VII. — Abcès froids et adénites tuberculeuses de faisselle
34 cas \ ^^o^^o^ss : 16 opérés, 8 traités, 1 mort. / 10 femmes : 9 — 1 — 0 —
Les abcès froids et les adénites tuberculeuses se rapprochent par leur origine commune, qui est la production tuberculeuse dans le tissu cellulaire ou dans le tissu ganglionnaire.
Je les ai observés 6 fois au bras et 28 fois à l'aisselle.
Au bras, la maladie affectait la forme de la gomme tuberculeuse ou de l'abcès froid. Dans 1 cas, la poche purulente était assez volumineuse pour décoller la peau depuis le coude jusqu'à l'épaule.
A l'aisselle, les ganglions étaient surtout atteints et, selon le degré de l'évolution tuberculeuse, j'ai eu affaire tantôt à l'adénite caséeuse non suppurée (13 cas), tantôt à l'adénite suppurée (10 cas), ou à l'abcès froid véritable (5 cas).
Chez 12 malades, l'abcès froid ou l'adénite chronique n'était pas la première manifestation de la tuberculose : 5 avaient eu des gommes tuberculeuses ou des cicatrices de gommes tuberculeuses dans d'autres régions ; 1 avait été amputé de la cuisse pour une tumeur blanche du genou ; 6 étaient atteints de phtisie pulmonaire.
Presque tous les malades présentaient les caractères de la constitution scrofuleuse.
Les deux tiers des malades étaient jeunes et n'avaient pas dépassé trente-cinq ans.
Je me suis borné à faire un traitement médical chez 9 malades : préparations iodurées à l'intérieur et à l'extérieur, soins hygiéniques.
25 malades ont été opérés :
1 par la ponction et l'injection d'une solution phéniauée forte (1 guérison).
13 par l'incision et le curettage du foyer (8 guérisons 4 améliorations, 1 mort, obs. 355).
1 par la cautérisation avec des flèches de chlorure de zinc (1 gucrison). ^^^uiu
10 par la dissection et l'ablation de la masse ganglionnaire (10 guérisons).
L'ablation desganglionsaxillairesestropération qui amène la guérison la plus rapide. Chez 1 malade, qui portait des masses ganglionnaires strumeuses dans les deux aisselles, j'ai pratiqué successivement l'ablation des deux côtés. Sur 11 ablations, j'ai obtenu 7 fois la réunion immédiate. L'ablation est une opération assez délicate dans les cas où la masse ganglionnaire a contracté des adhérences avec les gros vaisseaux de l'aisselle.
La durée moyenne du traitement par l'ablation des masses ganglionnaires a été de dix-huit jours, tandis que la durée moyenne du traitement par l'incision et le curettage a été de quarante jours. Comme accident consécutif, j'ai eu à noter 2 cas d'érysipèle, dont 1 fut mortel (obs. 355).
Obs. 355. — Le nommé Félix B..., âgé de 55 ans, tapissier, entre à la Pitié, le 9 octobre 1884, pour une adénite tuberculeuse suppurée de l'aisselle droite.
En auscultant la poitrine, on constate un commencement de tuberculose pulmonaire dans les sommets.
Le 10 octobre. Incision de l'abcès. Lavages phéniqués et pansements pbéuiqués.
Les jours suivants, comme Tabcès est anfractueux et se vide mal, on est obligé de faire trois autres petites incisions.
Le 9 novembre. Un érysipèle nait au bras droit et s'étend au thorax. Cet érysipèle prend un caractère grave. Grande élévation de la température. Langue sèche et fuligineuse. Grande agitation ; délire violent.
Le 6 décembre. Mort.
A l'autopsie, on trouve, indépendamment de la tuberculose pulmonaire, de la congestion des poumcms, et une pleurésie avec épanchement purulent enkysté à la partie antérieure de la plèvre droite.
Vin. — Affections syphilitiques.
g ^ 3 hommes : 1 guéri, 2 améliorés. ) 6 femmes : 5 — 1 —
BRAS
Les affections syphilitiques du membre supérieur n'ont été admises dans le service qu'exceptionnellement ou par erreur. Ainsi s'explique leur rareté.
2 malades avaient des éruptions papulo-squameuses sur les avant-bras.
1 malade avait un œdème chronique de l'avant-bras que j'ai cru devoir rattacher à la syphilis, après exclusion de toute autre cause.
2 malades présentaient, l'un sur le cubitus, l'autre à la partie inférieure et postérieure du bras, des tumeurs, d'un diagnostic difficile, qui disparurent sous l'influence du traitement spécifique, et qui n'étaient autre chose que des gommes.
4 malades, avec des syphilides ou des gommes ulcérées, m'ont été adressés comme affectés de cancroïdes. L'un d'eux, jeune fille de dix-sept ans, portait sur le moignon de l'épaule un ulcère arrondi, de six centimètres de diamètre, qui ressemblait tout à fait à un épithélioma ulcéré. Les bords déchiquetés et indurés de l'ulcère, son fond rouge grisâtre avec des bourgeons granuleux, complétaient la ressemblance. Mais l'examen histologique d'un de ces bourgeons prouva que je n'avais pas affaire à une tumeur maligne. Il n'y avait aucun antécédent syphilitique appréciable; il n'y avait non plus aucune autre trace de la syphilis. Cependant, les frictions mercurielles et l'iodure de potassium, donné jusqu'à la dose de quatre grammes, amenèrent la guérison en trois mois.
La durée moyenne du traitement a été de trente-quatre jours.