‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 2)Chapitre 185 sur 296 · JEAN, HISTORIOGRAPHE DE CHARLES VII · texte numérisé non relu

JEAN, HISTORIOGRAPHE DE CHARLES VII

GUILLAUME, évêque de pahis.

« Quant à cette maison elle-même , voici ce qu'en dit M. Pezet : « Par sa forme et par sa construction, cette maison est évidemment l'une des demeures de la ville de Bayeux contemporaines du temps où vécurent les frères Chartier. Son

pignon étroit et abaissé , la saillie de son premier étage , son isolement de la maison voisine , l'emploi du bois et du plâtre, tout cela , rajeuni par un recrépiment moderne , porte un cachet d'antiquité qui justifie la tradition (1). »

L'abbé Béziers , historien de Bayeux , naquit, en 1721 , dans une maison de la rue St. -Martin, près de la rue Franche. Cette maison a été reconstruite depuis que nous écrivions ceci (2).

Tapisserie de la reine Mathilde; musée et bibliothèque. Il me reste à dire un mot du musée d'antiquités et des principaux objets qui s'y trouvent :

La ville de Bayeux possède un monument unique, la tapisserie de la reine Mathilde dont la célébrité est européenne et qui représente la conquête de l'Angleterre, en 1066 , par G uillaume-le- Bâtard, duc de Normandie. Ce monument , si digne de fixer l'attention des curieux , appartient à la seconde moitié du XIe. siècle ; et la tradition du pays, que le cours de près de huit siècles n'a point affaiblie, en attribue la confection à l'épouse de Guillaume, à la reine Mathilde elle-même. La tradition porte que celte princesse, aidée des dames de sa cour, y a tracé toutes les scènes de l'entreprise aussi mémorable qu'étonnante poussée à bonne fin par son mari.

(1) Recherches historiques sur la naissance et la parenté d'Alain , de Jean et de Guillaume Charticr et sur la maison où ils sont nés, par M. Pezet; Recueil de la Société de Rayeux , vol. de 1842.

(2; La Société académique de Baycui a eu la bonne pensée de faire placer, sur la façade de la nouvelle construction, une inscription qui rappelle ce fait intéressant pour le pays. L'inauguration de ce petit monument a eu lieu, le 7 juillet 1855 , à l'occasion de la session de l'Association normande à Bayeux : M. Pezet, président de la Société académique, a prononcé un discours fort remarquable qui a été publié par l'Association normande, et dans lequel on trouve des détails 9ur la vie et sur les ouvrages de l'abbé Béziers.

Cette bande de toile , dont les figures sont brodées à l'aiguille avec des laines de différentes couleurs, longue de 70 mètres 34 centimètres (216 pieds 6 pouces k lignes), sur une hauteur de 50 centimètres (1 pied 6 pouces 5 lignes) , était exposée, avant la révolution de 1789, depuis un temps immémorial, en certains jours de l'année, dans l'église cathédrale de Baveux. Cette exposition solennelle et périodique a contribué sans doute à ne pas laisser vieillir ni disparaître les notions traditionnelles concernant l'origine de cet ouvrage.

Des inscriptions latines accompagnent pas à pas les figures; par ce moyen, la Tapisserie de Mathilde fixe des points incertains de l'histoire , et peut corriger et suppléer les écrivains du temps.

On a publié , tant en France qu'en Angleterre , un grand nombre de descriptions et d'explications des scènes représentées sur la Tapisserie; il serait inutile de la décrire et nous renvoyons à ces ouvrages, et surtout à la Notice rédigée pour les touristes par le Conservateur, M. Lambert, qui a étudié à fond le monument et qui en a expliqué toutes les parties avec sa sagacité ordinaire (1) :

C'est le 26 novembre 1838 que le Conseil municipal de Bayeux , sur le rapport de M. le président Pezet , vota la construction de la Galerie-Mathilde , pour placer ce précieux monument.

La Galerie-Mathilde présente une longueur de 18 mètres 35 centimètres sur une largeur de 6 mètres; elle est éclairée par douze ouvertures. Le meuble vitré qui renferme la Tapisserie, offre un double développement de manière à fournir un parcours de lk mètres 20 centimètres, et est disposé de telle

(1) Notice historique sur la Tapisserie brodée de la reine Mathitdet in-12.

sorte que la broderie historique est placée à hauteur d'homme. La partie inférieure de ce meuble, disposée en compartiments vitrés , contient une suite d'objets anciens , la plupart trouvés dans le pays.

La ville de Bayeux a fait établir , dans la cour de la Bibliothèque, le hangar dont j'ai déjà parlé, destiné à abriter les fragments de monuments antiques et autres, que des fouilles ou des travaux particuliers mettent à découvert.

On conserve en outre dans le vestibule de l'escalier de la bibliothèque les mausolées , en pierre de Caen , de Jacques André , sieur de Ste.-Croix , et de Marie Davot , son épouse , morts , l'un en 1628 , et l'autre en 1637 , qui existaient autrefois dans l'église de Kyes. Ces effigies tumulaires, d'une très-belle exécution , sont parfaitement conservées. Le chevalier est revêtu de son armure ; son épée est posée du côté gauche ; son casque fermé et empanaché , ainsi que ses gantelets, sont posés de chaque côté des pieds; la dame porte le corsage en pointe et les manches bouffantes attachées avec des rubans. Les armoiries de ces personnages sont sculptées en dehors, vers la tête, et placées dans des cartouches d'une grande élégance

Un médaillier avec vitrines, placé dans la bibliothèque et récemment exécuté , renferme déjà quelques médailles grecques, romaines et gauloises; des médailles modernes françaises et étrangères ; une collection sigillographique des anciens seigneurs laïques et ecclésiastiques, des anciennes corporations et juridictions ainsi que des particuliers, formée par le Conservateur. On y remarque le sceau] de Lolhaire, roi d'Italie ( 820-855 ) ; celui de Guillaume-le-Conquérant ; celui de Robert, frère du duc Mathieu de Lorraine (1220- 1251 ) ; celui de saint Bernard , abbé de Clairvaux (1151 ); celui de la ville de Worcester, au XIVe. siècle, etc.

Les vitrines renferment encore des colliers, des brace-

lets, des anneaux de jambes, des boucles, des plaques ornées, en bronze, des armes en fer, haches, fers de flèches, javelots, couteaux , etc. , trouvés dans des sépultures de l'époque gallo-romaine et du moyen-âge.

Le chiffre des livres composant actuellement la bibliothèque de Bayeux est de 15,000, répartis dans toutes les branches des connaissances humaines et classés dans un ordre méthodique (1).

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