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IX. — Phlegmons de la paume de la main

445 cas \ ■ ^! i 0 mort.

Les phlegmons de la main ont beaucoup de ressemblance avec les panaris, mais la disposition anatomique des parties leur imprime une physionomie à part.

Les causes occasionnelles ont été les mêmes que celles des panaris. Toutefois, je signale spécialement les pressions répétées, qui engendrent l'épaississement de l'épiderme et ensuite l'inflammation du derme au-dessous de cet épiderme épaissi. De là, l'expression de durillon forcé pour désigner ces phlegmons sous-épidermiques. J'en ai observé 14 exemples.

Les causes prédisposantes ont été : le sexe masculm, (127 hommes pour 18 femmes), la main droite (77plileg-

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mons à droite, pour 47 à gauche), l'adolescence et l'âge

mûr, âges de la vie où l'homme exerce les travaux mamiels

avec le plus de vigueur.

De 15 à 20 ans, j'ai rencontré 63 phlegmons. De 31 à 45 — — 48 —

De 46 à 60 — — 23 —

Au-dessus de 61 — — 11 —

Les phlegmons avaient pour siège :

82 fois la paume : 61 à la face antérieure, 21 à la face posrieure.

10 fois l'éminence thénar.

3 fois l'éminence hypothénar.

7 fois le poignet : 4 fois à la face antérieure, 3 fois à la face postérieure.

11 fois le premier espace interdigital.

1 fois le troisième espace interdigital.

1 fois le quatrième espace interdigital.

2 fois le bord radial.

1 fois le bord cubital.

24 fois la main entière, faces palmaire et dorsale. 1 fois les mains droite et gauche en même temps. Sauf dans 3 cas, tous les phlegmons avaient suppuré. Selon le siège de la suppuration, je les ai classés en trois espèces :

Les phlegmons superficiels, autrement dits phlegmons sous-épidermiques, phlegmons phlycténoïdes ou durillons forcés^ au nombre de 16. Ce sont les moins graves.

Les phlegmons sous-cutanés, au nombre de 101, se sont divisés en trois variétés : 78 abcès sous la peau\ 1 phlegmons ou abcès, ayant traversé la peau en bouton de chemise ; 16 phlegmons anthracoïdes .

Les phlegmons profonds, au nombre de 21, étaient situés au-dessous de l'aponévrose palmaire. 12 fois la suppuration traversait les espaces interosseux et transformait la main en une éponge imprégnée de pus. 9 fois les gaines étaient envahies et la suppuration fusait à l'avant-bras.

Enfin, dans 3 cas, le phlegmon avait la forme gangreneuse avec sphacèle d'un ou de plusieurs doigts.

La liberté des mouvements des doigts est le principal signe qui empêche de confondre le phlegmon sous-cutané, avec le phlegmon profond et le phlegmon des gaines. Dans le phlegmon profond, les doigts sont immobiles et à demitléchis, comme dans l'attitude de la griffe.

Indépendamment de la douleur, parfois excessive, et de la fièvre intense, les accidents des phlegmons de la main se sont réduits à 2 cas d'hémorrhagie secondaire, facile à arrêter par la compression.

La complication habituelle de ces phlegmons est la lymphangite de l'avant-bras et du bras. Chez 8 malades, cette complication a pris un caractère de gravité exceptionnelle, et, chez 9 autres malades, il y a eu les fusées purulentes à l'avant-bras, déjà indiquées. 1 malade eut une phlébite à l'avant-bras. 1 autre malade contracta un érysipèle à la fesse pendant le cours de son traitement. Enfin 2 malades furent pris d'arthrite du poignet, et l'une de ces arthrites suppura.

Comme pour le panaris, le traitement des phlegmons de la paume doit être très actif. Résolutifs et antiseptiques au début. Incision dès que la suppuration paraît formée. J'ai pratiqué 106 incisions simples, superficielles ou profondes, et 15 incisions multiples, pour donner issue au pus. Le drainage de la main est souvent indispensable. Les bains et les pansements antiseptiques humides sont de règle au début. Plus tard, la compression avec le bandage ouaté fait merveille.

Dans un seul cas, l'incision fut suivie d'une hémorrhagie en jet qui m'obligea à lier les deux bouts de l'artère. Dans tous les autres cas, la perte de sang s'est arrêtée par la compression.

Aucun des malades n'a succombé, mais, après les phlegmons profonds, les fonctions de la main sont très lentes a revenir. Les tendons sontimmobilisés dans leurs games,les muscles sont atrophiés, le tissu cellulaire est transformé en tissu de cicatrice. Les doigts sont immobiles, recourons en griffe. Les massages, les bains, les douches servent a

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leur rendre quelque mobilité. Il est rare qu'ils récupèrent l'intégrité de leurs mouvements.

La durée moyenne du séjour à l'hôpital a été de quatorze jours pour les phlegmons de la main. Mais il faut remarquer que tous les malades, qui veulent sortir, ne sont pas guéris ; plusieurs sont seulement en voie de guérison et dans les conditions de se soigner chez eux. 81 malades ont séjourné à l'hôpital de 2 à 10 jours. 32 — — de 11 à 20 —

16 — — de 21 à 30 —

14 — - plus de 31 —

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