‹ Stella et VanessaChapitre 15 sur 50 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Swift partait pour remplir à Londres une mission honorable at dont, personnellement, il devait se promettre beaucoup; n^n^moins, il éprouva en quittant Stella une tristesse que cette

spective brillante ne put lui faire oublier. Pauvre enfant! on se monte si vite la tête à cet âge I Elle était tout en pleurs en lui disant adieu. Comment allait-elle supporter cette dure épreuve de Tabsence ?

A mesure qu'il s'éloignait, ses regrets n'avaient fait que croître; à Londres, ils se changèrent en scrupules.. N'était-il pas parti trop brusquement? C'était une si frêle créature de cœur et de corps; l'avait-il assez ménagée ? Pour adoucir le chagrin qu'il se reprochait de lui avoir causé, son premier soin, en arrivant, fut de lui écrire et de lui promettre qu'il lui enverrait toutes les semaines un journal détaillé de ses faits et gestes, afin de diminuer autant que possible leur séparation. Esther, de son côté, n'avait point attendu pour lui donner de ses nouvelles, et il reçut une lettre dont l'écriture lui fit battre le cœur.

Elle était datée de Laracor. Le successeur deTisdal, ayant un logement dans sou autre cure, ne devait pas habiter le presbytère ; et Stella, à Tinstigation de Dingley, avait demandé à Presto la permission d'y loger en son absence. Elles garderaient la maison, elles seraient mieux et ne payeraient pas.de loyer. Stella se faisait une fêle de demeurer sous le toit de son cher Presto, Bec sous un toit quelconque qui ne fût pas celui de Trim : Swift n'avait pas cru devoir leur refuser cette distraction. Il ne se doutait pas que Dingley, dans sa préoccupation opiniâtre, acceptait cette hospitalité comme un engagement pris, comme un avant-goût de mariage et de cohabitation définitive, et qu'elle l'avait ainsi fait envisager à Stella.

Celle-ci écrivait qu'elles avaient terminé leur emmîénagement. Quelle différence avec Trim ! Comme tout ici était plus grand, plus beau, plus gai ! Au lieu d'un vilain mur, une petite rivière bordée de saules et toute pleine de truites et d'anguilles. Bec était enchantée ; elle passait maintenant toute la journée à pécher. Qu'il fit du vent, du soleil, de la pluie, elle allait s'installer dans Tile avec sa ligne. Quant à Stella, elle trouvait cet amusement trop cruel. Bec avait beau dire que les poissons avaient le sang froid et ne sentaient rien : Stella, qui les avait vus se débattre sur le gazon, ne pouvait pas la croire, et à table Dingley mangeait seule ce qu'elle avait seule péché.

Stella d'ailleurs ne manquait pas d'occupation. D'abord, elle avait maintenant deux basses- cours pour une, car elle ne s'était point séparée de ses gros enfants; et elle avait fort à faire, surtout avec ceux de Swift qui étaient si maigres!... Mais elle allait y mettre bon ordre, et à son retour il ne les reconnaîtrait plus.

Eosaite, elle soignait les fleurs de Presto , et il en avait tant, tant, qu'elle ne marchait plus sans avoir sa bêche pendue à la ceinture. Le soir, elles recevaient ou allaient voir les personnes avec qui Presto leur avait fait faire connaissance avant de partir, et on jooait aux cartes.... pas Bec, elle ne les aimait plus. Depuis qu'elle était ici, elle passait ses soirées à lire la gazette et à causer politique.

Stella donc était très-contente d'être à Laracor ; elle s'y amusait bien, et il ne lui manquait que son cher Presto pour être tout à fait heureuse.

Ces détails étaient tous de Stella. Soit paresse, soit amour de la pèche et de la politique, soit crainte qu'on ne suspectât sa sincérité, Dingley l'avait laissée écrire seule, et s'était bornée à quelques lignes où elle recommandait à Swift de les tenir dans ses lettres au courant des affaires publiques.

