LE ST PIERRE LECU1ER TRESORIER COMPTABLE. IEAN COPIE MA FAITE
L'église de la Chapelle -Yvon est sous l'invocation de Notre-
Dame. Elle faisait partie du doyenné d'Orbec. Les pouillés du XIVe siècle indiquent, comme patron, le seigneur du Besnerey; ceux des siècles suivants portent simplement le seigneur du lieu : dominus ioci.
La chapelle-Yvon était un plein fief de haubert. En 1562 , il appartenait à maistre Pierre des Hayes ; en 1581, à Jacques des Hayes, sieur de Gassart. Au XVIIe siècle et jusqu'à la Révolution, on le trouve en la possession des Chaumont de Quitry, barons d'Orbec.
Le Besnerey. — La paroisse du Besnerey ( Besnereyum , Benereum) a été réunie à la Chapelle-Yvon. L'église est démolie et le mobilier transporté dans l'église de la nouvelle paroisse. La cloche mérite l'attention ; en voici l'inscription :
f IAY ETE BENIE PAR Mre LOV1S IARDIN CVRE DE CE LIEVX ET NOMMEE ESTIENME PAR HAVT ET PT SGR Mre AMAND THOMAS HVE CHEer MRiS DE MIROMESNIL SGR ET PON DES FSE DE TOVRV1LLE SVR ARQVES BEAVMET ET AVTRES LIEVX CONer DV ROY EN TOVS SES Ceils Mre DES REQVESTES ORDre DE LHOTEL DE SA MAIESTÉ ET PAR HTE ET PTE DAME MADAME ANONIME DV FAY VEVVE DE HAVT ET PT SGR Mre IACQVES ANTOINE DE CHAVMONT CHE*r MARQVIS DE GITRV BARON D'ORBEC ET DE BIENFAITE SGr ET PON DES PSE DE TOnDOIS LE RONCERAY ET AVTRES LIEVX.
Cette église était dédiée à saint Etienne. Elle dépendait, comme la Chapelle-Yvon, du doyenné d'Orbec. Le patronage était laïque.
On trouve en possession du fief du Besnerey , en 1431 , Antoine de Castillon ; en 1469, Gueroudin de Franqueville , sieur de Collandon à Glos; en 1562, maistre Nicolas de La Personne; en 1648, François de Moges, seigneur de Préaux;
CANTON d'okbec. 827
en 1677, René de Moges, son fils, conseiller au Grand- Conseil.
Au XVIIIe siècle, les Trevet avaient succédé aux de Moges, et au moment de la Révolution, les Despériers de Fresnes possédaient cette terre, qui se trouve encore dans la même famille.
La population des deux paroisses réunies de la Chapelle- Yvon et du Besnerey est de 635 habitants. Au XVIIIe siècle, on comptait à la Chapelle-Yvon 275 habitants (55 feux), au Besnerey 200 (&0 feux). Cette augmentation notable tient aux usines établies sur la rivière d'Orbec.
SAINT-JULIEi\-DE-MAILLOC.
St-Julien-de-Mailloc , Sanctus Julïanus de Maillot, de Mailloco.
Cette église est assez vaste ; mais elle offre peu d'intérêt , par suite des transformations qu'elle a subies depuis trente ans.
Rien, dans les parties anciennes, n'indique une construction antérieure au XVe siècle. Les contreforts et quelques fenêtres, plus ou moins mutilées , qui subsistent encore, ont tous les caractères du style ogival flamboyant. Le plan offre une nef et un chœur qu'on vient de reconstruire , et il n'y a aucune particularité à signaler.
Le clocher en charpente, de 100 pieds de hauteur, appartient aussi au XVe siècle. Il était originairement assis sur l'arc triomphal , en avant du chœur ; mais il a paru plus conforme aux usages modernes de l'établir sur le pignon occidental. Deux charpentiers du pays , nommés Nicole et Lami, ont entrepris d'opérer ce transport sans démolition.
La distance à parcourir était de 65 pieds (1). Après réussite complète, on leur a versé 250 francs seulement.
Rien, à l'intérieur, ne compense la triste idée conçue dans l'inspection de l'extérieur : voûtes plâtrées, mobilier insignifiant. Il faut pourtant signaler un tabernacle en bois du XVe siècle , que M. le curé actuel a découvert dans les greniers. Ces sortes de meubles sont rares dans leur intégrité. A l'article de Grengues ( tome IV) , on a figuré un panneau qui appartient évidemment à un tabernacle. Celuici est divisé en deux étages par une tablette posée à peu près à moitié de la hauteur. Il est carré en plan et représente assez bien une tour d'église de l'époque. Des pilastres formant contreforts garnissent les quatre angles; un petit clocheton orné de crochets leur sert d'amortissement. Les faces sont composées de panneaux découpés à jour en arcatures, doublées dans les vides d'un verre épais, incolore, qui permettait de contempler l'intérieur. On distingue encore les traces de peintures dont ce tabernacle était revêtu : rouge à l'intérieur, vert à l'extérieur, sans aucun dessin. La porte n'était point différente des autres faces ; elle occupait toute la hauteur. Chacune de ces faces se termine par un triangle garni de crossettes et percé d'un trèfle. Rien n'indique qu'une pyramide ait complété le couronnement. La hauteur totale de cette tour est de 2 pieds environ, et sa largeur de 7 pouces.
