‹ Statistique monumentale du CalvadosChapitre 83 sur 130 · JEAN, HI8T0RI06BAPHR DE CHABLIS TU · texte numérisé non relu

JEAN, HI8T0RI06BAPHR DE CHABLIS TU

GUILLAUME, évÈQUB db piris.

« Quant à cette maison elle-même , vdci ce qu'en dit H. Pezet : « Par sa forme et par sa construction, cette maison est évidemment l'une des demeures de la ville de Bayeux contemporaines du temps oti vécurent les frères Chartier. Son

pignon étroit et •btissé, h saillie de son premier étage , son isolement de la maison foisine, l'emploi do bois et do plâtre, toot cebt rajeuni par nn recrépiment moderne, porte on cachet d*antiqaité qui justifie la tradition (1). »

L'abbé Béziers , historien de Bayeox , naquit, en 1721 , dans une maison de la rue St -Martin, près de la rue Franche. Cette maison a été reconstruite depuis que nous écnyions ceci (2).

Tapisserie de la reine Mathilde; musée et bibiioihèqye. Il me reste k dire un mot du musée d'antiquités et des principaux objets qui s'y trouvent:

La ville de Bayeux possède un monument unique, la tapisserie de la reine Mathilde dont la célébrité est eun^)éenne et qui représente la coqqoétc de l'Angleterre, en 1066 , par Guillaume-le- Bâtard, duc de Normandie. Ce monument , si digne de fixer l'attention des curieux , appartient à ki seconde lûoitié du XP. siècle; et la tradition du pays, que le cours de près de huit siècles n'a point aflaiblie, en attribue la conCedion à l'épouse de Guillaume, à la reine Mathilde elle-même. La tradition porte que celte princesse, aidée des dames de sa cour, y a tracé toutes les scènes de l'entreprise aussi mémorable qu'étonnante poussée à bonne fin par son mari.

(1) Recherche» kUtoriqueê tmr la mnêeunee eî la parenté tTAiaim , de Jean et de Guillaume Chartier et sur la vudeon oà iU août née, par M. Pml s Recueil de la Société de Bayeuac^ vol. de ISAS.

(Sj La Société Académique de Bayeux a eu la bonne pensée de faire placer, sur la façade de la nouvelle conslrucllon, une Inscription qui rappelle ce fait Intéressant pour le pajs. LMnauguratloo de oe petit monument a en lieu, le 7 Juillet IS55 , è l'occasion de la session de rAssoclation normande à Bayeux : M. Pezet, président de la Société académique, a prononcé on discours fort remarquable qui a été publié par l*Associalion normande, et dans lequel on trouve des détails sur la vie et sur les ouvrages de Tabbé Bézierc

Cette bifide de toile, dool les figuras sont brodées à TeigviUe afec des laîoes de différeates coolears» longoe de 70 mètres SA oeatimèires (2i6 |rîeds 0 pouces à lignes), snr nœ baoteor de 50 centimètres (1 pied 0 ponces 5 lignes) « était exposée , avant la révolution de 1 7B9, depuis un temps immémorial, en certains jour» de l'année, dans l'église catbédrale de Bayeui. Cette exposition solennelle et pério* dique a contribué sans doute à ne pas laisser Tieillir ni disparaître les notions traditionnelles concernant l'origine de cet oufrage.

Des inscriptions latines accompagnent pas à pas les figures; par ce moyen^ la Tapisserie de Mathilde fixe des points incertains de l'histoire , et peut corriger et suppléer les écrivains du tempsw

On a publié , tant en France qu'en Angleterre, un grand nombre de descriptions et d'explications> des scènes représentées sur la Tapisserie; il serait idotlie de la décrire et nous renvoyons à ces ouvrages, et surtout à la Notice rédigée pour les touristes par le Conservateur, M. Lambert, qui a étudié k fond le monument et qui en a expliqué toutes les parties avec sa sagacité ordinaire (1) :

C'est le 26 novembre 1838 que le Conseil municipal de Bayenx , sur le rapport de M. le président Pezet , vota la construction de la Galerie-Mathilde , pour placer ce précieux monument.

La Galerie-9faihîide présente une longueur de 18 mètres 35 centimètres sur une largeur de 6 mètres; elle est éclairée par douze ouvertures. Le meuble vitré qui renferme la Tapisserie, offre un double développement de manière à fournir un parcours de TU mètres 20 centimètres, et est disposé de telle

(I) Woticê^ hisioriqui sur la Tapisserie brodée de la reine âhnkilde, iii-13.

sorte que h broderie bianiriqoe est placée à haoïear d'homine. La partie infMeare de ce menble, disposée en compartiments Titrés , contient une suite d'objets anciens , la plapart]treoyés dans le pays.

