‹ Stella drame en cinq actes et six tableauxChapitre 44 sur 79 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ERNEST, D’OSRORN , BURL.

ru hl. Diable 1 il fait froid ici.

d’osrorn , s’arrêtant sur le teuil de la porte. Silence !

erixest. Quels sont ces hommes?

rurl. Il a bien mauvaise mine, le prisonnier mystérieux...

d’osborn, à part, regardant autourde lui.

Il a pu vivre ici seize ans!...

ernest. Qui êtes-vous?.... que voulezvous de moi ?

ij'osborn. Je suis le comte d’Osborn, gouverneur de cette citadelle.

ernest. D'Osborn. .. oui... je me souvie us... (Sf levant. ) c'est vous que j’ai aperçu

STELLA

la nuit de mon arrivée ici... et depuis ce tempe j'ai vaiucmeut demandé à vous voir , à vous écrire...

D'OSBORN. Les ordres que j'avais reçus étaient tellement sévères, tellement précis, qu'il ne m'était possible d'apporter aucun adoucissement à votre situation ; dès lors toute entrevue , toute correspondance était iuutile. Burl, examinez bien tout ici*.

burl. J .a visite ne sera ni longue ni difficile.

Burl fait la visite du cachot, examine le conduit de la cheminée, «onde les murailles et secoue les barreaux.

d’osborn. Vous allez changer de gardien, monsieur.

ERNEST. Firbaeb...

D'OSBORN. Attaché particulièrement à votre personne, séparé de tous les autres habitants de lacitadel u, Firbaeb ne devait sortir d'ici qu'avec vous si le roi vous daignait faire grâce, ou derrière votre cercueil si Dieu vous rappelait. I.a patience lui a manqué, il a voulu en finir avec cette captivité â laquelle il s’était autrefois et volontairement condamné ; de plus, il a songé à mettre à prolit sou projet d'évasion et vous a proposé de fuir avec lui, certain que vous payeriez sa tralii- (on plus cbèrcmentque je ne payais, moi, sa fidélité.

ernest. Firbaeb est innocent !

d’osbohn. Surpris au milieu de scs préparatifs , Firbaeb a tout avoué.

ebnest. Oh ! monsieur, ne rendez que moi responsable de ce projet d’évasion, que seul j’avais conçu. Ordonnez qu’on me charge de chaînes , faites-moi descendre plus avant encore dans les entrailles de la terre, mais n'empoisonnez pas de remords les derniers jours qui me restent à vivre, ne faites pas rejaillir sur moi le sang du malheureux que j'ai perdu : s'il vous faut ma vie pour racheter la sienne , dites uu mot , et là , sous vos veux, je me briserai le front contre ces murailles. . . l’our moi je n'aurais jamais demandé ni grâce ni pitié, mais pour Firbaeb, monsieur, je vous prie, je vous prie â genoux ..

d'osborn. Cardez vos prières, monsieur, pour le repos de l’âme du cundantné ; c'est aujourd'hui que doit s'exécuter son arrêt !

ernest. Aujourd'hui?...

d’osborn. A deux heures.

ernest. Oh ! c'est horrible 1 la mort ne viendra-t-elle donc pas aussi pour moi !

Il tombe sur la vieux fauteuil près de la cheminée.

d’osborn , ù Burl. Eh bien !

BURL. l’as le plus petit trou tous les

barreaux sont b leur place. [A mi-voix. ) Firbach comptait prendre le grand escalier du donjon.

d'osiiorn, àpart. Mairie haut de cel escalier

* Burl, d’osborn, F.me*t.

gardé par tin poste. Ce Firbach avait-il donc des intelligences dans la garnison? Oh ! je le verrai encore une fois, et je saurai bien loi arracher Ig vérité tout entière. ( A Burl. ) Va maintenant.

BURL. Oui , gouverneur. ( A part. ) Décidément, c'est ici que je tondrais voir Claki manu.

It tort.

d'osborn. Ne vous en prenez qu’à vous, monsieur de Fridberg, du surcroît de précautions que je t ais ordonner. Toutes les ser- | rures vont être changées, les postes doublés ;

il ne vous sera plus donné de feu ni de lu- I mi'TC, Aolre nouveau geôlier sera surveillé i tout autant que vous-même. Son idiotisme ‘ presque sautage ne comprendra d’ailleurs ni vos plaintes ni vos supplications. Enfin, s’il peut vous entendre il ne pourra pas vous répondre, car il est mute.

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