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A Tlemcen, dans le vieux cimetière israélite, sur la hauteur qui domine le cimetière fameux du Rab Anqawa, d'énormes dalles couchées, non dégrossies, portent comme seul ornement à la partie supérieure, une véritable tqouisa, rappelant celles des pierres de Salé et Mazagan (1) et encadrant une courte inscription en caractères hébraïques (2).
Mais s’il restait le moindre doute sur la signification anthropomorphe de ces décors funéraires, les pierres d'Agadir le lèveraient (pl. LIX). Ici, en effet, la stylisation du corps humain, quoique grossière, est nettement accusée par les pieds, figurés par une échancrure plus ou moins profonde, et les bras par des appendices latéraux, absents dans les modèles des autres nécropoles. À Agadir, également, la silhouette du corps est divisée en bandeaux destinés aux inscriptions.
À Tanger, les plus anciennes dalles sont ‘constituées par un bloc de pierre nue allongé sur la tombe, au sommet légèrement cintré, à base étroite, parfois terminée en pointe, comme à Tétouan. De plus récentes ont conservé cette forme avec, en plus, des inscriptions, rarement un encadrement, fait d’un simple trait gravé, parallèle aux bords. Les tombes actuelles tendent à s'éloigner du type ancien ; elles se groupent autour des vieilles tombes. La plupart sont en marbre taillé, sculpté par des étrangers qui installent leurs ateliers en plein air à la porte du cimetière.
Les pierres que nous venons de décrire constituent les plus anciens monuments funéraires des cimetières juifs et, sauf à Agadir, on n’en taille plus de semblables. Les tombes actuelles ont gardé néanmoins une partie du décor des anciennes, mais la figuration humaine est généralement si déformée qu’en l’absence des vieux témoins, elle serait d’identification douteuse.
Le bloc de pierre a fait place à un massif de maçonnerie de briques, enduit et blanchi à la chaux, affectant souvent la forme d’un sarco-
(1) PI LV, 6; LVE, 5. — Cette forme rappelle les stèles à are inscrit d'époque romaine de la région du Douro, dont il sera parlé plus loin. ;
(2) Voir plus loin ce qui est dit de la dalle funéraire d'Oujda, plus grossière, La forme de Tlemcen et celle d’Oujda se rencontrent très fréquemment sur les sépultures anciennes d'Algérie.