LES JEUNES NOBLES, AMIS DE BEYLE
Raymond-Gabriel de Bérenger était, selon Beyle, un excellent jeune homme, un véritable exemple de la maxime Noblesse oblige. Né a Paris le 18 juillet 1786, nommé sous-lieutenant au 7° hussards le 31 mars 1809, il fit la campagne d’Autriche, quitta le régiment a la fin de 1812 pour passer a l’état-major du roi de Naples et périt dans la campagne de 1813.
Félix-Francois-Marie de Sinard, né a Grenoble le9 février 1781, se présente a l’Ecole polytechnique comme orphelin et vivant chez sa tante, journaliére a Grenoble, la citoyenne Bergerand. Il appartient sans doute a la famille de ce Sinard, conseiller au parlement de Grenoble, qui mourut en octobre 1806 et qui avait trois fils, Jean- Jacques, Prosper et Maxime. L’ainé des trois fréres, Jean-Jacques, sous-lieutenant au régiment du Limousin, servit dans l’armée de Condé. Prosper et Maxime firent toutes les campagnes de l’émigration jusqu’en 1797, entrérent alors comme sous-lieutenants au régiment prussien de Courbiére, et ils étaient lieutenants lorsque leur pere sollicita de Napoléon par l’intermédiaire de Montalivet, son ancien confrére, la faveur de servir la France. Ils furent nommés
capitaines dans la deuxiéme légion du Nord, Maxime, passé au I* régiment de Prusse et blessé au si¢ge de Flessingue, se retira dans ses foyers en 1809.
Les Monval disaient que leur famille, alliée aux familles les plus distinguées du Dauphin, était depuis longtemps en possession de la noblesse. Le peére, Jean-Baptiste Gamon de Monval, capitaine du génie, avait servi dans ’armée des princes en 1792, dans celle de Condé en 1798, dans celle du roi de Sardaigne en 1794, et recut des Bourbons le grade de chef de bataillon; mais il n’avait osé rentrer en France que sous le Consulat, et ses deux fils, Auguste et
Alexandre, déclarérent lorsqu’ils entrérent 4 l’Ecole polytechnique que leur mére vivait de son bien a Grenoble, rue de Beaune.
Le cadet des Monval, Alexandre, né comme Beyle en 1783 a Grenoble, éléve de l’Ecole polytechnique en 1798, sous-lieutenant du génie en 1801 4 l’Ecoie de Metz ot il eut le premier rang a examen de sortie, lieutenant en 1802 et chef du service de son arme au fort Barraux, puis capitaine au I* bataillon de sapeurs, fut tué le 9 aoat 1807 par des brigands entre le Vasto et Termoli.
L’ainé, Auguste de Monval, éléve de l’Ecole polytechnique en 1798, entre dans l’artillerie, fait trois campagnes a l’armée d’Italie, sert comme capitaine le roi de Naples et comme chef d’escadron le roi d’Espagne, reprend du service en France dans l’année 1813 et devient lieutenant-colonel sous la Restauration.
Gabriel du Bouchage a été pair de France.