V. plus haut, page
« M. le cardinal Oppizzoni, légat a latere à Bologne, agit avec une sévérité extrêmement impopulaire. Cependant, il a cru devoir prendre un arrêté en 47 articles le 30 mars dernier, par lequel il organise la justice civile et criminelle d'une façon un peu plus raisonnable que par le passé. M. le cardinal Oppizzoni supprime les tribunaux fiscaux. Il a compris qu'il n'avait pas à Bologne et dans les légations une force militaire bastante pour rétablir l'ancien régime avec tous ses abus. On assure à Bologne que Sa Sainteté prétend, ce semble avec raison, que M. le cardinal Oppizzoni a outrepassé ses pouvoirs. Par exemple, le cardinal a supprimé de certains juges appelés assesseurs et dont le brevet de nomination était signé de la main du pape.
« Le nouveau code en quarante-sept articles donné par M. le cardinal Oppizzoni peut être irrégulier dans la forme, mais au fond il est nécessaire à la pacification de Bologne.
« La tranquillité de la Toscane ne sera assurée que lorsque S. A. le grand-duc se sera déterminé à des concessions apparentes ou réelles. J'ai toujours devant les yeux l'intention formelle du ministère du roi qui ne veut pas de propagande. Mais,
sans compromettre en rien les convenances, j'ai
obtenu sur l'état actuel de l'Italie une foule de détails que je m'empresserai de mettre sous les yeux de Votre Excellence, si elle le juge convenable. »
Les événements devaient une fois de plus prouver la sûreté du jugement de Stendhal, et il allait faire de son consulat de Cività-Vecchia un poste d'observation d'où nous pourrons suivre avec lui le second mouvement des Romagnes et les faits qui précédèrent et amenèrent l'occupation d'Ancône.
Dans sa nouvelle résidence, dans ce « village de sept mille quatre cents habitants ressemblant réellement beaucoup à Saint-Cloud^ » il allait être à même de voir mieux qu'ailleurs, mieux qu'à Rome même, les procédés d'administration du gouvernement pontifical. Les sujets d'observation ne lui manqueront pas. La nouvelle insurrection de 1832, dont le contre-coup se ressentit jusque dans les environs de Rome, l'occupation d'Ancône par les troupes françaises, les ravages du choléra, voilà quelques-uns des événements qui remplissentcette période. Aussi la correspondance de Stendhal n'est-elle pas seulement consacrée aux renseignements commerciaux et aux affaires particulières du