C. — Bras
Affections traumatiques.
L — Contusions.
94 pflcî S hommes : 80 traités, 2 opérés. ) „
yj. cas j ^2 femmes : 12 — 0 — p «lort.
Les corps contondants ont atteint l'épaule beaucoup plus souvent que le bras : pour 72 contusions à l'épaule, il nV en a eu que 15 au bras, 4 occupant le bras et l'avant-bras en même temps, et 3 siégeant à la. fois au bras et à l'épaule.
Il n'y a eu aucune différence daas le nombre des contusions au bras droit et au bras gauche.
Chez 38 blessés, les contusions étaient assez légères pour qu'ils aient pu quitter mon service au bout de un, de deux ou de trois jours.
Chez 31 blessés, les contusions ont nécessité un traitement de quatre à dix jours.
Chez 21 blessés, les contusions étaient graves et le traitement a dépassé onze jours.
La durée moyenne du traitement à l'hôpital a été de huit
jours.
J'ai constaté 7 épanchemenls sanguins étendus etgraves, 1 épanchement séreux sous-cutané avec large décollement de la peau, qui présentait le flottement particulier à ces lésions, et 1 épanchement dans l'articulation de 1 épaule.
Mais la complication, qui est, pour ainsi dire, spéciale aux contusions du bras, est la lésion des troncs nerveux. J'en ai observé 12 exemples. Tantôt tous les nerfs du plexus brachial avaient été contus '^5 cas), tantôt la contusion n'avait porté (lue sur un ou deux troncs nerveux (7 casj. Il en était résulté soit une paralysie plus ou moins complète de tout le membre (obs. 340), soit une paralysie du groupe musculaire innervé par le nerf lésé (nerf circonflexe, nerf cubital, nerf radial). .
Je fais rentrer dans cet ordre de faits la paralysie des extenseurs par la compression du nerf radial. 3 fois, des sujets s'élant endormis en appuyant la face interne du bras sur un corps dur, tel qu'une traverse de banc, une banquette de chemin de fer, s'étaient réveillés ne pouvant relever la main ni les doigts, et, incapables de travailler, arrivaient à l'hôpital avec une paralysie radiale. Le mécanisme de cette paralysie est bien connu. Elle est produite par la compression prolongée du nerf radial entre un cori.b dur et la face interne de rhumérus, au niveau de sa gouttière de torsion Elle se guérit ordinairemeni en peu dejours par le repos et la faradisation. Mais, chez 1 blessé, le neri radial ayant été compris dans une violente contusion de la face interne du bras par un tampon de wagon, la paralysie
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persista (obs. 341). Chez 1 autre blessé, qui était tombé sur la face interne du bras droit, non seulement le nerf radial, mais aussi le nerf cul3ital, avaient été contusionnés. Les extenseurs et les muscles interosseux de la main étaient paralysés. On constatait que les deux troncs nerveux étaient douloureux à la pression. La guérison n'eut lieu qu'au bout de treize jours.
Les lésions, qui ont souvent accompagné les contusions du bras et de l'épaule, ont été des contusions de la tête ou du thorax.
Comme accidents consécutifs, j'ai relevé 2 cas de mortification de la peau, 1 abcès qui fut incisé, 1 contracture hystérique des muscles de l'épaule chez un garçon de seize ans
Dans plusieurs cas, le diagnostic des contusions de l'épaule a présenté quelque difficulté, car elles simulaient une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus, une fracture de l'acromion, une fracture de l'omoplate, une fracture de l'extrémité externe de la clavicule et même une luxation scapulo-humérale. Il a fallu aussi apporter quelque attention pour ne pas confondre la paralysie radiale traumatique avec la paralysie radiale a frigore et avec les paralysies qui résultent d'une intoxication saturnine.
Le traitement est le même que celui de toutes les autres contusions. Lorsqu'il y a paralysie, il faut entretenir la contractihte des muscles par la faradisation, car ces muscles s atrophient rapidement et peuvent rester atrophiés, si 1 interruption de l'innervation dure trop longtemps.
Obs. 340. — Contusion de t épaule ; paralysie du bras et de lavant-bras; guérison. — Alexandre B..., âgé de 39 ans tailleur de pierres, est admis à la Pitié le 17 janvier 1887.
Cet homme, qui est d'une constitution robuste et n'a aucun antécédent morbide sérieux, vient de recevoir le choc d'une lourde poutre d'échafaudage sur la partie antéro-supérieure de l'opaule gauche. Cett(3 poutre s'est abattue sur lui d'avant en arrière et a porté sur la partie moyenne de la clavicule.
Le malade se rappelle avoir ressenti aussitôt un fourmillement dans le bras et la main. Il compare cette sensation à celle que l'on éprouve en comprimant le nerf cubital dans la gouttière épitrochléo-olécrânienne. Après ce fourmillement survint un engourdissement, et le malade s'aperçut que son bras gauche était devenu inerte et insensible.
A son entrée à l'hôpital, l'examen établit que tout le bras gauche était anesthésié, sauf une bande large de cinq à six centimètres, s'étendant de la face antérieure du creux axillaire jusqu'au milieu de l'avant-bras, ensuivant la face interne de celui-ci. La persistance de la sensibilité dans' cette région s'explique par l'anastomose que le nerf intercostal supérieur envoie au brachial cutané interne. Les parties anesthésiées sont complètement insensibles à la piqûre, au pincement, à la chaleur et au froid.
