‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 43 sur 79 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ko lever du rideau, le lit e»t tiré hora de l'alcdve, la tepiutrie est aoulevé* et derrière celte UpUieri# on «perçoit une porte en f«*r p^rtlue dens le. muraille. Erneat à genoux treraille à démonter et à scier W* gond? de cette porte ; une petite lampe qui l’éclairait est près de s'éteindre ; mais à travers la croisée, le» premiers rayons du jour viennent éclairer 1 intérieur de la prison.

ERNEST DE FRIBERG.

ernest, t’arrêtant. Déjà le jour ! lMieuro

de la première rotule va sonner il faut

quitter le travail.. . et surtout ne pas laisser de traces. ( // replace avec loin la tapisserie, pousse le lit dans l'aleàce, puis dans la paillasse de son lit radie la lime et ses autres instruments ; il s’arrête tout à coup.) N'ai-je pas entendu... oui... on vient ici.

( Il éteint sa lampe, se jette sur son lit tout habillé, puis écoute.) Je me trompais... c'est le pas de la sentinelle. ( Il se lève , le jour est tout à fait venu. Ernest io à la fenêtre.) l.e soleil est levé , de ses premiers rayons il éclaire la toiture du donjon... mais il no descend jamais jusqu'à ces affreuxbarreaux, que baigne l’eau froide et bourbeuse du fossé. ( Il prend dans la cheminée un charbon et fait une marque dans l’embrasure de la fenêtre.) Encore un jour à vivre, à souffrir ici... et ce jour complétera la seizième année de ma captivité! Seize années... les plus belles de la vie... seize années dans ce cachot, dans cette tombe d'uù nulle plainte ne peut sortir, où nulle voix amie n'arrive. Et pourtant , Seigneur, je n’ai jamais désespéré... innocent et victime d’une calomnie infâme, j'ai cru au jour de la justice, delà réhabilitation, douter de l’avenir n’cût-cc pas élé douter de v ous, mon Dieu? J'ai supporté en chrétien l'èpreuve que vous m'aviez imposée, et votre divin regard s'est un jour abaissé sur le pauvre prisonnier ; pour instrument votre miséricorde a daigné prendre l'homme que mes ennemis avaient choisi pour en faire mon geôlier, lin soir cet homme écouta la prière que je vous adressais , puis se penchant vers tnoi me dit à voix basse : Courage et discréliuu , dans quelques jours votre martyre iinira , dans quelques jours vous serez libre.

Libre !... je reverrais Marie 1 et mon enfant.. Marie! Stella, anges de consolation... bonheur de mes rêves... qu'êtes-vous devenues?... Marie, tu n'as pu me croire coupable... tu as conservé saintement mon souvenir, et sur notre fille ta as concentré tout notre amour.... Oh ! les revoir, mon Dieu ! les revoir. .. et la mort me trouvera calme et résigné. ( On entend sonner uni cloche éloignée. ) Sept heures !... Firbach devrait être descendu depuis longtemps...

hier aussi je l’ai vainement attendu toute la journée... aurait-on découvert noire projet d'évasion?.... non.... on serait déjà venu m’arracher les outils que Firbach in'a procurés. Il est malade plutôt... et pour ne pas révéler mon existence qu'on, cache à tout le monde ici, on n’ose confier à aucun autre le soin de m'apporter la misérable nourriture

qu’on me jette ils me laisseront mourir

ainsi peut-être Mourir! oh ! il me reste

assez de force pour renverser le dernier obstacle qui s'oppose encore à ma fuite. A défaut de Kirbacii , mon courage et ma prudence nie guideront... Oui, demain... mes ennemis m’auront tué. ou j’aurai retrouvéles deux premiers biens, les deux trésors que Dieu donne aux hommes: le soleil cl la liberté... On descend l'escalier... on marche dans le corridor... et ces pas ne sont point ceux de Firbach.

Il va s'asseoir près du hahut.

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