‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 164 sur 203 · LA CHAPELLE-HAUTE-GRUE · texte numérisé non relu

LA CHAPELLE-HAUTE-GRUE

La Chapelle-Haute-Grue, Capeila deHastegru, de Hastagou.

L'église n'est plus consacrée au culte. La commune de La Chapelle a été réunie, pour le spirituel, à celle de Tortisambert. D'après l'analyse que M. Pannier a bien voulu me communiquer, l'église date du XVIe siècle. Les fenêtres carrées, à arc surbaissé, ont été ouvertes vers le milieu du siècle dernier, ainsi que le porte l'inscription suivante gravée sur une des fenêtres du chœur :

l'an 17A7. G. L, ROY.

Le portail occidental est surmonté d'un gable recouvert en essente. La porte principale est placée au nord.

Le clocher, à l'extrémité orientale de la nef, est assez élancé; il est en charpente et recouvert en essente.

On remarque à l'intérieur de l'église un autel avec rétable d'ordre composite , style Louis XV. Le devant-d'autel représente un agneau dans les flammes. De chaque côté se déroulent de gracieux rinceaux.

Des bancs en bois de chêne et à haut dossier, dans le style Louis XII, sont placés dans le chœur.

CAMON DE LIVAROT. 639

La Chapelle est le but d'un pèlerinage très-fréquenté pour les maladies de la peau.

L'église était placée, au XVIe siècle, sous l'invocation de saint Pierre. Plus tard , elle fut mise sous celle de saint Laurent. Le seigneur nommait à la cure.

Au XVIe siècle, la Chapelle-Haute-Grue avait pour patron laïque G. de Belleau (deBella Aqua); au XVIIIe, le seigneur.

Cette ancienne paroisse comptait 52 feux , 260 habitants, et dépendait , à l'époque de la Révolution , de l'élection d'Argentan. Sa population actuelle est de 95 habitants.

M. le vicomte Louis de Neuville fait une description trèsattrayante de La Chapelle-Haute-Grue, et nous donne d'intéressants détails sur les fiefs de cette paroisse :

a La Chapelle-Haute-Grue, dit-il, occupe un promontoire élevé qui sépare les deux jolies vallées de la Vie et de la Monne, et les pentes qui s'étendent de chaque côté vers ces deux rivières. Sur les bords de la Monne , on remarque un étang dont l'eau reflète un groupe de constructions de divers genres placé à son extrémité ; celle qui frappe le plus les regards est une vieille tour à l'aspect féodal : ce n'était pourtant qu'un colombier dépendant du manoir de Caudemonne. Ce fief, mouvant du comté de Montgommery , a été l'apanage d'une branche cadette de la maison de ce nom , qui pendant les XIIe et XIIIe siècles a été fixée sur ce coin du sol. Il paraît avoir été aussi nommé Caudemont, du moins on trouve Roger de Monlgommery qualifié du titre de seigneur de Caudemont en 1201. Sa postérité directe s'éteignit vers le commencement du XIVe siècle. Nous trouvons, en 1M7, un Jean de Caudemonne dans la paroisse de La Chapelle-Haute- Grue. Caudemonne fut depuis possédé par la famille Auber, qui portait pour armes : paie d'argent et de gueules au chef d'azur. Eustache Auber était seigneur de Caudemonne et de la Chaquetière, vers 1600. Au XVIIIe siècle , Caudemonne

b/lO STATISTIQUE MONUMENTAL*; 1)L CALVADOS.

était la propriété de M. Le Paulmier de La Livarderie , officier de marine. Cette terre a été vendue pendant la Révolution.

« Dans la même paroisse se trouvait un fief nommé La Chapelle-Haute-Grue ; mais il devait avoir bien peu d'importance , car il fut acquis en 1617 par Guillaume de Mannoury, sieur de Perteville, pour la modique somme de 200 livres tournois en capital.

« Le versant opposé de la paroisse de La Chapelle-Haute- Grue, du côté de la rivière de Vie, dépendait du fief de La Chaquetière, qui s'étendait aussi dans les paroisses voisines de La Brevière, de Ste-Foy et de St-Germain-de-Montgommery. Ce fief, tenu du duché d'Alençon , était possédé au XVIe siècle par la famille Auber de Caudernonne. Aux XVIIe et XVIIIe siècles , la Chaquetière appartint à la maison de Courseulles-Capdehoulle, aujourd'hui représentée par la famille de Vanssay.

