‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 195 sur 203 · TOUR ROMANE DE TORDOUET · texte numérisé non relu

TOUR ROMANE DE TORDOUET

ductus) a donné son nom à la paroisse. Sa belle tour ro-

mane, octogone, qui date du XI* siècle, domine d'une manière pittoresque les maisons du village et tous les vallons, d'alentour.

Le chœur et la nef ont été bâtis dans le style classique , il y a environ quinze ans, l'ancienne église étant devenue , dit-on , insuffisante pour les besoins du culte. On remarque, à l'entrée du chœur, six belles stalles, dans le style du XVIIIe siècle, provenant du couvent des Mathurinsde Lisieux.

La nef est accompagnée de bas-côtés, à l'extrémité desquels s'élèvent deux jolis autels avec rétable dans le style Louis XIV. L'ancienne nef ne dépassait pas la chaire actuelle et mesurait à peu près la longueur de l'ancien chœur.

L'ancien chœur roman , qui sert aujourd'hui de sacristie , est très-petit. Il offre une voûte d'arête sans nervures. Celle du sanctuaire est en forme de cul de- four. A droite est pratiquée une belle piscine ogivale, trilobée, à double cuvette, qui date du XIIIe siècle. A l'extérieur, le chœur se termine par trois pans coupés , autrefois percés de petites fenêtres en forme de meurtrières , ayant environ 90 centimètres de haut sur 16 de large. On voit encore, du côté nord, l'une de ces fenêtres qui a conservé sa forme primitive. La corniche, composée d'un gros tore, est supporlée par des modillons en forme de consoles.

La tour, placée entre chœur et nef, offre deux étages éclairés par de nombreuses baies. Carrée à sa base, elle devient octogone dans la partie supérieure et se termine par un toit en charpente recouvert en ardoise. Elle est supportée par quatre arcades à plein-cintre, avec retraite, qui reposent sur des colonnes dont les chapiteaux, grossièrement sculptés , sont formés de larges feuilles recourbées en volutes. Sur l'un des claveaux de l'arcade qui sépare le chœur du transept, est représenté un animal chimérique, ressemblant à un cheval.

Le bas de la tour, autrefois flanqué de contreforts plats, est éclairé, du côté du nord, par une fenêtre cintrée, moderne. Au-dessus règne une arcature composée de deux arcades simulées, reçues de chaque côté par une colonnette. La transition du carré à l'octogone est ménagée par des trompes formant, à l'extérieur, une saillie triangulaire et s'amortissant, à l'intérieur, de la tour en forme de coquille dont le bord ou cintre externe est formé de claveaux extradossés. Le milieu de l'arc, au lieu d'être fermé par une clef, présente un joint rempli de mortier. Les deux étages supérieurs de la tour offrent , sur chaque face , deux baies étroites séparées par une colonnette et dans un grand cintre dont l'archivolte repose , de chaque côté , sur une colonnette (V. la page suivante). La base de ces colonnettesest une base attique ; elle est composée de deux tores séparés par une scotie garnie , de chaque côté, d'un petit listel. Il n'y manque que le congé qui, ordinairement, réunit la base au fût de la colonne. Les tailloirs forment damier. Le cintre qui surmonte les baies du premier étage retombe, d'un côté, sur une colonnette, et de l'autre sur le tailloir qui termine les pieds-droits et relie les baies entre elles. L'archivolte des fenêtres de l'étage supérieur repose , de chaque côté, sur une colonnette dont les chapiteaux sont formés de feuilles recourbées en volute. La surface de plusieurs pierres, formant les claveaux des fenêtres , est couverte de rosaces et de losanges de différentes grandeurs. Plusieurs pierres portent également les marques de l'appareilleur.

La tour renferme deux cloches. La plus grosse, fondue par M. Bollée, du Mans, a 1 mètre 23 centimètres de diamètre; l'autre, fondue par Leinaire, a 1 mètre 07i centimètres .

L'intérieur de l'église est décoré avec goût. Le maîtreautel , accompagné d'un grand rétable à colonnes torses ,

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