C'étaient des nouvelles rassurantes.

c J'ai bien fait de partir, se dit Swift. C'est une enfant qu'un rien suffit pour consoler. >

Cette remarque aurait dû lui rendre sa gaieté ; cependant le lendemain il se réveilla aussi morose que la veille. Il s'en prit au brouillard, à la fumée de Londres, à son logement, si sombre, si incommode, en comparaison de sa campagne. Mais il n'était pas un sybarite, et c'était là de ces ennuis auxquels on est fait au bout do deux jours. Il fallait à sa tristesse une cause plus sérieuse. Ce n'était plus Stella, elle était gaie. Il lui prit une inquiétude. S'il était triste pour son propre compte.... si l'habitude de vivre près deStella était plus forte qu'il n^avait cru... si son amour pour elle n'était paaussi paternel qu'il le pensait. ...

« Quelle idéel une enfant dont je serais le pèrel... Mais enfin, pourquoi ai-je mal reçu Tisdal?... Eh parbleu 1 parce qu'il ne convenait pas.... Et en quoi? Était-ce l'âge, la fortune ? était-ce lo cœur? était-ce l'esprit?

Il resta queique temps absorbé, la tète dans les mains; puis se réveillant en sursaut :

t Eh non ! cent fois non I C'est cette sotte de Dingley qui, à force de rabâcher , nous fourre à tous ces absurdités dans la cervelle 1 »

Il s'était levé avec la ferme résolution de les chasser, et en effet, elles eurent beau revenir à la charge, il lesTepoussa constamment. Mais si, dans son orgueil, il ne convenait point avec lui-même de sa faiblesse, il fit plus que d'en convenir, il tâcha d'y remédier. Ses actions avouaient à défaut de ses paroles ; il refusait de se confe<-

ser, mais il faisait la pénitence. Il résolut de ne plus s'occuper que de sa mission et de son avancement.

Il avait été très-bien reçu par le lord Irésorier. Dès la troisième audience, celui-ci lui annonça que la demande du clergé irlandais était accordée : iPn'y aurait de délais que ceux qu'exigeraient les formalités à remplir. Swift n'avait donc plus à songer qu'à ses propres intérêts, et il n'eut pas à faire violence à sa roideur naturelle, car les ministres se chargèrent de toutes Jes avances. Jls avaient lu ses ouvrages, ils avaient besoin de sa plume; ils agirent en gens de tact, et ils le traitèrent sur un pied d'égalité.

C'était un sûr moyen dé séduire cet esprit fier et indépendant ; flatté de l'accueil que lui faisaient des hommes si haut placés, dont il admirait les talents et le caractère, dont il partageait les opinions^ Swift se voua tout à leur cause, et bientôt les ministres eurent à s'applaudir de l'avoir pris pour interprète.

A des services aussi réels il fallait de réelles récompenses : on parla d'un évéché. C'était lui ouvrir la chambre des lords, où sa parole serait fort utile. Mais il n'y avait point de vacance. En attendant, et comme acheminement, on lui promit de le présenter à la reine et d'obtenir qu'elle l'entendit prêcher.

Swift, fidèle à ses engagements, s'empressa, dans «on journal , de donner ces bonnes nouvelles à sa chère Èlella. Mais bien du temps s'écoula et aucune des promesses ne se réalisait.

Les ministres redoublaient de caresses, d'amitiés, de familiarités; Swift n'était plus seulement leur publicisle; il était leur conseiller, souvent même leur arbitre. Il était de l'intimité, de la famille; il avait à toute heure et partout ses entrées franches. Si par hasard il venait au lever, on quittait tout pour lui , on le grondait de se mêler à la foule : ce n'étaient que messages et aimables exigences ; on ne l'appelait plus que de son nom de baptême, mon cher Jonathan....

Mais la reine n'accordait pas l'audience, mais il n'était plus question de le faire prêcher , mais elle n'avait pas même signé la remise du vingtième et des premiers fruits.

De temps en temps , Swift se demandait bien pourquoi ces retards; mais les ministres ont toujours tant d'aïïaires entête! le lord trésorier ne savait rien finir, c'était son défaut. Et puis, il n'avait point encore vaqué d'évêché.

Enfin , il en vaqua un , celui de Hereford. Les ministres furent les premiers à l'en informer, et peur le coup il ne douta plus de sa promotion. Toutefois, les mêmes lenteurs se renouvelèrent, et, après plusieurs mois d'attente , un autre fut nommé.

