‹ Stendhal diplomateChapitre 15 sur 59 · Id., p · texte numérisé non relu

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gnements commerciaux, je dirais presque à des détails techniques, elles présentent cependant quelquefois des passages où se retrouvent, avec la sûreté habituelle du coup d'œil de Beyle, les qualités de sa plume alerte et incisive.

«La contrebande, écrit-il, est immense àTrieste et visible. Chaque soir, l'on rencontre à une certaine heure, dans la rue près de la porte d'Allemagne, 20 à 30 contrebandiers qui partent chargés de leur petit sac. Ces contrebandiers emportent des tissus de soye^ lin et coton, provenant des fabriques anglaises, du café, etc., etc.

« Tout le monde connaît, à Trieste, plusieurs maisons qui s'occupent en grand de la contrebande. Ces maisons garantissent la valeur de la marchandise qui leur est confiée, en nantissant l'expéditionnaire de bon papier. Le droit qu'elles perçoivent est de 8, 10, 12 0/0 suivant la nature des objets et leur volume.

« La contrebande s'exécute aussi, mais d'une manière moins visible, par les bateaux du petit cabotage qui vont aborder en Istrie et en Dalmatie.

1. Nous respectons toujours dans nos citations 1 orthographe de Stendhal.

« Je n'ai pu décrire, dans les états ci-joints, que le commerce du port de Trieste. Le Consulat qui m'est confié s'étend jusqu'aux bouches de Cattaro, mais nous n'avons point d'agents consulaires à Zara, Raguse, Cattaro et Fiume.

« Il serait peut-être utile que le consul de France parcourût ces places où le nom français est aimé, mais où il faudrait ranimer le respect pour notre pavillon. Ces pays aiment d'abord la Russie, et ensuite la France.

« Trieste est une colonie où l'on vient faire fortune. Les circonstances actuelles m'autorisent peutêtre à ajouter qu'il n'y a ici aucun esprit public. Le gouvernement n'est nullement vexatoire, la police est sage et intelligente. Les troubles d'un pays voisin ne sont absolument qu'un objet de curiosité. L'opinion de Trieste préférerait la stabilité à tout et ne demande aucun changement politique K »

Mais ni les fonctions officielles de Beyle, ni les charmes d'un pays nouveau pour lui, et auquel il trouvait « tout à fait la physionomie de l'Orient » ^

1. Tous les fragments de Stendhal que nous citons sans indication de sources sont inédits.

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