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Fig. 51. — Stèles tabulaires du musée musulman du Caire.
phage large et cintré à la tête, étroit et rectiligne à la base. Parfois, la face extérieure est horizontale ou légèrement inclinée, comme dans certains de nos mausolées, et revêtue d’une plaque de marbre. Certains de ces monuments, comme à Casablanca, sont entièrement de marbre de Carrare, taillé et gravé par des artisans italiens, d’une grande richesse décorative et de plus mauvais goût. Ils sont moins chargés d'inscriptions qu'autrefois; celles-ci sont en hébreu, voire en français, car les Juifs marocains, qui ont si rapidement adopté certaines de nos modes européennes, nous empruntent jusqu'aux pratiques funéraires (1).
Pour revenir au décor qui nous occupe, disons que la figuration du corps humain s’est singulièrement éloignée de sa forme primitive, qu'elle s’est réduite à un encadrement destiné à contenir les inscriptions (PLV "n° 6) Ont 4 runmbelexemple de figuration symbolique devenue, par suite d’incompréhension, un motif décoratif, approprié à un genre particulier de monuments, funéraires en l'espèce. En effet, aucun Juif interrogé, le rabbin le plus lettré comme l’artisan chargé du décor, ne peuvent donner d'explication plausible de la présence de ces ornements linéaires si caractéristiques de leurs tombes.
Les cimetières israélites de l’intérieur que nous connaissons, à l'exception de ceux de Marrakech, ne renferment aucune dalle du type étudié ci-dessus. À Marrakech, en effet, on observe une réminiscence du type côtier formé par un massif de maçonnerie à deux ou trois gradins (fig. 61) décoré sur la face supérieure d'inscriptions et de la représentation linéaire du corps humain. Mais ce monument existe conjointement à une forme à tumulus reposant sur un caisson quadrangulaire à degrés, construit également en maçonnerie de briques, enduite et blanchie à la chaux et ne portant ni décor ni inscription (fig. 62).
C’est ce type à tumulus surélevé que l’on relève partout ailleurs dans les cimetières actuels, notamment à Meknès, Fès et Sefrou. À Fès, le soubassement ne comporte pas de degrés et le tumulus présente dans
(4) Et d’autres pratiques religieuses sans rapport avec leur rituel traditionnel, comme le mariage « en blanc », célébré à la synagogue et non plus à la maison de la fiancée.
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Fig. 52. — Tombe au champ limité par deux murettes à arceau (Assouan, Haute-Egypte).
Fig. 53. — Tombes turques (Constantinople).
ND
sa partie étroite une niche pour les offrandes et, dans sa partie longue, une autre niche moins profonde dont le fond est souvent revêtu d’une plaque de marbre portant une inscription (fig. 63). À Meknès, le tumulus, de construction plus soignée, est en forme de prisme tronqué (fig. 64). Mais bien plus curieux sont, dans cette ville, les monuments d'aspect identique entaillés dans le pisé du rempart épais qui borde le cimetière sur deux de ses faces (fig. 65). Car ici comme à Fès, les nécropoles sont attenantes au mellah et dans l’intérieur des murs. Dans leur simplicité ces monuments ont fort grand air, et le cimetière juif de Meknès se classe parmi les plus curieux du Maroc.
L'ancien cimetière juif d’Oujda, qui s’étendait sous les remparts, au nord-ouest de la ville (fig. 66), a été presque entièrement sacrifié aux constructions nouvelles. Une partie en est conservée, les tombes y sont marquées par de petites dalles informes, quelques-unes vaguement cintrées. Elles portent des inscriptions hébraïques, généralement courtes. Ces inscriptions sont parfois enfermées dans un cadre rappelant le motif salétin de l’arc inscrit, cantonné de rosaces ou d'étoiles, grossièrement gravées au trait et quelquefois une cupule est creusée dans le bas (fig. 67). Dans le cimetière actuel, où l’on a apporté quelques dalles anciennes, les tombes sont recouvertes d'un bloc de pierre volcanique, soigneusement travaillé et poli, avec inscription hébraïque, parfois française, comme on en voit dans les cimetières d'Algérie, notamment à Tlemcen.
Au lieu dit Qebourat el Yehoud, près d’Oujda, sur la rive droite de l’oued de Sidi Yahia et le long de la vieille piste de Sidi Jaber, se voient encore les vestiges de dalles funéraires et de fosses, fouillées par les Arabes pour en retirer des ossements de juifs, qu'ils prétendaient faire servir à leurs opérations magiques. Ces dalles étaient des blocs informes. Le cimetière était voisin d’un très ancien village, probablement antérieur à l’Islam, dont on voit encore les vestiges (1).
(4) Vornor. Oujda et l’Amalat, p. 237.