‹ Statistique & observations de chirurgie hospitalièreChapitre 97 sur 137 · XXXI. — Amputations de doigts · texte numérisé non relu

XXXI. — Amputations de doigts

. ,. ( 73 hommes : 72 guéris, 1 mort. 89 amputations I ^^ f,,,„^,, : 16 ^ 0 -,

Ces amputations ont été faites:

38 fois pour des lésions traumatiques,

24 fois pour des panaris,

15 fois pour des ostéites ou des ostéo-artlirites, 8 fois pour des doigts anlvvlosés ou gênants (obs. 290), 2 fois pour cancer cliez le même sujet (obs. 280), 2 fois pour des doigts surnuméraires (obs. 294).

La section a porté sur la continuité des phalanges chez 32 malades (première phalange 21 amputations, deuxième phalange 10, troisième phalange 1), sur la continuité d'un métacarpien chez 9 malades, et sur la continuité de plusieurs métacarpiens chez 1 malade (obs. 304).

Les désarticulations ou amputations dans la contiguité ont été au nombre de 47 : 10 désarticulations de la phalangette, 17 désarticulations phalango-phalanginiennes, 16 désarticulations métacarpo-phalangiennes, 2 désarticulations de plusieurs doigts, 1 désarticulation d'un métacarpien (obs. 230), 1 désarticulation de deux métacarpiens

Mon but a toujours été de conserver la plus grande longueur possible au moignon digital, surtout quand il s'agit du pouce et de l'index. C'est ainsi que j'ai toujours préféré la désarticulation à l'amputation dans la continuité, ou réciproquement, si la première opération laissait au doigt sacrifié une plus grande lougueur, à condition, toutefois, que ce reste de doigt fût doué de mouvements volontaires.

De tous les doigts, l'index a été le plus souvent amputé (34 fois) ; après lui vient le médius (18 fois), puis le pouce et l'auriculaire (chacun 11 fois) et, en dernier lieu, l'annulaire (10 fois). L'amputation de plusieurs doigts a été pratiquée chez 4 blessés.

Le procédé que j'ai suivi, pour les amputations des doigts

au-dessous de l'articulation métacarpienne, a été le procédé à lambeau palmaire. Ce n'est que par exception, et lorsque je ne pouvais faire autrement, que j'ai employé un lambeau latéral, un lambeau dorsal ou la manchette circulaire.

Pour les désarticulations métacarpo-phalangiennes et pour les amputations de métacarpiens, j'ai mis en usage le procédé à lambeaux latéraux ou le procédé en raquette.

Dans 2 cas, pour recouvrir une large perte de substance, je me suis servi des téguments d'un doigt sacrifié pour former un large lambeau, que j'ai suturé à la paume (obs.227 et 280).

La plaie opératoire a presque constamment été réunie par la suture, puis pansée avec des compresses aseptiques de gaze iodoformée ou de gaze humectée d'une solution d'acide phénique ou de sublimé.

La réunion immédiate a eu lieu chez 70 opérés. Dans 19 cas, la cicatrisation s'est faite par suppuration et par granulation. Parmi ces cas, j'ai noté 2 fois un sphacèle du lambeau et 3 fois une fusée purulente dans la gaine des fléchisseurs.

Chez un blessé atteint de tétanos, j'ai pratiqué l'amputation du petit doigt et de son métacarpien pour enlever le foyer tétanigène, et la guérison eut lieu (obs.230).

Je pourrais dire que tous les opérés ont guéri, si l'un d'eux, phtisique avancé, n'avait succombé accidentellement à la tuberculose viscérale (obs. 260).

La durée moyenne de la guérison a été de douze jours dans le cas de réunion immédiate, et de trente-trois jours dans le cas de cicatrisation par suppuration.

Obs. 304. — En 1880, un journalier, de 62 ans, vint à la Pitié avec un écrasement de la main gauche par un pilon à faire de l'émeri. La partie inférieure de la paume et tous les doigts, à l'exception du pouce, étaient broj'és. Immédiatement, je fis avec une pince coupante Tamputation dans la continuité des métacarpiens, de lindex, du médius et de l'annulaire, et je désarticulai l'auriculaire dont le métacarpien

pnt être conservé. Pansement ouvert phéniqué et ouaté. Guérison par suppuration en trente-quatre jours. Ce qui restait delà main avait la forme d'une pince de homard et pouvait rendre de farauds services.

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