‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 22 sur 79 · THÉODORE, FRITZ · texte numérisé non relu

THÉODORE, FRITZ

FRITZ. Ali ! si madame le voyait connue ça... je... [En se retournant il aperçoit Théodore plaçant ton bouquet sou $ la fenêtre. ) Ah ! bah !

THÉODORE. Fritz!

fritz. M. Théodore! moi qui le croyais là-dedans!... Qu'est-ce que vous faites donc là, monsieur Théodore T. .. si c’est ainsi que vous travaillez depuis cinq heures que vous êtes levé. . .

THÉODORE. Je t’assure, Fritz, que je n'ai pris absolument que le temps de courir au parterre pour cueillir ces fleurs, les premières qui me soient tombées sous la main.

FRITZ, regardant le bouquet. Ah ! diable!

vous avez eu la main heureuse. Delà bruyère hlaiiche cueillie ici? je voudrais bien savoir comment vous vous y êtes pris; moi qui connais mon parterre sur le bout du doigt, je n’eu ai jamais pu découvrir... dans cette saison, s'entend.

Théodore. Tiens, Fritz, je vais te dire la vérité... vraie. La bruyère est la fleur favorite de Stella ; comme tu le disais, il n'y a pas de bruyère ici, dans cette saison ; il a donc fallu courir à Dermann pour en trouver.

fritz. Faire deux lieues pour des folies pareilles! voilà une jolie conduite... et vos mathématiques?

Théodore. Oh ! je te promets de réparer le temps que j'ai perdu.

fritz. A la bonne heure!

Théodore. Et à compter de demain...

tritz. Comment, de demain?...

Théodore. La journée est si avancée!

fritz. Il n’est pas neuf heures.

Théodore. De plus, j’ai promis à Stella, à Stella, que tu aimes tant, de l'accompagner à la ferme d'Anspach, où elle doit se rendre ce malin avec 11“ Muller.

fritz. Ah! nous y voilà! décidément madame la comtesse avait raison ; vous n'avez plus qu'une idée dans la tête, et cette idée c’est M 11 ' Stella. Que cette pelile coure et se promène, rien de mieux; elle n’a pas à devenir feld-maréchal. Mais vous, monsieur, c’est différent; aussi n'irez-vous |vas à la ferme; si vous tenez absolument à faire de l'exercice. eh bien, je vous offre ma compagnie pour aller voir rentrer les derniers foins.

THÉODORE. Merci 1

fritz. Vous préférez donc rester dans ce pavillon, et y travailler?

Théodore. Oui, franchement, j'aime mieux le pavillon. (A part.) J’y resterai cinq

minutes. (Haut.) J’espère que je suis raisonnable. (Lui donnant la clef.) Ouvre-moi la porte.

fritz. Tout de suite, monsieur Théodore ; tout de suite.

11 ouvrir.

THÉODORE, qui a été ouvrir la porte du petit bâtiment. Sleüa et sa mère se disposent à partir; je les rejoindrai à moitié chemin.

fritz, qui a ouvert . Quand vous voudrez, monsieur Théodore.

Théodore. Je me sens en verve; ne viens pas me déranger avant cinq heures... tu entends. (// entre en riant ) Pauvre Fritz!

fritz, à lut même. Rira bien qui rira le dernier. (// ferme la porte à double tour.) J enferme l'oiseau dans sa cage; et il y restera , comme il l’a dit, jusqu'à cinq heures.

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