une enceinte carrée; on croit, en effet, que des fondations existent dans les deux côtés où il n'y a plus de constructions , et les douves dessinent un carré parfait,. ce qui autorise celte supposition. En tout cas, l'édifice a pu n'être pas achevé.

Dans son état actuel , la partie la plus intéressante est la façade , avec sa porte centrale qui était munie de herses ; et les deux grosses tours â*angte , avec leurs Incarnes en encorbellement.

Les additions faites par M. le marquis de Briges , sous la direction de M. Guy , ont eu lieu par derrière et n'altèrent point l'ordonnance de l'édifice : c'est un corridor qui, en élargissant de ce côté le rez-de-chaussée , a seulement nécessité quelques modifications dans la charpente.

Dans la cour qui précède le château, est im joli petit édifice dans le même style, offrant une belle porte cintrée à bossages entre deux portes plus petites , avec des lucarnes au-dessus dans le toit J'ai pensé que c'était là l'entrée principale de la

CANTOK D AULX AV.

T riflM M CMTUV M

cour du château. M. de Briges ne le croit pas et pense que , comme aujourd'hui, dès l'origine cette belle porte a été murée, qu'elle n'a été faite que comme décoration pour la place qu'elle occupe dans cette partie de la cour où l'œil va se reposer. Le colombier, qui est à côté , est magnifique ; c'est un des plus beaux que j'aie ?us de ce style , qui annonce le commencement du XYIP. siècle.

M. de Briges se propose d'en faire une chapelle ; il est à craindre que les ouvertures qu'on y pratiquera, quand il subira cette transformation, n'en altèrent le style.

Voici quelques détails sur la famille qui a possédé Dampierre :

Perrette de Dampierre vivait en 1380 et 1390 avec son mari Hébert Thésart , seigneur des Essarts , neveu de Louis Thésart, évêque de Bayeux, puis archevêque de Reims.

Leur petit-fils , Richard Thésart , seigneur des Granges , vicomte de Rouen, gentilhomme de l'hôtel du roi es années H72 et i/i7&, épousa Catherine de Monnoy ou de Monny, dame de St-Agnau-lc-Malherbe près d'Evrecy.

De ce mariage naquit Marie Thésart, mariée 1^ à Nicolas de Silly ; 2^ à Jean de Longaunay , seigneur de Dam^;ny.

Elle eut des enfants de ses deux mariages, et, le 17 juillet 1505 , elle laissa tous les droits qu'elle avait aux seigneuries de sa mère aux enfants de son premier mariage.

Marie Thésart porta ses seigneuries de Dampierre et de St.-Agnan-le-Malherbe à son second mari, Jean de Longaunay, deuxième du nom , qui servait sous les rois Louis XII et François !•'.

Marie Thésart fut mère de Hervé III de Longaunay, marié le 13 janvier 1553 à Catherine de Sureau.

Antoine de Longaunay, fils d'Hervé, se maria, le 27 octobre 1588, avec Anne de Grente dont le fils puîné fut seigneur de Dampierre et épousa , le 22 février 1621 , Chariolte Le Tellier.

CANTON d'aulnay. 263

Il fut père d'Antoine de Longaanay, en faveur duquel la terrt de Oampierre fut érigée en baronnie par lettres du mois d'octobre 1663.

Son petit-fils fut le marquis de Longaunay, mort en 1759, lequel a hissé des enfants qui ont perpétué jusqu'à nos jours le nom de Longaunay.

Le dernier marquis de liOngaunay , mort il y a quelques années, avait pour fille unique M"*, la marquise de Briges , qui possède aujourd'hui le château et les terres considérables qui l'ayoisinent.

La famille de M. le marquis de Briges est origiqaire du département de la Lozère; M. de Briges y possède encore un château ancien et de grandes propriétés.

Pour terminer ce qui concerne la seigneurie de Dampierre, je dois dire que Jacqueline de Silly , dame de Dampierre avait vendu, en 1561, à Hervé de Longaunay les droits qu'elle avait à partager en la terre de Dampierre avec Pierre de Silly, abbé de St.-Ândré-en-Gouffern.

M. le marquis de Briges n'a pu me donner aucuns rensei gnements sur la date de son château ; il pourrait bien avoir été construit par Hervé III de Longaunay, dont nous avons donné l'épîtaphe et qui fut tué à 80 ans, à la bataille d'Ivry. Cette construction ne peut être reportée à une date plus ancienne.

M. de Briges conserve à Dampierra plusieurs couleuvrines qui avaient été données par les rois de France à la famille de Longaunay, probablement à Hervé III.

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