Le premier mouyement de Swift fut d'éclater, de tout laisser là ; mais il eut le temps de réfléchir et se contint. Gomment retourner è laracor sans avoir rempli sa mission , avec la mortification de n'avoir rien obtenu? Les ministres se confondaient en excuses; ils disaient avoir eu la main forcée; cet échec était un droit de plus: pourquoi tout gâter par un coup de tète? Vrais ou non , il fallait accepter ieurs vegrets.

Ces regrets étaient sincères. Si Swift n'était pas évoque , c'était sa faute. Par son zèle imprudent , par la violence de sa plume , il s'était fait à la cour un puissant et irréconciliable ennemi.

Échappée au despotisme de la duohessedeMarlborough, la reine Aime s'était promis de partager à Tavenirses bonnes grâces; et elle avait donné à sa nouvelle favorite tory , mistress Masham, un coDtre^ids whig en la personne de la duchesse de Somerset. Swift, irrité des obstacles continuels que la duchesse suscitait au ministère, l'avait attaquée dans une satire anonyme. La duchesse, en ayant su l'auteur, avait été, tout en pleurs» se jeter aux pieds de sa maîtresse. Intéressant le ciel à sa vengeance, elle avait dépeint le coupable comme un infidèle qui outrageait la religion dans ses écrits : et Svvift, en effet, n'y étant rien moins que prude, il n'avait pas été difficile à la duchesse d'alarmer la conscience de la reine et de paralyser les efifbrts de sa rivale et des ministres.

Geax<«i étaient fort embarrassés. Donner cette explication à Swift, c'était le décourager, le renvoyer en Irlande; c'était se priver d'un appui nécessaire. Ils gagnaient donc du temps, espérant triompher des répugnances de la reine. Swift , pour d'autres raisons, patientait de son côté. Mais, tout en évitant une rupture, il crat devoir montrer du refroidissement , afin de faire sentir qu'on ii&irait par le perdre , si on ne se donnait pas plus de peine pour le consenrer.

liétsât d'ailleurs dégoûté de son métier de pamphlétaire et de Feau bénite de cour^ Il avait besoin de distractions nouvelles , car à chaque déboire il sentait revenir sa tristesse; il était dévoré du désir d'aller respirer à Laracor des ennuis de la ville , d'aller revoir sa rivière, ses saules, et aussi celle qui se promenait sous leur ombre : autant de pensées funestes à ses devoirs , à ses intérêts , à son repos, et auxquelles il importait de faire diversion. '

Depuis son arrivée à Londres , il ne s'était occupé que de politique; il se souvint qu'il était littérateur aussi, et il se mit a rechercher la société de ses confrères , à hanter les tavernes et cafés Dû s'assemblaient les beaux esprits. Quel bonheur de se lier avec

des écrivains qu'on admire, d'échanger des idées, de puiser de l'enthousiasme dans d'intéressantes discussions ! et quel plus bel emploi de son crédit qu'en faveur de cette classe méritante, nécessiteuse, oubliée!

Mais , malgré d'importants services et grâce à ces intéressantes discussions, un beau jour il se trouva une foule d'ennemis. Avec les ministres il avait sonfranc-parler ^ et il ne l'aurait pas avec les gens de lettres!... Votre très-humble serviteur!... Il acheta leurs ouvrages et resta chez lui à les admirer.

Mais, à dater de ce jour aussi , il se retrouva en présence de ses souvenirs, de ses regrets. Cette diversité de distractions n'avait été qu'un impuissant palliatif, et n'avait servi qu'à lui prouver une vérité que, lui non plus, il ne devait pas refuser d'entendre; c'est que, si Stella était toujours présente à sa pensée, il fallait qu'il eût pour elle de l'amour. Convaincu par tant d'épreuves, il ne put pas plus longtemps contester l'évidence. Mais , débusqué de ce retranchement, son orgueil se réfugia ailleurs.

