‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 166 sur 203 · SAINT-OUEN-LE-HOULT · texte numérisé non relu

SAINT-OUEN-LE-HOULT

St-Ouen-lc-HouIt, Sanctus Audoenus Le Lohour , Sanctus Audoenw Le HouLt.

L'église de St-Ouen-le-Houll se trouve sur le bord du chemin de moyenne communication d'Orbec au Billot. Elle a été soigneusement examinée par M. Pannier.

Nous faisons remonter au XIIe siècle , dit-il , la construction du chœur. Les murs latéraux étaient primitivement sans contreforts. Deux contreforts , du X,Vle siècle , soutiennent le mur septentrional. Un autre contrefort , du même temps, se voit à l'extrémité du mur opposé. Le chœur est éclairé , de ce côté , par une fenêtre cintrée moderne. Un

1 V. les noies de M. !e vicomte I nuis de Neuville.

chevet droit termine le chœur, qui est en retrait sur la nef.

La nef date seulement du XVIe siècle. Trois fenêtres , l'une ogivale , avec moulures en gorge , les deux autres cintrées, du même temps (la fenêtre du milieu refaite), éclairent la nef au midi. Elle reçoit la lumière , du côté du nord , par deux ouvertures , l'une à plein-cintre , du XVIe siècle, entourée de moulures formées de gorges ou scoties; l'autre également à plein-cintre , mais retouchée. Cinq contreforts, construits en grand appareil, soutiennent chaque mur.

Le portail occidental, soutenu par quatre contreforts saillants , est percé d'une porte en anse de panier encadrée dans un plein-cintre mal dessiné. Sur le mur apparaissent les traces d'un ancien porche.

Au-dessus du gable s'élève un clocher en charpente , terminé par une pyramide octogone couverte en ardoise. (le clocher renferme deux cloches. La plus grosse , qui a 73 centimètres de diamètre, porte l'inscription suivante :

L'AN 1588 Me PIEKRE RIOVLT, PROCVREVR DV ROY A ARGENTAN BT EXMES D. CATHERINE Desitltrey FEMME DE ROGER COVSIN ET ELIZABETH LECHEVALIER FEMe DE GVILLC LESIEVR Sr DE LISORES. IEHAN AVBRRT MA FAICTE.

De chaque côté du nom du fondeur sont figurés, en relief , deux centaures.

La petite cloche a 65 centimètres de diamètre. Elle a été fondue en 1822, par Lavillette.

La voûte de la nef et celle du chœur sont recouvertes d'un enduit. La première est en lambris avec entraits et poinçons. Toute la charpente intérieure , qui est énorme , repose sur des poteaux placés le long des murs.

La nef montre des vestiges d'une litre funèbre. Toute trace d'écusson a disparu,

On remarque le maître-autel dont le retable , dans le style Louis XIV, est décoré de deux colonnes torses, d'ordre composite, garnies de feuilles de vigne et de raisins. De chaque côté du rétable sont placées deux niches qui complètent l'autel. L'une de ces niches contient la statue miniaturée de la Sainte- Vierge qui tient dans ses bras l'enfant Jésus. Sa robe est bleue ; le manteau or , avec doublure blanche semée d'hermine. L'autre niche renferme la statue de saint Joseph, également miniaturée ; sur le gradin, sont placés deux jolis chandeliers en bois , style Louis XV.

Le tabernacle est du même style. Une couronne fleurdelisée surmonte l'exposition.

Les deux petits autels placés à l'extrémité de la nef proviennent de l'église de Bellouet. Le rétable , à colonnes rudentées, d'ordre composite, date du commencement du règne de Louis XIV.

Une statue de la Vierge, du XVIe siècle , décore l'un de ces autels. La frange du manteau est garnie de petites rosaces imitant une élégante broderie. Une couronne ducale surmonte la tête de la Sainte-Vierge. L'enfant Jésus paraît tenir une poire dans une de ses mains. Sa robe est fermée par un bouton garni de plusieurs petites perles.

L'autre autel est dédié à saint Laurent. La statue à plis tourmentés du Saint appartient au style Louis XIII.

Les fonts baptismaux, pédicules (style Louis XV), sont ornés de draperies.

