XXX. — Désarticulations tibio-tar sienne s
2 cas : 2 homiiieS;, 1 guéri, 1 mort.
Ces 2 désarticulations ont été pratiquées, l'une pour un épithéliôma des orteils envahissant le pied, l'autre pour une tumeur blanche suppurée de l'articulation astragalo-calcanéenne.
Le premier opéré, homme de 72 ans, a succombé à une broncho-pneumonie survenue plus de trois semaines après son opération, qui était en voie de guérison (obs. 59). Ce décès n'est pas imputable à l'opération.
L'autre opéré a guéri. Voici son observation en abrégé :
Obs. 78. — M... (Emile), àgéde26 ans, cocher aux omnibus, entre dans mon service de la Pitié le 13 novembre 1886.
Il y a trois ans, il s'est fait une entorse qu'il n'a pas soignée. Il a continué son travail malgré un gonflement et une douleur persistants.
Actuellement, le pied est gonflé et déformé. Plusieurs orifices fistuleux livrent passage à des fongosités. L'exploration avec le stylet montre que l'astragale et 3e calcanéum sont à nu. Les ligaments sont en partie détruits, ce qui permet d'imprimer au pied des mouvements de latéralité tout à fait anormaux. Il s'agit d'une arthrite fongueuse suppurée, probablement tuberculeuse, de l'articulation calcanéo-astragalienne, envahissant probablement l'articulation tibio-tarsienne.
L'amputation est refusée et le malade sort de la Pitié le
19 novembre, pour y rentrer quelque temps après, décidé à subir l'opération.
Le 3 février 1887. Anesthésie avec le chloroforme. Désarticulation tibio-tarsienne avec section des deux malléoles. Suture, pansement de Lister,
Réunion par première intention.
Le l^'' mars. L'état local et général sont excellents. Il sort pour aller à Vincennes.
Le 15. Il revient pour avoir un appareil prothétique.