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XXXII. — Désarticulation du poignet

1 désarticulation. — 1 homme, 1 guéri.

Obs. 305. — Tumeur blanche tuberculeuse du -poignet ; désaricidation ; guèrison par réunion immédiate. — Le nommé Antoine L. . ., âgé de 53 ans, entre à la Pitié le 7 février 1881.

Il est employé dans les bureaux ambulants de la poste depuis dix-huit ans. Son travail est fatigant, car il doit rester debout la plus grande partie de la journée et de la nuit. Il a été six fois victime d'accidents arrivés tous de la façon sui vante : le wagon de poste étant tamponné par une locomotive, le choc bousculait les chaises, les tables et les employés, et les projetait pèle mêle, avec plus ou moins de force, contre les banquettes fixes, les cloisons et les casiers ea bois destinés à placer les lettres. Sur ces six accidents, trois n'eurent pas de suites sérieuses , mais les trois autres l'obligèrent à entrer à 1" hôpital. Il eut notamment une contusion à l'épaule avec abcès, qui le retint pendant trois mois à l'hôpital Saint-Antoine.

Le 10 janvier 1879, dans un accident de tamponnement, il fut roulé dans le wagon, et eut plusieurs contusions k la tête, aux membres inférieurs, au poignet droit. Le poignet resta douloureux et impotent. Le médecin des postes lui fît des badigeonnages à la teinture d'iode et lui mit desvésicatoires.

Vers le milieu de 1879, il commença à ressentir dans le dos des douleurs de plus en plus fortes et il vit apparaître un gonflement au niveau des lombes du côté droit.

Au mois de janvier 1880, les testicules se gonflèrent, et au bout de quelque temps un petit abcès s'ouvrit et suppura pendant plusieurs mois.

A cette époque, il entra à la salle St-Louis, dans le service

de M. Verneuil, où l'abcès du dos fut ponctionné trois fois. Après plusieurs mois de séjour dans le service de M. Verneuil, il demanda à sortir et rentra à la Pitié, le 7 février 1881, dans le service de M. Polaillon.

Son avant-bras droit est maintenu sur une planchette de bois, car il ne peut soutenir sa main et il souffre beaucoup quand il la laisse sans soutien. Son poignet est notablement tuméfié et cette tuméfaction s'étend sur le dos de la m.ain jusqu'à la racine des doigts. La coloration de la peau est rose par places. On sent très manifestement la fluctuation et le frottement des os les uns contre les autres. Les mouvements des doigts sont impossibles.

Les deux testicules sont gonflés, rouges, indolents. Le tes^ ticule gauche porte une cicatrice adhérente et yne petite fistule, d'où il s'écoule quelques gouttes de liquide purulent.

A la partie postérieure du tronc existe un gros abcès, s'étendant de la cinquième vertèbre dorsale au bord supérieur de l'os iliaque. A la pression sur la ligne des apophj'ses épineuses, on constate une vive douleur localisée vers la dernière vertèbre dorsale.

L'état général du malade est assejî bon, malgré la multiplicité de ses lésions, qui sont évidemment de nature tuberculeuse. Il tousse peu et n'a pas de sueurs nocturnes. Il mange bien et s'il ne dort pas on doit l'attribuer aux vives douleur de son poignet.

En présence de cette tumeur blanche du poignet, qui est suppurée, qui ne peut guérir, et qui est la principale cause des souffrances du malade, M. Polaillon se décide à désarticuler la main.

Le 26 février. Le malade, après avoir pris dans la matinée deux grammes de chloral, est endormi avec le chloroforme.

M. Polaillon décrit une incision ovalaire, qui s'étend sur la paume de la main de manière à former un large lambeau antérieur. L'articulation radio^carpienne est ensuite ouverte par la face dorsale, puis le couteau coupe les ligaments latéraux et détache le lambeau palmaire. Suture du lambeau et pansement de Lister avec un drain.

Les 28 février et 1" mars. Pansements. Lavages phéniqués.

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