La ville de Bayeax a fait établir, dans la coor do la Bibliothèqoe, le bangar dont j'ai déjà parlé, destiné à abriter les fragments de monuments antiques et autres , que des fouilles ou des travaui particoliers mettent à découvert

On conserve en outre dans le vestibule de^ l'escalier de la bibliothèque les mausolées, en pierre de Gaen, de Jacques André , sieur de S^.-Grdx , et de Marie Davot , son épouse • morts , l'un en 1638 , et l'autre en i6S7 , qui existaient autrefois dans l'église de llyes. Ces eflSgies tumulaires , d'une très-belle exécution , sont parfaitement conservées. Le Chevalier est revêtu de son armure ; son épée est posée du côté gauche ; son casque fermé et empanaché , ainsi que ses gantelets, sont posés de chaque côté des pieds; la dame porte le corsage en pointe et les manches bouffantes^attachées avec des rubans. Les armoiries de ces personnages sont sculptées en dehors , vers la tête, et placées dans des cartouches d'une grande élégance

Un médaillier avec vitrines, placé dans la bibliothèque et récemment exécuté, renferme d^à quelques médailles grecques, romaines et gauloises; des médailles modernes françaises et étrangères ; une collection sigillographique des anciens seigneurs laïques et ecclésiastiques, des anciennes corporations et juridictions ainsi que des particuliers, formée par le Conservateur. On y remarque le sceau^ de Lothaire« roi d'iulie (820-855) ; celui de Guillaume-le-Conquérant; celui de Robert , frère du duc Mathieu de Lorraine ( 1230- 1251 ) ; celui de saint Bernard , abbé de Clairvaux ( 1151 ); celui de la ville de Worcester, au XIV*. siècle, etc.

Les vitrines renferment encore des colliers, des brace-

CANTON DE BAYBOX. 503

lets, éts anneaUK de jambes, des boach», des plaques orote, en brome» des armes eo fer, haches, fera de flèches, javelets, eontean , etc. , troo? es daos des sépahores de l'époque gallo-romaine et du moyen^âge.

Le chiffre des livres composant aduellemenl la bihHotbèqne de fiayeux est de 15,000, répartis dans toutes les branches des connaissances humahies et classés dans un ordre mélhodiqne (1).

SAIMT-EXVPÈUB.

St-Ezupère, Sanctus Exupertus.

En sortant de Bayeux, du côté de l'Est, pour terminer notre revue du canton, noustrouTonsTéglise deSt.-Exupère* La fondation d'une église sur ce point remonte à une époque très-ancienne, puisque plusieurs des premiers évêques de Bayeux y furent inhumés. Mais Téglise actuelle a été reconstruite tout entière de mon temps ; elle n'offre aucune espèce d'intérêt architectonique. La tour, qui est de deux ou trois styles , a été bâtie sous la direction de M. Le Forestier.

J'ai encore vu l'ancien chœur dans mon enfance; il m'en reste un souvenir trop confus pour pouvoir en parler. Voici ce que dit l'abbé Béziers , au sujet des sépultures qu'il renfermait :

« L'an 1679, pendant qu'on repavoit le Chœur, le Sieur « Bîer, Curé de cette Paroisse, de concert avec quelques « Chanoines et d'antres Ecclésiastiques , profita de la cir- • constance pour visiter secrètement les Saints Corps qu'on

(1) V. le rapport fall au Congrès des délégués des Sociétés savantes par 11. le vicomte de Cassy , dans VJnnuaire de Clnstitut des prw'tMceSf année 1854.

Sdft STATISTIQUE MOMOMBMTALE DU GALYADO&

fliToit exister ao-dessoDs : ils eo troavèreot sept. Poussés par ooe dévotion plos indiscrète que loaable^ib en prirent quelques osBemenis , qu'ils partagèrent avec leurs anuiL Qenry le Paye « mort Curé du Qaesnay-Guesnon , fut de ce nombre : il renferma dans un Reliquaire ce qu'il eut de ces Reliques; et pour en constater l'authenticité* il dressa en latin une espèce de prooès^verfaal d'où j'ai tiré ces anecdotes : il y détermine, sur le rapport d'un témoin oculaire et son ami , la situation des tombeaux sur lesquels on lit les noms des Saints Évéques qu'ils contiennent savoir :

« Rufinien, sous le Mattre-Autel, do côté de l'Évangile. « Manvîeo , au pied du mur méridional , entre l'Autel et

• la Tour.

« Gontest, au nord devant l'Autel de Saint Clair.

• Patrice, au midi devant l'Autel de la Sainte Vierge.

« Gerboldt contre le mur septentrional , entre l'Autel et « la Sacristie.

• Frambold, sous le CruciCz, td est, sous l'arcade du « cbœor.

« Geretrand , proche do précédent à sa gauche.

« Il rapporte aussi comment il se procura des Reliques » de Saint R^nobert et de Saint Zenon , son Diacre; qui, « ainsi que Saint Ezopere, et Saint Loup, furent enterrés « dans cette Église. Aidé d'un ami, il fouilla dans leurs « tombeaux, et recueillit tout ce qu'il put trouver de leurs « précieuses dépauiiles : car , dit-il, quoi qu'elles eussent été « levées de terre, en 846, il y étoit encore resté quelques « ossements dont il profita.

