MA.IN
Le 2 mars. Pansement. On retire le drain. Toute tuméfaction a disparu. L'état général est bon. Le malade ne souffre pas ; il a assez bon appétit et dort bien. Pas de fièvre.
Le 6 mars. La plaie est réunie par première intention dans la profondeur. Au niveau des lèvres de laplaie, on trouve trois points qui suppurent un peu et bourgeonnent.
Le 25 mars. La cicatrisation est complète. Le moignon est bien recouvert par le lambeau palmaire. Le résultat est excellent, mais, le ligament triangulaire aj'ant été détruit, il reste une trop grande laxité dans l'articulation radio-cubitale inférieure.
M. Polaillon s'occupe alors de Tabcès dorsal, qu'il ponctionne trois fois et lave largement avec la solution phéniquée au 20«.
Le 2 juin. Le malade retourne chez lui, non guéri de son abcès par congestion, mais son état général est très bon. Il a engraissé et il a pris des forces.
Résumé.
Au total, 1.273 malades ont été soignés dans mon service pour les affections chirurgicales de la main :
567 pour des lésions traiimatigues dont 2 sont morts.
706 pour des lésions organiques ou des malformations, dont 7 sont morts.
Ces 9 morts ont eu lieu 6 fois sans intervention chirurgicale et 3 fois après une opération.
Des 6 malades morts sans intervention chirurgicale,
2 ont succombé à des accidents diabétiques (obs. 275, n°^ 1 et 2) ;
1 intoxiqué par l'alcool, a été emporté dans un accès de délirium tremens (obs. 228) ;
1 est mort de septicémie contractée en dehors de l'hôpital (obs. 249) ;
1 a pris dans le service un érysipèle ambulant (obs. 248) ;
1 a été atteint de tétanos aigu, qui devint rapidement mortel (obs. 229).
Dans les conditions où se trouvaient les malades, on ne
pouvait guère éviter 4 de ces décès. Mais les morts, dues à l'érysipèle et au tétanos, ne pourront-elles disparaître un jour par une meilleure hygiène et un meilleur traitement?
Les opérations, au. nombre de 410^ ont porté 243 fois sur les parties molles, et 167 fois sur les os de la main.
Les 243 opérations sur les parties molles, en général trop minimes pour avoir quelque gravité, n'auraient donné aucun décès, si 1 malade n'avait succombé brusquement à une hémoptysie pulmonaire causée par la tuberculose (obs. 265, n" 2).
Les i(^l opérations sur les os, plus importantes que les premières, ont été suivies de 2 décès ; mais ces 2 décès, accidentels, ont été causés par la tuberculose pulmonaire, emportant les opérés un mois et demi (obs. 260), et neuf mois après l'acte chirurgical (obs. 265, n" 1).
Aucun des cas de mort n'est imputable à l'opération. Et c'est toujours la tuberculose viscérale qui est la principale cause de ma mortalité opératoire.
B. — AvANT-BRAS ET COUDE (1).
Affections traumatiques.
L — Contusions.
/.r\ ^o^ ^ 34 hommes : 33 traités, 1 incisé / ^ » ^^ "'''• l 6 femmes : 6 - 0 - C' "'""^-
Les contusions ont atteint 15 fois l'avant-bras, 22 fois le coude et 3 fois l'avant-bras et le coude en même temps. L5 siégeaient à droite, 13 à gauche (12, siège non indiqué).
21 blessés avaient des contusions légères et ont séjourné de un à cinq jours dans l'hôpital.
(1) statistique comprenant quinze années et neuf mois du 1" janvier 1879 au 1" octobre 1894.
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8 blessés, avec des contusions moins légères, y sont restés de six à dix jours. ^
7 blessés, avec des contusions plus sérieuses, ont été soignés pendant onze à vingt jours.
4 blessés, avec des contusions graves, ont dû prolonger leur séjour pendant plus de vingt jours.
La durée moyenne du traitement a été de neuf jours.
L'épanchement sanguin, sous-cutané ou intra-musculaire (5 cas), etrépanchement séro-sanguin, intra-articulaire ou dans la bourse olécrânienne (2 cas), iront nécessité, que dans 1 cas, une évacuation artificielle par une incision (obs. 306 n» 2).
Je n'ai observé qu'un seul cas de mortification de la peau consécutive à la contusion.
Mais une complication, qui ma paru fréquente et très digne d'attirer l'attention, est la lésion des nerfs de l'avantbras se traduisant soit par une paralysie, soit par une contracture des muscles. Sur mes 40 contusions, j'ai à signaler 5 cas de paralysie (obs. 306) et 4 cas de contractures (voy. Malformations du coude, chap. XV). Quelques-uns de ces faits, sinon tous, se rattachent à l'hystéro-traumatisme.