<( Signalons encore la terre non seigneuriale du Vaursan , possédée par une branche de la famille Costard sous le règne de Louis XIV. Une vacherie modèle y fut établie il y a peu d'années par M. Robiou de La Tréhonnais , agronome distingué : elle a depuis été transférée près de Lisieux.

« La famille de Vergeast , originaire de Condrieu-sur-le- Rhône , a demeuré à La Chapelle-Haute-Grue vers la fin du XVIe siècle. »

S^-FOIX-DK-MONTGOMMERY (1)

Ste-Foy-de-Montgommery , Sancta Fides de Monte Gommerici.

(1) Noies communiquées par M. Pannier.

L'église de Ste-Foy-de-MoiUgommery s'élève dans la vallée de la Vie , près de la roule de Vimou tiers à Livarot ; elle est orientée du nord au midi.

La partie la plus ancienne de celte église est le chœur, qui date du XIIIe siècle. Le chevet, droit, présente une fenêtre géminée en lancette ; une fenêtre semblable éclaire le chœur du côté de l'évangile.

La nef remonte seulement au XVIe siècle. Les murs sont construits en grand appareil. Des châssis garnissent les fenêtres, qui sont carrées. Une seule fenêtre , à l'ouest , offre des compartiments flamboyants.

Un gable ou fronton, revêtu d'essente, termine le portail. La porte , à linteau , est encadrée dans une ogive et flanquée de deux contreforts.

Le clocher, qui surmonte le portail, est moderne et se fait remarquer par sa forme disgracieuse. La cloche a été fondue par Lavillette, en 1816. L'ancien clocher était placé à l'extrémité de la nef, près du chœur.

On remarque à l'intérieur de l'église le maître-autel à la romaine, dont l'un des gradins est orné de deux jolis tableaux peints sur bois , représentant : l'un , Jésus-Christ ; l'autre, la Sainte-Vierge.

Ste-Foy-de-iMontgommery avait pour patron laïque , au XIVe siècle, le seigneur d'Harcourl ; au XVIe, le seigneur d'Harcourt et de Longueville ; enfin, au XVIIIe, le seigneur de la localité.

Écoutons M. Louis de Neuville sur les souvenirs historiques de cette localité :

« Montgommery était , dit-il , centre d'une des principales seigneuries de la province; il a donné son nom à une des plus illustres familles normandes. Le premier auteur connu de cette maison est Roger de Montgommery, qui tenait déjà un rang distingué parmi les plus grands seigneurs

du pays dans les premières années du XIe siècle ; il eut cinq fils : Hugues, l'aîné, fut sire de Montgommery ; les autres peuvent avoir été la souche de quelques familles du même nom qui subsistèrent en Normandie jusqu'au XIVe siècle et s'éteignirent sans avoir jamais occupé une position marquante. C'est de Roger de Montgommery , fils de Hugues , que date l'éminente grandeur de celte maison : il épousa Mabile Talvas , comtesse d'Alençon et de Bellême , digne héritière d'une race célèbre par sa puissance, mais plus encore par ses crimes. Roger fut un des personnages les plus habiles et les plus respectés de son temps ; Guillaumele-Conquérant, qu'il assista puissamment dans l'invasion de l'Angleterre , lui donna en ce royaume des terres immenses et les comtés de Shrewsbury et d'Arundel. Roger de Montgommery mourut vers 109/*: il laissa sa terre de Montgommery à son fils aîné Robert, dit de Bellême , comte d'Alençon ; Hugues, le second, fut comte de Shrewsbury ; Roger, dit le Poitevin , devint comte de la Marche par son mariage avec Almodis , héritière de cette province, et fut l'auteur d'une branche qui posséda le comté de la Marche jusqu'à son extinction dans les dernières années du XIIe siècle ; Philippe , quatrième fils du sire de Montgommery , fut tué à Antioche dans la première croisade ; Arnoul , le cinquième, fut comte de Pembrocke au pays de Galles ; enfin Evrard , né d'un second mariage , fut chapelain du roi d'Angleterre.

