‹ Stendhal-Beyle;Chapitre 20 sur 74 · UNIVERSITY OF VICTORIA · texte numérisé non relu

UNIVERSITY OF VICTORIA

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la petite ville d’Eisenstadt, les rives du lac de Neusiedel; il vit dans sa pureté le costume hongrois : « C’est, dit-il, celui de

nos hussards, moustache, les petites bottes garnies d’un bord d’argent. » Voila la mission de Beyle en Hongrie!

Les Frangais évacuérent Vienne a la fin de novembre. A Vinsu de ses chefs, Beyle quitta le quartier général de Saint- Polten et regagna la ville avec quatre de ses camarades pour assister au Te Deum chanté dans Saint-Etienne en Vhonneur de Francois II. Il vit passer l’empereur, petit homme eréle, fatigué, « coinche », a la figure insignifiante et usée, qui saluait en baissant la téte, sans porter la main a son tricorne, et lorsqu’il apercut devant le chceur de la cathédrale la plus jolie dame de Vienne: « Nous sommes heureux, lui dit-il galamment, de voir pour notre dernier jour l’événement le plus remarquable et la femme la plus belle. »

Il était au mois de décembre a Lintz « sur les rives du Danube, couvertes de neige ». Le 2 janvier 1810, il écrivit de cette ville 4 Dejean pour demander un emploi en Espagne : adjoint depuis prés de six ans, il avait fait constamment fonction de commissaire des guerres, et il espérait par les services qu'il rendrait mériter la bienveillance du ministre. L’intendant général Villemanzy appuyait sa requéte :« M. de Beyle, disait-il, est un sujet fort distingué par son zéle et digne de la faveur qu'il sollicite. »

Beyle assurait plus tard qu’il voulait suivre en Espagne une femme qu'il aimait. Mais il était depuis quelque temps attiré vers le pays du Cid. Il écoutait avec ravissement en 1804 un voyageur d’une maison de Laval qui lui parlait de Lope de Vega et du prince de la Paix. I] avait A Richemont en 1808 commence une Histoire de la guerre de la succession d’Espagne, et dés le mois d’octobre de cette année il annongait le projet de passer les Pyrénées pour étudier sur les lieux la langue de Cervantes et de Calderon. Au mois de février 1809, a Paris, il prenait des lecons d’espagnol et traduisait plusieurs pages de Don Quichotte. Sous la monarchie de Juillet il demandera le consulat de Carthagéne, de Valence, de Gibraltar, et en 1837

il poussait jusqu’a Barcelone s

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