VCHEL CURÉ DE CE LIEU
L'église de Ranchy est sous l'invocation de Notre-Dame. Le titulaire du canonicat de Bretteville présentait à la cure. Les dîmes se partageaient entre plusieurs chanoines de la cathédrale de Bayeux.
On voit dans le cimetière , en avant de l'église et près de l'entrée, un monument en forme de temple élevé, il y a peu de temps , au-dessus d'un caveau destiné à la sépulture de la famille Le Tourneur de Beaussy : ce monument a été construit , m'a-t-on dit , sous la direction de M. Vérolles. Il ressemble aux monuments de cette forme, qui existent au cimetière du Père-Lachaise. M. Le Tourneur, un des membres de cette famille , possède une terre à Ranchy. Le château qui se trouve du côté droit de la Drome, au haut du coteau , appartenait à son frère ; celui-ci , mort récemment , est inhumé dans le caveau monumental nouvellement construit.
COTTUN.
Cottun , Gotlunum.
Trois époques se manifestent nettement dans l'église de Cottun.
La nef est romane ; on y voit encore des modillons grimaçants et des fenêtres étroites cintrées. La façade occidentale est moderne.
Zl20 STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.
A l'extrémité de la nef s'élève la tour octogone, portée sur quatre arcades reposant sur quatre piliers cylindriques ; elle était ainsi isolée des murs latéraux comme la tour romane d'Allemagne-la-Haute, près de Caen ; disposition très-rare et qui mérite d'autant mieux d'être examinée qu'elle montre combien on était embarrassé , aux XIe. et XIIe. siècles, pour établir des tours d'un petit diamètre au centre d'une nef d'une certaine largeur.
Le clocher octogone de Cottun est terminé par une flèche en pierre, qui n'est pas ancienne et qui ne s'agence pas trèsbien avec la base.
Il n'y a d'ancien , dans la partie visible du clocher , à l'extérieur , que les huit fenêtres de l'octogone , y compris les chapiteaux des colonnes presque tous godronnés Le cintre , qui ferme ces ouvertures, a été refait en même temps que la flèche en pierre.
Le chœur appartient au XIVe. siècle ; les chapiteaux des colonnes , la forme et les dimensions des fenêtres le montrent suffisamment. D'ailleurs nous trouvons , chose bien rare , la date de cette partie de l'église écrite sur la clef de la première travée de la voûte.
Cette clef de voûte, qui est ornée de sept corps de reptiles n'ayant qu'une tête, porte en effet l'inscription suivante, disposée en cercle autour des figures de reptiles :
£. itt. €€€ ££tD33 fiet maistre fjelie le €ou €£9 (clore) reste tîoute.
Ainsi , cette inscription ne permet aucun doute. La voûte du chœur fut terminée et la clef posée en 13&8 , par maistre Helie Le Lou , ce qui s'accorde très-bien avec les caractères des chapiteaux et avec la forme des fenêtres qui n'ont pas été élargies. Deux de ces fenêtres à une seule baie éclairent le chevet.
Il existe au Nord, entre le chœur et la nef, une chapelle assez vaste, d'une date très-incertaine, et près de là, du même côlé, une sacristie construite tout récemment.
On a fait dernièrement des travaux de consolidation à l'intérieur de l'église.
L'église de Cottun est sous l'invocation de saint André. L'abbaye de Ste. -Barbe-en- Auge nommait à la cure; le prieur-curé percevait les dîmes. L'abbaye de Ste. -Barbe possédait le patronage de Cottun dès le XIIe. siècle. Roger Malfilâtre lui avait alors donné tous les droits qu'il possédait sur l'église de Cottun. Henri II, évêque de Bayeux (de 1162 à 1205) confirma cette donation dans plusieurs chartes déposées aux Archives du Calvados (1). Henri déclare notamment dans une charte de 1192, que Thomas Malfilâtre et Eudes, son fils, déjà chevalier, jam miles, avaient résigné entre ses mains tous les droits qu'ils avaient sur l'église St.- André de Cottun , et il confirme celte résignation en se réservant les droits épiscopaux, salvo nobis jure episcopali.
Il y a un if dans le cimetière de Cottun ; il y occupe la place ordinaire.
Château. A quelque distance au Nord de l'église , on voit deux tours et les traces de l'ancienne enceinte du château de Cottun ; ce qui reste annonce la fin du XVIe. siècle.
M. Le Pelletier de Molandé, ancien officier de la garde royale, chevalier de la Légion-d'Honneur, dont la famille a déjà été mentionnée à l'article d'Arclais (p. 197) , possède, à Cottun, dans une autre direction, à l'Est de l'église , un château moderne qu'il habite une grande
(1) V. le Catalogue des chartes déposées aux Archives du Calvados, par M. Léchaudé-d'Anisy. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie , l. VU, p. 96 et 97.