Robert de Bellême, seigneur de Montgommery et comte d'Alençon, épousa Agnès, héritière du comte de Ponthieu , et fut , comme son père , un des plus puissants seigneurs de son temps ; mais , par son caractère , il ne démentit pas le sang des Talvas que lui avait transmis sa mère : il fut la terreur de ses contemporains, accablant ses vassaux comme ses voisins de ses iniquités et de ses violences , et com-

mettant plus d'actes de tyrannie que Ton ne peut en reprocher à aucun des autres barons normands. Son fils unique Guillaume, comte d'Alençon et de Ponthieu , épousa Alix de Bourgogne, dont il eut deux fils, auteurs de deux branches qui se partagèrent ses possessions , pour ne point dire ses États. Guy, l'aîné, fut chef de la branche des comtes de Ponthieu ; Jean, le puîné, eut en'partage le comté d'Alençon , que ses descendants conservèrent jusqu'à l'extinction de cette ligne en 1219. La baronnie de Montgommery fut attribuée à la branche de Ponthieu. Il y a pourtant lieu de croire que ce ne fut point sans avoir subi un démembrement, par suite duquel une notable portion des terres et des mouvances féodales qui en dépendaient fut depuis lors considérée comme faisant partie du comté, depuis duché d'Alençon. Le dernier comte de Ponthieu, de la maison de Montgommery, fut Guillaume III, mort en 1221, qui, de son mariage avec la princesse Alix de France , fille du roi Louis VII, le Jeune , ne laissa qu'une fille, Marie, comtesse de Ponthieu et dame de Montgommery , mariée en premières noces à Simon de Dammartin , comte d'Aumale. Sa fille aînée, Jeanne, comtesse de Ponthieu et d'Aumale , eut aussi dans son lot la baronnie de Montgommery qu'elle apporta en dot avec ses autres seigneuries à Ferdinand III , le saint roi de Castille et de Léon. Après sa mort , Montgommery fut, de même qu'Aumale, l'apanage d'une branche cadette de la maison royale de Castille , dite de Castille- Ponthieu , qui tomba en quenouille à la quatrième génération. Blanche de Castille Ponthieu , comtesse d'Aumale , épousa en 1340 Jean , comte d'Harcourt, cinquième du nom, et lui apporta la terre de Montgommery ; Jacques d'Harcourt , son second fils , fut après elle baron de Montgommery, et l'auteur d'une branche qui joignit à la possession de cette seigneurie celle d'un autre grand fief nor-

mand , le comté de Tancarville : Marguerite de Melun , héritière de Tancarville , l'apporta en mariage à Jacques d'Harcourt-Montgommery, un des plus intrépides défenseurs du sol français. Quand les Anglais, profitant des malheureuses années de la vieillesse de Charles VI et forts de l'alliance bourguignonne , réussirent à dominer la presque totalité des provinces du nord de la Loire , ils furent longtemps tenus en échec par la petite place du Crotoy, dont s'était saisi Jacques d'Harcourt , et d'où il faisait sans cesse sur l'ennemi les plus audacieuses expéditions. Ce guerrier mourut en 1Zi28, laissant un fils, Guillaume d'Harcourt , comte de Tancarville , vicomte de Melun , baron de Montgommery, et une fille, Marie d'Harcourt, qui épousa le célèbre comte de Dunois , Jean , bâtard d'Orléans et auteur de la maison de Longueville. Guillaume d'Harcourt n'eut que deux filles : Marguerite, qui mourut jeune étant fiancée à René d'Alençon , comte du Perche , et Jeanne , mariée à René II , duc de Lorraine et de Bar. Celte infortunée princesse fut répudiée pour cause de stérilité , et à sa mort , survenue en 1488 , elle laissa l'héritage de ses nombreux domaines à son cousin-germain, François d'Orléans, comtede Longueville. La baronnie de Montgommery resta dans la maison de Longueville jusqu'en 1543, époque où elle fut vendue par François d'Orléans , marquis de Rothelin , petit-fils du précédent. L'acquéreur de cette seigneurie en portait précisément le nom : c'était Jacques de Montgommery , sieur de Lorge , fils ou petit-fils d'un de ces aventuriers écossais qui , depuis le règne de Charles VII , venaient chercher fortune au service de France. Des talents militaires et la faveur du roi François Ier avaient fait sortir de l'obscurité le sieur de Lorge et lui avaient procuré à la fois fortune et honneurs; devenu capitaine des gardes, il se trouva en état de se rendre acquéreur de la puissante baronnie dont il portait