« Eh bien, oui, se dit-il, c'est de l'amour 1... J'ai été imprudent, j'ai été faible ; oui , faible l C'est l'être que de fermer les yeux , que de se mettre-, comme un enfant poltron , la tète sous son drap. Quand on est fort , on va droit au danger, on le combat , on en triomphe. Je n'ai pas eu le sens commun , j'ai accru le mal en le niant. C'est de l'amour. Mais si je l'étouffé ! N'est-il pas plus méritoire de vaincre que d'éviter la lutte? Oui, je l'étoufferai, cet amour insensé!... il le faut pour elle; il le faut pour moi! Le sien n'est qu'un caprice d'enfant qui passera comme toutes les joies et tous les caprices de son âge ; le mien passera , comme toute faiblesse d'un homme fort, par la puissance de la volonté. »

Semblable à un médecin qui se sent atteint d'une grave maladie , AI s'était examiné de sang-froid , il s'était nommé son mal : il ne s'agissait plus que d'appliquer le remède. Jusque-là , l'instinct l'avait imparfaitement guidé. Sans doute il fallait dériver, disséminer sur vingt objets cette concentration du cœur sur un seul ; mais guérit-on le cœur en agissant sur l'esprit? Il aimait la société des femmes : il résolut d'y chercher une distraction salutaire.

Sa réputation croissante et surtout son crédit connu lui ouvraient tous les salons, et il n'eut qu'à choisir. Qui est-ce qui n'a pas quelque chose à solliciter? Ce fut à qui l'accaparerait. Swift, entouré de femmes charmantes qui lui faisaient la cour, s'accommodait assez bien de son traitement de malade : il n'était pas de ceux

STELLA ET VANESSA. 9l

qai ne croient une médecine efficace que lorsqu'elle est noire et amère. Il se laissait donc choyer, gâter, aduler. Mais, à force de douceurs, on Vécceura, Toutes ces belleâ phrases , tous ces grands bras le fatiguèrent. Gomme ces airs étudiés et ces manières prétentieuses étaient loin de valoir la grâce naïve de sa bonne petite Stella l Et puis toujours l'intérêt qui montrait un bout d'oreille , et cela même chez les plus riches, chez les gens de la plus haute volée , qui ne se distinguaient des autres que par plus d'exigences. Désenchanté, il prit le parti de ne plus faire de nouvelles connaissances et de restreindre tous les jours le nombre des anciennes.

D'abord sa rareté augmenta l'empressement qu'il croyait diminuer; sa sauvagerie le rendait plus piquant; ce fut à qui apprivoiserait le sanglier de Laracor ; mais le sanglier montra si bien ses défenses qu'on se rebuta. Depuis qu'une belle duchesse lui avait fait d'inutiles avances, il ne se présentait plus d'aspirant et les élus osaient à peine l'aborder.

Un soir pourtant , à sa grande surprise , il se vit accosté par une inconnue. Ce n'était point une jeune femme : elle avait cinquante ans; ce n'était point une duchesse : c'était la veuve d'un négociant hollandais. Il est vrai que , grâce à un assez grand train et à beaucoup d'entregent , elle frayait avec tout ce qu'il y avait de bien à Londres. Elle n'était revenue de la campagne que depuis la résolution farouche de Swift , et n'avait pas pu profiter du bon moment ; mais il fallait se maintenir à la mode ; elle avait un fils capitaine à avancer, une fille de vingt ans à établir, et trop d'esprit de famille pour admettre qu'on pût refuser de seconder ses pieux efforts. Personne ne se chargeait de la présenter ; mais elle était mère , et elle affrontai résolument le sanglier de Laracor.

Peut-être se souvenait-elle du lion de Florence.

Swift n'en crut pas ses oreilles, et ne voulant supposer qu'une méprise :

c Madame, lui dit-il d'un ton sec, je m'appelle le docteur Swift.

— Et moi, mistress Vanhomrigh. »

La leçon de Swift était devenue une avance ; il avait fait la moitié du chemin , et elle s'empressait de faire le reste. Il en resta presque interdit.

«En effet, poursuivit-elle, vous inspirez des amitiés si jalouses, qu'il faut bien se présenter soi-même.

— Madame , qu'y a-t-il pour votre service?

— Oh 1 mon Dieu, rien que de très-simple.... Mais promettez-moi de ne pas me refuser.

— Non, madame, je ne promets pas sans savoir. Qu'est-ce que c'est?

— Je donne une soirée le 1 i, et je serais bien heureuse de pouvoir compter sur vous.

— Madame, je ne chante pas, je ne danse pas, et je ne cause qu'avec mes amis.

