‹ Statistique monumentale du Calvados (volume 4)Chapitre 201 sur 203 · SA1NT-MART1N-DE-MA1LLOC · texte numérisé non relu

SA1NT-MART1N-DE-MA1LLOC

St-Martin-de-Mailloc, S. M. de Valle Auribecci, S. Martin du Val-d'Orbec (1).

Le nom de St- Martin- le- Vieux donné au moyen-âge à cette paroisse , et son vocable seul , que M. Aug. Le Prévost regardait comme datant des temps mérovingiens , dispose l'archéologue qui gravit la colline sur laquelle est bâtie

4i Notes par M. Ch. Vasseur.

l'église, à la rencontre d'un édifice intéressant La déception est grande. On se trouve en face d'une construction pouvant au plus remonter à la fin du XVe siècle , où rien ne mérite fixer l'attention. Le chœur est tourné vers l'ouest, contrairement à l'usage : il date seulement du XVIIe siècle. La nef, en grand appareil avec ses contreforts épais, a conservé trois fenêtres ogivales. On a bâti en 1862 en avant du portail, une tour en briques de ce style pseudo-ogival , chinois , plus laid que le plus laid classique ; mais qui seul a cours maintenant parmi nos architectes de campagne. Cette addition achève de défigurer une église déjà nulle en elle-même.

L'inventaire de l'intérieur est bien vite fait. La voûte du chœur est plâtrée. Celle de la nef a conservé ses charpentes apparentes, mais elle est en très-mauvais état.

Le maître-autel appartient au règne de Louis XV.

Les deux petits autels, presque identiques , sont du siècle précédent. Rétable à fronton cintré , soutenu par deux colonnes cannelées, dont le tiers inférieur est entouré de feuillages. On doit remarquer dans la niche pratiquée près de l'autel du nord , une Vierge en bois doré qui n'est pas dépourvue de mérite. Plus loin est une statue de saint Loup, qu'on peut attribuer au moyen-âge.

La croix du cimetière , en pierre avec fleurs de lis aux extrémités , date du XVIII* siècle.

La cloche est ancienne. M. le docteur Billon en a publié l'inscription dans son Épigraphie campanaire.

f LAN 1781 1AY RTE BENITE PAR Mr BELLAMY CURE DE CE LIEU ANCIEN PROFESSEUR EN l' UNIVERSITE DE CAEN ET NOMMÉE LOUISE PAR TRES HAUT KT TRES PUISSANT SEIGNEUR CLAUDE CONSTANCE CEZAR DE HOUDETOT LIEUTENANT GENERAL DES ARMÉES DU ROY ASSISTÉ DE TRES HAUTE ET TRES PUISSANTE DAME LOUISE PERRINET EPOUSE DE TRES HAIT ET THES PUISSANT SEIGNEUR CfiZAfl tOflJS MARTF FRANÇOIS ANGE VI-

83/i STATISTIQUE MONUMENTALE DU CALVADOS.

COMTE DE HOUDETOT MARQUIS DE MAILLOC MARECHAL GENERAL DES TROUPES AL' DELA DU CAP PARRAIN ET MARRAINE REPRÉSENTÉS PAR MF.SSIRE GUIL- LAUME IEAN DR CUEVECOEUR SEIGNEUR DE SOQUENCE. Mr MARIE VICAIRE DE CETTE PAROISSE ET Me PIERRE TABARIE ET Mr 1ACQUES GALOPIN DEPUTES. IEAN CHARLES CAV1L1ER.

Sur la panse , on voit un petit écusson surmonté d'une couronne de marquis, et portant une bande chargée de trois roues à six raies.

La paroisse de St-Martin faisait partie du doyenné d'Orbec. Le patronage était laïque.

Le Bulletin monumental de 1864 (p. 558) a parlé d'une découverte de sépultures, probablement mérovingiennes, faite sur le territoire de cette paroisse.

La population de St-Martin-de-Mailloe est de 629 habitants. Au siècle dernier, elle était de 600 ( 120 feux).

SAINT-DENIS-DI — >l AS I I <><

St-Denis-de-Mailloc , Sanctus Dionisius de Maillot, Sanctus Dionisius de Valle-Auribecci, St-Denis de Mailloc, St- Denis du Val-d'Orbec.

St-Denis est réuni , pour le culte , à St-Julien de Mailloc. Il dépendait aussi du doyenné d'Orbec. Le patronage appartenait au seigneur du lieu.

L'église est conservée avec soin par les habitants. Elle est assez petite. Le pignon de l'ouest, où s'ouvre le portail , date du XVIe siècle dans la partie inférieure. Le haut a été refait au XVIIIe. La porte est précédée d'un beau porche en charpente vigoureusement taillé, qui a les caractères de la fin du XVe siècle.

Les deux murs latéraux sont inégalement percés. Chacun

est flanqué par deux conlreforls placés aux extrémités , dont les profils accusent le XVe ou le XVIe siècle. Les murs sont romans , bien que les moellons dont ils se composent n'affectent pas d'une manière bien distincte Vopus spicatum. Les fenêtres datent en partie du XVIe siècle , en partie du XVIIIe.

Le clocher est assis sur le pignon oriental de la nef; il appartient au XVIe siècle : ses évents se composent d'une série de trilobés. Du reste , il n'offre rien de remarquable.