le nom. Ce fut , croyons-nous, en sa faveur qu'elle fut érigée en comté , titre qui ne lui avait été jusqu'alors attribué que par abus , et parce que la plupart de ses possesseurs étaient comtes de quelques-unes des seigneuries que nous avons mentionnées plus haut. Gabriel, comte de Montgommery , fils de Jacques , fut un des seigneurs les plus brillants de son temps; la faveur royale , une bravoure à toute épreuve , de grands talents militaires et une indomptable énergie de caractère semblaient ouvrir à son ambition la carrière la plus étendue ; un événement funeste vint soudain l'arrêter : ce fut la mort du roi Heuri II , qui succomba à une blessure accidentelle qu'il avait reçue dans un tournoi où il joutait contre Montgommery. Auteur involontaire de la mort du roi, celui-ci ne pouvait plus se flatter d'être traité avec faveur par la reine Catherine de Médicis : la guerre civile vint lui offrir une nouvelle carrière : jeté dans le parti calviniste , il en devint le chef, non le plus influent, mais le plus audacieux et le plus déterminé. Il se signala successivement dans plusieurs provinces par d'éclatants succès , mais aussi par des actes d'atroce barbarie. Il était réservé au sort le plus tragique. Assiégé dans Domfront en 1574 par des forces royales très-supérieures en nombre , commandées par le comte de Matignon , Montgommery, après avoir, à la tête d'une poignée d'hommes, soutenu leurs attaques avec une valeur désespérée , fut enfin contraint de se rendre. Conduit à Paris, un arrêt du Parlement le condamna à être décapité , ses biens confisqués , ses maisons rasées et sa postérité dégradée de la noblesse : il eut la tête tranchée en place de Grève, le 26 juin 1574. Mais , en 1576 , le roi Henri III , par le cinquième édit de pacification accordé aux protestants , réhabilita sa mémoire et rendit à ses (ils leurs titres et leurs biens. L'aîné des enfants du comte de Montgommery et d'Elisabeth de La Touche-Tranchclyon fut Jacques , comte

de Montgommery , qui se signala comme son père dans le parti calviniste et ne laissa qu'une fille , Marie de Montgommery , mariée à Jacques de Durfort , baron de Duras. Le marquis de Duras , fils de ce dernier , vendit le comté de Montgommery à son grand-oncle, Gabriel de Montgommery, dont la postérité conserva cette terre jusqu'au XVIIIe siècle. La seconde maison de Montgommery , originaire d'Ecosse , s'éteignit dans la première moitié du règne de Louis XV ; elle eut pour héritière Marie-Anne-Rose de Montgommery, mariée en 1732 à Louis-François, marquis de Thiboutot, De la maison de Thiboutot, la terre de Montgommery a passé dans celle de Béthune-Sully, dont le dernier représentant l'a léguée au comte de Béthune , de la maison des Planques ; c'est un des fils de celui-ci qui en est aujourd'hui propriétaire.

Le comté de Montgommery était une des premières seigneuries de la province, au point de vue de l'étendue de sa mouvance féodale. Malgré le démembrement qu'elle avait subi à la fin du XIIe siècle, cette mouvance s'étendait encore sur plus de quarante fiefs nobles. Les terres de St- Sylvain et de Vignats, dans l'arrondissement de Falaise , et plusieurs autres d'une moindre importance en étaient des annexes. Les seigneurs de Montgommery étaient du nombre des barons de l'Échiquier de Normandie.

