‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 167 sur 203 · PLAN DE L EGLISE DB LA BREVIERE · texte numérisé non relu

PLAN DE L EGLISE DB LA BREVIERE

La Brevière faisait autrefois partie de l'élection d'Argentan. Si le patronage de la cure appartenait à l'abbaye de St- Martin de Séez , c'était pourtant un autre établissement

religieux, l'abbaye (k St-Anéré-en-Goufïem, qui y occupait le rôle prépondérant : les abbés de Si-André y possédaient une mouvance étendue , et prenaient le titre de barons de La Brevière. Une autre portion des terres de cette paroisse relevait du comté de Montgommery , dont les seigneurs se qualifiaient aussi de barons de la Brevière ; ils y avaient , originairement, possédé des domaines et avaient disposé de quelques-unes de ces terres en faveur de l'abbaye de St- André. Celle-ci avait également reçu des bienfaits de la famille des seigneurs primitifs de la Brevière , dont l'existence ne paraît pas avoir dépassé le commencement du XIVe siècle : cette famille de La Brevière, dont plusieurs membres étaient chevaliers , était aussi connue sous le nom de Payen et n'était peut-être pas étrangère à celle des Paynel, barons des Moustiers-Hubert. Un grand nombre d'autres donateurs contribuèrent à augmenter les possessions de l'abbaye de St-André, dans le cours du XIIIe siècle: plusieurs d'entre eux appartenaient à des familles distinguées et, la plupart, attachées à la fortune des seigneurs de Montgommery. L'une des plus notables, du nom de l'Arbalestier, en latin , Balistarius , paraît avoir possédé fief à La Brevière : elle fut du nombre de celles qui suivirent Guillaume à la conquête de l'Angleterre. iVîais il ne nous est pas possible de préciser le lieu qui lui servit de résidence.

Parmi les fiefs qui avaient une mouvance dans la paroisse de la Brevière, continue M. de Neuville, se trouvait celui de la Chaquetière, qui s'étendait aussi sur !a Chapelle-Hautegrue et Montgommery. Les seigneurs de ce fief se qualifiaient aussi de sieurs de la Brevière. Philippe de Courseulles, sieur de Capdchoulle, devint possesseur de cette terre par son mariage avec demoiselle Bonne Bonnet, en 1652. Il laissa dix enfants, dont l'aîné fut François de Courseulles, seigneur de la Brevière ; celui-ci épousa Ïoussainte-Philippe de Saint-Simon et périt

d'une mort violente : il fut assassiné le 23 avril 1698. Depuis cette époque , cette branche de la maison de Cou rseu lies a fort peu résidé à la Brevière : elle s'est éteinte à la fin du siècle dernier.

Une autre famille qui a porté le titre de seigneur de la Brevière est celle de Saint-Denis, qui avait pour armes : de sable fretté d'argent au chef d'argent chargé d'un léopard de gueules. Charles de Saint-Denis, sieur de Vaugoust, fit preuve d'ancienne noblesse en cette paroisse, dans la Recherche de 1666. Le 18 décembre 1685, Joachim de Saint-Denis, sieur de la Brevière, abjura la religion protestante, entre les mains de François Pollin , curé de cette paroisse , de même que Louis Coslard , sieur de Bellean , Frédéric Costard , sieur des Manis, Judith du Val, veuve de Joachim Costard, sieur des Aunez, et deux de leurs domestiques. Cette conversion en masse se ressentait , sans doute , de la révocation de l'édit de Nantes.

La famille de Margeot a aussi porté le titre de seigneur de la Brevière. Elle y acquit une terre , située près du chemin de Livarot à St-Ouen-le-Hoult , par le même échange qui lui procura la seigneurie de celte dernière paroisse en 1604. Etienne de Margeot , sieur de Noiremare , fit preuve de noblesse devant M. de Marie , à la Brevière , dans la Recherche de 1666. M. de Margeot, dernier seigneur de la Brevière, ayant émigré, vit ses biens confisqués: c'est le père de M. Maurice de Margeot , demeurant au château de St-Germain-la-Cainpague ; il a épousé MIle de Margeot de Saint -Ouen, sa cousine.

Aucune des terres que nous venons de mentionner n'a conservé de manoir digne d'attirer l'attention. Sans offrir aucune particularité remarquable, le manoir de la Finanlière, situé près de la nouvelle route de Livarot à Vimoutiers, frappe les regards du passant , par ses dimensions et sa bonne

apparence. Une partie de la construction date du XVIe siècle et est bâtie en bois ; le reste , comprenant un corps de logis placé en marteau , est en pierre et ne remonte qu'à la première moitié du siècle suivant. Cet édifice paraît avoir été l'œuvre de Marin Costard , sieur de la Finantière , riche négociant en draperie , ce qui ne l'empêcha point de combattre pour la cause royale, dans la guerre de la Ligue, comme homme d'armes de la compagnie de Robert de Calmesnil , sieur de Heuguemare. Ses enfants reçurent, en 1651, des lettres de noblesse, en vertu desquelles André Costard, sieur de la Finantière, comparut comme noble en 1666, en la paroisse de la Brevière. Cette famille a vendu la terre de la Finantière, dans le cours du siècle dernier, à MM. de Margeot; ceux-ci l'ont revendue à la famille Sauvai. Elle appartient aujourd'hui à M. Deraine et à Mlle Sauvai (1).

Le manoir de la Finantière a été, en 1799, le théâtre d'un combat entre une centaine de chouans , détachés de la division que commandait M. de Verdun, et des forces, très-supérieures en nombre , accourues des villes voisines.

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