« Le tombeau de Saint Exopere est sous le Mattre- Autel), « ayant è ses côtés ceux de Saint Rufinien et de Saint Re-

• gnobert. •

Guidé par ce renseignement, M. l'abbé £. Le Comte,

curé de St^Exupère, a fait deroièremem (1853) des fouilles pour retrouver l'ancien caveau dans lequel avaient été inhumés les premiers chefs de Téglise de Bayeux , et cette recherche a été oouromiée d'un plein succès. Voici dans quel ordre étaient rangés les cercueils que l'on croit avoir contenu les corps des saints mentionnés par Tabbé Béders (Voir la planche ci-jointe).

M. le Curé de St.-Bxupère fait construire, en ce mon^nt, une crypte pour que désormais ces tombeaux puissent toujours être offerts à la vénération des fidèles; die sera voûtée, avec des colonnes clyndriques au centre, à l'imita* tion des anciennes cryptes.

L'égBse est sous l'invocation du saint dont elle porte le nom. Le chapitre de la cathédrale nommait à la cure et percevait les dtmes , à charge de faire une pension au curé et è son vicaire.

SU'-NicoUu'^te'la'Chesnaye, Le prieuré de St.-Nicolas se trouvait li quelques pas de l'église de St.-ËKupère. C'était un prieuré de chanoines de l'ordre de saint Augustin , sur lequel on trouvera quelques documents dans VHistoire de Bayeux 9 par Béziers, et dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie ^ t. VII de la 2*. série. I^es constructions sont modernes et n'offrent plus aucun Intérêt,

Si l'on ne connaît pas bien l'origine de ce prieuré , il est au moins certain que la fondation en fut confirmée et augmentée par Guillaume-leConquérant et par son petit-fils, Henry II, roi d'Angleterre; ce dernier permit aux chanoines de bttir leur église sur le bord du chemin. Le monastère reçut d'abord dix chanoines; dans Ui suite, il n'en compta plus que cinq.

D'après l'abbé Béliers , la mission des chanoines de St* Nicolas était de soigner les lépreux , et cette communauté

doit être mentionoée «a nombre des léproseries de notre département.

Manoir de BeUeftmtaîne. Le manoir de BellefNitaîQe , ainsi nommé sans doote 2i cause d'ane belle 4MMirce qui sort près de là , est à trës-pea de distance, dans wi tsUod, ao Snd , de l'église de St.-Exapère. C'est mie habitation mo* demisée et reconstruite, en grande partie, de nos jours; seulement on trouve encore dans la principale pièoe , an tetr de-chau8sée , une magnifique cheminée de la seconde moitié du XYI*. siècle , qui a été plusieurs lois dessmée et que les propriétaires. M*"*. TeuYe Le François et ses enfants, oonserrent a? ec soin.

Au milieu des moulures du temps , qui la décorent , on voit sur le manteau de cette cheminée trois écusBons : le plus élevé , surmonté d'un casque , se compose de trois co* quilles (2 et 1 ) séparées par un chevron.

Les deux autres écussons , plus petits , sont accolés audessous du précédent et portent des couronnes de marquis ; sur le premier, on distingue trois coqs; sur le second , une fleur de lis d'or et une coquille d'argent écarteiéesL

Sur les jambages de cette cheminée , que supportent deux caryatides à tête de lion , on voit les lettres M et D entrelacées.

SAINTrMARTIIf-DES-EBméBft.

St.-Martin-des-Entrées, Sanetus Martinus de Introùilms.

J'ai vu reconstruire , il y a quelques années, l'ég^ de St.-Martin-des-Entrées par M. Le Forestier, de Bayeux; les fenêtres , en ogive , sont subdivisées en deux bues par un meneau bifurqué, et l'on a voulu imiter le style ogival du XIII*. siècle.

la petit clocher moderne» placé à l'Ouest» avait d*abord appartenu à T^^be de St.-Exnpère. M. Le Forestier , lora^ qu'il fit élever le clocher nouveau qu'on voit à préMit k l'entrée de cette église, fit démolir et transporter à St- Martin-des Entrées celui qu'on y avait bâti quelques années avant. Le voisinage des deux églises peut seul expliquer cette translation.

L'église est sous l'inTocation de saint Martin Le chanoine de la cathédrale , qui possédait la prébende de St -Germainde-la-Lieue , nommait à la cure ; le curé percevait les dîmes.

L'église de St -Martin a été réunie à celle de St.-Germainde-la-Lîeue depuis 1762 jusqu'en 1766 : cette dernière année, « le sieur de Parfouru en prit possession par le moyen d'un t dévolu en cour de Rome , parce que le décret d'union « n'était pas homologué en parlement » (1). Cette paroisse a été conservée , mais celle de St -Germain n'existe plus.

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