‹ Stèles funéraires marocainesChapitre 13 sur 32 · CR · texte numérisé non relu

CR

Fig. 27. — Stèle tabulaire, type de Tanger.

verte et ornée d'inscriptions arabes en relief dans le disque parfaitement régulier, de 0M,40 à 0m,50 cm. de diamètre (fig. 35-36). Quelques beaux spécimens sont taillés dans le marbre blanc, de même diamètre, mais de plus grande épaisseur. La stèle de Constantine diffère toutefois des monuments similaires de Salé, du Chella ou de Tlemcen : la partie ronde se dégage à peine d’une partie rectangulaire qui émerge assez haut au dessus du sol. Son ornementation simple et uniforme consiste en uue palmette sculptée à bourgeous laléraux qui couronne le disque ; celui-ci est réuni à la partie tabulaire par des sortes de fleurons. Les stèles discoïdales de Constantine sont généralement doubles; mais celle des pieds peut manquer : elle est alors remplacée par une brique. Simple ou double, cette stèle orne presque toujours un monument plus important formé d’un massif de maçonnerie recouvert de carreaux de faïence, avec, à la tête, une petite qoubba blanche au sommet pointu — sorte d’autel où se font les fumigations d’encens — et sur toute la longueur, un coffre de bois, comparable au derbouz déjà signalé au Maroc. Ce coffre, qui manque parfois, est souvent lui-même surmonté d’un coffret de plus petite dimension (fig. 36). Le coffre signale le plus souvent la tombe d’un notable ou d’un musulman mort en odeur de sainteté. Les tombes de pauvres consistent en un simple tumulus, avec pour témoins deux briques, l’une:à la tête, l’autre aux pieds, et parfois une troisième au milieu de la tombe.

Au Mzab, les pierres témoins, chouahed, au nombre de deux pour les sépultures masculines, sont de petites pierres plates grossièrement taillées en angle au sommet. Une troisième pierre, plus petite encore, figure entre les deux dans les sépultures féminines (1).

Les cimetières du Mzab, qui occupent des étendues considérables, n'offrent que des stèles informes. La tombe formant tumulus disparaît littéralement sous des débris accumulés de poteries de toutes sortes (2).

(1) Des stèles de cette sorte se voient en assez grand nombre, mais plus soignées, dans l’île de Djerba, à Houmt Souq, où les habitants sont des Karedijites Abadhites.

(2) Marcel MercreR. La civilisalion urbaine au Mzab. Alger, 1922.

Page 1