PARTIE DE LA DÉCORATION EXTÉRIEURE DU CHATEAU DE FAMILLY
« Dans son état actuel , » dît M. Ch. Vasseur , « ce châ- « teau n'est pas encore dépourvu d'importance. Le procédé « employé pour sa décoration , avec une seule sorte de ma- « tériaux vulgaires, en même temps ingénieux et écono- « mique, indique un architecte consommé dont on doit « regretter d'ignorer le nom. Est-il permis de faire une « conjecture ? Cet architecte serait celui que Léonor de u Matignon, évêque de Lisieux, employa à la reconstruction (( de son palais épiscopal à la fin du XVIIe siècle. J'en trou- « verais la preuve dans un même procédé de décoration « employé pour transformer les murs du XIIe siècle , de a l'aile occidentale , et dans les hardis emprunts faits par et le constructeur de Familly au vieux bâtiment Louis XIII , « qui fait façade sur la place Royale. Le hasard , des re- « cherches postérieures , viendront, j'espère , confirmer mes « présomptions. Familly était un demi-fief de haubert « d'abord possédé par des seigneurs du nom. En 1241 , « Nicolas de Familly renonce à toute prétention sur le pa- « tronage. »
La Recherche de la noblesse, faite en 152&, trouva à Familly Nicolas Lecourt , sieur du lieu , ennobli par le roi Louis XI.
En 1562 , cette terre appartenait à Loys d'Irlande.
Un siècle après, en 1662, on la trouve entre les mains de messire Adrian de Maintetcrnes , escuier , conseiller du roy, vicomte enquesteur et commissaire examinateur en la vicomte du Sap. Il vivait encore en 1676. C'est à lui, sans aucun doute , qu'on doit la construction du château.
En 1789, I\l . d'Avernes était seigneur de Familly. Le château est actuellement habité par M. le comte de Pardicu, membre de l'Association normande.
La paroisse de Familly était comprise dans l'élection de Lisieux , sergenterie d'Orbec. Elle comptait 61 feux ou 300
760 STATISTIQUi MONUMENTALE DU CALVADOS.
habitants. On y a réuni la Halboudièrc , dont nous allons parler tout à l'heure , qui comptait également 300 habitants. Aujourd'hui, ces deux paroisses réunies sont réduites à 277 âmes.
LA HALBOUDIERE (1).
La Halboudière , Halebouderia , Halbouderia. La commune de la Halboudière a été réunie à celle de Familly le 31 mars 1825.
L'église, supprimée, sert de grange. Le clocher a été démoli.
La nef porte tous les caractères des XVe et XVIe siècles. Elle est construite en grès taillé , de très-grande dimension. Le portail, placé à l'ouest, est accompagné de quatre contreforts ; ceux du centre plus élevés. La porte est à linteau droit. Les murs latéraux ont quatre gros contreforts sans retraites. Des fenêtres s'ouvrent dans chaque travée ; elles sont toutes cintrées avec voussures à moulures prismatiques , et celles qui occupent la travée la plus rapprochée du chœur possèdent seules un meneau. On les avait faites plus larges , sans doute pour éclairer les petits autels.
La fenêtre intermédiaire , du côté du nord , est protégée par une grille annelée en fer rond.
Le chœur est presque aussi long que la nef , en blocage recrépi. A l'angle nord-est, on trouve les amorces d'un contrefort qui n'existe plus. Ce chœur doit dater du XIIIe siècle ; mais il a été repercé de fenêtres carrées au XVIIIe. Alors on a bouché la grande fenêtre ogivale du chevet et une lancette aiguë , placée au sud , dans la première travée. Bien que divisé par des* cloisons , l'intérieur a gardé un
(1) Notes de M. Ch. Vasseur.
aspect encore assez pittoresque , capable d'inspirer un artiste ou un poète. La voûte de la nef , dont les douvettes étaient bordées d'ornements dessinés en noir sur fond blanc , était maintenue par deux fermes apparentes. La base du clocher faisait saillie à l'ouest , au-dessus de la porte d'entrée.
Il n'y avait point d'arc triomphal ; la délimitation du chœur et de la nef était indiquée par le retrait , et la voûte du chœur ayant une base moins large était plus aiguë , afin d'arriver a la même hauteur de faîte.
Le maître -autel est resté en place dans un délabrement fort pittoresque ; il était conçu dans de petites proportions. Le rétable consistait en deux colonnes torses portant un entablement en trapèze. Des ceps de vigne courent du haut en bas des colonnes , reliées au tiers inférieur par une couronne fleurdelisée.
La décoration de la voûte doit être contemporaine de cet autel. Deux cartouches contiennent des inscriptions qui nous font connaître la date exacte et le nom de l'auteur de ces travaux.