‹ Stèles funéraires marocainesChapitre 16 sur 32 · PARC I · texte numérisé non relu

PARC I

Fig. 37. — Tombe berbère Fig. 38. = Tombe berbère (Aurès, Algérie). : (Nalout, Tripolitaine) MTS PE l'A 2 o 4

Fig. 39, — Cimetière d'Arormi (Oasis de Siwa, Egypte).

d'une même famille, toujours ornés de stêles à turban, dont l'emploi est aujourd'hui général sé dans presque out le Proche Orient.

La Faute Egypte, moins riche et plus éloignée de l'influence turque, a su conserver à ses monuments funéraires un Caractère de plus grande simplicité, plus conforme, semble-t-il, aux doctrines de l'Islam primitif.

Les nécropoles d’Assouan, par exemple, n’offrent aucun monument comparable à ceux du Delta. La plupart de ces tombes rappellent les tombes à tumulus simple, si fréquentes dans tout le Maghreb. On penserait même s’y retrouver si le pays n’était littéralement rempli de souvenirs des temps pharaoniques. Les cimetières musulmans sont épars dans les carrières de granit où les Egyptiens prenaient jadis les matériaux pour leurs temples et leurs statues. Le long de la piste qui mêne à Philae par Chellal, se voient de nombreuses tombes correctement alignées et uniformément limitées, comme en Berbérie, par deux témoins de pierre grossièrement taillée (fig. 50). De petits cailloux jaunes apportés, nous dit-on, des bords de la Mer Rouge par les Bicharin, sont parfois répandus sur le champ de certaines d’entre elles ; une plante grasse, aux feuilles épineuses comme celles de l’agave, est souvent plantée sur la tombe ou près de la stèle de tête. Mais cet usage paraît s’étendre

à toute l'Egypte. Une enceinte de pierres sèches ou une murette grossiérement maçonnée et revêtue d’un enduit à la chaux entoure parfois la tombe sur ses quatre faces. Les témoins sont alors souvent absents : ils sont remplacés par deux arceaux ou bien deux petites niches en forme de voûte (fig. 52).

Mais les monuments les plus curieux sont sans conteste ces centaines de qoubba élégantes et fragiles, de toutes formes et de toutes dimensions, dont les ruines couronnent de petites éminences, dans un désordre du plus pittoresque effet. Elles auraient servi de sépulture aux guerriers tombés au djihad, dans les premiers temps de la conquête, sur le champ de bataille même où se décida le sort de la Haute Egypte et de la Nubie. L’attention du voyageur n’est cependant pas attirée par ces souvenirs. Les nécropoles et les temples de l'Islam paraissent ici plus délabrés, plus ensevelis dans le sable que les monuments de l'Egypte pharaonique.

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Fig. 40, — Tombe de Tunis,

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Fig. 41. -— Tombe à gradins surmontée de la double stèle (EI-Djem, Tunisie).

Fig. 42. — Discoïde Fig. 43. — Monument orné de la (Lemta, Tunisie). : double stèle moghrébine (Tripoli).

Fig. 44. — Tombes au champ limité du côté de la tête par une murette de grandes dimensions ornementée de carreaux de faïence (Cimetière de la côte tunisienne).

Les nécropoles égyptiennes — du moins celles que nous connaissons — ne fournissent aucun exemplaire des types discoïdaux. On voit

pourtant, au Musée musulman du Caire, à côté de belles stèles turques, quelques types fort curieux de stèles tabulaires en marbre ou en basalte, apparemment très anciens, dont nous ignorons la provenance. L'un porte la date de 570 de l'Hégire (1174), un autre celle de 579 (1183). Leurs dimensions varient peu : de 0m,30 à Om,45 de large sur 0,50 à 0M,65. Leur décoration est formée par une sorte de cadre gravé en traits assez irréguliers autour d’un arc reposant sur deux colonnettes et portant une lampe suspendue en son milieu (fig. 51). L'ensemble figure sans doute le mihrab de la mosquée et rappelle la décoration de certains tapis de prière, ceux de Giordès en particulier. La rareté de ces documents ne permet pas de tirer de conclusions à leur sujet; rien notamment n'autorise à les apparenter aux stèles de Salé. Ils ne sont plus aujourd'hui que des pièces de musée, tandis que les stèles marocaines continuent à être mises sur les tombes, toutes déchues qu’elles soient de leur ancienne beauté.

ASIE MINEURE, TURQUIE. — Nous pourrions clore notre enquête avec l'Egypte. Les nécropoles des pays du Proche Orient ne nous apportent aucun fait nouveau. Elles sont, du reste, bien connues et certaines, à juste titre, célèbres. Les voyageurs s'arrêtent volontiers dans celles de Stamboul, d'El Ayyoub, de Brousse, où se dressent, dans l’ombre bleue des cyprès, tant de gracieuses stèles de marbre, parfois peintes et dorées (fig. 53). Les beaux furbés en sont également remplis (1). Frankowski les a étudiées. Il a surtout fait ressortir leur caractère anthropomorphe : d’après lui, le turban remplacerait la tête humaine de monuments plus grossiers, connus sous le nom de « kamienne babi »

(1) De même, les cimetières des rives des Dardanelles, notamment à Sed ul bahr.

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Fig. 45. — Stèles de Houmt-Souq (île de Djerba).

Fig. 46. — Stèle de marbre du musée de Malte,

dont l'aire d'extension, particulièrement vaste, couvrait une partie de l'Asie et de l’Europe Orientale (1).

Nous savons, d'autre part, qu’en Syrie des recherches archéologiques au pays des Nabatéens ont mis à Jour des stêles discoïdales datées

du ve siècle environ de notre ère (2).

Après avoir passé en revue les modes divers de sépulture musulmane du nord de l'Afrique, si nous revenons à notre point de départ — les tombes de Salé et de Rabat — nous remarquerons que les types caractéristiques marocains dont on peut faire utilement l'étude comparative sont surtout la stèle discoïde et la stèle tabulaire à arc inscrit.

Ces deux types de stèles ont eu une aire de dispersion considérable. On les retrouve dans l’antiquité à travers toute l’Europe centrale et méridionale. C’est ce que nous allons examiner rapidement.

Nous étudierons ensuite un certain nombre de monuments marocains, se rapportant à la coutume funéraire juive, mais qui ne sont pas sans analogie avec nos stèles musulmanes.

(A) FRraNKOwKSr, Op. cil. p. 13, 117, fig. 54.

(2) d° P. 114, fig. 51.

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