-—Je sais combien vous êtes sauvage, et vous avez raison : rien ne vaut l'intimité ; mais ma soirée est une petite réunion tout intime. Ce n'est ni un bal ni un concert, c'est une fête de famille. C'est le jour de naissance de ma fille ainée, qui est une de vos grandes admiratrices , et cela est si vrai que je n'ai pu imagina de aurpriseplus agréable à lui offrir que votre présence.

— Madame, je suis ici pour affaires et je n'ai pas de temps h donner à mes plaisirs.

— Mais aux nôtres, docteur? à ceux d'une jolie fille qui saii p9r cœur tous vos ouvrages?... Vous ne voudrez pas qu'elle ait ce re^ gret?

^ C'est moi, madame, qui ne veux pas accroître celui que j'aurai de quitta LoiMlres.

-—Trop aimable, en vérité.... ËsU» que vous comptez partir bientôt?

— Oui, madame.

— Pourl'Irlaade?

—Oui, madame.

-—Alors , raison de plus pour que j'insiste. Je suis votre cowufmrtriote. Feu M. Yanfaomrigh a été munitionnaire de l'armée du roi Guillaume pendant les guerres civiles de l'Irlande ; et môme ma fille aînée a une Cerve à dix milles de Dublin. Vous devez connaître cela, Marley-Abbey, près de Celbridge; ce doit être tout à côté de chez vous.

— Je fio la connais pas.

— Vraiment I... C'est pittoresque ; de grands bâtiments, pas trèscommodes, comme toutes ces vieilles masures. Cependant, moi , j'aime l'Irlande; et l'assurance de vous y retrouver sera un, attrait de plus. 3

Cette espérance était une menace. Svsrift s'empressa de médire d0 l'Irlande, qu'il quitterait dès qu'il le pourrait. Mais mis tress yan^ homrigh était déterminée à le suivre partout.

c Oh 1 dites-moi donc cela 1 N'est-ce pas que l'Angleterre vaut bien'mieux? C'est comme ma fille, elle ne peut pas souffrir l'Irlande. Voilà une nouvelle qui ne va pas la lui faire aimer; car^ je vous le répète, elle ne jure que par vous. Savez-vous que c'est beau, d'être

an hmnme de génie? On a, de par ie monde, tant d'amis qu'on œ oonnait pas.

r- Je jsuppose» madame, qu'il y en a beaucoup, dans i&nombce^ qu'on est heureux de ne pas connaître.

— Oh ! sans doute i il y a des gens qui ont une manière d'admirer qui est bien faite pour dégoûter ; mais je ne suis pas aveug^ quoique mère, et vous verrez ma ûlle.... Je ne vous dis que cela.

— Boa l se dit Swift, un bas bleu ! quelque petit prodige ! ^- Ainsi, docteur, n'oubliez pas la date, le 1 1.

— Non, madame, je ne l'oublierai pas : mes regrets me la grave* root dans la ibémoire.

— Oh ! docteur ! vous me l'avez promis 1 vous ne vous rétracta rez pas I vous ne ferez pas cette peine à mon Esther 1 »

Esiher!... Swift allait s'emporter ; ce nom l'adoucit comme par enchantement, et il laissa partir mistress Yanbomrigh sans rien répondre. Cependant, après un instant de réflexion, il sourit desoA' enfantillage, et se promit bien de ne pas céder aux importunitéade cette gêceatricB.

En rentrant chez lui, il trouva une lettre de Stella. Elle était moins gaie; elle commençait à trouver l'absence de Presto bien longae et lui demandait quand il comptait revenir. Cette lettre, les instances de mistress Yanhomrigb, ce nom d^Esther le poursuivirent dans son sommeil, et jetèrent son esprit dans one de ces coafusions si ordinaires aux songes. 11 était à Laracor et cependant à la soirée de mistress Yanbomrigh. Elle lui présentait sa fille, qui était brune, pâle, svelte, tout le portrait de Stella. C'était à la fois Esther Vanhomrigh et Esther Johnson.

« Quel rêve ridicule 1 dit-il en s'éveillant. Mais qaelle préoccupation il dénofe! Elle 1 toujours elle 1 le moindre prétexte, ub nom suffit! Ah ! je ne suis pas encore guéri ! v

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