L'église de St-Julien-de-Mailloc dépendait du doyenné d'Orbec. Le patronage était laïque.
Le clocher renferme deux cloches. La plus grosse est moderne ; l'autre porte l'inscription suivante :
f IAY ETE BENIE PAR Mre FRANÇOIS MICHEL MBUSNIER CCRE DE CE LIEU
(1) Notes par M. Ch. Vasseur.
ET NOMMEE LODISE FRANÇOISE PAR CEZARD LOUIS FRANÇOIS MARIE ANGE VICOMTE d'hOUDETOT ENFANT DE CLAUDE CONSTANCE CEZARD d'hOUDETOT MARECHAL DKS CAMPS ET ARMÉES DU ROY MARQUIS DE MA1LLOC ET AUTRES LIEUX IEAN FAILLET FILS PIERR(e) TRESORIER. A LAVILLETTE DE LISIEUX MA Fle EN 177d.
Celte cloche a été publiée par M. le docteur Billon dans ses Éludes èpigraphiques.
La paroisse de St- Julien était comprise dans la baronnie de Mailloc, dont le chef est sur St-Pierre; elle n'a jamais eu de seigneur particulier.
Chapelle de Mailloc. — La petite chapelle qu'on trouve sur le bord de la route d'Orbec à Lisieux est sur le territoire
CHAPELLE DE MAILLOC.
de St-Julien. Sa construction , comme le lait voir le dessin
de M. Bouet, date tout au plus du XVP siècle. Le chevet est à pans coupés sans ouvertures : deux baies ogivales s'ouvrent symétriquement dans les murs latéraux pour éclairer l'autel. La porte est au milieu du pignon de l'ouest vers la route. Dans les vantaux , menuiserie en style Louis XIV, ou a pratiqué un petit guichet pour permettre aux pèlerins de voir l'intérieur. Un petit autel, fort simple, compose tout l'ameublement. Il n'y point de voûte , mais un simple plafond. Un petit clocheton en dôme, percé de quatre arcades cintrées, contient la cloche.
Cette chapelle est dédiée à Notre-Dame : le patronage appartenait au baron de Mailloc.
La fête patronale se célèbre le 8 septembre. C'est une foire avec assemblée très-fréquentée, dont la principale marchandise (après les liquides) consiste dans des melons dont la culture se fait en grand dans les champs d'alentour. Je ne sais pourquoi celte assemblée se nomme la Saint-Gourgon , ce saint n'étant l'objet d'aucun culte dans la contrée,
La population de St-Julien est de 555 habitants. Elle était, au dernier siècle , de 415. C'est encore à l'industrie qu'est duc cette augmentation.
Voie romaine. — La voie romaine de Lisieux et Condésur-Iton montait sur le coteau près de la chapelle de Mailloc pour se diriger ensuite , à peu près en ligne droite, vers Broglie , La Barre et Condé. Je l'ai suivie de la chapelle de Mailloc à St-Germain- la-Campagne. Elle laissait à gauche l'église et le village du Besnerey, et à droite celui des Petits- Périers. Elle passait à 500 mètres , au midi , de l'église de St-Germain-la-Campagne. On la voit très-distiuctement , entre St-Germain et le Besnerey , et l'on trouve à 1 kilomètre 1/2 de |St-Germam, vers le Besnerey, un carrefour au milieu duquel existe aujourd'hui une croix entièrement
en fer portant une inscription et les armoiries de la famille qui l'a érigée ( V. la communication que j'ai faite il y a quelques années à la Société française d'archéologie ). Cette croix a très-probablement remplacé un monument romain, soit une colonne milliaire, soit peut-être plutôt un autel dédié à Mercure. Le piédestal de la statue de ce dieu , trouvé dans les fondations de l'église St- Germain quand on l'a reconstruite, il y a quelques années, et qui a été transporté à Évreux, pourrait bien avoir occupé cet emplacement dans l'origine. C'est une conjecture, sans doute , mais ce marbre ne devait pas avoir été apporté de bien loin quand on l'a fait entrer dans les fondations de l'église.
Quoi qu'il en soit , ce chemin que l'on peut encore reconnaître jusqu'à St -Germain, et qui se confond ensuite avec la roule de ce lieu à Broglie , est évidemment celui que l'Itinéraire d'Antonin mentionne : il est connu sous le nom de chemin Perrey , et la tradition rapporte qu'il a plus de 100 lieues de longueur. C'est à tort que le chemin de Lisieux à Chambray par Courtonne-la-Ville , qui est parallèle au précédent , a été regardé par quelques personnes comme la voie romaine de Lisieux à Dreux.