Obs. 306. — Cinq faits de paralysie consécutive à une contusion de ravant-hras. — 1° R... (Albert), âgé de 20 ans, imprimeur, est admis le 7 mai 1880, pour une violente contusion de l'avaiit-bras. A la suite de ce traumatisme, tous les muscles de l'avant-bras et de la main perdent leur coutractilité. Peu à peu la paralysie gagne les muscles du bras. La sensibilité cutanée est conservée. Rapidement tous les muscles paralysés s'atrophient.
Le traitement a consisté en massages, frictions et surtout en électrisations des muscles avec des courants interrompus et avec des courants continus.
A la date de la sortie du malade, le 17 juillet, les mouvements commençaient à revenir.
2° Auguste S..., âgé de 33 ans, maçon, entré le 29 janvier 1883, a subi une contusion de l'avant-bras droit par une roue de voiture. Epanchement sanguin intra-musculaire. Eschares
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superficielles. Le nerf cubital a été contusionné. Il en est résulté une paralysie de la sensibilité des deux derniers doigts. Incision de l'épanchement.
Le 27 février, le blessé est envoyé à Vincennes. Ses deux doigts étaient encore anesthésiés.
Du 27 mars au 6 avril, nouveau séjour à la Pitié. Les fonctions du nerf cubital n'étaient pas revenues, mais elles ont dû revenir car ces paralysies traumatiques sont rarement définitives.
3oL..., âgé de 42 ans, charretier, est admis le 25 juin 1884. Il est notoirement alcoolique.
Le 5 juin, il a été mordu par un cheval à la partie supérieure de l'avant-bras droit, de telle façon que la mâchoire infé rieure s'est imprimée sur le bord cubital et la mâchoire supérieure sur le bord radial. Il s'ensuivit une contusion légère de la peau ; mais les parties profondes devinrent le siège d'un gonflement douloureux qui disparut au bout de quelques jours laissant cependant un empâtement de la région. Le malade à ce moment pouvait se servir de sa main.
Huit à dix jours après son accident, il s'aperçut qu'il éprouvait quelque gêne à étendre la main. Peu à peu cette gêne augmenta et, il y a quatre jours, la main, fléchie sur l'avant-bras et ne pouvant se relever, prit l'attitude qu'elle offre aujourd'hui.
L... fléchit et étend facilement l'avant-bras sur le bras, mais sa main est immobile dans la flexion et la pronation. Les doigts sont pendants. Il ne peut ni étendre la main ni la mouvoir latéralement. La sensibilité des téguments de l'avantbras et de la face dorsale de la main est intacte.
Au niveau de la masse des muscles épicondyliens et audessous d'eux on trouve, par la palpation, une tumeur dure^ de la grosseur d'un petit œuf, appréciable à la vue. Cette tumeur, immobile, se prolonge en s'amincissant sur la face dorsale des os de l'avant-bras. Le long supinateur semble glisser au devant d'elle. Elle est indolore à la pression, sauf à sa partie médiane, en arriére, où il existe un point très douloureux, dont la pression fait pousser des cris au malade. L'articulation est saine.
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Tous ces signes indiquent qu'il s'agit dune paralysie du nerf radial à la suite d'une contusion de ce tronc nerveux et d'une névrite consécutive.
Le courant induit fait énergiquement contracter tous les muscles contractures. Le courant continu ne donne rien. Après cette exploration, le malade prétend pouvoir déjà étendre la main et il le fait devant nous. Seuls les doigts restent fléchis.
Le 27. Il étend la main . Il a ressenti ce matin des fourmillements dans la main.
Le 16 juillet. Les mouvements sont revenus peu à peu à la suite des électrisations.
4° Un homme de 35 ans, entré en 1886, eut encore une paralyse incomplète du nerf cubital à la suite d'une contusion du coude. Elle disparut en huit jours sous Finfluence du repos.
5° Victor V..., âgé de 34 ans, imprimeur, reçoit, le 21 juillet 1894, sur l'avant-bras et le poignet droits, une contusion par le brancard d'une brouette. Il ressent une vive douleur, maïs il continue à travailler pendant trois jours. Au bout de ces trois jours, les mouvements de la main et de l'avant-bras sont tellement affaiblis, qu'il ne peut plus s'en servir.
Le 4 août il entre à l'Hôtel-Dieu, où je constate une paralysie des muscles de l'avant-bras droit, surtout des extenseurs. La main tombe dans la flexion et ne peut être relevée volontairement. Ce malade fait un usage habituel de la liqueur d'absinthe. Il a de l'anesthésie du voile du palais comme les hystériques, mais il n'a pas de crises hystériformes ou autres.
Les réflexes rotuliens sont exagérés.
Je le soumets à des électrisations. Très rapidement la paralysie diminue.
Le 8 août, le malade se trouve assez bien pour reprendre son travail.