XIX. — Évidements ^ trépanations
29 cas.
22 hommes : 17 guéris, 1 amélioré, 2 non guéris, 2 morts. 7 femmes :5 — 2 — 0 — 0 —
22 fois ces opérations, qui ont toujours eu pour siège le tibia, ont été faites pour des ostéites ou des ostéomyélites suppurées, le plus souvent de nature tuberculeuse ; 6 fois l'ostéomyélite n'était pas suppurée et 1 fois elle avait été produite par une balle de revolver enchâssée dans l'os.
Il n'a pas toujours été nécessaire de trépaner pour arriver jusqu'au foyer morbide. Dans 9 cas, la curette tranchante a suffi pour pratiquer l'évidement du tissu spongieux des épiphyses. Mais dans les 20 autres cas, il a fallu appliquer une ou plusieurs couronnes de trépan, faire sauter les ponts intermédiaires de la diaphyse, inciser l'os avec la gouge et le maillet pour se frayer une voie jusqu'au mal.
Chez 3 malades, il m'est arrivé de recommencer une opération d'évidement après un intervalle de quelques semaines ou de quelques mois, parce que la première opéralion n'avait pas été assez complète pour amener la guérison.
Enfin, chez 1 malade (obs. 105), les deux tibias ayant été pris en même temps d'ostéomyéUte suppurée, j'ai dû les inciser à quatre jours d'intervalle.
200 MEMUWE INFÉUIEUH.
Dans la technique opératoire j'ai souvent employé la bande d'Esmaroh pour me mettre à l'abri de l'écoulement de sang.
Si la portion d'os évidée formait une excavation considérable, je complétais l'opération en cautérisant les parois avec le fer rouge, avec une solution au 4/10° de chlorure de zinc ou même avec une ou plusieurs flèches de pâte au chlorure de zinc, et je remplissais ensuite la plaie avec de la gaze iodoformée.
Mais si l'opération s'était réduite à une simple trépanation, je réunissais l'incision cutanée par une suture. J'ai toujours obtenu une réunion immédiate dans ces circonstances.
La durée moyenne du traitement, depuis l'opération jusqu'à la sortie de l'hôpital, a été , de cinquante et un jours pour les ostéites non suppurées et de cinq mois et douze jours pour les ostéites suppurées.
22 opérés ont été guéris.
3 — ont été améliorés.
2 — n'ont pas été guéris.
2 — sont morts.
Les 2 décès me paraissent indépendants de l'acte opératoire : l'un (obs. 103) est survenu trois mois et demi après l'opération, probablement par méningite tuberculeuse, alors que le malade était presque guéri ; l'autre (obs. 104) était arrivé dans le service avec une suppuration du genou et une septicémie grave. L'incision immédiate de l'articulation, les lavages phéniqués, la trépanation du tibia n'ont pu réussir à le sauver de son empoisonnement septique.