‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 178 sur 296 · TOUR CENTRALE DE LA CATHEDRALE DE BATEUX · texte numérisé non relu

TOUR CENTRALE DE LA CATHEDRALE DE BATEUX

comme nous, à la reconstruction de 1106 , après que la cathédrale eut élé incendiée quand Henry Ier. prit la ville d'assaut , les arcades semi-circulaires de la nef avec leurs moulures élégantes et variées.

Les fenêtres ogivales surmontant les arcades romanes de la nef, le chœur, les chapelles qui l'environnent, la sacristie , en un mot la partie de l'édifice construite en style ogival primitif, doivent avoir été , d'après lui , en grande partie , bâties par l'évêque Robert des Ablèges ( 1206-1231 ) , et commencées par ses prédécesseurs, Henry de Salisbury et Philippe de Harcourt ; mais on dut y travailler encore plus ou moins long-temps dans le cours du XIIIe.

siècle , au moins pour terminer les moulures d'orncmenlation.

Le joli porche par lequel on entre dans la nef , en face de l'évêché , appartiendrait à la première moitié du XIIIe. siècle.

On sait que les collatéraux des nefs n'étaient pas, dans le principe , garnis de chapelles ( V. mon Cours d'antiquités , IV. partie). L'examen de la nef de Bayeux confirme ce principe : celles qu'on y voit sont des additions. D'après les recherches qui ont été faites , les chapelles de St. -Jean l'évangéliste et de l'Annonciation (côté Nord ) auraient été construites par Pierre de Benais , vers l'an 1289; celle de St. -Martin , en 1309 ; les autres , du même côté (Nord ) , quelques années après, mais avant 1356.

J)u côté du Sud ( V. le plan, p. A 62 ), deux des chapelles ,

CANTON DE BAÏEUX. 471

attenant aux ailes de la nef , ont été retouchées ou refaites au XVe. siècle.

On remarque encore dans les autres quelques caractères du XIIIe. siècle , et Ton croit qu'elles ont été fondées par Odon de Lorris, évêque de Bayeux, mort en 1274.

Les deux façades du transept sont postérieures au corps de l'édifice. Le transept Nord , qui faisait face à l'ancien évêché , et qui est percé d'une fenêtre rayonnante , date, à ce que l'on croit, de la deuxième moitié du XIVe. siècle ; l'autre (côté Sud), qui fait face à l'évêché actuel, autrefois l'hôtel du Doyen , paraît un peu postérieur. Cette dernière chapelle était sous l'invocation de saint Thomas de Canlorbéry ; mais les travaux récents faits à la cathédrale ont prouvé que deux autels occupaient côte à côte le mur oriental. Des peintures murales assez intéressantes , qui ornaient les rétables, ont été retrouvées et doivent avoir été dessinées par les soins de M. l'architecte de Dion.

En 1425, Nicolas Habart commença des reprises au centre du transept pour y asseoir une tour qui fut , comme nous l'avons dit , refaite par l'évêque de Harcourt , patriarche de Jérusalem.

M. Bourdon a signalé aussi, il y a quelques années (1), un fait curieux dont on ne se douterait pas si l'on ne montait audessus des voûtes , c'est que la tour centrale , du XVe. siècle, a été établie sur la base d'une tour romane du même temps que les arcades de la nef : on voit , en effet , au-dessus des voûtes du transept et à la partie basse du carré qui supporte la tour centrale actuelle, des arcatures à plein-cintre ornées de zigzags. Les piliers très-hardis qui supportent la tour , ont été évidemment retaillés et revêtus d'un second appareil qui a permis de figurer , sous la tour , des ogives des plus

(1) V. Bulletin monumental , t. XVII.

pures et des plus hardies , dont les voussures portent sur des faisceaux de colonnes de style ogival (1).

On a déjà beaucoup écrit sur la cathédrale de Bayeux, ce qui me détermine à n'en dire ici que quelques mots : je renvoie donc le lecteur aux diverses publications antérieures et surtout aux belles planches de Pugin ( Antiquités architecturales de La Normandie, texte par M. Britton ) , dont l'ouvrage vient d'être traduit en français et savamment commenté par M. Le Roy , professeur d'archéologie à Liège , membre de l'Institut des provinces de France.

Voici les proportions de la cathédrale de Bayeux :

Hauteur de la tour centrale, 22k pieds.

Longueur de l'église entière , 296 pieds.

Largeur , 38 pieds.

Largeur des bas-côtés , 1 7 pieds.

Longueur des transepts ,113 pieds.

Largeur id,, 33 pieds.

Longueur du chœur, 118 pieds.

Largeur , 36 pieds.

Crypte. — J'ai publié, il y a long-temps (1825) , une description de la crypte de Bayeux (2) , et le tome Ier. des Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie renferme une planche consacrée à la reproduction des chapiteaux les plus intéressants des colonnes monocylindriques qu'on y voit. Depuis lors, la crypte de Bayeux a été vue par

(1) Depuis que ces notes ont été écrites , des avaries trés-inquiétantes se sont manifestées dans ces piliers et l'on a été, au moment où j'imprime ce texte, obligé d'établir des échafaudages énormes pour étayer la tour : notre description ayant été faite avant ce désastreux événement , nous n'avons pas à nous en occuper.

(2) Essai sur l'architecture religieuse du moyen-âge. 1 vol. in-80., accompagné de onze planches.

un très-grand nombre d'antiquaires , presque tous ont été d'accord avec moi pour la regarder comme appartenant au XIe. siècle. Un petit nombre seulement ont pensé qu'elle pourrait être carlovingienne. Mais on ne peut , je crois , s'arrêter à cette pensée quand on considère le style des chapiteaux. Huit colonnes disposées sur deux rangs supportent , au milieu de l'édifice , les voûtes d'arête qui ont leur naissance dans le mur du pourtour. M. G. Villers croit que la crypte était plus longue et qu'on l'a raccourcie du côté de la nef: cette opinion, qui se fonde, m'a- ton dit, sur des faits récemment constatés , n'a rien de surprenant , puisque la crypte avait été totalement incrustée dans les constructions du XIIIe. siècle , sans que l'on eût même laissé aucune ouverture pour y entrer , fait attesté par l'inscription suivante :

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