Les restes de l'ancien château de Montgommery , rasé jusqu'aux fondements en 1574, répondent mal à ce que l'on pourrait attendre de tant d'illustres souvenirs. On n'y voit plus qu'un monticule informe dessinant l'enceinte du château, d'une étendue d'ailleurs médiocre , et où l'emplacement qu'occupait le donjon a seul conservé un relief assez notable. Ce château-fort , qui ne paraît avoir jamais eu une importance militaire considérable , a peut-être succédé , dans la seconde moitié du XIe siècle , à une place mieux

située dont nous retrouverons l'enceinte à 2 kilomètres plus loin sur le territoire de St-Germain-de-Montgommery. A une centaine de mètres de la motte où s'élevait le château ruiné en 1574, il existe une construction de bois assez considérable, aujourd'hui nommée le château de Montgommery. Cet édifice, d'un intérêt médiocre , paraît dater tout au plus de la fin du XVIe siècle : ordinairement affecté au logement des fermiers ou des régisseurs du comté , il n'a dû être occupé par les seigneurs qu'à courts et rares intervalles A peu de distance de là se trouvait jadis un bourg d'une importance assez considérable, à en juger par l'étendue des terres autrefois tenues en bourgage. Mais, soit par reflet des ravages de la guerre , soit par l'accroissement progressif de la ville de Vimoutiers et du bourg de Livarot, celui de Montgommery a disparu sans laisser de vestiges.

Plusieurs monastères avaient , à Ste-Foy-de-Mongommery, des possessions considérables qu'ils devaient à la munificence des anciens seigneurs et de plusieurs de leurs vassaux. De ce nombre étaient les abbayes de St-Jean de Falaise , de St-Marlin de Séez , mais surtout celle de St- André cn- Gouffern, qui avait en cette paroisse un domaine étendu et une juridiction assez importante pour donner à l'abbé de St-André le titre de baron de -Montgommery et la Brevière. De cette abbaye dépendait aussi le prieuré de St-Wathieude-Gouffern, situé à peu de distance de l'église de Slc-Foy , mais dont il ne reste plus de vestiges. Dans la même paroisse, l'abbaye de St-André possédait aussi le fief et manoir des Ozillicrs que Robert de Malvoue lui vendit en \l2h9 avec la motte, les fossés et la maison. Dans les dernières années du XIIe siècle, Robert, comte d'Alençon , et Guillaume, son frère, firent donation à St-André-cn-Goulfern de la dîme des terres et des bois qu'ils possédaient à Montgommery et que Jean', comte d'Alençon , leur père , avait recueillis dans la

succession de Guillaume, comte de Ponthieu , leur aïeul. Précédemment, le comte Jean avait donné à la même abbaye la dîme de tous ses arbres à fruits et de ses vignes de Montgommery. Quelque étrange que puisse sembler cette dernière mention , il est certain qu'au XIIe et au XIIIe siècle il

existé des vignobles dans la vallée de Livarot.

Outre les puissantes baronnies dont nous venons d'esquisser l'histoire , il a existé un fief dit de Sle-Foy-de-Montgommery, dans la paroisse de ce nom. Ce fief, relevant du comté d'Alençon , devait peut-être son origine au partage déjà mentionné, entre les enfants de Guillaume de Montgommery , comte de Ponthieu. Quoi qu'il en soit , ce fief a appartenu , dès le XIIIe siècle , à la famille Bonnet qui le possédait encore au siècle dernier. Cinq membres de cette famille firent preuve d'ancienne noblesse, en 1666, devant M. de Marie ; plusieurs autres branches existaient alors en d'autres paroisses. Ste-Foy-de- Montgommery a aussi servi de résidence à des membres des familles Le François de la Tour , Toustain de Billy et de Courseulles-Capdehoulle. Gratien de Courseulles , écùyer, se qualifiait seigneur du Moncel, en 1698. Le manoir du Moncel, datant du XVIe siècle, subsiste encore à Ste-Foy-de-Montgommery , mais cette vieille construction en bois n'offre rien qui puisse fixer l'attention » (1).

C'est à Ste-Foy-de-Montgommery que naquit, en 1697, le savant antiquaire , Augustin Belley, prêtre et membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, auteur d'un grand nombre de dissertations remarquables, imprimées dans les Mémoires de cette Académie.

(1) V. les notes manuscrites de M. L. de Neuville.

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