II. — Fractures de l'omoplate
24 cas S 22 hommes : 22 traités, 1 mort par fract. du crâne. ( 2 femmes : 2 — o
Presque toutes les fractures de l'omoplate ont été produites par une cause directe : chutes sur répaule (12 cas), chocs par tampon de wagon, ou par roue de voiture (4 cas), pression sur l'épaule pour soulever un brancard de voiture (1 cas). Chez 2 blessés, la contraction musculaire m'a paru être la seule cause à invoquer : un homme de vingt-huit ans, en cherchant à se retenir avec le bras droit pour éviter une chute, ressent une vive douleur dans l'épaule et se fracturc I epine de l'omoplate ; un autre blessé éprouve un arrachement du bord axillaire à la suite d'un violent effort des muscles du bras.
A l'exception de 4 blessés, qui avaient vingt-quatre et vingt-cinq ans, tous les autres sujets atteints d'une fracture de l'omoplate étaient d'âge mûr ou d'âge avancé : l'âge moyen des blessés a été de quarante-cinq ans. La fracture siégeait : 8 fois sur le corps de l'omoplate ;
4 fois sur l'épine ; 6 fois sur l'acromion ;
2 fois à l'angle inférieur ;
3 fois à la cavité glénoïde ; 1 fois au bord axillaire.
Le diagnostic n'a pas été facile. La crépitation s'est rarement manifestée. La mobilité anormale n'a pas été souvent appréciable. Quant à la déformation, elle était toujours masquée par les muscles qui entourent l'omoplate. Bien souvent le diagnostic n'a pu se fonder que sur les signes rationnels. Les fractures de l'acromion ont été les moins difficiles à reconnaître.
La complication la plus ordinaire est l'épanchement sanguin, qui a été énorme dans 2 cas.
Comme lésion concomittante, j'ai à signaler : 1 luxation de l'épaule du même côté, 1 luxation de l'extrémité interne de la clavicule, 1 fracture de la clavicule da côté opposé, 1 fracture de côte, 1 fracture du rocher suivie de méningite et de mort (ce décès sera compté à propos des fractures du crâne).
Toutes les fractures de l'omoplate ont été simples. Une seule fois l'omoplate paraissait brisée en plusieurs frag ments.
Comme les déplacements des fragments sont peu sensibles ou nuls, il n'y a pas de réduction à opérer ni à maintenir. Le traitement se réduit donc à celui d'une contusion : résolutif, frictions et légers massages, écbarpe pour soutenir le bras et l'épaule.
La durée moyenne du séjour à l'hôpital a été de quatorze jours ; mais cette durée n'exprime pas le temps nécessaire à la consolidation, parce que la plupart des blessés rentraient chez eux avant que la fracture ne fût complètement consolidée.
ÉPAULE
JJI. — Entorses de r épaule.
8 cas i ^ hommes : 7 traités.
/ 1 femme : 1 —
Le petit nombre des entorses de l'épaule, qui figure dans ma statistique, ne prouve pas que ces lésions soient rares. 11 prouve seulement qu'elles sont facilement supportées par les blessés et compatibles avec la continuation de leurs occupations. Le repos, quelques applications résolutives, quelques frictions, quelques massages guérissent ordinairement les entorses de l'épaule. Il faut que l'articulation s'enflamme pour que le blessé soit arrêté et vienne demander des soins à l'hôpital. Ce n'est plus alors à une entorse qu'on a affaire, mais à une arthrite.
7 fois l'entorse atfectait l'articulation scapulo-humérale etl fois l'articulation sterno-claviculaire.
Comme accident consécutif, j'ai à signaler l'atrophie du deltoïde, que j'ai observée chez un blessé.
Le séjour à l'hôpital a été de neuf jours en moyenne.