‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalière [electronic resource]Chapitre 134 sur 141 · I. — Lymphangites · texte numérisé non relu

I. — Lymphangites

\\9. ^ hommes: 36 traités; 61 incisés ) ^

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Presque toutes les lymphangites du membre supérieur ont eu pour origine une légère blessure des doigts ou de la paume. C'était une coupure, une piqûre, une brûlure super-

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ficiellc, une excoricalion ou une petite plaie contuse, en un mot, une solution de continuilé des téguments, peu importante par elle-même, mais faite par un instrument souillé de matières septiques ou soumise sans pansement au contact des microbes qui engendrent la suppuration. Quelques lymphangites ont été produites parla contusion de la bourse olécrânienne (5 cas) ou par une lésion de l'avant-bras et du bras (6 cas). Dans 1 seul cas, l'inflammation lymphatique semblait s'être développée spontanément, sans traumatisme quelconque.

Les doigts ont été, plus souvent que la paume, le point de départ de la lymphangite (56 fois les doigts, 38 fois la paume).

Le membre supérieur droit a été plus souvent affecté que le gauche.

J'ai observé beaucoup plus de lymphangites pendant la jeunesse et l'âge mûr que pendant la vieillesse (90 lymphangites de quinze à quarante-cinq ans, 28 à partir de quarante-cinq ans). Ce résultat concorde avec la grande fréquence des plaies de la main dans la première période de la vie.

73 fois la lymphangite était superficielle, aiguë, et présentait soit la forme réliculaire en plaques rouges, soit la forme funiculaire en traînées dessinant sur la peau la direction des troncs lymphatiques. Quelquefois ces deux formes se sont combinées.

45 fois la lymphangite était profonde, aiguë, subaiguë ou chronique. Inappréciable à la surface du membre, elle ne se traduisait que par l'adénite. Dans certains cas même, les vaisseaux lymphatiques semblaient indemnes, comme s'ils avaient servi de simples canaux pour transporter les produits septiques depuis la plaie de la main jusqu'aux ganglions, où la réaction inflammatoire s'était produite.

Il y a eu bien peu de lymphangites, qui ne se soient accompagnées d'une inflammation ganglionnaire. Dans 65 cas surtout, l'adénite était le phénomène prédominant. 9 fois le ganglion épitrochléen était malade, et 56 fois les ganglions axillaires.

AFFEnXIONS GÉNÉRAI. ES. '^<^

Sur les 1-18 cas iritillammalion lymphatique du membre supérieur, j'en ai vu 37 se terminer par la résolution, 77 suppurer et 4 devenir gangréneux.

Les lymphangites et les adénites non suppurées ont guéri après un traitement dont la durée moyenne a été de sept jours. Le repos, les applications de compresses imbibées d'une solution d'acide phénique ou, ce qui est préférable, d'une solution de sublimé au millième, les bains antiseptiques, quelquefois la compression avec un bandage ouaté, ont été les moyens que j'ai employés, et qui m'ont paru les meilleurs.

Dans les cas où la lymphangite avait suppuré, \% pus s'était formé, soit dans un vaisseau lymphatique ou à son pourtour (30 cas), soit dans les ganglions ou dans le tissu cellulaire qui les entoure (51 cas).

Les lymphangites suppurées ont quelquefois donné naissance à deux ou trois petits abcès sur le trajet des vaisseaux lymphatiques, abcès qui peuvent se réunir ou se mettre en communication par un étroit tunnel. Dans 1 cas, la lymphangite détermina la suppuration de la bourse olécrânienne.

Lorsque les ganglions suppurent, le pus s'est quelquefois formé très tardivement, à une époque oîi l'inflammation paraissait vouloir se terminer par résolution. L'abcès ganglionnaire peut devenir très volumineux. Chez un étudiant en médecine, qui avait eu un adéno-phlegmon de l'aisselle à la suite d'une piqûre anatomiquc à la main gauche, le pus envahit toute la cavité axillaire et fusa jusque sous la clavicule.

Le traitementdes lymphangites et des adénites suppurées est celui des abcès. Il faut faire une ou plusieurs incisions pour évacuer tous les foyers. Et comme le pus est toujours septique, il faut insister sur le lavage des foyers, sur les bainS;, sur les pansements humides antiseptiques. La durée moyenne du traitement a été de quatorze jours.

La gangrène de la peau est une complication, dont la gravité varie avec l'étendue des eschares. Chez 3 de mes malades, les eschares étant superficiel les et petites, la

guérison fut assez rapide. Mais ciiez le i'"" malade la chute des eschares laissa de vastes plaies, qui mirent quatre mois à se cicatriser.

Tous mes malades ont guéri.

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