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IX. — Ostéites et ostéomyélites

15 cas \ ^^o^^nies : 6 opérés, 6 traités, 1 mort. \ 3 femmes : 3 — 0 — 0

5 fois, l'ostf'ite avait une origine traumatique (fractures compliquées, coupdefeu); 3 fois, l'ostéite était consécutive à une resection du coude faite en dehors de mon service-

7 fois, l'ostéite m'a paru spontanée ou de nature tuberculeuse.

La diapliyse de l'humérus était le siège de l'inflammation chez 6 malades, l'extrémité supérieure chez 3 malades, l'extrémité inférieure chez 6 malades.

J'ai observé 1 cas d'ostéo-périostite non suppurée de l'extrémité inférieure de l'humérus, simulant une tumeur blanche du coude, et 14 cas d'ostéomyélite suppurée dont 5 avec nécrose. Plusieurs de ces ostéomyélites étaient de nature tuberculeuse.

Chez 2 malades, la raréfaction du tissu osseux produisit une fracture spontanée de la diaphyse (obs. 346, n° 1, et 362). Chez 1 autre malade, l'ostéomyélite à marche suraiguë prit la forme typhoïde infectieuse et amena rapidement la mort par péricardite septicémique (obs. 356).

5 malades ont été traités par des injections antiseptiques dans les fistules, par des pansements, par le repos. Ils sont sortis du service dans un état d'amélioration qui faisait entrevoir une guérison par la continuation du traitement médical.

9 malades furent soumis à des opérations de nature diverse : 1 incision du périoste avec grattage et cautérisation de la surface de l'os ; 4 incisions de l'os avec évidement ou curettage d'un foyer purulent; 4 extractions de séquestre ; 1 extirpation de toute la diaphysi de l'humérus (obs. 362). 11 y eut 10 opérations sur 9 malades. Tous les opérés ont guéri. Le malade, qui mourut, succomba si brusquement que je n'ai pas eu le temps de l'opérer (obs. 356).

Obs. 356. — Ostéomyélite aiguë de Vhumérus; mort avec des lésions septicémiques du péricarde (in France médicale, n° 50 ; p. 598, 1881). — Le nommé W... (Joseph), âgé de 15 ans, apprenti maréchal ferrant, entre le 2 2janvier 1881, salle Saint- Gabriel. Il ne présente aucun antécédent pathologique ; sa santé paraît avoir toujours été bonne. 11 se portait très bien, lorsque, le 14 janvier, en glissant sur la neige, il tomba sur l'épaule gauche. If resta tout d'abord chez lui, couché, accusant des douleurs dans l'épaule. Ce n'est que

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le 22, c'est-à-dire huit jours après la chute, qu'il vint à l'hôpital.

Le 23. A la visite, le malade a une fièvre vive ; la langue est sèche, étalée; les pommettes sont rouges; l'abattement est extrême. Le malade a l'aspect typhique; mais pas de ballonnement du ventre, seulement un peu de gargouillement dans la fosse iliaque droite. Pas de taches rosées ; pas d'épistaxis. T. m., 39°,5. T. s., 40°,1.

Le malade se plaint continuellement. Tous les mouvements paraissent douloureux. Les quelques renseignements, que l'on possède, font porter l'attention sur l'épaule gauche. Elle est le siège d'une tuméfaction notable avec rougeur superficielle. Je constate de l'empâtement profond, mais pas d'œdème superficiel. Les mouvements de projection en avant, d'adduction du bras, sont possibles, mais douloureux. Les mouvements de projection en arrière sont très limités et très douloureux. Les mouvements d'abduction forcée causent une douleur très vive. Il existe enfin une contracture marquée de tous les muscles qui entourent l'article, aussi l'omoplate suit-il l'humérus dans ses mouvements. Ni mobilité anormale, ni crépitation osseuse. Peut-être de la crépitation articulaire.

Purgation avec eau de Sedlitz. Chloral, sulfate de quinine.

Le 24. T. m., 40°, 8. L'état typhique est encore plus marqué que la veille. Le malade a du délire et de l'agitation. Sa respiration est haletante ; sa langue est sèche ; ses yeux sont hagards. On compte 130 pulsations. Toujours aucune tache rosée, point d'épistaxis.

En examinant l'épaule malade, on voit que la rougeur, toujours plus accusée, descend jusqu'au coude. On constate que la tuméfaction est plus marquée, et que les mouvements sont plus douloureux. On reconnaît de plus que l'épaule est le siège d'un empâtement profond, qui donne lieu à une fluctuation à la partie antérieure et moyenne de la fosse sus-épineuse.

Une ponction avec un bistouri est faite jusqu'à l'os. Il no s'écoule que du sang.

La dose de sulfate de quinine est augmentée.

L'état empire pendant la journée, et le malade succombe le soir à dix heures.

Le 28. Autopsie. Examen des viscères. A l'ouverture du péricarde s'écoule un liquide purulent, épais, en assez grande abondance. Le sac péricardique, épaissi principalement à sa partie supérieure, est jaunâtre ; les deux feuillets sont accolés l'un à l'autre. Sur le feuillet pariétal, le plus épaissi des deux, se voient des végétations fibrineuses qui en recouvrent la plus grande partie, mais qui s'arrêtent au niveau du point d'origine des gros vaisseaux de la base du cœur.

Les valvules du cœur sont parfaitement saines. Le tissu du muscle cardiaque, nullement altéré, présente son apparence normale.

Un liquide séro-sanguinolent s'échappe à l'ouverture des plèvres.

Les poumons sont encore crépitants, toutefois ils présentent de la congestion dans toute leur étendue.

Le foie et les reins ne présentent rien d'anormal.

La rate est légèrement diffluente, mais ne contient pas d'abcès métastatiques.

L'intestin grêle est légèrement congestionné. Pas de congestion du péritoine. Pas de liquide dans la cavité abdominale.

Enfin, congestion intense de la substance grise corticale et des méninges.

Examen de VarLiculaiion scapulo-humérale gauche. Une incision verticale sur la partie moyenne du deltoïde ouvre une vaste collection purulente, située immédiatement sous ce muscle, et entourant de tous côtés la moitié supérieure de l'humérus. Le pus est rougeàtre, épais, crémeux.

Le périoste, décollé par le pus, est perforé en plusieurs endroits. Il baigne par ses deux faces dans le liquide purulent. L'os lui-même, mis à nu, présente en plusieurs points, audessous de l'enduit crémeux, une couleur rougeàtre d'ostéite. L'abcès est limité en haut par la ligne d'insertion de la capsule articulaire au col auatomique. Le cul-de-sac de la synoviale se trouve situé à quelques millimètres à peine de la partie supérieure de la collection purulente.

Pas de pus dans l'article. Le cartilage qui recouvre la tête humérale offre une coloration jaune rougeàtre.

Pas de fusées purulentes, sauf en arrière, où le pus s'étend jusqu'au bord postérieur du deltoïde. L'incision pratiquée pendant la vie, au niveau du bord postérieur du deltoïde, avait porté à un centimètre environ au-dessus du cul-de-sac de l'abcès.

L'os, détaché du membre, est scié longitudinalement. L'épiphyse est normale. Au-dessous du cartilage épiphysaire, le tissu spongieux présente une infiltration de matière jaun.àtre, qui est évidemment du pus non encore collecté. Enfin, on rencontre du pus infiltré dans* toute l'étendue du canal médullaire.

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