Le chœur est petit et sa construction doit remonter à l'époque romane , comme celle de la nef. Le chevet a été reconstruit, probablement au XVIe siècle. Les ouvertures sont encore plus modernes. Une petite sacristie cache en partie le mur septentrional.

L'intérieur est assez obscur. Le maître-autel , dans le style du règne de Louis XIV, se compose d'un entablement soutenu par six colonnes corinthiennes, avec une niche cylindrique au centre ; mais cet encadrement a dû renfermer autrefois un tableau. Cet autel, comme le reste du mobilier, a peu de valeur. Six belles torchères en bois tourné servent de chandeliers. La voûte du chœur est plâtrée ; les enlraits en ont été coupés, ce qui a fait pousser les murs au vide et a occasionné une lézarde profonde dans le mur du chevet. Au sous-faîte sont sculptés trois blasons : le premier du chapitre de Lisieux, le second de France, et le troisième de gueules à trois maillets d'or , 2 et 1 , qui est de Mailloc.

L'arc triomphal est à moulures prismatiques portées sur deux piliers semi-cylindriques.

Les deux petits autels de la nef, du XVIIe siècle , comme celui du chœur, sont sans intérêt artistique. L'autel du nord est dédié à la Vierge , selon l'usage constant : l'autel du sud a pour titulaire saint Hubert ; on trouve à côté un Tableau des Fondations de La Confrairie de Si-Hubert,

érigée de temps immémorial en l'église de St- Denis de Mailloc. Cette confrérie s'acquitte des mêmes devoirs que les Charités instituées dans la plupart des paroisses de l'évêché de Lisieux.

La base du clocher, comprise dans la clôture du chœur , qui n'a pas varié depuis la Révolution , a été disposée au centre en une sorte de dôme pour ne point cacher la pointe de l'arc triomphal. La voûte de la nef est en lambris ; elle n'a point subi, comme celle du chœur, l'outrage d'un horrible plâtrage. La charpente , indépendante des murs , porte sur des poteaux très-forts posés sur le sol. Elle n'est aucunement ornementée , mais d'une conservation parfaite.

On retrouve dans le pavage quelques restes de carreaux émaillés, et sur les murs des traces de peinture à l'ocre rouge.

Plusieurs fenêtres possèdent encore quelques fragments de vitraux du XVIe siècle. Il faut mentionner une Vierge assise, ayant à ses pieds trois donateurs, deux hommes et une femme. Cette Vierge est charmante, peinte en grisaille avec les hachures les plus fines. Les draperies sont bien étudiées. L'enfant Jésus , debout sur les genoux de sa mère , tend ses bras vers les trois personnages agenouillés à ses pieds. Ces donateurs n'ont point les costumes brillants de la noblesse , et il n'y aurait rien d'étonnant à ce que ce fussent des paysans du lieu. L'un est vêtu d'un sarrau bleu , semblable à la blouse portée encore de nos jours par les cultivateurs normands ; le second est en brun. La femme porte le bonnet pyramidal Lexovien, qui vient de disparaître devant des modes parisiennes.

La cloche est ancienne , voici son inscription :

f L^N 17&8 IAY ESTE BENIE PAR Mfe IAGQVES VALLEE PBRE CVRE DE CE LIEV ET NOMMEE C.f.AVDF. PAR Mre ABRAHAM DARCOVRT DOYEN DE

LEGLISK METROPOLITAINE DE PABIS ABBE COMMENDATA1BE DE S1GNY ET DE SAINT-TAVBIN DEVRELX ET PAR TVISSANTE DAME CLAVDE LIDIE DARCOVRT MARQVISE DE MAILLOC DAME DV CHAMP DE BATAILLE ET AVTRES LIEVX.

(Voyez Épigraphie campanairc , par M. le docteur Billon.)

Cassini indique, à St-Denis-de-Mailloc , un château dont je n'ai pu découvrir le moindre vestige.

Le châtelain était tenu de faire UO jours de garde à la porte d'Orbec, à Lisieux , en temps de guerre. On trouve comme possesseurs de ce fief: en ikUl , Guillaume Fouquet , dont la fille et unique héritière épousa Gueroudin de Franqueville , sieur de Collandon ; en 1532, Charles de Mailloc qui, avec François de Fontenay , le seigneur du Monl-à-la-Vigne et d'autres gentilshommes, maltraita fort les bourgeois de Lisieux; en 1562, Jehan de IMailloc ; enfin, en 1601, Hamon de Mailloc, l'un des plus turbulents gentilshommes auxquels le roi Henri IV ait eu atfaire, et qui, comme son ancêtre, ne se fit pas faute de rançonner les habitants de Lisieux. Il épousa Madeleine de Melun, qui lui donna une fille, mariée le 18 octobre 1618 à Charles-François de Lyée , seigneur de Tonnancourt.

Deux autres fiefs avaient leur manoir sur le territoire de cette paroisse : la Masselinaye , appartenant au chapitre de Lisieux , et le Hameau-Chouque.

La paroisse de St-Denis-de-Mailloc dépendait de l'élection de Lisieux, sergenterie d'Orbec. Elle comptait 67 feux, environ 335 habitants. La population actuelle n'est plus que de 207.

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