‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 163 sur 203 · ST-B ASILE · texte numérisé non relu

ST-B ASILE

St-Basile, Sanctus Dasilius, ecclesia Sancti Basilii.

Depuis que la paroisse de St-Basile a été réunie à Tortisambert , M. de Saint-Basile a acheté l'église et la conserve: c'est un édifice pei^ important , mais qui présente encore pour l'étude quelques détails à observer.

Comme dans les autres églises du pays, la nef et le chœur sont rectangulaires ; mais les murs de la nef sont en pierre jusqu'à une certaine hauteur , en bois et en clayonnage à la partie supérieure. Celle-ci repose sur des poteaux intérieurs

qui supportent la charpente. Nous avons déjà vu de semblables poteaux à Livaye , et on les retrouve dans plusieurs autres églises; il est curieux d'examiner ce système de construction, dans lequel les charpentes jouent un si grand rôle. L'église de St-Basile nous le montre tel qu'on l'a employé encore quand on a reconstruit les églises du Pays-d'Auge vers le XVIe siècle ; mais je ne doute pas que dans les premiers temps beaucoup d'églises ne fussent tout-à-fait en bois. Que l'on supprime donc, par la pensée, le mur en pierre qui forme les deux tiers de l'élévation des murs de la nef; que l'on y substitue un remplissage en bois et en mortier , et l'on aura l'image d'une église telle qu'elles devaient exister en grand nombre autrefois dans la contrée.

Les fenêtres de l'église de St-Basile sont carrées , à l'exception de celle qui était au chevet et qui est bouchée aujourd'hui. Celle-ci était cintrée , subdivisée en deux baies , avec un oculus entre les ouvertures géminées. M. de Saint- Basile croit , et je suis de son avis, qu'elle peut remonter au XVIe siècle. Un porche en bois précède la porte d'entrée : je le crois du XVIIe siècle. Quant à la porte , la date 1780 est gravée sur le linteau qui reçoit le battant , au-dessous du tympan circulaire qui est vitré.

L'intérieur de l'église, outre les robustes poteaux qui supportent la charpente , montre , entre chœur et nef , deux petits autels à rétable de bois à jour. On voyait autrefois des rétables pareils dans beaucoup d'églises du pays ; il n'en reste guère, et chaque jour on en détruit quelques-uns, quoiqu'ils dussent être conservés ; on ne les retrouve plus que dans les églises supprimées comme celle de St-Basile. La statue de la Sainte-Vierge qui surmonte le tabernacle, à l'autel de gauche, me paraît ancienne relativement ; la pose du corps et la draperie sont identiques avec celles qui distinguent quelques Vierges du XV siècle.

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M... de Sainjl- Basile conserve tous ces objets, et nous l'en remercions ; les souvenirs sont pour lui , avec son goût pour l'archéologie, des motifs pour sauver celte pauvre église qu'il a rachetée; une litre funèbre, dont on voit encore les traces, porte les armes de sa famille.

Dans le chœur, une belle pierre tombale en marbre blanc recouvre les restes de Mme de Saint-Basile, née de Foucault, morte; il y a peu d'années.

Le fief de St-Basile , dit M. de Neuville , était dès le XVIe siècle le patrimoine de la famille Gaultier, qui en a pris le nom et qui a conservé cette terre jusqu'à la Révolution. Cette seigueurie était mouvante du fief voisin de Launay-Bernard. Ce dernier fief, dont le nom a été altéré par l'usage eu celui de Launay-Besnard , était autrefois situé dans les limites de la paroisse de Montpinçon ; mais son territoire en a été postérieurement distrait et incorporé à la paroisse de St-Basile. Launay-Bernard a appartenu , au XVe siècle, à Jean Lenfant , chancelier du duché d'Àlençon, un des jurisconsultes les plus éminenls de son siècle. En H75 , René, comte du Perche , administrateur du duché d'Alençon pendant la captivité du duc Jean, son père , fit don du relief du fief de Launay-Bernard à Jean Lenfant, qui mourut peu de temps après à Angers, où il professait le Droit civil depuis la disgrâce de son maître. En 1553, Adrien Gaultier était seigneur de Launay-Bernard et de St-Basile, et c'est encore M. de Gaultier de Saint-Basile qui est possesseur de la première de ces deux terres. Il y a fait construire une habitation renfermant une petite chapelle entièrement lambrissée et ornée de sculptures et de statuettes en bois de l'époque gothique , réunies et ajustées avec le goût le plus parfait. Cet oratoire est ainsi devenu un véritable bijou et offre un spécimen des plus remarquables de l'art de la sculpture sur bois dans nos contrées au XVe sièçje et au commencement du XVIe. Plu?

CANTON DE LiVAKOT. 657

bas, dans h fraîche et riante vallée de la Momie, se trouvait le fief de Cropus, que Charles, duc d'Alençon, fiefla à Jean Guérin en 1511, pour une rente annuelle de 30 livres. Cette famille Guérin était déjà, un siècle auparavant, fixée à St- Basile et à Tortisambert. Cropus appartenait, avant les orages de la Révolution, à la famille Gaultier de Saint-Basile.

Enfin la terre du Tertre , longtemps possédée par la même famille, en est sortie par le mariage de Marie- Arine- Madelaine de Gaultier de Saint-Basile avec Jean-Félix du Hauvel, en 1777. iMarie-Aglaé du Hauvel, leur fille, l'a portée à la famille de Bonnechose , qui la possède aujourd'hui, par son mariage avec Casimir- Edouard de Bonnechose , fils du sieur de La Cour du Bosc. Du reste, aucun des fiefs ci-dessus n'a conservé de manoir digne d'être étudié. »

Les Autels. — Nous avons mentionné l'église des Autels, en parlant de Montpinçon. La commune est réunie, pour le civil, à St-Basile et fait partie du canton de Livarot,

Il y avait dans cette paroisse un fief noble , dit le fief des Authieux, qui appartenait, au siècle dernier, à une branche de la famille Gaultier : M. de Gaultier de Hauteserre est encore possesseur du manoir des Autels. Cette famille a donné naissance à Marie-Charlotte-Antoinette de Gaultier des Authieux , mariée à Jacques-François de Corday d'Armont et mère de la célèbre Charlotte Côrday. C'est au manoir du Mesnil-lmbert, situé à une demi-lieue des Autels, dans le déparlement de l'Orne , que la famille de Corday d'Armont faisait sa résidence et que l'héroïne a passé la plus grande partie de sa jeunesse (1). Son portrait authentique,

(1) Noies manuscrites de M. te vicomte de Neuville.

sans analogie avec ceux qu'on a donnés au public , est con • serve au château voisin de Garnetot, propriété de M. de Gaultier de Garnetot, neveu à la mode de Bretagne de Marie- Charlotte de Corday : connue dans le monde sous le nom de Marie , elle restera célèbre dans la postérité la plus reculée sous son second prénom.

Signalons encore aux Autels le manoir de Ménival, qui a servi de résidence à une autre branche de la famille Gaultier, dite de Ménival.

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