On conserve , dans la sacristie , une curieuse chasuble à personnages, du XVIe siècle. Dans la partie supérieure de la croix est représentée la Vierge-Mère. A l'extrémité des croisillons, deux anges, à genoux, balancent un encensoir. Au milieu de la croix est représenté un évêque ; dans la partie inférieure, saint Laurent, patron de l'église.

Le devant de la chasuble offre également l'effigie , en

pied , de saint Laurent et celle d'une Sainte. Le bas de la chasuble est malheureusement coupé.

Tous les personnages religieux sont placés sous des ogives en accolade et des cintres.

Faits historiques. — La seigneurie de St-Ouen , ancienne dépendance de la baronnie des Moustiers-Hubert , fut confisquée comme elle sur un seigneur anglo-normand, du parti de Jean-Sans- Terre , et réunie au domaine royal. Mais, dans le cours du XIIP siècle ou le commencement du XIVe, elle fut donnée à titre de (ieiïerme, c'est-à-dire inféodée à charge d'une rente qui en absorbait originairement presque tout le revenu. En 13 Al , Jean Regnault était seigneur de St- Ouen-le-Hoult ; en 1469, Collin Sauvalle et Jean Pigis tenaient ensemble cette fiefferme. Au XVIe siècle, elle appartenait aux de La Haye , seigneurs de la Pipardière à Livarot : Guillaume de La Haye, sieur de la Pipardière et de St-Ouen-le- Hoult, vivait en 1562 ; on ne sait si ce fut lui ou son fils qui vendit cette dernière terre à Pierre Rioult, procureur du roi à Argentan, qui, à son tour, l'aliéna en 1604, par un échange conclu avec le sieur de Margeot, qui lui céda la terre et seigneurie de Champosoult, entre Vimoutiers et Chamboy. La famille de Margeot a conservé la seigneurie de St-Ouen jusqu'en 1789 , et elle possède encore le manoir et les terres qui en dépendaient. Ce manoir , dit aussi de Noiremare , est un édifice en brique datant du siècle dernier et dénué de toute espèce de caractère. (Note de M. L. de Neuville.)

Quoique la paroisse de St-Ouen-le-Hoult ne renfermât aucune autre terre seigneuriale, plusieurs familles nobles y ont fait leur résidence. Les gentilshommes qui y comparurent dans la Recherche de 1666 furent Gabriel de Bonnet, sieur de Launay-Morilière; Gilles Robine du Pommeret; Sébastien de Margeot, sieur de Fontenelles ; Yves de Margeot, sieur de la Guérinière , et François de Monteilles.

CANTON !>E MV'AROT.

LA BREVIERE.

La Brevière , Breveria.

Ma Statistique monumentale, dans les parties précédemment publiées, a pu conserver le souvenir de plusieurs monuments dont il n'existe déjà plus de traces aujourd'hui; il en sera de même pour l'église de La Brevière : elle était , effectivement , en démolition quand je l'ai visitée et quand M. Bouet l'a dessinée il y a douze ou quinze ans. La vue qu'il en a faite montre cette église, lorsque déjà elle avait perdu son toit. ( Voir la page suivante. )

La forme de cette église était celle d'une croix, et sur le transept s'élevait une flèche en bois très-élancée , couverte d'essente, offrant sur chaque angle une lucarne trilobée.

Les murs étaient en grand appareil, et l'ensemble de l'édifice annonçait le XVIe siècle.

Les fenêtres de la nef et du chœur étaient à plein-cintre , mais deux fenêtres ogivales à traceries flamboyantes, et divisées en deux baies par un meneau , éclairaient le transept ( Voir la planche ). Celle de ces fenêtres qui était ouverte dans le transept nord était ornée de vitraux; on voyait, dans le même transept, un support de statue, du XVIe siècle, portant des armoiries.

M. Pannier, qui a vu cette église avant la destruction des toits, nous apprend que la voûte du chœur était peinte et semée de bouquets de fleurs, dans le style Louis XIII , et que celle du transept méridional était décorée de peintures dans le style de la Renaissance de François Ier.

Cette église était sous l'invocation de saint Pardoul; l'abbé de St-Mariin de Sèez nommait à la cure.

Le presbytère, situé à peu de dislance de l'église, était

en bois avec remplis de tuiles formant des dessins, et le toit était surmonté de trois épis en terre cuite émaillée.

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