Au point de vue de la motilité, le bras est absolument paralysé. Aucun muscle ne réagit sous l'influence de la volonté. Mais, par l'électricité, tous les muscles répondent parfaitement à l'excitation électrique. Il existe, en outre, quelques troubles vaso-moteurs : la main paralysée est moite et plus paie que la droite.
On traite le blessé par des séances d'électrisation d'un quart d'heure tous les matins.
Au bout de huit jours, les mouvements ont commencé à réapparaître dans le pouce, le médius et le petit doigt.
Le I'"' février. Toute la main, quoique faible encore, avait recouvré sa contractilité volontaire, et l'avant-bras commençait à se mouvoir.
A partir de ce moment, la sensibilité revint rapidement dans toute la main, et rejoignit l'extrémité inférieure delà bande restée sensible le long de la face interne du bras. En peu de jours, tout le bras recouvra ses mouvements.
Le 7. Le malade sort de l'hôpital presque entièrement rétabli. La sensibilité n'est pas encore entièrement rétablie; elle reste abolie sur une large bande occupant toute la région externe du membre supérieur gauche, depuis l'épaule jusqu'au-dessus du poignet. Les mouvements sont entièrement
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revenus. L'abduction du bras est seulement pénible. La main gauche donne vingt kilos au dynamomètre. La main droite cinquante-sept kilos.
Obs. 34]. — Paralysie iraumalique du nerf radial; libération du nerf. — Eugène G..., âgé de 43 ans, graveur sur bois, entre, le 15 janvier 1888, pour les conséquences d'une contusion du bras gauche. Il a reçu un coup de tampon de wagon sur la partie externe et inférieure du bras. Toutes les parties molles ont été violemment contuses. Des compresses humides furent appliquées, et le malade continua à se soigner chez lui. Au bout d'un mois, le blessé reprit son travail; mais il s'aperçut que la force musculaire du bras avait notablement diminué et que sa main ne pouvait tenir aucun objet. Attribuant cette faiblesse au traumatisme, il garda le repos et fît des frictions avec de l'eau-de-vie camphrée. Son état ne s'améliorant pas, il entra à l'hôpital trois mois après son accident.
On voit sur la face antéro-externe du bras gauche, dans la partie qui répond à la gouttière de torsion de l'humérus, une cicatrice dont l'étendue est à peu près de quatre centimètres, cicatrice assez mobile et qui ne semble pas adhérente à l'os. Du côté de l'avant-bras et de la main, on trouve tous les signes de la paralysie du nerf radial : la main tombe sur l'avantbras, lorsqu'on soulève le bras ; la face dorsale de la main est légèrement bombée; la face'*palmaire est excavée; les doigts sont fléchis ; les mouvements de latéralité et d'extension des doigts sont impossibles ; les deux dernières phalanges seules peuvent s'étendre, lorsqu'on soulève les premières. Le triceps brachial a conservé sa force musculaire. Les supinateurs sont paralysés. Le malade n'a jamais présenté de signes d'intoxication par le plomb.
L'état de la sensibilité dans la région postérieure et externe de l'avant-bras et de la main n'est pas modifié. Il n'y a ni anesthésie ni hyperesthésie. Le malade ne ressent ni fourmillements, ni élancements, ni engourdissement dans le membre atteint. La paralysie motrice est seule complète. Les muscles répondent assez bien ii l'électricité.
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Oa électrise tous les jours le membre malade, mais on n'obtient pas d'amélioration notable.
On sent sous la cicatrice une tumeur dure, mobile, fusiforme, douloureuse à la pression, qui paraît être formée par le nerf radial.
Par suite de l'attrition des parties molles, il s'est formé, à la partie inférieure delà gouttière radiale del'humérus, une sorte de tissu inodulaire, qui englobe et comprime le radial. Les contractions des muscles animés par ce nerf sont complètement abolies ; mais la sensibilité s'est rétablie, probablement par suppléance nerveuse.
Il me semble qu'en libérant le nerf des tissus qui l'entourent et le compriment, son innervation pourra revenir.
Le 4 février. Eugène G... est endormi par le chloroforme. La bande d'Esmarch est appliquée. Une incision et une dissection me permettent de découvrir et d'isoler le nerf radial. Son tronc est aplati et a subi une lésion évidemment grave. Tous les tissus indurés sont enlevés, de manière à placer le nerf au milieu du tissu cellulaire sain. La plaie est ensuite suturée. Pansement de Lister.
La réunion ne fut pas immédiate. Il y eut un peu de suppuration.
Le 16 mars, le malade sortait, n'ayant rien gagné pour ses mouvements.
Du 19 mars au 3 avril. Il rentra dans le service, où on lui fit chaque jour des séances d'électrisation. La paralysie des extenseurs persista.
Le 19. Il n'y avait aucune amélioration. Les extenseurs de la main et des doigts restaient complètement paralysés ; mais le tronc du nerf radial n'était pas douloureux. Il avait diminué de volume. Comme les muscles qu'il innerve, n'étaient pas atrophiés, tout portait à croire que l'innervation motrice se rétablirait à la longue.